Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Actes du Colloque International, Historicité de l’ enfance et de la jeunesse
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:6
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:709
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Διεθνή Συμπόσια
 
Κοινωνική ενσωμάτωση
 
Μαθητεία και εργασία
 
Νεανικά έντυπα
 
Νεανικές οργανώσεις
 
Νοοτροπίες και συμπεριφορές
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Περίληψη:Πρόκειται για μετάφραση στα γαλλικά των Πρακτικών του πρώτου επιστημονικού συμποσίου, που διοργάνωσε η επιτροπή του ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού. Το συμπόσιο, με θέμα «Ιστορικότητα της παιδικής ηλικίας και της νεότητας», έγινε στο αμφιθέατρο του Εθνικού Ιδρύματος Ερευνών από τη 1 έως τις 5 Οκτωβρίου 1984.
 
Άδεια χρήσης:Αυτό το ψηφιοποιημένο βιβλίο του ΙΑΕΝ σε όλες του τις μορφές (PDF, GIF, HTML) χορηγείται με άδεια Creative Commons Attribution - NonCommercial (Αναφορά προέλευσης - Μη εμπορική χρήση) Greece 3.0
 
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Εμφανείς σελίδες: 386-405 από: 716
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enfreintes et doivent être respectées dans toute leur ampleur et par tous: «Ceux qui proposeront de simplifier la procédure du prélèvement dans la Caisse seront punis».

Les articles suivants se réfèrent aux obligations et aux compétences des délégués, séparément pour chacun.

Au sujet des conseillers représentants principaux de la Nationalité, il est mentionné en général: ceux qui sont élus à ces postes importants doivent être «soggetti d'ogni conditione riguardevole», les chefs ne devant pas être moins nobles que les membres. C'est pourquoi, la Nationalité se doit de choisir toujours l'élite parmi les étudiants nationaux qu'elle inclut en son sein, et aussi ceux qui ont l'expérience des affaires universitaires, afin qu'ils soient en état de défendre les droits de la Nazione.

Dans l'article 9, concernant les obligations des délégués, nous noterons que la présence des Conseillers aux assemblées est obligatoire; s'ils s'absentent trois fois d'affilée sans justification sérieuse pouvant être attestée par serment si nécessaire, ils sont alors déchus de leur fonction. Il ne leur est pas permis non plus de désigner un remplaçant, s'ils se trouvent en personne à Padoue, ni de s'absenter pour prévenir le Syndic, par écrit ou en personne, et sans désigner un remplaçant.

L'article 11 concerne le «Conseiller des juristes»—Consiglier Leggista—, qui est le premier dans l'ordre et sur lequel repose l'administration de la Nazione. Le candidat à ce poste doit réunir les qualités suivantes. Il doit être né d'un mariage légitime, vivre avec ses propres moyens, avoir 20 ans accomplis, avoir étudié à Padoue les deux dernières années, dont la seconde en droit, et avoir payé ses cotisations. Le Consiglier Leggista a préséance sur les autres délégués, ainsi qu'un droit de double vote. Il convoque les assemblées et les conseils, ses propres propositions étant soumises au vote les premières. Il a le droit de contrôler à son gré registres et comptes ainsi que toute pièce s'y rapportant, d'opérer des saisies et de poursuivre jusqu'à la prison les débiteurs de la Nazione sans autre mandat, quand les dettes sont comptabilisées. C'est lui qui représente la Nazione et exprime ses vœux à Noël aux autorités de la ville, aux professeurs et au Recteur. Il est de son devoir de défendre et de protéger les étudiants aussi bien que la bonne réputation de la Nationalité; d'informer ses nationaux sur les affaires universitaires; il est de plus obligé de tenir un registre des rentrées et dépenses de la Nationalité, d'y noter aussi les débiteurs et de la transmettre à son successeur.

Les mêmes choses à peu près sont aussi valables pour le premier Conseiller des Médecins et Philosophes, le Consiglier Artista. Ayant les

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mêmes obligations et droits, il doit posséder les mêmes qualités. Il est le deuxième dans l'ordre, mais supérieur à tous les autres. C'est lui qui remplace le Conseiller du Droit, en son absence. Le deuxième Conseiller des Médecins et Philosophes doit avoir des qualités semblables. Il lui suffit cependant d'une seule année d'études et d'avoir plus de 18 ans.

