Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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MICHEL DEAN

LA JEUNESSE DANS LES ESPACES DE LA VILLE INDUSTRIELLE ET POST-INDUSTRIELLE

Pour délimiter de manière précise le sujet de cette communication, il est nécessaire d'attirer l'attention sur certains points, et tout d'abord sur le fait que l'on ne développera pas ici des conclusions mais avant tout des problèmes, des hypothèses ou tout simplement des suggestions pour une recherche. Une deuxième remarque se rattache au titre; par les termes "ville industrielle et post-industrielle" je ne me propose pas de me référer à des catégories historiographiques particulières, mais à l'évolution qui suivit la propagation de la révolution industrielle et par conséquent à l'adaptation des structures urbaines et des modèles de comportement en ce qui concerne l'usage des espaces urbains; évolution qui est aussi consécutive aux nouveaux rapports de production et aux différents types de structure sociale entre les classes dans des sociétés et régions qui ont subi des bouleversements avec l'apparition des usines, lesquelles façonnent à leur image espace et comportements1.

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1. La bibliographie concernant ces sujets est richissime. Je ne veux rappeler ici que certaines études de Géographie urbaine (urban geography), classiques en quelque sorte mais peut-être peu connues des non-spécialistes en ce domaine. Je cite donc par ordre chronologique: R. Blanchard, Une méthode de géographie urbaine, in La vie urbaine, 1922 ; P. Lavedan, Géographie des Villes, Paris, Gallimard, 1936; P. Lavedan, Histoire de l'Urbanisme, III, Paris 1926-1952; R. E. Dichinson, The West European City, London 1951; M. Sorre, Les Fondements de la géographie humaine, Paris, Colin 1952 (Tome III, L'Habitat, pp. 154-436, L'Habitat Urbain); A. E. Smailes, The Geography of Towns, London 1953; P. George, Géographie urbaine, Paris, P.U.F., 1961; G. Schwarz, Allgemeine Siedlungsgeographie, Berlin 1962 (Die Städte, pp. 309-501); J. Labasse, L'organisation de l'espace- Éléments de géographie volontaire, Paris 1966; J. Tricart, L'Habitat urbain, Paris M. Derruau, Précis de géographie humaine, Paris 1967, (IV, La Ville, p. 463-518); J. Beaujeu-Garnier, G. Chabot, Traité de Géographie urbaine, Paris, Colin, 1970.

En ce qui concerne l'Italie où l'industrialisation commence dans les dernières décennies du 19e siècle dans certaines zones clairement limitées, une vaste 

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Par contre, en ce qui concerne les changements dus aux nouvelles techniques de production et de communication (robots, télématique, etc.) concernant l'organisation de la ville2 et le mode de comportement, il faut reconnaître qu'il s'agit de phénomènes très récents, lesquels ne peuvent être examinés au-delà d'impressions ou bien sur la base d'hypothèses quant à leurs tendances possibles et qui ne peuvent en aucun cas être vérifiées.

Il est néanmoins certain que les nouvelles technologies provoquent des modifications importantes dans l'organisation du travail et dans l'aménagement spatial de la production ainsi que dans la géographie de la sociabilité du temps libre, etc., changements qui entraînent inéluctablement de nouvelles formes d'utilisation et de perception de l'espace, soit en l'annulant (par exemple dans le cas d'une grande quantité de travail à domicile traitée par des terminaux d'ordinateurs), soit en le multipliant (en disposant, au moins en tant que possibilité, de la totalité des images du monde entier, mais aussi hors de la planète, sur notre petit écran). N'est-ce pas là soutenir qu'il existe un autre

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bibliographie a vu le jour surtout ces dernières quinze années, elle décrit les événements urbains et sociaux des grands et petits centres surtout de l'Italie centrale et du Nord. Nous pouvons trouver une image des tendances de recherche ainsi qu'un grand nombre d'études dans le magazine Storia Urbana, important pour ses «études sur la transformation des villes et des lieux». Il est publié à Milan depuis 1977 par la maison d'éditions Angeli et il en est à son 28ème numéro. Il est cependant difficile de trouver des études qui donnent une vision générale des phénomènes qui se sont présentés dans notre pays de l'angle qui nous intéresse. Nous indiquerons: L. Gambi I valori storici dei quadri ambientali, in Storia d'Italia, Einaudi, Torino 1972, v. I, pp. 5-60; L. Gambi, Da città ad area metropolitana, in Storia d'Italia, Einaudi, Torino 1973, v. V-l, pp. 370-424; I. Insolera, L'urbanistica, ibidem, pp. 427-486; C. Carozzi, A. Mioni, L'Italia in formazione, Ricerche e saggi sullo sviluppo urbanistico del territorio nazionale, De Donato, Bari, 1970; A. Mioni, Le trasformazioni territoriali in Italia nella prima età industriale, Marsilio, Venezia 1976; L. Bortollotti, Storia della politica edifizia in Italia (1919-1970), Editori Riuniti, Roma 1978.

Nous devons noter enfin le volume de L. Gambi et M. C. Gozzoli Milano, Laterza, Bari, 1982. Ce volume fait partie d'une remarquable série sous le titre «Les villes dans l'histoire de l'Italie», série publiée sous la direction de C. de Seta. Dans ce domaine ont déjà été publiées des études sur Palerme, Gênes, Bologne, Messine, Rome, Florence, Pérouse, Naples, Cagliari, Padoue.

2. Nous renvoyons à l'œuvre de E. Bortenghi, sur certains côtés de la situation italienne, pas encore suffisamment connus. C'est pour cela que l'enquête procède, comme l'auteur lui-même le cite «dans une atmosphère raréfiée avec peu de théorie et très peu d'outils». E. Borlenghi, «Terziario superiore e innovazione industriale nella trasformazione della città», in Associazionne dei Geografi Italiani, Atti del XXIII Congresso Geografico Itahano, Catania 1983, v. II, t. I, pp. 393-428.

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espace, différent de celui de l'image, qui change tout le temps? Espace inconnu et inexploré par rapport à ce qui apparaît sur la vidéo ou dans l'analyse statistique et économique.

Je me référerai principalement à l'Italie. Ce choix n'est pas le fait du hasard et il se justifie par les situations de pointe que l'on retrouve dans ce pays et qui expriment des tendances que l'on rencontre dans les pays les plus avancés. A ces situations de pointe s'opposent des régions attardées illustrant le retard du développement dans divers pays de la méditerranée. L'étude du thème de ce Colloque dans la bibliographie révèle que l'acte de poser et de définir en termes d'espace les phénomènes analysés ici, occupe une place secondaire dans les enquêtes de sociologie, de pédagogie et d'histoire de la pédagogie, d'histoire sociale et démographique, etc.3.

