Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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HÉLÈNE ELEGMITOU - ALEXANDRA BACALAKI

ÉCONOMIE DOMESTIQUE : LES DEVOIRS FÉMININS À TRAVERS LES MANUELS1

L'économie domestique figurait dans les programmes de plusieurs écoles de filles d'enseignement secondaire dès le milieu du 19ème siècle. Elle a été enseignée sans interruption, exclusivement aux filles, jusqu'à l'instauration de l'enseignement commun en 1979.

Les manuels les plus anciens que nous avons pu trouver, écrits dans le but d'être utilisés dans l'enseignement, sont: L'Économie domestique grecque-théorie et pratique de Xénophon D. Zygouras (1875), Abrégé d'économie domestique du même auteur (1878) et L'Économie domestique de Sapho Leontias (1887)2.

Les auteurs louent l'apport des anciens et en particulier de Xénophon en économie, en répétant les recommandations de l'"Économique"

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1. L'analyse formulée ici, résultat d'une première approche du sujet et partie d'une recherche plus large, pour le moment inachevée, sur l'histoire de l'économie domestique dans l'enseignement grec, comporte par nécessité un caractère provisoire. Mme Gotsi nous a donné des exemplaires de manuels retirés du commerce. Mme E. Xirotiri nous a fait don de ses propres livres et Mme E. Fournaraki nous a renvoyées aux anciens manuels d'économie domestique. Nous tenons à les en remercier chaleureusement.

2. Pour un seul de ces livres nous avons la certitude qu'il a été utilisé dans l'enseignement grec: l'Abrégé d'économie domestique (rédigé à l'usage des écoles élémentaires et des écoles de jeunes filles) il fut publié à Athènes et porte la signature du ministère des affaires religieuses et de l'éducation publique, A. Koumoundouros, qui le recommande "en tant qu'ouvrage utile pour les classes supérieures de l'enseignement en commun". L'Économie domestique grecque - Théorie et pratique de Xénophon Zygouras et l'Économie domestique de Sapho Leontias ont été publiés à Constantinople et portent l'imprimatur du ministère impérial compétent, ce fait ne signifiant aucunement qu'ils étaient inconnus en Grèce. On peut affirmer le contraire au moins quant à l'ouvrage de Leontias qui est présenté dans un article spécifique de la Gazette des Dames (1ère année, 1887, n° 30, p. 6), où il est même recommandé à l'usage scolaire.

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en faveur de l'ordre, de l'austérité de la discipline, du labeur ainsi que d'une répartition systématique des tâches, des compétences et des responsabilités dans la maison.

Zygouras (1875: 30-32) juge la définition de l'économie politique en tant que science et de l'économie domestique (qu'il traite le plus souvent tout simplement d'économie) en tant qu'art, non pertinente, puisqu'il considère que non seulement celles-ci sont régies par les mêmes principes, mais que c'est l'économie domestique qui est à l'origine de l'économie politique.

Léontias (1887, passim) désigne l'économie domestique comme «une science et un art» et considère (1887: 283) que, en tant qu'art, elle consiste en «sa partie pratique» et en tant que science en celle «théorique».

Les auteurs divergent sur l'importance respective des parties «théorique» et «pratique» de l'économie domestique, c'est-à-dire sur la priorité à accorder aux principes généraux de l'économie aussi bien que sur les conseils à donner pour exécuter des travaux concrets. Zygouras (1878: j' 13) s'en prend aux Européens parce que, à l'opposé des anciens, qui ont cultivé l'économie (domestique) «comme savoir primordial de bonne éducation», ils l'ont abaissée au rang de conseils pratiques, en privilégiant l'économie politique. Il oppose de surcroît (1878: στ') l'économie grecque à «l'enseignement faussé et vulgaire (qui) fait dépendre le bonheur familial d'une agréable décoration de la maison, de certaines recettes formelles pour nettoyer des meubles, des ustensiles et des vêtements, et enfin d'un certain goût abâtardi...». Léontias (1887: 281) pense que les questions d'ordre pratique «ne constituent pas le fond sérieux et riche de la notion (de l'économie domestique), mais ne représentent qu'un point d'un ensemble plus vaste».

A l'opposé de Zygouras, tenant les questions pratiques pour subalternes, Léontias (1887: ε΄) s'excuse de devoir commencer «par la partie pratique» et de placer celle-ci en premier, «ce qui pourrait sembler une innovation quelque peu étrange»; elle explique pourtant que «cette leçon, plus que toutes les autres, est fondée sur l'observation et l'expérience, dont sont déduites directement ses théories et ses règles». Les divergences des auteurs ne se limitent pas pour autant à la prépondérance de la «théorie» ou de la «pratique». Zygouras (1875: 36, 1878: 12) réduit l'économie domestique à la nécessité de parcimonie pour l'homme, tandis que Léontias (1887: 10) pense que «cette science et cet art éminents» naissent «de cette première et très importante énergie, activité, vie dans la maison».

Zygouras (1875: 30-32) est d'accord avec le professeur «Metziéros»

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(M. L. Mézières), qui en 1853, dans son ouvrage L'Économie considère que l'économie politique concerne la richesse nationale, tandis que celle privée (domestique) la richesse individuelle «laquelle est acquise par le travail, conservée par la parcimonie et augmentée par l'ordre et la patience». Zygouras développe, à l'intention des futures maîtresses de maison les principes et les procédés pour acquérir, conserver et augmenter la richesse, en y ajoutant l'investissement à l'ordre et à la patience. La richesse, dont la gestion incombe à la maîtresse de maison, rend possible le bonheur familial, défini comme la satisfaction de besoins qui doivent toujours restés dans les limites de l'austérité, qui est identifiée à la moralité (Zygouras, 1875, 1878, passim) et permettant aussi la bienfaisance (1875: 35). Enfin, la richesse est le moyen par lequel l'homme aspire à la perfection naturelle, morale et intellectuelle (Zygouras, 1875, 181). Le seul écart essentiel de Zygouras par rapport à son objet central, la richesse, est sa préoccupation envers la conduite de la maîtresse de maison vis-à-vis de ses proches et en particulier des «souffrants» dans le dernier chapitre de l'Abrégé «Diriger la maison».