L'article 14 traite du Syndic de la Nazione, qu'on ne doit pas confondre avec le Syndic de l'Université, qui est une personne ayant d'autres responsabilités, le conseiller juridique du Recteur en quelque sorte.

Le Syndic de la Nazione, parce qu'il occupe une des fonctions les plus sérieuses et responsables, doit être quelqu'un d'expérimenté, «provetto et prattico», ayant au moins deux années d'études à Padoue. Il doit veiller à ce que les décisions s'accordent toujours aux clauses des Statuts, tenir les registres de la Nazione et d'y rapporter en détail toutes les décisions de l'assemblée, ainsi que les clés de l'armoire où le registre est gardé. Il tient aussi, comme nous l'avons noté, un registre de la Caisse. Il détient les formulaires des certificats d'inscription aux facultés universitaires et encaisse de la part de chaque étudiant en première année 24 sous et de tous les autres 12 sous. Il encaisse aussi un ducat de chaque candidat au Doctorat. Lors de l'assemblée générale annuelle, il lit la liste des débiteurs et ne leur permet pas l'entrée. Il fait prêter serment aux membres de la Nazione avant les élections des nouveaux délégués, aussi bien qu'aux étudiants nouvellement inscrits. Il détient également le manuscrit des Statuts et en fournit un exemplaire au nouvel inscrit afin que celui-ci l'étudié en l'espace de 10 jours. Il a l'obligation et le droit de déclencher une procédure contre les étudiants, ou même les délégués, ne remplissant pas leurs obligations et informer la Nazione sur la décision à prendre. Il a le droit d'interrompre quiconque parle avec indécence aux assemblées et même d'éloigner ceux qui offensent un de leurs nationaux en paroles ou bien provoquent un scandale, et il fait infliger des peines correspondantes.

L'article 15 traite des Receveurs-Esattori, au nombre de deux, un du Regno et l'autre delle Isole. Ce sont des étudiants «provetti e prattici». Ils réclament le droit d'inscription des étudiants nouvellement inscrits, de cinq ducats de Venise et les versent immédiatement au Bidello, en présence du Syndic et du deuxième conseiller Artista. Ils encaissent aussi une somme de 25 sous des mêmes étudiants pour que la Nazione leur fournisse le certificat d'inscription à la Nazione, condition nécessaire pour leur inscription à l'Université.

Les obligations de l'étudiant nouvellement inscrit, «Del Pupillo», sont décrites dans l'article suivant, le 16. Notons que celui-ci a deux

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mois pour régler ses obligations financières de 12 sous. Il doit aussi accomplir, après son inscription, deux obligations supplémentaires: la Guantaria, c'est-à-dire de faire don à chaque Receveur d'une paire de gants d'une valeur de un demi ducat chacune, et l'Offeleria, c'est-à-dire d'offrir une consommation aux délégués d'un montant de 3 à 5 ducats vénitiens. Il doit étudier attentivement les Statuts et jurer de respecter ses clauses, d'obéir aux délégués, d'éviter les coteries et de défendre les droits de la Nazione. Le dernier article se réfère aux services du Bidello. Il est dans ses obligations de se renseigner auprès de chaque étudiant nouveau venu de son adresse, d'assister aux examens de doctorat des nationaux, d'avertir les membres des assemblées quand le conseiller de la faculté de Droit lui ordonnera. Il reçoit, pour ses services, 10 ducats vénitiens par an, en deux versements. Le Bidello jouit des privilèges des fonctionnaires universitaires. Il est également obligé d'avertir les Conseillers des Nationalités en vue des Conseils universitaires quand il est prévenu par le Bidello Generale de l'Université, et d'accompagner les délégués à ces Conseils pour le cas où ils auraient besoin de lui.