Les espaces privés ou ruraux se dessinent alors sur le fond de scénarios qui privilégient certaines dynamiques au détriment d'autres, mais sous-estiment l'importance —à tort à mon avis— de l'environnement naturel ou artificiel, qui n'est pas un espace passif pour les événements sociaux.

Mais si de telles lacunes passent presque inaperçues dans d'autres disciplines, dans la bibliographie concernant la géographie urbaine et en générale humaine, pas la moindre mention n'est faite aux jeunes.

Plus généralement, l'environnement et les villes continuellement modifiés par les activités humaines, sont habités par des êtres presque imaginaires et sous certains aspects métaphysiques, ou bien encore, ce qui est plus probable, par des mâles en âge de produire (population active). Ceux-ci forment des ensembles théoriques et abstraits qui jusqu'à ces dernières années se présentent sans différenciation ou contradictions en leur sein. Comme unique exception, on pourrait noter ce qu'on appelle la «géographie de la perception» qui fait en Italie ses tout premiers pas4. La jeunesse est en effet quelque chose de précaire

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3. On trouve un tableau intégral des études et pas seulement des études italiennes, sur le monde de l'enfance et de la jeunesse, suivi d'une bibliographie exacte, dans les travaux de E. Bechi, «Retorica d'infanzia», in Aut Aut, 191-192. 1982. pp. 3-26 E. Bechi, «Letture d'infanzia», ibidem, pp. 197-202. Le numéro de la revue est consacré aux «allégories de l'enfance». L'examen de l'historiographie américaine est aussi utile: C. Pancera, «Critica della storiografia USA su famiglia e infanzia nei secoli XIV-XVIII», in Società a Storia, 14, 1981, pp. 927-941.

Enfin est récemment paru le numéro des Quaderni Storici (57, 1984), dont la partie monographique a pour titre «Enfants». Ce numéro a été dirigé par E. Bechi.

4. Sur la fécondité d'un rapport entre ce genre d'approche et la recherche 

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«che si fugge tuttavia», quelque chose qui passe rapidement comme l'a écrit Laurent le Magnifique5 et, comme le décrit Antoine de Saint-Exupéry dans un beau passage du Petit Prince6, les géographes ne s'occupent pas de choses précaires et éphémères. Dans ce passage un géographe pédant oppose à la vive curiosité du petit prince, la prétendue immuabilité et éternité des objets étudiés par le savoir académique: les grandes réalités du monde physique, par inertie et indolence apparaissent sans changements et sans histoire.

Mais si la période de vie analysée ici-même est considérée comme éphémère par l'opinion et la mémoire collectives et subjectives, elle ne cesse malgré tout pas d'être une phase continue et présente comme ce que l'on nomme le troisième âge, avec lequel elle partage certaines positions marginales. Ce sont des «sociétés» présentes en tant qu'élément démographique et politique et qui se caractérisent par la capacité d'agir de diverses manières dans les espaces habités. Par conséquent, un secteur de l'histoire biologique a aussi un sens géographique; ce secteur nécessite des déterminations, même si celles-ci sont précaires7; on aurait tort de sous-estimer les côtés quantitatifs ainsi que les changements diachroniques, quand on se rappelle entre autres que le premier chapitre de Civilisation matérielle et capitalisme de F. Braudel, a pour titre «Le poids du nombre». Une définition quantitative peut aussi servir à critiquer ceux qui voient dans l'histoire, dans ce cas précis, une conspiration contre les jeunes.

Si nous dénombrons, en simplifiant volontairement, les secteurs de la population censés être dépendants, sinon opprimés (et pour cause), par exemple les jeunes jusqu'à 25 ans, les personnes âgées de plus de 65 ans et les femmes en général, nous obtenons un taux de 75% pour l'Italie et la Grèce (1981). C'est ainsi que les thèses auxquelles je me réfère ci-dessus sont mises en cause, d'autant plus que l'on sait que les groupes d'hommes entre 25 et 65 ans ne représentent pas non plus un ensemble cohérent de gestionnaires du pouvoir, bien au contraire,

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historique, je renvoie à l'étude remarquable de R. Comba, «Il territorio come spazio vissuto. Ricerche geografiche e storiche nella genesi di un tema di storia sociale», in Società e Storia, 11, 1981, pp. 1-27.

5. Laurent le magnifique (1449-1492), Canzone di Bacco e Arianna.

6. A. de Saint-Exupéry, Le petit prince. Paris 1946, XV pp. 53 et suivantes.

7. Quant aux mutations des limites d'âge et des «étapes de vie» aux époques médiévales et modernes, voir: Ph. Ariès, L'enfant et la vie familiale sous l'ancien régime, Paris, Pion, 1960, Ph. Ariès, Generazioni, Enciclopedia, Torino, Einaudi, 1982, 16, J. R. Gillis, Youth and History, New York, Academic Press Ins., 1974.

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je ne veux aucunement dire qu'il n'y ait pas d'oppression de classe, de sexe ou d'âge, mais qu'il faut procéder avec prudence afin de ne pas aboutir à des conclusions automatiques. D'autre part, une définition quantitative nécessite que d'autres problèmes importants, contemporains et diachroniques, soient résolus. De la sorte, si par exemple nous estimons possible de pouvoir dégager les limites temporelles de l'enfance et de la jeunesse (au lieu des groupes d'âges démographiques), telles que par exemple le service militaire pour les hommes, ou bien la fin des études ou le mariage, alors non seulement les âges et l'importance des divers événements changent avec le temps mais des différences considérables apparaissent entre les divers pays, régions, entre ville et espace rural, en rapport évident avec les différentes étapes du développement économique.

En augmentant par exemple les années d'enseignement, on obtient un recul de l'âge du service militaire, tandis que le niveau de pré-formation professionnelle requis par le marché du travail augmente. L'âge du mariage baisse. Par ailleurs, en comparant des statistiques internationales, les mariages sont plus nombreux dans les pays à population plus jeune, mais aussi où la mortalité des nourrissons est plus élevée, si évidemment on veut considérer le mariage comme une étape de la vie. En 1979, en Europe, sur mille habitants il y eut au Portugal 8,3 mariages et 38,9 décès la première année de vie. Les données respectives furent pour la Suède 4,5 et 7,3, en Grèce 7,6 et 18,7 et en Italie 5,7 et 15,3. Des écarts également importants apparaissent entre les régions d'un même pays, un exemple en est l'Italie; en 1971 dans les régions septentrionales et centrales les jeunes de moins de 14 ans représentent respectivement 22% et 22,4% de la population totale, tandis que dans le Sud du pays ils représentent 28,8%. Au recensement suivant (1981) les taux relatifs au secteur le plus jeune de la population au Nord et au Centre accusent une baisse, 19,1 et 19,7% du total, et au Sud 25,7%. Des écarts analogues se vérifient aussi dans les pourcentages des mariages.