Léontias accepte que l'économie domestique traite de l'acquisition, la conservation et l'augmentation de la richesse familiale. Cependant cette question ne la préoccupe qu'en partie, et, avant de la traiter (chap. IV), elle disserte sur le choix de la place du domicile, de son mobilier et de sa décoration (chap. I) aussi bien que sur l'«état physique, moral et esthétique des principales personnes de la maison» (chap. II), ainsi que leurs devoirs réciproques et vis-à-vis des tiers (chap. III). Dans le deuxième des trois chapitres qu'elle consacre à la richesse et qui traite de son emploi, Léontias se réfère aussi à la «satisfaction des besoins d'un point de vue économique et hygiénique» en donnant des consignes détaillées sur la préparation des aliments, l'entretien des vêtements et la «médecine familiale, pharmacologie et hospitalisation domestique». Elle loue aussi enfin l'austérité, mais elle insiste davantage que Zygouras sur le bon goût qui métamorphose et rend agréable les matériaux les plus simples (Léontias, 1887: 57-61 )3.

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3. Léontias (1877: 60) est très claire en ce que la femme de goût «ne confond point le luxe et le beau». De son côté, Zygouras (1875: p. e. 99) dénonce directement à plusieurs reprises les travaux d'ornementation des femmes comme un travail stérile. Ces points de vue semblent répondre indirectement à la question «dans quelle mesure l'enseignement des travaux manuels dans les écoles de filles faisaient dévier les élèves vers le luxe et l'apparence, surtout quand ces derniers se combinent à une «fausse imitation de l'Europe» et de «singerie», question qui, comme le signale S. Ziogou-Karasterghiou (1983: 91, 110, 113, 176) a préoccupé des enseignants et des intellectuels qui se sont intéressés à l'éducation féminine.

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Le sens plus large attribué à l'économie domestique par Léontias apparaît d'ailleurs dans le fait qu'elle inclut l'éducation en ce qui concerne la richesse dans la «préparation» plus générale «physique et spirituelle de l'être humain, homme ou femme, en vue de devenir... de dignes promoteurs de la vie familiale d'un point de vue matériel aussi bien que moral» (1887: 282), ainsi que dans la désignation de l'économie domestique comme «science et art de la vie familiale» (1887: 282) ou bien «de l'activité, du mouvement et de la vie de la société et de la cité domestique» (1887: 10).

Ces deux auteurs considèrent le travail des femmes au foyer comme un devoir important, non seulement envers leur propre famille mais plus généralement envers la société, et pensent que les femmes ont besoin d'une formation appropriée afin de mener à bien leurs tâches.

Léontias (1887: 51) recommande à la maîtresse de maison d'avoir terminé «une école préparatoire ou le lycée» et de maîtriser l'économie domestique, tandis que Zygouras attribue un rôle particulier à la formation économique. Les connaissances jugées par lui indispensables pour que les femmes puissent accomplir la tâche de la conservation et de l'augmentation de la richesse comportent des notions et principes généraux de l'économie ainsi que des indications pour les investissements, les ventes et achats et transactions bancaires contenus dans ses ouvrages.

Les auteurs reconnaissent aux femmes la possibilité de travailler pour subvenir à leurs besoins, soit en utilisant les arts domestiques, soit en s'occupant de commerce, de la rédaction de registres, en travaillant aux télégraphes ou aux téléphones, en s'occupant de pédagogie, des accouchements, de thérapeutique, de pharmacie, des beaux-arts et, selon Léontias (1887: 109, 110), aussi de médecine. Ils recommandent une occupation rémunératrice surtout à des femmes nécessiteuses, en jugeant néanmoins plus approprié le travail à la commande, qui se combine plus aisément à celui de la maison, que le travail salarié (Zygouras, 1875: 103; 1875: 61, Léontias 1887: 130).

La prise en charge de la maison par les femmes découle de leurs qualités «naturelles». Léontias (1887: 106) considère que l'économie domestique concerne les deux sexes, puisque l'homme «se doit d'être (son) premier connaisseur et artisan, comme chef de famille en général». Mais la femme «est créée avec un corps plus fragile et plus sensible(...) et douée d'un esprit surpassant celui de l'homme en acuité, imagination et prévoyance, en affection, compassion et pressentiment du cœur, aussi bien qu'en patience et piété; mais elle lui est inférieure en ce qu'elle est timorée, méfiante, précautionneuse et timide. Ce sont ces 

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qualités mêmes, physiques et spirituelles, qui la désignent comme plus capable et plus compétente que l'homme pour les choses domestiques» (1887: 11-12). Les obligations premières de la femme sont à la maison, son «règne» (Léontias 1887: 11), où elle domine comme «une véritable reine» à côté du «véritable chef», son mari (Léontias 1887: 86).

De son côté, Zygouras (1875: 20) considère comme bases pour les travaux domestiques l'acuité naturelle d'esprit, la sensibilité et la patience de la femme, en quoi elle est supérieure à l'homme, plus audacieux, plus actif, plus solide et meilleur «à entreprendre». Le foyer est l'«arêne» de la femme (Zygouras 1878: ε'); l'économie son but «divin», sans lequel sa vie «est à tel point annulée qu'elle devient pire que celle des femelles des animaux» (1878: 105).