Comme nous l'avons noté lors de la description du manuscrit, à ce même codex ont été ajoutées, 74 ans plus tard en 1737, certaines modifications des clauses à l'article traitant de la Caisse et des obligations du Caissier. Il est aussi joint une copie du «Decretto», c'est-à-dire de la décision des autorités locales validant ces modifications. Les raisons qui ont amené ces modifications sont mentionnées en préambule: «Parce que la Caisse se trouve en un état déplorable à cause du mauvais gouvernement de nos prédécesseurs, le Consiglier Leggista, Athanasios Politis, de Corfou a réussi, avec l'examen et la faveur de notre Président, l'honorable abbé Nicolas Comnène Papadopoulos, et aussi avec l'assentiment de nos nationaux à remédier à ces nombreux abus. Ayant découvert que la cause du mal réside en nos nationaux élus au poste du Syndic de l'Université (à cette époque le Syndic fait aussi fonction de Recteur), et pour barrer à l'avenir la route à de tels abus, nous décidons: lorsque un Syndic est élu de notre Nazione, qu'il n'ait pas le droit de prendre dans la Caisse plus de 10 ducats, et ceci pour faire allumer les lumières de la ville (pour célébrer son élection). Les nationaux non plus ne doivent rien lui offrir en plus; s'ils le désirent, qu'ils lui fassent imprimer un sonnet».

Suivent les modifications. La plus importante est que la Caisse sera à présent tenue par une personne fiable, le Caissier, élu à vie et auquel la Nationalité pourra avoir recours chaque fois qu'elle en aura

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besoin. Le nombre des clés passe de trois à quatre, les conditions et les procédures de l'ouverture de la Caisse deviennent respectivement beaucoup plus sévères et beaucoup plus compliquées.

Il est intéressant de noter que désormais des facilités ne sont plus accordées aux étudiants de première année, mais que ceux-ci sont obligés de verser la totalité de la somme de leur inscription; dans le cas où un pauvre s'inscrit gratuitement, il n'aura pas le droit de prendre part aux assemblées. Suivent 8 articles brefs.

Le second manuscrit des statuts, se trouvant à la Bibliothèque Marcienne, est d'un format plus petit (24,5x18) et consiste en 80 feuillets numérotés, plus 15 blancs. Ils sont aussi soigneusement écrits de la main d'un calligraphe expérimenté.

Le préambule est écrit en lettres d'or, et le texte entier est encadré, les initiales sont en rouge et très soignées, comme le sont aussi les titres des 21 articles qui suivent. Sa présentation générale est très imposante.

Ce manuscrit n'est pas daté et son copiste n'est pas désigné. La donnée la plus positive pour sa datation est la présence du professeur Nicolas Comnène Papadopoulos14, mentionné en tant que Presidente et Padre della Nazione. Si en plus la condition figurant dans l'ancien Statut est toujours en vigueur, comme quoi le professeur-protecteur doit venir de la première chaire, il doit être daté d'après 1702, année en laquelle Papadopoulos occupe ce poste. Après comparaison des deux manuscrits, il résulte que le second est plus analytique, plus détaillé, d'une formulation plus sobre, et plus concrète.

On peut lire dans le préambule: «Parce que la Nazione Oltramarina l'une des plus éminentes parmi celles qui constituent cette Université, aussi bien par le nombre des étudiants que par son histoire longue et interrompue dans la vie universitaire, s'appuie surtout sur la nation grecque, 'principalmente resiede nella nazion greca'15 —mère des lois les plus célèbres et les plus parfaites qui ont été instaurées pour le bonheur des peuples et le gouvernement des Républiques, pour cela cette Nazione a toujours eu comme but, non seulement d'avoir ses propres lois, mais en plus des lois telles qu'elles la rendent la plus respectable, et dirigée par ses propres lois, d'incarner par la rectitude de son gouvernement

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14. Sur le professeur Nicolas Comnène Papadopoulos qui, pendant cinquante ans, enseigna les Droit canonique à l'Université de Padoue et qui écrivit aussi l'histoire de cette Université, voir A. Sterghellis, op. cit., p. 32-33, où l'on trouve aussi la bibliographie correspondante.