En même temps et surtout en ce qui concerne le passé, font leur apparition des évaluations peu fiables, relatives au marché du travail; elles sont peu fiables à cause des enquêtes faites approximativement et des statistiques qui sont à la mesure des difficultés à concevoir dans leur ensemble la structure des réalités dynamiques et économiques. En particulier dans des pays comme l'Italie8, on peut voir coexister:

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8. Pour la connaissance de l'évolution économique en Italie, après son 

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premièrement des situations de développement de pointe; deuxièmement des régions où le revenu par tête d'habitant ne représente que la moitié de la moyenne nationale; troisièmement de vastes zones échappant à toute statistique, leur économie étant basée sur des activités comme le travail des mineurs, le travail à domicile, le deuxième emploi, etc., bref une économie parallèle.

Dans le cas de la Grèce, au-delà du difficile développement de certains centres, d'importantes régions sont en retard9 et de plus il y a des régions qui n'ont pas dépassé le stade archaïque de développement. Les données donc des statistiques officielles italiennes paraissent approximatives par rapport au groupe le plus jeune de la population active, d'où elles excluent étudiants et ménagères, et ceci car il semble

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unification, voir: G. Fuà, Lo sviluppo economico in Italia, Lavoro e reddito, Milano, Angeli, 1981; G. Fuà, a c., Lo sviluppo economico in Italia, v. II, Gli aspetti generali, v. III, Studi di settore e documentazione di base, Milano, Angeli, 1969; F. Bonelli, Il capitalistno italiano. Linee generali di interpretazione, in Storia d'Italia, Annali I, Torino-Einaudi, 1979; A. Graziani, L'economia italiana dal 1955 a oggi, Bologna, II Mulino, 1979, V. Vali, L'economia e la polilica economica italiana (1955-1975), Milano, Etas Libri, 1976; M. Salvati, Economia e polilica in Italia dal dopoguerra a oggi, Milano, Garzanti, 1984.

Pendant à peu près un siècle, les études d'analyse de phénomènes opposaient parfois machinalement le développement du Nord au retard du Sud, comme ont conclu R. Villari, a c., Il Sud nella storia d'Italia. Antologia della questione meridionale, Bari, Laterza, 1961; B. Caizzi, Nuova antologia della questione meridionale, Milano, Comunità, 1962

En ce qui concerne les côtés géographiques et territoriaux de ce problème, voir: R. Rochefort, Le travail en Sicile, Paris, P.U.F.,1961 G. Muscarà, La geografia dello sviluppo, Milano, Comunità, 1967, F. Compagna, La politica delle città, Bari, Laterza, 1967; U. Leone, Il Mezzogiorno. Le condizioni dello sviluppo, Lecce, Istituto di Geografia, 1974; P. Coppola, Geografia e Mezzogiorno, Firenze, La Nuova Italia, 1977; C. Caldo, F. Santalucia, La città meridionale, Firenze, La Nuova Italia, 1977.

Après la parution de A. Bagnasco, Tre Italie. La problematica territoriale dello sviluppo italiano, Bologna, II Mulino, 1977; A. Bagnasco, R. Pini, Economia e struttura sociale, in Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, Quaderno, n. 14, 1981; l'analyse et la discussion sur le développement différencié en Italie apparaissent plus structurées, de sorte que, en partant des thèses de Bagnasco, qui définissait dans le pays trois «grandes régions différentes mais aussi liées entre elles», on en est arrivé ces derniers temps à comparer la géographie économique de l'Italie à une «peau de léopard».

9. Les études italiennes concernant la Grèce d'un côté soit historico-politique, soit historico-économique sont peu nombreuses, surtout en ce qui concerne les faits récents aussi certaines publications à caractère économique parues après l'ouverture des négociations sur l'entrée de la Grèce dans la Communauté économique européenne ne vont pas au delà de la simple description. Remarques intéressantes sur la Grèce de: G. Fuà, Problemi dello sviluppo tardivo in Europa, Bologna. II Mulino, 1980.

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que l'on continue à croire qu'il ne s'agit pas de personnes travaillant.

Le plus jeune groupe d'âges de la population active, 14-19 ans, représenterait selon les statistiques de 1981 seulement 5,6% du total de la population active, soit une diminution de moitié en quinze ans (1965-1981), ainsi que d'un quart des travailleurs âgés de 14-19 ans.

En ce qui concerne la Grèce, s'il est difficile de déterminer les secteurs d'activité dans de vastes régions, il est encore plus difficile d'envisager une analyse des âges qui ne se baserait pas sur des impressions. Le travail des mineurs, le travail saisonnier ou à temps partiel apparaissent toujours si répandus qu'ils découragent toute recherche scientifique à un plus vaste niveau. Par ailleurs, la mobilité entre secteurs apparaît très considérable, et ceci non seulement dans des régions économiquement en marge; tandis que d'anciennes activités n'ayant désormais qu'une valeur avant tout traditionnelle, n'ont pas encore disparu; ces activités sont d'habitude laissées aux femmes et aux enfants: cueillette des fruits, ramassage de fruits de mer, d'herbes, d'oursins, de crabes, de bois de chauffage, etc. Ce ne sont désormais que les réminiscences d'une gastronomie et d'une pharmacopée traditionnelles de pauvreté. Si donc nous ne savons pas bien qui sont les jeunes, il est difficile de savoir combien ils sont, où ils se trouvaient dans le passé et où ils se trouvent aujourd'hui, ces problèmes ne nous en questionnent pas moins. Bien sûr, des exemples ne manquent pas de villes entières, manifestement jeunes par rapport à l'âge prédominant des habitants. A côté des villes pionnières classiques, par exemple Palmanova, ville-forteresse bâtie en 1593 par Venise pour assurer la protection de ses frontières avec le Frioule et qui même encore aujourd'hui est pleine de soldats; Livourne entre 1500-1600, Latina érigée en 1932 dans les marais Pontins, une région habitée initialement par six personnes et qui en 1936 atteignit presque 20.000 habitants, dont un grand nombre de jeunes; Urbiuo, exemple aujourd'hui classique de ville universitaire. Mais il s'agit là de cas exceptionnels10.