Les différences physiques entre femmes et hommes se présentent comme complémentaires. Léontias (1887: 14) pense que la convivialité conjugale «est basée sur la différence physique des hommes et des femmes» consacrée par le mariage, et elle prévient (1878: 65-68) qu'il faut par tous les moyens faciliter la tâche aux femmes. L'homme surtout «doit toujours avoir en esprit que la femme est ainsi créée par Dieu, afin quelle soit la joie et le bonheur de la famille; qu'elle est son égale devant Dieu et la nature» (Léontias), 1887: 67). Zygouras (1875: 106-107) est catégorique sur la question de la prise en charge par la femme de la bourse familiale; il signale qu'«il y a beaucoup d'hommes méfiants et orgueilleux, croyant qu'il est humiliant de se plier aux commandements financiers de la femme et trouvant de la sorte une ample liberté dans la voie d'une vie de débauches et de vices». Les auteurs mettent aussi l'accent sur la compétence exclusive de la maîtresse de maison sur la surveillance et l'éducation des enfants4.

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4. La question de la «nature» et de la vocation des femmes est particulièrement critique à cette époque: adversaires et partisans de leur éducation et de leur accès à la chose publique en général étayent leur argumentation sur des estimations concernant les différences physiques des sexes. Léontias et Zygouras considèrent que la préoccupation de la femme pour l'économie domestique ne découle pas de leur «nature» subalterne, mais de certaines qualités propres aux femmes présentées sous un jour positif. Selon la remarque de A. Psarra (1979: 4-10) sur les rédactrices des revues Thalia et Evridiki, les auteurs ne font pas reposer les différences de sexes sur l'infériorité ou la supériorité. Léontias et Zygouras identifient la femme avant tout à sa fonction de reproduction dans la maison, mais tiennent pour précieuse sa contribution à la famille et à la cité, en soulignant le caractère «civilisateur» de l'éducation féminine. C'est dire qu'ils mettent en avant la conception, très répandue en Europe pendant le 19ème siècle (Deem, 1978: 5) selon laquelle l'éducation des femmes est indispensable avant tout parce qu'elle peut assurer de meilleures 

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Les écoles de filles d'enseignement secondaire où l'économie domestique était enseignée formaient en commun de futures maîtresses de maison pour des familles aisées, et des institutrices (principalement des boursières). A part, leurs devoirs scolaires, les élèves s'occupaient en même temps de travaux manuels et de couture qui absorbaient un temps bien supérieur à l'économie domestique (Ziogou-Karasterghiou 1983: 90-91, 119-120, 147, 155).

Vers la fin du 19ème siècle, l'enseignement de cette matière s'est étendu aussi à des filles de familles pauvres, comme celle qui fréquentaient l'«École dominicale des femmes indigentes et des filles du Peuple» (1890) ou bien qui étudiaient à l'«École des travaux ménagers et professionnels» de l'«Association des femmes grecques» (1897).

Le contenu des ouvrages que nous avons examinés prouve que l'économie domestique se recoupe en partie avec d'autres matières préparant les élèves aux tâches de la maison; elle promet néanmoins un cadre théorique plus général qui les aidera à mettre en valeur leurs connaissances partielles. En ne jugeant qu'à partir des matières enseignées, cette leçon vise à préparer les filles des familles aisées au rôle de la maîtresse de maison dans la famille bourgeoise et, en même temps, à initier des filles de revenu plus modeste au modèle de bien être domestique valant pour les classes «civilisées».

Bien que la richesse familiale et la vie au foyer constituent des aspects inséparables du bien être domestique bourgeois, l'accentuation différente mis par Zygouras et Léontias sur ces aspects montre que le terme d'économie domestique est imprécis dès le départ. Cette imprécision est confirmée par la thématique différente de deux manuels publiés dans le premier quart du 20ème siècle, différence qui annonce aussi le morcellement de l'économie domestique en des domaines spécialisés qui prévaudra désormais dans les manuels.

Irini Pratsika (1915) consacre un volume à des conseils pratiques

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conditions pour les hommes et les enfants dans la famille.

Les points de vue de Zygouras et de Léontias sont modérés si on les compare aux thèses plus radicales de Parreine sur le travail en tant que condition nécessaire de l'émancipation féminine. Ils divergent pourtant radicalement des conceptions de lettrés comme G. Manousos, Diététique pédagogique et pédagogie (1884: 213-223); Anna Serouiou éditrice et directrice de l'hebdomadaire féminin Famille (1897), Aristidis Spathakis et Simonidis Vlavianos, qui écrivent dans le même périodique; ainsi que le traducteur de Fénelon, Ch. Nikolaïdis Filadelfeus (1875), lesquels considèrent le foyer comme l'unique lieu qui convienne aux femmes et insistent inlassablement sur les conséquences néfastes qu'impliqué l'émancipation et le trop d'instruction des femmes pour la famille et la nation.

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pour la propreté et l'entretien du ménage, tandis que Ekaterini Varouxaki (1923) considère la santé comme base de la richesse et consacre la plus grande partie de son livre à son acquisition et sa conservation. Mais, même au sujet de ces livres, on ne peut affirmer s'ils ont été effectivement utilisés dans l'enseignement et à quelle ampleur. L'enseignement de cette matière dans les "lycées" de filles n'était pas nécessairement basé sur un manuel.

D'après les témoignages de femmes qui ont fréquenté le "lycée" avant la guerre, il semblerait que l'économie domestique était enseignée sans manuels; on insistait le plus souvent sur les travaux manuels et la couture.

Les premiers manuels utilisés systématiquement dans l'enseignement secondaire, mais aussi dans les écoles de travaux ménagers, furent les Notions de puériculture de Eustathia Lambrou (1953) et les Éléments sur les aliments et ses applications à la préparation de la nourriture de Eustathia Lambrou et de Ekaterini Alexopoulou (1956). L'économie domestique-Diététique et savoir-vivre de Eugénie Xirotiri et de Popi Chourdaki (1959), ainsi qua la Puériculture et Thérapeutique de Eugénie Xirotiri publiée plus tard, ont eu un grand retentissement et connurent de nombreuses rééditions.

Ces premiers ouvrages sont suivis par un grand nombre de manuels. Jusqu'en 1983 plus de trente livres ont paru, la plupart publiés après 1970. Les manuels sont rédigés sur la base du programme analytique de l'économie domestique pour chaque classe et reçoivent l'autorisation de publication du ministère de l'éducation. Les enseignants ont le droit d'utiliser n'importe lequel des ouvrages autorisés5.