15. L'emploi du terme Nazioni dans le sens de «nation» à une époque si précoce est à signaler.

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une idée digne des Grecs: 'una idea alla greca', ce qui signifie une communauté prudente, vertueuse et irréprochable. C'est pourquoi elle a élaboré ses Statuts à partir de décisions prises en diverses circonstances, mûries après des discussions et qui sont le fruit de la prudence et de l'expérience. Comme cependant il est vain que des lois existent sans qu'elles soient connues de ceux pour lesquels elles ont été créées, puisque jusqu'à aujourd'hui les Statuts, réduits à un manuscrit (allusion faite assurément au manuscrit de 1663), restaient invisibles ou peu accessibles, pour cette raison le Conseil a décidé après mûre réflexion et à la majorité, après révision par notre professeur et père Sr Nicolo Abba Comnemo Papadopoli, de les faire imprimer: 'sia data alle stampe' après avoir obtenu l'autorisation du Serenissime Principe. C'est ainsi qu'une fois officiellement invalidés par les autorités publiques et accessibles à nos nationaux, il sera possible à ceux-ci de les étudier, de les respecter et de les protéger de tout abus qui pourrait être tenté, en privé ou en public, par mauvaise intention ou par indifférence, comme cela est arrivé par le passé. Puisque donc le professeur Papadopoulos a révisé un par un les articles, votés par la suite au scrutin secret par l'assemblée générale, on peut ajouter le Decretto qui permettra de le faire imprimer tel quel pour l'usage commun, preuve de la volonté de la Nazione de vivre à Padoue dans la décence et la réputation qui conviennent à un groupe de jeunes, qui loin de leur pays, n'ont d'autre but que de profiter des offres et privilèges, ainsi que de faire revivre au sein de la Nazione, non seulement l'ancienne gloire des sciences mais aussi celle des mœurs les plus nobles et les plus respectables».

On ignore cependant pourquoi ce rêve de la Nazione, de voir ses Statuts imprimés, n'a jamais été réalisé. Je mentionnerai encore quelques points très caractéristiques de ces Statuts.

Il est signalé dans l'article 1 que tous les nationaux doivent se montrer dignes des privilèges accordés par le Principe et, leur but étant leurs études, ils doivent se consacrer à elles, sinon ils seront exclus de la Nazione en tant que membres indignes d'elle.

Dans l'article 3, Del Dottorato e Dottore, on note que le but du séjour à Padoue est les «lauriers du doctorat» et que les étudiants sont obligés d'étudier avec application. S'ils se montrent négligents ou indifférents et n'obtempèrent pas malgré les avertissements des professeurs, ils sont renvoyés parce qu'indignes de fréquenter des jeunes qui étudient, préférant l'ignorance et l'indolence, «madre di tutti i vizii e principio d'ogni corrutella nella scolaresca».

Une autre clause caractéristique est à mon avis la suivante: le candidat

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docteur doit, afin de comparaître aux examens publics, subir un examen au moins une fois par le professeur de la Nazione et se conformer aux suggestions de celui-ci; car il ne faudrait pas que, lors de l'examen, il compromette la Nazione. Ce n'est qu'en se pliant à cette clause qu'il sera soutenu par la Nazione, laquelle l'accompagnera aux examens et l'attendra pour le reconduire, après son succès, en triomphe chez lui, dans la dignité qui convient à une telle Nazione.

Les docteurs, s'ils prolongent leur séjour à Padoue pour des études ultérieures ont le droit de participer aux assemblées, les nationaux étant tenus de les accepter avec respect et de leur céder les premières places. Dans l'article correspondant, il est mentionné que la Nazione ayant besoin d'une haute protection et ne pouvant, à Padoue même, avoir d'autres protecteurs que ses professeurs, recherche une personnalité à Venise qui se chargera à vie de la protéger (sur ce point on fait indirectement allusion à l'édit de 1674 qui, comme nous le savons, a interdit qu'un professeur se charge de protéger une Nazione autre que la Germana). On crée néanmoins une autre institution apparemment pour sortir de l'impasse: la Nazione fait élire parmi ses nationaux deux professeurs, un de chaque faculté, lesquels seront des surintendants «soprintendano», sans que cette charge soit nettement définie. Après leur élection, ils reçoivent des honneurs ainsi que les «emblèmes» de la Nazione qu'ils doivent afficher chez eux.

Le dernier article concerne la bibliothèque; il n'a pas son correspondant dans les anciens Statuts, ce qui prouve que la bibliothèque a été fondée plus tard. La Nazione a besoin d'une bibliothèque où les étudiants pourront recourir, ne pouvant pas, loin de leur patrie, disposer de bibliothèques privées.