Le problème JEUNES-ESPACE se pose concrètement en des réalités urbaines plus complexes; on pouvait dire que dans la ville industrielle

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10. G. Pardi, «Disegno della storia demografica di Livorno», in Archivio Storico Italiano, v. I, 1918, pp. 1-96; P. Landini, «Latina: evoluzione spontanea e orientamento programmato di una città pioniera», in Bolletuno della Società Geografica Italiana, s. X, v. III, 1974, pp. 83-114.

Sur l'aspect démographique, voir: P. George, Questions de géographie de la population, Paris, P.U.F., 1959; P. George, Population et peuplement, Paris, P.U.F. 1969; P. George, Les migrations internationales, Paris, P.U.F., 1976.

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les jeunes se trouvaient à la maison, à l'école, à l'usine. De nos jours ils se trouvent en plus grand nombre à l'école ou devant la télévision; ceci n'est vrai qu'en partie, car un usage bien plus large que celui suggéré par la fonction initiale des espaces de la ville a été et est fait, par exemple les espaces destinés au jeu ou à la politique, etc. Il y a cependant des espaces publics dans la ville moderne et contemporaine exclusivement ou principalement destinés aux jeunes. Peut-être une tradition commence-t-elle lorsque, en 787, un dignitaire de l'église de Milan, Thadeus Archipresbiter, léguait par testament une partie de sa fortune à l'Hospice des enfants, l'un des premiers en Europe, que lui-même avait fondé dans l'une de ses propriétés. Il explique son initiative en alléguant du manque de moralité dans le monde et il nous rappelle les moyens de contrôle des naissances pratiqués alors et qui consistaient pratiquement en un infanticide. Ainsi écrivait-il:

«...quia frequenter per luxuriam hominum genus decipitur, et exhinde malum homicidii generatur, dum concipientes et adultero, ne prodantur in publico, foetos teneros necant... quia nullum reperiunt locum in quo servare vivos valeant... set per cloacas et sterquilinia fluminaque proiciunt...»11.

Il est intéressant de souligner ici l'aspect du document selon lequel les jeunes hôtes du «oxsenodochium» parvenus à l'âge de 7 ans, devaient être laissés libres. Ils étaient donc censés avoir l'âge approprié pour accéder au monde du travail:

«et cum ad septem annorum aetatem expletam pervenerint, stent omnes liberi et absoluti ab omni vinculo sevitutis, cesso eis jure patronatus eundi vel habitandi ubi voluerint...».

La mention dans le document de ce dignitaire de l'église de Lombardie témoigne des changements de la majorité légale à travers l'histoire, introduit une interrogation d'un autre genre quant à la destination d'un nombre restreint mais stable d'espaces urbains pour les jeunes, sous la forme d'institutions de bienfaisance, thérapeutiques ou pénales: hospices d'enfants, orphelinats, collèges, colonies pénitentiaires de travail, hospices d'aliénés, etc. Les études sur ces institutions abondent en Italie et conduisent à des conclusions démographiques, sociales, économiques, et architecturales. Il s'agit pourtant d'un point de vue

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11. L. A. Muratori, Antiquitates italicae medii aevi, III, 587.

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particulier qui examine en profondeur un secteur restreint de l'enfance et de la jeunesse, celui des enfants naturels, abandonnés, dévoyés, c'est à dire de ceux qui se trouvent en marge. C'est là un point de vue significatif mais qui peut modifier de façon négative la perspective des études, car elle n'intègre que quelques aspects seulement du sujet «Villes-contrôle social»12. A part cela il existe de curieux exemples de compromis permanents quant à l'usage de certains espaces urbains; entre autres celui du lazaret d'époque Renaissance de Milan, lieu de mort mais aussi lieu de perdition pour les jeunes selon les contemporains. Aujourd'hui il n'existe plus, mais le quartier édifié sur son emplacement est toujours habité par de jeunes immigrés en quête de travail et il se caractérise par l'illégalité, la prostitution, la contrebande et la délinquance.

Il est superflu de rappeler que des phénomènes de différenciation et d'isolement urbains plus généraux sont apparus dans la ville de la révolution industrielle, superflu aussi de rappeler les travaux sur les villes de cette période. Je voudrais seulement évoquer ici un texte ancien dans lequel se côtoient l'analyse économique et urbaine ainsi que la description de la situation sociale du prolétariat et du lumpenprolétariat, des femmes et des jeunes. Je veux parler du livre du jeune Engels sur la situation de la classe laborieuse en Angleterre.

En ce qui concerne les études qui partent de l'analyse des rapports de production et arrivent jusqu'aux dernières recherches d'archéologie industrielle, études intéressant tous les pays européens, je voudrais souligner ici que dans la société capitaliste industrielle le produit 

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12. Sur ces sujets, particulièrement traités par des revues comme Società e Storia, Milano, Angeli, ou Storia in Lombardia, édité par l'institut de Milan pour l'histoire de la résistance et du mouvement ouvrier, nous voudrions indiquer les travaux de: M. Gorni-L. Pellegrini, Un problema di storia sociale. L'infanzia abbandonata in Italia nel secolo XIX, Firenze, La Nuova Italia, 1974, qui marquent le passage d'une historiographie riche, faisant l'apologie des institutions à une perspective historico-sociale. On notera aussi les actes de deux Colloques pouvant fournir une idée de l'état où se trouve aujourd'hui en Italie la recherche sur ces sujets: G. Politi, M. Rosa, P. Della Peruta, a c., «Timore e carità. I poveri nell'Italia moderna», Atti del concegno «Pauperismo e assistenza negli antichi stati italiani», Annali della Biblioteca Statale e Libreria Civica di Cremona, XXVII-XXX, Cremona, 1982. E. Sori, a c., «Città e controllo sociale in Italia tra XVIIIe-XIX secolo»; Atti del Convegno organizzato dalla rivista Storia Urbana, dall'Università di Urbino e dall'Istituto Universitario di Architettura di Venezia, Milano, Angeli, 1982, et aussi le numéro spécial «Sistemi di carità: esposti e internati nella società di antico regime», Quaderni Storici, 53, agosto 1983.