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5. Même si nous savons que les manuels d'après-guerre ont été utilisés dans l'éducation, il nous faut signaler que leur seule lecture ne suffit pas à se faire une idée du contenu de l'enseignement de cette matière ni de son impact.

Les livres scolaires s'adressent à la jeunesse, mais ne fournissent pas d'indications sur les réactions des enfants à ce qui y est écrit. De même, les livres révèlent le contenu de la leçon comme celui-ci est formulé par les auteurs ou encore, souvent, comme ils est agréé par l'État, et non pas comme il est façonné dans la pratique de l'enseignement. Cet écart est considérable dans le cas de l'économie domestique. Avec d'autres matières secondaires (musicales, techniques, la gymnastique), elle semble échapper suffisamment au formalisme et à l'uniformité qui, comme l'ont signalé A. Dimaras (2, 1984) et Ch. Noutsos (1979) prévalent dans l'enseignement grec. D'après les témoignages de professeurs d'économie domestique, l'enseignement de cette matière avait un caractère "libre", résultant de la nécessité dans laquelle se trouvaient les professeurs à adapter la leçon "aux besoins des élèves", c'est-à-dire aux données sociales présentes à chaque fois, et aussi de ce que la "conformité" à la lettre des programmes détaillés ne faisait pas l'objet d'un contrôle direct de l'État.

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Comme c'est aussi le cas pour les livres de Zygouras, Léontias, Pratsika et Varouxaki dans les manuels d'après-guerre le «domicile» comprend le foyer, le mobilier, les membres de la famille et les serviteurs, rarement mentionnés dans les livres plus récents et toujours en ajoutant «s'ils existent». Chaque ouvrage traite pourtant en détail une ou plusieurs dimensions et fonctions particulières de la maison, c'est-à-dire qu'il se réfère à des domaines distincts de l'économie domestique correspondant aux parties de la matière à enseigner, définies par les programmes analytiques.

Le terme d'économie domestique n'apparaît pas souvent dans ces textes spécialisés. Dans les domaines de l'habillement, de l'habitat et de la connaissance des aliments ou diététique, l'accent est mis avant tout sur la description des matières premières, de la composition, fabrication et traitement du tissu, de l'habitation (y compris le mobilier) et des aliments ainsi que sur l'estimation des biens matériels d'après des critères d'hygiène, d'esthétique et pratique. Ces domaines correspondent à des thèmes considérés comme appropriés aux élèves les plus jeunes, tandis que l'éducation familiale, traitant des rapports inter-familiaux, du budget familial, de la puériculture et de l'éducation des enfants, est d'habitude enseignée dans les classes supérieures. La thérapeutique concerne ceux qui s'adressent aux malades à domicile et l'éducation sociale développe les obligations du savoir-vivre. Ces domaines accompagnent le plus souvent la connaissance des aliments ou l'éducation familiale.

Cette économie domestique de l'après-guerre, à dimensions multiples, est bien plus proche de celle de Léontias que de la stricte observance par Zygouras des questions concernant la richesse. Il semble cependant que bien que l'économie domestique ne recouvre qu'une faible partie de l'emploi du temps des élèves (Noutsos, 1979: 328-329), la matière s'élargit pour englober des notions pratiques et théoriques, qui auparavant appartenaient à des matières particulières. Ainsi, l'enseignement des travaux manuels et de la couture est incorporé au domaine de l'habillement —les manuels appropriés contiennent au minimum souvent les points les plus élémentaires— tandis que la puériculture et la pédagogie deviennent à leur tour partie prenante de l'économie domestique6.

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6. L'économie domestique enseignée au lycée comprend des notions et des consignes sur l'éducation des enfants, enseignées auparavant dans les matières pédagogiques et contenues dans des ouvrages spécialisés, comme la Pédagogie domestique ou de l'éducation des enfants à domicile, de Ar. Spathakis (1889) ainsi que

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Le contenu des livres varie surtout d'après leur sujet. A l'intérieur de chaque domaine les manuels se recoupent dans une grande mesure quant aux connaissances fournies, l'ordre des textes et parfois même dans la formulation. Cependant, en même temps que par leur adaptation en langue populaire et souvent par l'adjonction de photos, les manuels qui paraissent vers la fin des années 70 et jusqu'en 1983 présentent quelques innovations dans leur contenu par rapport aux premiers ouvrages de l'après-guerre. Les références à la tradition gréco-chrétienne se font rares ou disparaissent, les rapports entre les membres de la famille apparaissent plus égalitaires, la hiérarchie familiale moins rigoureuse, l'éducation des enfants met aussi l'accent sur des valeurs comme la créativité et l'initiative, les chapitres sur l'éducation sociale mentionnent la «simplification» survenue dans les règles du savoir-vivre et, enfin, c'est la consommation qui est proposée comme fonction de base du ménage: l'éducation du consommateur accompagne la connaissance des aliments aussi bien que l'éducation familiale. Ces changements sont le résultat d'ajouts et de coupures des textes de base correspondants plus anciens, ce qui n'équivaut pas à une refonte radicale des manuels7. L'objectif permanent des ouvrages en question reste toujours la préparation des femmes aux tâches domestiques.

Certains auteurs mentionnent directement les buts de la matière et de leurs ouvrages qui sont la préparation des futures épouses, mères et ménagères; elles mentionnent aussi la vocation innée des femmes qui les rendent, seules, aptes au travail domestique, aussi bien que de leurs besoins qui sont satisfaits par leur apport continuel. Eustathia Lambrou cite par exemple (1953: 118) «les mots de saint Paul 'La femme sera sauvée par l'enfantement et l'éducation de ses enfants' (I ép. à Tim. b15)»; Eugénie Xirotiri (1959: 4) explique que son livre vise à la transmission des notions que doit avoir «une bonne ménagère pour qu'elle puisse répondre aux besoins vitaux de sa famille» et Varvara Trombeta (1973: 5) dit entre autres que la leçon «essaie de préparer les mères de la nouvelle génération à se montrer dignes de leur rôle».

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l'ouvrage de G. Manousos, qui consacre aussi un chapitre spécial à des conseils «sur la probité des mœurs, la décence et la bonne conduite» (1884: 224-238).

7. Dans les grandes lignes, ces innovations visent à moderniser en quelque sorte les valeurs et les modèles qui reproduisent l'amalgame idéologique pré-bourgeois, comme le constate A. Frangoudaki (1978: 135-137), dans les livres de lectures qui orientent les enfants vers les conceptions et les modes de vie traditionnels de la vie rurale (Frangoudaki, 1978: 49), les livres d'économie domestique mettent en avant la vie à la ville.

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Ces livres cependant, ainsi que tous ceux qui ne comportent pas de mentions directes à la destinée des femmes en général, prodiguent des renseignements et des estimations formulés de manière impersonnelle concernant les matières premières ou la confection des produits, laquelle présuppose un travail hors domicile et spécialisé (ils dissertent par exemple sur la fabrication de tissus, produits d'hygiène, tapis industriels, meubles, le traitement d'aliments etc.) Les informations "objectives" dans ces livres côtoient des descriptions des devoirs de la ménagère et des conseils, formulés souvent d'une manière également impersonnelle, ce qui confère un caractère officiel et objectif aux exigences du travail domestique8. Les règles de travail contenues ou présumées, dans les livres visent à minimiser le temps et l'argent requis pour chaque tâche et à obtenir le maximum de rendement pour la ménagère dans chacune d'elles. L'usage rationnel du temps ne réduit pas malgré tout le temps global de son travail, mais lui permet avant tout d'en faire davantage9.

Les descriptions neutres du mobilier répondent d'une manière également objective à la question "que doit contenir une maison?" La description détaillée de divers articles trahissent peut-être chez les auteurs une tendance au formalisme. Cependant, au moins dans les ouvrages plus anciens, les descriptions du genre: qu'est-ce qu'une cuvette de cabinet, un bidet, une cuisinière électrique, etc., visaient plutôt à recommander ses articles à des élèves probablement non familiarisées avec l'équipement moderne. Les conseils sur l'usage et l'installation de divers objets d'équipement présupposent leur existence en tant qu'éléments indispensables de la maison moderne.

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8. En analysant les témoignages recueillis auprès des ménagères anglaises, Ann Oakley (1974: 110-112, 183-184) écrit que les règles et critères du travail leur permettent de percevoir les travaux particuliers comme un tout, "un travail", de manifester leur responsabilité personnelle envers la maison, et enfin que la satisfaction que ressentent les ménagères à cause de leur travail dépend de leur conformité au exigences du ménage par le respect de règles et de critères. Les ménagères objectivent ces exigences et ces règles -elles les ressentent comme quelque chose d'extérieur, sentiment qui justement semble être renforcé par les manuels scolaires. Toujours d'après les découvertes de Oakley, les règles et critères contribuent au prolongement des travaux: les heures de travail de la ménagère sont d'autant plus nombreuses que ses exigences sont plus élevées.

9. C'est le contraire qui aurait constitué un paradoxe, puisque, comme le signale le groupe de travail de Skoupa (1979: 75), le travail domestique se présente pour les femmes comme prolongement naturel ou bien comme vérité de leur existence, comme un devoir qui va de pair avec leur amour des personnes auxquelles elles

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Parmi les innovations qui apparaissent dans les manuels parus après le milieu des années 70, les mentions du travail des femmes hors domicile sont particulièrement intéressantes; celles-ci deviennent plus détaillées dans les ouvrages plus récents, sans pourtant faire référence à des professions précises.

Ce nouveau statut des femmes suscite des commentaires isolés qui encouragent les hommes à participer aux travaux domestiques; ils doivent à présent aider à la maison. Ces commentaires n'annulent pas pour autant le caractère primordial de l'occupation féminine dans la maison. C'est ainsi que, dans le même manuel et qui plus est à la même page (Papageorgiou, 1983: 31) l'homme est incité «à prendre conscience qu'il a exactement les mêmes responsabilités que sa femme en ce qui concerne le ménage et les enfants», et la mère d'enfants en bas âge qui travaille est informée que «la solution la meilleure à son problème consiste à ne pas travailler pendant leurs premières années (1-5 ans)»; (on adjoint à ces commentaires la photo d'un père travaillant dans une cuisine ultra-moderne avec ses deux enfants).

Le caractère très limité des «solutions» proposées ainsi que leur fréquente annulation par des commentaires, qui présupposent une identification de la femme à la maison, témoignent de la conception

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rendent des services. En tant que devoir donc, elle n'a aucune matérialité ou signification économique, mais seulement une signification éthique.

10. N. Skouteri-Didaskalou (1980: 35-49) parle des femmes coincées entre la production et la reproduction en général, ainsi que du caractère «de réserve» du travail hors foyer des femmes, qui répond aux exigences du capital et de la famille, en se référant (1980: 46) au caractère indicatif de la contradiction mise en avant entre le rôle des femmes à domicile et dans la production.

La façon dont le capital s'accommode ou juge indispensable la prise en charge du travail domestique par les femmes, et comment celle-ci contribue à l'exploitation de la main-d'œuvre est l'objet d'amples débats et polémiques qui dépassent les limites de ce rapport. La complexité de cette question ne doit cependant pas faire oublier que confier les travaux domestiques aux femmes, non seulement facilite de plusieurs manières la domination des membres mâles de leur classe sociale dans la production, mais aussi leur offre de grandes gratifications à domicile.

Le «non-travail» des femmes est indispensable à la survie des hommes (Rowbotham, 1974: 113). Les références aux objectifs et aux fonctions de la famille en général, qui abondent dans les livres, dissimulent le coût et les significations différentes qu'ont ceux-ci pour chacun de ses membres.