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social «espace» et en particulier l'espace urbain, acquiert une pure valeur d'échange, surtout générale, dépendant des lois du marché. Son importance commerciale augmente de sorte que le produit «espace» s'amenuise pour la plus grande partie de la population, avant tout les jeunes. Pour comprendre ce que signifie cet amenuisement de l'espace pour les jeunes dans leur quotidien, nous indiquons certains facteurs qui contribuent à cet amenuisement de l'espace, facteurs qui cependant devront être ultérieurement vérifiés:

a) Interventions publiques ou privées sur le tissu urbain existant, nouveaux quartiers et espaces sociaux.

b) Politique étatique concernant les jeunes (des maternelles aux écoles professionnelles, aux centres pour le temps libre, etc.).

c) Règlements de la police urbaine et délinquance juvénile (ceci pas tellement en tant que source de l'histoire des déviations que comme possibilité de création d'une topographie des sociétés de jeunes)13.

d) Habitat ouvrier, public et coopératif ou organisation de l'espace de l'immeuble à l'ensemble et les règlements intérieurs (ici apparaît pour la première fois la réglementation des heures et du lieu des jeux dans la cour, selon le moralisme de l'avant-garde ouvrière, depuis que les enfants ont été chassés de la rue).

e) Les salles de jeux et les cours paroissiales —et dans les pays catholiques celles d'autres organismes religieux qui se proposent de «sauver les enfants des dangers de la rue»— s'étendent sur de vastes zones, de sorte que l'activité proposée soit intéressante mais aussi que leur création représente un bon investissement.

f) Le jeu et les jeux traditionnels.

g) Les mouvements politiques de la jeunesse et leur attention portée aux problèmes de la ville: des problèmes institutionnels aux slogans de 68 «Prenons la ville».

h) Les espaces de socialisation: programmés - conquis - utilisés - occupés.

«La ville post-industrielle ou cité télématique» comme certains la nomment en notant toutefois qu'il s'agit d'une notion abstraite, est un ensemble urbain aux habitants de plus en plus âgés, ensemble démographiquement subordonné à un «hinterland» considérablement réduit en Italie après la fin des grands mouvements d'immigration intérieure et d'urbanisation commencée en 1950. Mais tandis que la pression des

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13. Un bel exemple peut être fourni par l'œuvre de A. Farge, Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard/Julliard 1979.

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grandes sociétés immobilières n'est plus aussi pesante et que la population totale tend à la baisse, il semblerait que commence une indifférenciation dans les espaces urbains, sauf ceux qui ont systématiquement acquis une structure spécialisée. Ceci est survenu durant l'implantation la plus intense du secteur tertiaire et dans quelques cas «quaternaire» (City central business districts ou grands axes commerciaux du «shopping»), après avoir éloigné des tissus urbains les activités productrices et les grands établissements commerciaux.

La ville de Milan offre un bon exemple; excepté le centre historique et d'autres secteurs particuliers de la ville qui n'altèrent aucunement le tableau d'ensemble, les zones habitées et aussi celles qui sont occupées par le tertiaire tendent graduellement à la coexistence, de manière à ce que souvent habitations et bureaux se retrouvent dans les mêmes immeubles. Si l'on compare le rôle du centre ville à celui qu'il a joué pendant les dernières quinze années, nonobstant qu'il a conservé sa valeur symbolique et économique ainsi que sa force d'attraction, il paraît peu à peu avoir perdu les conditions nécessaires à l'aménagement des activités économiques, c'est à dire à l'accessibilité conçue en tant que facilité et satisfaction de la possibilité d'affluer dans un lieu donné, pour les individus, marchandises et informations. Après la ville de ségrégation des classes liée à l'industrialisation, on semble donc revenir «mutatis mutandis» à un tableau social et urbain plus complexe et structuré des villes de l'Ancien régime, pour la raison aussi que de grandes transformations interviennent dans le secteur des informations et des communications. Dans ces espaces où les grandes sociétés immobilières agissent surtout par achats et ventes et par des rénovations, le pourcentage de la population jeune diminue après l'éloignement du secteur lié au travail du secondaire, éloignement déjà effectué. Cependant les traces relatives à cette population, ont tendance au moins apparemment, à s'étendre et à acquérir même une signification architecturale, en tant qu'installations sportives, de temps libre, centres culturels, récupération d'anciens espaces privés, espaces verts, etc.

D'un côté, il y a les résultats complexes d'une sensibilisation publique et privée que l'on rencontre lorsque les situations politiques changent et qui attachent une plus grande importance aux besoins sociaux. D'un autre côté, c'est aussi le résultat de la pression dramatique d'une société qui demande aux jeunes un professionnalisme pouvant rarement être donné par l'école, et d'une série de problèmes qui vont du chômage des jeunes à l'héroïne. C'est enfin le résultat de l'importance prise par le secteur «jeunes» dans les projets de marketing et la réalité

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du commerce. Résultat aussi bien de nouvelles nécessités collectives:

1) Sports de participation et non plus seulement d'observation passive.

2) Espaces verts et nature en général.

3) Espace de socialisation, ce sont là des nécessités qui dénotent une fois de plus la convergence entre les éléments les plus jeunes et les plus mûrs de nos sociétés. Le retraité invité par le Conseil du quartier pour enseigner aux jeunes un jeu traditionnel en plein air est moralement récompensé, mais aussi s'inscrit dans le projet de régénération de la société des quartiers, des vieux habitats ouvriers, des vieilles maisons rustiques de la première périphérie industrielle et des vieux quartiers. En réalité ces tentatives ne durent qu'autant que persistent les efforts de l'administration locale et des groupes politiques; en vérité dans les centres historiques se maintiennent certaines habitudes seulement lorsque leur économie traditionnelle fonctionne. C'est ainsi que, à quelques exceptions près, les interventions publiques visant à créer des structures permanentes et ouvertes échouent. C'est le cas des bibliothèques de quartier qui s'efforcent, parfois avec des résultats positifs mais de courte durée, de devenir des points de rassemblement social. Les grandes installations sportives se trouvent en réalité monopolisées par des clubs spécialisés et, hormis les professionnels et spectateurs, ces installations ne se remplissent de dizaines de milliers de jeunes que lors de rares exceptions, en particulier spectacles et concerts. Nous pouvons rencontrer ces jeunes —et c'est un spectacle attristant— en petits groupes, près des stations de métro, des écoles et des salles d'attente des gares, faisant usage de drogues dans la «privacy» des espaces entre les voitures garées, sous le regard des passants (ces terrains libres dont parle Goffman dans «Asylums» se référant à la vie souterraine des institutions totalitaires, avec lesquelles la ville présente de nombreux points communs). On les rencontre aussi bien dans des files d'attentes et des groupes agités aux alentours des fast-foods, car ils consomment continuellement. Effectivement, ils ont même changé physiquement par rapport à leurs grands-parents et arrière-grands-parents: par exemple, les jeunes italiens mâles ont gagné onze centimètres en un siècle, d'une taille moyenne de 1,61 m., ils ont atteint 1,72 m. En général le besoin d'espaces libres a diminué, celui du sport a été confiné dans des lieux spécialisés (gymnases, piscines, etc.). Le besoin de jouer s'est appauvri et s'est limité aux murs de la maison. L'époque des voyages de découverte de son propre pays ou des pays européens est passée, ces voyages cependant ne concernaient qu'une minorité. Dans la phase présente,