Quant au caractère primordial, selon les manuels, de l'entretien de la maison par les femmes qui travaillent, il semble que celui-ci soit de toute façon maintenu, d'après des données montrant que les femmes travaillant dans les pays du capitalisme avancé se chargent de la plus grande partie du travail à la maison (Hartmann, 1981: 27).

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que les redistributions des rôles dont l'espace privé est susceptible, sont limitées. Les travaux que la ménagère doit alors confier aux membres de la famille doivent s'accorder à leur sexe et à leur âge: les garçons doivent ranger leurs affaires, les filles mettre la table, le père faire les courses etc. (Trombeta 1979: n. III 38). Ces redistributions ont encore pour objectif le fonctionnement normal de la maison et la possibilité, de faciliter la tâche de la ménagère, tandis qu'elles ne l'aident pas du tout à assumer ses responsabilités en dehors de la maison. Le travail hors domicile est donc pour la femme une complication et une responsabilité supplémentaires auxquelles elle doit s'adapter: «il faut qu'elle soit calme et non pas angoissée, sourire et non pas gémir (...) elle ne doit pas jouer à la victime» (Trombeta 1979, n. III 38). Les responsabilités féminines pas excellence ne changent pas; ce sont celles de ménagères envers leur mari et leurs enfants à la maison. Le revenu de leur travail (quand il est mentionné) est présenté comme un supplément et les problèmes des «femmes au travail» (titre des chapitres concernés) comme résultat de leurs rôles différents (et en fin de compte contradictoires) à la maison et au travail10. Mais «travaillant doublement dans et hors de la maison (la femme) assume intégralement ses obligations familiales et sociales» (Sdrin-Sfakianos 1977: 125).

Les manuels publiés jusqu'à la fin des années 70 ne s'adressaient par définition qu'aux jeunes filles. Par contre, ceux qui ont circulé après 1978 ont été enseignés dans des classes mixtes. Dans tous les livres, on retrouve des formules neutres, vagues ou ambiguës quant au genre des personnes qui sont chargées des diverses activités ainsi que des recommandations à la première personne du pluriel. Mais dans les livres plus récents, les formules qui concrétisent et clarifient des expressions comme «la personne», «les parents», «l'homme» ou «la famille» en déterminant la distribution des rôles parmi les membres de la famille, désignent en même temps le mode par lequel des commentaires divers concernent des élèves des deux sexes. Ainsi par exemple, Ariane Gardelea (1983: 108) après avoir mentionné les qualités «que doit posséder la personne qui se chargera des soins au malade» dans le titre du chapitre concerné, elle explique que «la personne la plus appropriée pour soigner le malade est son parent le plus proche, sœur, mère, épouse» et juste après elle utilise les formules de rechange, «l'infirmier ou l'infirmière»11.

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11. Le manuel de la première classe du secondaire (Kokkevi, Kokolaki-Fadel, Khasapidou, Dekavalla) publié en 1984 sort des limites de ce rapport, justement parce qu'il représente la première tentative systématique de moderniser cette matière. C'est le premier ouvrage d'économie domestique à être édité par l'O.E.D.B. (Organisme

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Les différences de contenu entre les ouvrages de Léontias et de Zygouras, l'écart qui les sépare dans le temps des manuels plus récents, la thématique variée de ceux-ci quelques différences entre les plus anciens et les plus récents parmi eux, l'évolution signalée enfin quant à l'accès des femmes à l'école ainsi que quant à l'orientation générale des filles rendent difficile la comparaison entre les ouvrages de la fin du 19ème siècle et les plus récents. Nous prendrons cependant le risque de formuler quelques constats préliminaires sur la base de cette première présentation critique et sélective des livres.

Dans les grandes lignes, les objectifs des manuels d'après-guerre coïncident avec ceux des ouvrages de Zygouras et de Léontias en ce qu'ils préparent les élèves à leur mission future au foyer. La notion de foyer en tant qu'ensemble qui exige d'être administré recule néanmoins plus tard devant le concept de ménage, dont le fonctionnement dépend presque exclusivement de la capacité ménagère à mener à bout les tâches domestiques particulières. Le modèle de la maîtresse de maison, qui organise le fonctionnement du foyer et confie maints travaux au personnel de service, est remplacé par le modèle de la ménagère qui se débrouille toute seule12. Les «facilités» dont elle dispose compensent l'absence de domestiques et maintiennent la propreté et l'ordre requis à des niveaux élevés. Toujours par rapport aux ouvrages précédents, les manuels d'après-guerre fournissent beaucoup plus d'informations et de notions techniques concernant le mobilier et les aliments.

Léontias et plus encore Zygouras accordent une grande importance à la contribution de l'administration rationnelle du foyer, à l'entretien

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d'éditions des livres d'enseignement) il précède les manuels à paraître prochainement de la deuxième et troisième classes et présente des changements considérables dans le contenu, l'organisation et la présentation. Ayant comme sous-titre «pour une vie meilleure», il s'adresse à des élèves des deux sexes en mettant grandement l'accent sur l'expression de la personnalité et les rapports à l'intérieur du foyer, en contestant souvent la division «normale» du travail domestique. Sa publication est, au moins en partie, le résultat des efforts des représentants de cette profession et satisfait l'une de leurs nombreuses revendications syndicales. Il faut néanmoins remarquer que cette tentative de modernisation se matérialise et surtout reçoit le concours de l'État après que cette matière soit aussi enseignée pour les garçons, bien que son enseignement ne représente plus qu'une seule heure scolaire.

12. Nos estimations concernant les modèles qui prévalent dans les manuels d'économie domestique grecs sont en accord avec les remarques de A. Lada (1984: 46-49) sur le remplacement progressif du modèle de maîtresse de maison prévalant dans les couches moyennes lors des premiers stades du capitalisme par le modèle de la «ménagère totale». Son étude se réfère à la correspondance des modèles et de diverses formes d'organisation («androcentrique») de l'espace de la maison bourgeoise.

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et l'augmentation de la richesse familiale. Les livres plus récents prodiguent aussi des conseils sur la gestion correcte de l'argent à l'aide de la comptabilité domestique. Mais, à l'opposé de l'administration du foyer qui vise au maximum de richesse, le travail de la ménagère contemporaine contribue surtout à rendre le foyer agréable. La gestion correcte comprend l'effort de la ménagère pour combiner la satisfaction la plus grande des besoins familiaux et des obligations que la dignité commande aux prix les plus bas possibles. A l'opposé de la mission de la ménagère, les besoins et les obligations de la famille ne se réduisent pas à des critères moraux, mais sont estimés avant tout sur la base des capacités économiques de la famille. La tentation de dépenser immodérément, faiblesse morale selon les ouvrages anciens reste grande.

La future ménagère du 20ème siècle est placée en face d'une déontologie qui l'incite à l'épargne et la détourne de la moindre pensée d'aller au-delà de ses moyens financiers, en brandissant le risque de la ruine et parfois même du ridicule, mais en même temps elle se garde bien de louer l'austérité en tant que bonheur et moralité, ni n'admet des limites morales au bien être domestique. Enfin, malgré la distance qui sépare les manuels d'après-guerre de ceux du 19ème siècle, et malgré l'évolution intervenue dans la participation des femmes à la production, le travail hors-domicile des femmes est toujours envisagé sous l'angle de leur identification à la maison.

A l'instar des manuels du 19ème siècle, le reflet de la réalité qu'offrent les livres récents est fragmentaire et factice, puisqu'elle ne concerne que quelques aspects de la vie familiale d'une certaine catégorie de gens, pas nécessairement selon l'image que s'en font les auteurs, mais bien comme elle devrait être.

Nous pouvons difficilement parler de ruptures radicales dans l'évolution du contenu de l'économie domestique comme celle-ci transparaît dans les manuels. Les mutations sociales, économiques et technologiques plus générales sont reflétées dans les livres plus récents et les différencient. Dans les grandes lignes, cependant, les auteurs plus récents maintiennent les frontières tracées par les précurseurs de l'économie domestique et, pour autant qu'ils ne versent pas dans des discussions plus générales sur la vocation de la femme, ils les rendent plus étroites.

Les points de vue des manuels plus récents sur le travail des femmes en dehors du foyer n'ont assurément pas ce caractère d'avant-garde qu'avaient à l'époque les mentions de Zygouras et de Léontias sur les professions que les femmes peuvent exercer ou bien à leurs possibilités d'avoir des activités lucratives en général.

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L'évolution de l'économie domestique, au moins en partie, est fonction de la mission qu'elle accomplit selon le public auquel elle s'adresse. Si l'on en juge pas les manuels, l'économie domestique aux débuts de son parcours concerne surtout les exigences quant au rôle de la maîtresse de maison dans les couches moyennes et supérieures, et répond aux aspirations de bien-être domestique qui accompagne l'ascension sociale. Dans l'après-guerre, cette mission consiste surtout en l'adaptation d'un grand nombre d'élèves aux exigences du ménage petit-bourgeois, c'est-à-dire au travail domestique que la ménagère exécute d'habitude toute seule, à l'aide des produits du marché ou bien sous la «menace» de celui-ci.

La position de classe de la femme, avant tout résultat de la place des membres mâles de sa famille dans la production, détermine le genre de foyer qu'elle se chargera d'entretenir. Ceci est son devoir parce qu'elle est femme, elle ne peut s'en débarrasser même si elle travaille en dehors de la maison, comme doit le faire la ménagère dans les manuels plus récents.

Les différences de contenu dans les manuels font penser à des variations sur un même thème. Ouvertement ou implicitement, confier le travail domestique aux femmes se rattache à leur «nature». La ménagère change de visage, de méthodes, elle assume parfois «d'autres» occupations. Le travail à domicile s'adapte néanmoins aux conditions objectives en vigueur à chaque fois, ainsi qu'aux divers modèles de vie et de société, parce qu'il est privé, non payé et féminin13.

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13. Nous prenons ici le risque d'avancer, à titre tout à fait provisoire, que le caractère «naturel» de la désignation des femmes pour les travaux domestiques, en relation avec le déclassement de la reproduction à domicile par rapport au travail dans la production détermine aussi la place de l'économie domestique dans l'enseignement. L'accent mis sur le perfectionnement des vocations «innées» des femmes, ainsi que leur préparation à la vie familiale, accent qui prédomine aussi longtemps que l'enseignement féminin est limité, singulier et marginal, recule avec l'intégration des jeunes filles dans l'enseignement général. L'insertion de l'économie domestique donc au centre de la marginalité et en marge de l'enseignement intégré des jeunes filles semble s'appuyer sur des considérations qui divergent surtout quant à l'accès qu'elles autorisent aux femmes dans l'enseignement et la production (toujours selon leur origine de classes), mais convergent quant à la prise en charge des travaux domestiques par les femmes.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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EUGÉNIE BOURNOVA

LA JEUNESSE DE RAPSANI : UNE ENQUÊTE DE DÉMOGRAPHIE HISTORIQUE ET D'HISTOIRE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE

Rapsani est un village de montagne de la Thessalie, faisant partie de l'éparchie de Tirnavos; situé à dix kilomètres de la route nationale Larissa-Salonique, à la hauteur de la vallée de Tembi, il se trouve à une altitude de 500 mètres, sur le mont Olympe. Ancien bourg (chef-lieu de la commune d'Olympos de 1881 à 1912), comptant 2.142 habitants en 1907, il restera une commune importante jusqu'en 1940 avec 2.427 habitants. Les productions principales du village à partir du 19ème siècle et jusqu'en 1940, sont le vin et les cocons de soie.

La recherche entreprise sur la jeunesse de ce village n'en est qu'à ses débuts; nous ne présenterons donc ici que les sources ainsi que quelques hypothèses de travail dues à une autre enquête que nous menons dans le même espace et qui approche de son terme.