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les espaces pour les jeunes sont à chercher sur l'écran de télévision, l'ordinateur individuel ou bien dans les songes écologiques d'une minorité, les verts. Le manque de production pendant de longues années, manque dû aux mutations du marché du travail (de la robotisation de certains secteurs industriels et aussi du niveau requis d'instruction et de titres), concerne sans grandes différences des sociétés entières de jeunes et semble se traduire en formes d'éloignement de l'espace correspondant. Il en est de même en ce qui concerne les personnes âgées, étant parvenues à la retraite et ayant épuisé leur fonction de garde des petits-enfants, elles restent confinées chez elles ou bien sont transplantées hors de la ville: ces deux catégories disparaissent des espaces urbains.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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HÉLÈNE KALAPHATI

LES BÂTIMENTS SCOLAIRES DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EN GRÈCE (1828-1929)

Dans une recherche concernant le bâtiment scolaire, réalité architecturale présente sur l'ensemble du territoire national, produit qui exige le concours d'une multitude de facteurs, dont les relations se différencient d'une époque à l'autre, les questions qui dirigent celle-ci sont multiples: quand l'école apparaît-elle en tant qu'édifice distinct, excluant ou non tout autre usage! Quelles sont les autorités qui décident de sa construction? Quelle est la procédure de son financement? Quelle est sa localisation dans le quartier ou dans la commune? Mais aussi, quelles sont ses caractéristiques architecturales et par quelles exigences et confrontations prennent-elles forme?

En ce qui concerne cette dernière question, je m'efforcerai, dans le cadre de cette communication, de situer les étapes les plus importantes dans l'évolution des traits typiques principaux du bâtiment scolaire, comme ceux-ci ont été formulés dans les règles instituées de sa construction, et aussi commenter la problématique de ces documents, afin de contribuer ainsi au débat sur l'image de l'enfant dans la philosophie officielle de l'enseignement à cette époque.

En Grèce, et en ce qui concerne l'enseignement primaire, on peut soutenir que le bâtiment scolaire fait son apparition en tant qu'édifice fonctionnel, voué exclusivement à un seul usage, ses caractéristiques de construction formulées à l'avance, par rapport à une conception précise du système éducatif et une méthode d'enseignement concrète, dans les années de la Révolution. Cette notion moderne de l'école est matérialisée au 19e siècle dans un processus allant de pair avec l'instauration d'un système national d'enseignement à caractère nettement centralisé. Le rattachement de l'enseignement à la question politique nationale, déjà formulé avant la Révolution, s'achève après la constitution d'un État indépendant par l'émergence de celui-ci comme 

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détenteur exclusif de l'autorité pédagogique. Dans le cadre de ce système, l'enseignement élémentaire est considéré comme un enseignement de masse et l'école comme facteur de moralisation répondant à l'exigence d'unification nationale. Déjà dans les tout premiers projets éducatifs sont bannis de l'enseignement primaire toutes les spécialisations professionnelles ou techniques et est stipulé comme objectif primordial celui d'insuffler "une même conviction aux citoyens de toutes classes et de toute profession", en offrant en même temps au plus grand nombre, avec les moyens les plus économiques, "les matières préparatoires communément utiles à plusieurs métiers"1.

Dans cette perspective, le bâtiment scolaire doit être implanté et s'organiser sur le territoire national en tant qu'unité, de façon à ce qu'il constitue un moule qu'accueillera et façonnera n'importe quel individu pouvant le fréquenter, où que celui-ci se trouve. Pour mettre en place ce réseau, sont requis des outils correspondants sur le plan institutionnel. Le règlement en premier lieu, sous forme de loi faisant autorité dans le pays entier, sera le point de référence de tous ceux qui participent à l'édification de bâtiments scolaires. Ainsi naîtra l'architecture scolaire en tant qu'architecture officielle codifiée.

Le premier document de ce type au 19e siècle est le chapitre relatif du manuel de Sarazin traduit par Kokkonis en 1830 2, texte provenant exclusivement d'un pédagogue. La référence à l'appareil éducatif domine l'argumentation sur la disposition des éléments spatiaux. Référence à l'appareil éducatif dans un double sens: objectifs de l'enseignement et méthode pédagogique et didactique. Pour atteindre les objectifs de la méthode, c'est-à-dire "apprendre aux élèves -en les incitant au plus haut degré d'amour propre, du désir d'apprendre et de l'application- les connaissances premières nécessaires à tous, avec la plus grande économie possible de temps et d'argent; de développer simultanément les forces du corps et de l'âme, et aussi accoutumer les cœurs aux vertus morales, en enseignant aux jeunes l'ordre, la piété, l'obéissance, être commandé et commander"3, on exige que l'espace scolaire soit totalement adapté:

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1. "Πίναξ παραστήνων τον διοργανισμόν της κοινής Εκπαιδεύσεως" αχρονολόγητο έγγραφο, Γ.Α.Κ., Υπ. Θρησκείας, p. 57, Σχολικά, publié dans Απ. Β. Δασκαλάκης, Κείμενα-Πηγαί της Ιστορίας της Ελληνικής Επαναστάσεως, Σειρά Γ' "Τα περί Παιδείας", Athènes, 1968, pp. 47-53

2. Σαραζίνος, Εγχειρίδιον διά τ' αλληλοδιδακτικά σχολεία, ή Οδηγός της αλληλοδιδακτικής μεθόδου υπο..., Égine, 1830

3. Ι. Π. Κοκκώνη, Περίληψις της γενομένης αναφοράς εις την επί της Προπαιδείας

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a) au processus codifié de l'enseignement qui assure l'économie de temps et d'argent,

b) à l'instauration de la hiérarchie et de l'ordre.

L'organisation interne de la classe ainsi que son équipement sont d'une importance primordiale. La place de chaque élément est fixée avec la plus grande précision, de sorte qu'à chaque activité corresponde une aire de la salle strictement déterminée, en assurant du même coup le contrôle visuel et la surveillance continue. C'est ainsi que la grande porte de la salle doit se trouver à proximité de l'estrade pour que le maître puisse faire régner l'ordre durant l'entrée et la sortie des élèves sans se déplacer. Dans les salles de grande dimension, le sol doit être légèrement incliné, la partie supérieure se trouvant en face de la chaire qui occupe l'une des largeurs de la salle. Au centre, en laissant des allées à la périphérie, sont placés les bancs et les bureaux dont la longueur varie suivant la largeur de la salle. Les surfaces des bureaux sont adaptées aux techniques utilisées pour les différentes classes d'écriture. Les élèves se déplacent selon leur progrès, des premiers bancs, destinés à l'écriture sur du sable, aux derniers, ceux de la calligraphie sur des cahiers. Le long des murs, sont posés des demi-cercles en bois fixant la place des élèves par groupes de neuf avec au centre le moniteur de la leçon de lecture. En ainsi se poursuit la description détaillée et la localisation exacte de tous les objets utilisés pour l'enseignement. "Une place pour chaque objet et chaque objet à sa place", c'est la devise qui, d'après le "Guide", doit être inscrite au-dessus de la chaire.

En dehors des rapports hiérarchiques, le modèle impose aussi des classifications, par exemple la distinction entre l'entrée du maître et celle des élèves, et bientôt la séparation des sexes. La même logique de classification et de différenciation est constatée aussi dans l'organisation des autres espaces. Cour fermée, qui devant la classe devient avant-cour abritée, les toilettes et les sanitaires séparés de l'avant-cour, et tout cela dans un tel ordre, pour qu'ils soient toujours supervisés par le maître. Enfin, l'école même est située à l'écart des quartiers les plus peuplés.

L'espace donc destiné par excellence à l'enfance est conçu et institué par l'Administration centrale en tant que modèle spatial clos, s'adaptant à toute population scolaire, quel que soit le milieu où celle-ci

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Επιτροπήν περί του εγχειριδίου του διά τ' αλληλοδιδακτικά σχολεία της Γαλλίας συνταχθέντος υπό του Κ. Σαραζίνου..., Égine, 1830, p. 4.

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se trouve (rural ou urbain), quels que soient son nombre, son sexe ou son âge. Dans cette logique, l'unité qui se répète est l'enfant. Il ne se singularisera que par sa position relative dans la hiérarchie sans visage instaurée entre les élèves, les moniteurs et le maître.

Le "Guide" restera en vigueur et connaîtra des rééditions successives complétées -la dernière en date est de 1860- pendant cinquante ans environ. Le document qui le remplacera en 1881 sera encore rédigé par un pédagogue, Sp. Moraïtis, et fera encore partie d'un ouvrage traitant plus largement de la mise en œuvre d'une méthode d'enseignement4. Il s'agit cette fois de la méthode simultanée. La prédominance de cette nouvelle méthode est liée à l'exigence, formulée avec une insistance toute particulière surtout pendant les années 70, d'une réorganisation de l'enseignement primaire; exigence qui ne traduit pas pour autant une philosophie de l'enseignement nouvelle et différente. L'objectif reste le même: formation graduelle de l'enfant par l'enseignement scolaire, afin qu'il s'identifie à un modèle unique de comportement; les moyens aussi sont les mêmes: contrôle étatique le plus étroit possible et intervention dans le processus éducatif, uniformisation la plus grande possible dans l'organisation de l'école. Toujours dans le cadre d'une conception pédagogique qui privilégie l'école au détriment de l'enfant, qui focalise son intérêt sur la matière et sur les techniques, la méthode d'enseignement mutuel sera contestée et rejetée comme très peu efficace par rapport à cet objectif, principalement en raison de l'absence d'une relation immédiate du maître à l'élève5. Ce rapport direct de maître à élève constitue le premier facteur décisif dans la mise en place du nouvel espace scolaire. La classe n'est plus identifiée à l'école, mais devient un noyau qui peut se répéter autant de fois que l'exige le nombre total des élèves, étant donné qu'une classe de méthode simultanée ne peut compter plus de 80 élèves. L'organisation interne de la salle est simplifiée puisque les besoins en matériel ont disparu avec les multiples actes didactiques, différenciés dans l'espace mais pas dans le temps.

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4. Σ. Μωραΐτης, Διδασκαλική ή Σύντομοι οδηγίαι περί της χρήσεως της νέας μεθόδου διδασκαλίας, Athènes 1880. L'organisation de l'"ordre intérieur" des écoles suivant le premier chapitre de la "Didaskaliki" a été imposé par le décret gouvernemental n° 2017 du 28 février 1881, "Περί κανονισμού της Διδασκαλίας εν τοις Δημοτικοίς, σχολείοις" voir Γ. Βενθύλος, Θεσμολόγιο της Δημοτικής Εκπαιδεύσεως, Athènes 1884 Τ. Ι, pp. 195-196

5. Voir entre autres "Γνώμη της επί των διδακτικών μεθόδων εννεαμελούς Επιτροπείης του Ελληνικού Διδασκαλικού Συλλόγου", στο Α. Δημαράς, Η μεταρρύθμηση που δεν έγινε (Τεκμήρια ιστορίας), Athènes, 1973, Τ. Ι, p. 242.

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Ses dimensions sont calculées sur la base du nombre et de la disposition des bancs —4 ou 6 élèves chacun— en ajoutant l'espace de circulation. Les dimensions des différentes parties des bureaux-bancs et leur position relative sont déterminées d'une manière suffisamment analytique suivant la constitution physique des enfants âgés de 8 à 10 ans, tandis que des instructions sont fournies en vue de les adapter aux élèves plus âgés. On peut voir ici également une marque de l'influence que l'hygiène exerce de plus en plus sur l'organisation de la vie scolaire en visant la protection de la santé, mais aussi en même temps de la moralité de l'enfant.

L'importance attribuée au banc dans les nouvelles normes peut être mieux comprise, si on se réfère aux techniques nouvelles proposées pour accoutumer l'enfant à la discipline et l'ordre. Dans la méthode précédente, l'enseignement mutuel, cette accoutumance était obtenue surtout par le mouvement organisé des élèves sous les commandements du maître et des moniteurs (ainsi, les commentateurs d'alors assimilent souvent la classe à une caserne ou une usine). A présent, la discipline et l'ordre sont identifiés au contrôle du corps de l'enfant en totale immobilité: «Assis, les (élèves) doivent tenir leur buste droit, même quand ils écrivent, et poser leurs pieds parallèlement sur l'appui-pieds, jamais une jambe sur l'autre, et aussi ne pas les faire bouger; quant aux mains, s'ils ne sont pas obligés de tenir un livre ou la plume, ou bien de montrer quelque chose, elles doivent être tout le temps jointes devant eux sur le bureau; regarder enfin le maître fixement». Au contrôle du corps s'ajoute le contrôle du regard. «Il serait antipédagogique» que le maître «doive à chaque fois rétablir l'ordre par de longs rappels et admonestations. En général, il suffit pour ramener tout le monde à l'ordre, de s'interrompre et de fixer d'un regard sévère ceux qui ne s'y sont pas encore soumis». C'est l'occasion pour le maître de faire montre de «l'effet pédagogique de son regard». La concentration du regard et la domination de celui qui représente l'unique autorité et pouvoir constituent le principe de base qui régit l'organisation de l'ensemble scolaire dans sa totalité. C'est ainsi que la cour doit être à tout prix située par rapport à l'école de façon qu'elle puisse être surveillée à partir des fenêtres de celle-ci, tandis que le bureau du directeur —échelon devenu indispensable à partir du moment où la multiplication des instituteurs impose l'instauration d'une hiérarchie intérieure— est disposé de manière à pouvoir contrôler l'entrée, le couloir de l'école et les entrées des classes.