Pour mener à bien cette étude, nous nous servirons de l'histoire orale, mais principalement de documents historiques. En ce qui concerne ces derniers, nous nous proposons d'utiliser:

— les actes d'état-civil (mariage, naissance, décès) de la municipalité de Rapsani après 1929,

— le registre municipal établi en 1954 et actualisé depuis,

— des actes notariés et, en particulier, les contrats de dot qui se trouvent aujourd'hui à l'office notarial de Pyrgetos,

— les journaux intimes inédits de deux jeunes de Rapsani:

- le premier concerne la période 1907-1914, et

- le second, «Journal de travail», concerne l'année 1933 et la moitié de 1934.

— les registres scolaires de 1949-1950 (la totalité des précédents ayant été détruits par l'incendie de 1948 lors de la guerre civile; et enfin,

— les livres de comptabilité de l'épicier le plus important du village

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—«journal» et «grand livre» d'où il ressort que les enfants participent au remboursement des dettes des familles-clients par le revenu de leur travail.

Avec l'appui de ces documents historiques, nous tenterons de réaliser une monographie concernant la première moitié de notre siècle.

Tout d'abord pour l'étude démographique: nous avons utilisé les actes d'état-civil et le registre municipal. On note 332 mariages pour la période 1929-1950, mais nous n'avons rempli que 285 fiches de reconstitution des familles puisque, hormis l'acte de mariage, aucune autre trace ne certifie que les 47 couples restant ont vécu à Rapsani après la cérémonie du mariage.

Quelques-uns des résultats en démographie historique sont les suivants: l'âge moyen au mariage est relativement tardif: 31,14 ans pour les hommes et 25,66 pour les femmes. Nous pouvons d'ailleurs dire à ce propos que ce n'est pas là un phénomène conscient dans la mentalité des villageois. Quand nous avons interrogé les gens du pays: à quel âge les hommes du village se marient-ils?, la plupart ont répondu qu'ils se mariaient de toute façon dès qu'ils avaient atteint 25 ans.

En réalité, il s'agit d'une société rurale, où le facteur de transmission des biens et, en particulier, de la dot retarde la formation d'un couple. L'âge moyen au mariage ne baisse que grâce au travail individuel; c'est ainsi qu'on obtient une certaine liberté dans le choix de l'époux, les femmes en particulier.

Le comportement culturel et les nécessités économiques expliquent en partie l'âge tardif au mariage. Dans la pratique sociale courante, un homme ne peut se marier qu'après avoir marié ses sœurs. Certains sont forcés d'émigrer pour constituer la dot de celles-ci.

Malgré cela, dans 14 cas, le mari est plus jeune que l'épouse. L'écart moyen d'âge entre les hommes et les femmes est de 5,48 ans.

Nous constatons aussi que 65,4% des hommes se marient entre 25 et 34 ans et 83,1% des femmes entre 20 et 29 ans. A noter que l'on ne trouve pas un homme qui se soit marié avant ses vingt ans ni une femme après ses 44 ans.

Pour la période 1929-1950, nous avons cherché les contrats de dot et nous en avons trouvé 32: ils couvrent 9,6% seulement des mariages ce qui revient à dire que cette pratique a un caractère plutôt exceptionnel et limité. Elle concerne des maisons, des magasins, des champs, des pâturages, des vignes, des champs de mûriers et des bêtes. Une seule fois, il est question d'argent: le futur mari est un cordonnier. Il faut aussi remarquer qu'une bonne moitié des contrats ont été faits par

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    HÉLÈNE ELEGMITOU - ALEXANDRA BACALAKI

    ÉCONOMIE DOMESTIQUE : LES DEVOIRS FÉMININS À TRAVERS LES MANUELS1

    L'économie domestique figurait dans les programmes de plusieurs écoles de filles d'enseignement secondaire dès le milieu du 19ème siècle. Elle a été enseignée sans interruption, exclusivement aux filles, jusqu'à l'instauration de l'enseignement commun en 1979.

    Les manuels les plus anciens que nous avons pu trouver, écrits dans le but d'être utilisés dans l'enseignement, sont: L'Économie domestique grecque-théorie et pratique de Xénophon D. Zygouras (1875), Abrégé d'économie domestique du même auteur (1878) et L'Économie domestique de Sapho Leontias (1887)2.

    Les auteurs louent l'apport des anciens et en particulier de Xénophon en économie, en répétant les recommandations de l'"Économique"

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    1. L'analyse formulée ici, résultat d'une première approche du sujet et partie d'une recherche plus large, pour le moment inachevée, sur l'histoire de l'économie domestique dans l'enseignement grec, comporte par nécessité un caractère provisoire. Mme Gotsi nous a donné des exemplaires de manuels retirés du commerce. Mme E. Xirotiri nous a fait don de ses propres livres et Mme E. Fournaraki nous a renvoyées aux anciens manuels d'économie domestique. Nous tenons à les en remercier chaleureusement.

    2. Pour un seul de ces livres nous avons la certitude qu'il a été utilisé dans l'enseignement grec: l'Abrégé d'économie domestique (rédigé à l'usage des écoles élémentaires et des écoles de jeunes filles) il fut publié à Athènes et porte la signature du ministère des affaires religieuses et de l'éducation publique, A. Koumoundouros, qui le recommande "en tant qu'ouvrage utile pour les classes supérieures de l'enseignement en commun". L'Économie domestique grecque - Théorie et pratique de Xénophon Zygouras et l'Économie domestique de Sapho Leontias ont été publiés à Constantinople et portent l'imprimatur du ministère impérial compétent, ce fait ne signifiant aucunement qu'ils étaient inconnus en Grèce. On peut affirmer le contraire au moins quant à l'ouvrage de Leontias qui est présenté dans un article spécifique de la Gazette des Dames (1ère année, 1887, n° 30, p. 6), où il est même recommandé à l'usage scolaire.