Quant à ce qui concerne la disposition hiérarchisée des élèves dans la classe, suivant la nouvelle méthode d'enseignement, dont 

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m'application parfaite exige que dans celle-ci soient présents des élèves d'un âge et de capacité égaux, elle aussi dépend de l'autorité et du pouvoir du maître. Comme critères de classement sont pris l'état physique et psychique —ainsi que le comportement des enfants, encore une fois dans un amalgame de préceptes hygiénistes et moraux. C'est ainsi que myopes et malentendants sont placés près de la chaire, comme aussi les plus indisciplinés; si néanmoins ceux-ci sont incorrigibles, le regard pédagogique du maître n'ayant pas prise sur eux, il convient de les placer aux bancs du fond en les coupant du corps même de la classe.

Ce sont là les traits principaux de la standardisation de l'espace scolaire établis par les commandements didactiques et pédagogiques restés en vigueur au moins jusqu'en 1950. Le décret royal du 17 mai 1894 «sur la manière de construire les écoles» —le premier texte de ce genre qui n'ait pas été rédigé par un pédagogue, mais par un ingénieur, D. Kallias—, sera basé sur ces principes d'organisation des classes et des autres espaces et fixera en détail les dimensions standard et les techniques de construction en faisant siennes les leçons de l'architecture fonctionnelle, les exigences de l'hygiène scolaire et diverses innovations technologiques6.

Dans les années qui suivront, la logique de l'uniformisation du bâtiment scolaire aboutira à sa conséquence extrême. En 1898, l'administration centrale, en prévenant toute intervention extérieure, passera du texte normatif au plan-type institutionnalisé. D. Kallias rédigera des plans détaillés pour quatre types de bâtiments correspondant aux types existants des écoles du pays (à une, deux, quatre et six classes), plans qui seront agréés par une commission de médecins hygiénistes et de pédagogues. Dans l'élaboration des plans, il respectera les exigences

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6. Le 4 décembre 1898 sera signé le décret royal «Περί κανονισμού των διαστάσεων των σχολικών θρανίων...» comme supplément indispensable du décret sur la construction des bâtiments scolaires, comme il est noté dans le rapport préliminaire: «Or, la fréquentation des écoles édifiées selon les exigences de l'hygiène et de la pédagogie ne protègent pas les élèves de toutes les maladies scolaires, si les bancs aussi des écoles ne sont pas fabriqués de façon appropriée... Toutes ces maladies ou leur causes sont prévenues si, lors de la fabrication des bancs, sont respectées les règles fixées par les médecins hygiénistes et les ingénieurs, qui se sont occupés de la question». D. Kallias, rédacteur également de ce décret royal, fixe les dimensions de cinq types de bancs, selon la taille des élèves, en suivant les moyennes françaises. A la même époque, l'inspecteur des écoles primaires de l'Attique, Th. Michalopoulos, en collaboration avec l'ingénieur municipal du Pirée, E. Papaconstantinou, procédera à des mensurations de la taille et dimensions corporelles de 1330 écoliers et écolières, et proposera en 1903 de nouveaux types de bancs à deux surfaces.

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    6. Actes du Colloque, Historicite ...

    MICHEL DEAN

    LA JEUNESSE DANS LES ESPACES DE LA VILLE INDUSTRIELLE ET POST-INDUSTRIELLE

    Pour délimiter de manière précise le sujet de cette communication, il est nécessaire d'attirer l'attention sur certains points, et tout d'abord sur le fait que l'on ne développera pas ici des conclusions mais avant tout des problèmes, des hypothèses ou tout simplement des suggestions pour une recherche. Une deuxième remarque se rattache au titre; par les termes "ville industrielle et post-industrielle" je ne me propose pas de me référer à des catégories historiographiques particulières, mais à l'évolution qui suivit la propagation de la révolution industrielle et par conséquent à l'adaptation des structures urbaines et des modèles de comportement en ce qui concerne l'usage des espaces urbains; évolution qui est aussi consécutive aux nouveaux rapports de production et aux différents types de structure sociale entre les classes dans des sociétés et régions qui ont subi des bouleversements avec l'apparition des usines, lesquelles façonnent à leur image espace et comportements1.

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    1. La bibliographie concernant ces sujets est richissime. Je ne veux rappeler ici que certaines études de Géographie urbaine (urban geography), classiques en quelque sorte mais peut-être peu connues des non-spécialistes en ce domaine. Je cite donc par ordre chronologique: R. Blanchard, Une méthode de géographie urbaine, in La vie urbaine, 1922 ; P. Lavedan, Géographie des Villes, Paris, Gallimard, 1936; P. Lavedan, Histoire de l'Urbanisme, III, Paris 1926-1952; R. E. Dichinson, The West European City, London 1951; M. Sorre, Les Fondements de la géographie humaine, Paris, Colin 1952 (Tome III, L'Habitat, pp. 154-436, L'Habitat Urbain); A. E. Smailes, The Geography of Towns, London 1953; P. George, Géographie urbaine, Paris, P.U.F., 1961; G. Schwarz, Allgemeine Siedlungsgeographie, Berlin 1962 (Die Städte, pp. 309-501); J. Labasse, L'organisation de l'espace- Éléments de géographie volontaire, Paris 1966; J. Tricart, L'Habitat urbain, Paris M. Derruau, Précis de géographie humaine, Paris 1967, (IV, La Ville, p. 463-518); J. Beaujeu-Garnier, G. Chabot, Traité de Géographie urbaine, Paris, Colin, 1970.

    En ce qui concerne l'Italie où l'industrialisation commence dans les dernières décennies du 19e siècle dans certaines zones clairement limitées, une vaste 

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