Les conditions de fonctionnement de la bibliothèque, ainsi que ses ressources, sont fixées dans les articles suivants: la bibliothèque est abritée au domicile d'un professeur, «in suo mezado», au rez-de-chaussée où se trouve aussi d'habitude son bureau; les livres doivent être disposés sur des rayons séparés, et porter chacun les marques de la Nazione, être répertoriés dans un livre par le Syndic afin qu'ils soient reconnus si le professeur meurt ou se retire. Le professeur est aussi chargé, s'il déménage, du transfert de la bibliothèque de la Nazione.

Les ressources de la bibliothèque consistent en: un des huit ducats perçus lors de l'inscription des étudiants, l'écu que le docteur doit verser s'il s'est servi des livres, le ducat que le docteur paye s'il poursuit ses études à Padoue, toutes les pénalités en monnaie, un quart du surplus de la Caisse, quand celle-ci atteint les 20 ducats, un demi quand

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elle dépasse les 30, et enfin le prix du formulaire du certificat d'inscription édité par la bibliothèque. L'argent de la bibliothèque est à la disposition du professeur et ne rentre pas dans la Caisse.

Le Syndic tient un registre des dépenses de la bibliothèque. Un bibliothécaire est tiré au sort parmi les délégués. En plus de ses autres obligations, il tient le registre des prêts effectués après des formalités très strictes et pour une durée déterminée. Le bibliothécaire prend également soin lorsque un éminent compatriote arrive à Padoue de l'inviter à visiter la bibliothèque et de l'inciter, «con buona maniera», d'apporter son aide à celle-ci. Les noms des bienfaiteurs sont inscrits sur un livre spécial et leur portrait est accroché «ad perpetuam rei memoriam».

On garde aussi dans la bibliothèque le livre des décisions du Conseil, le Libro d'oro, ainsi que le livre des blasons des membres.

Des sanctions très sévères sont prévues pour quiconque cause des dégâts à l'encontre des livres de la bibliothèque. Il est exclu de la Nazione, son nom étant inscrit sur une liste spéciale; il n'en sera rayé que si, lui même ou l'un de ses descendants, dédommage la bibliothèque. Les articles concernant la bibliothèque sont affichés dans la salle où se trouve celle-ci. Dans les limites réduites de cette communication, il m'est impossible de fournir des éléments supplémentaires et, à plus forte raison, d'exposer et de discuter les problèmes qui surgissent durant la préparation de l'édition de ces textes. Je me suis bornée à donner un choix de ce que j'ai jugé particulièrement intéressant et, à mon avis, toujours actuel.

La publication de ces Statuts satisfait d'ailleurs un besoin plus général d'une investigation aux sources historiques de l'institution universitaire en tant qu'élément de la recherche sur l'histoire du savoir, dans le cadre de cette orientation moderne de la recherche historique organisée ces derniers temps, renouvelée grâce à l'impulsion reçue de l'histoire sociale et l'histoire des mentalités, laquelle s'étend à présent à la recherche sur l'histoire des savoirs et des institutions où le savoir a été cultivé. Luce Giard, dans son article «Histoire de l'Université et histoire du savoir»16, signale que l'étude de l'histoire de l'Université (de l'institution du savoir) conduit logiquement en quelque sorte à l'étude des contenus du savoir qui s'y énoncent, l'histoire de l'une éclairant l'histoire de l'autre.

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16. Voir l'article de Luce Giard, «Histoire de l'Université et l'histoire du savoir: Padoue (14e-16e siècle)», Revue de Synthèse, avril-juin 1983, p. 139-169 et en particulier p. 149.

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COSTAS LAPPAS

LES ÉTUDIANTS DE L'UNIVERSITÉ D'ATHÈNES PENDANT LE 19e SIÈCLE: UN PROGRAMME DE RECHERCHE

La communication suivante a comme sujet un programme de recherche inauguré il y a peu et visant à étudier le corps étudiant depuis la fondation de l'Université d'Athènes (1837) à la fin du 19ème siècle. Ce programme repose sur un matériau constitué par les immatriculations des étudiants et diplômés de cette Université. Le volume imposant de ce matériau, ainsi que la nécessité de mettre en valeur au plus haut degré possible les données offertes ont rendu presque obligatoire l'utilisation de l'ordinateur dans le traitement des immatriculations universitaires. En nous basant sur ce traitement, nous allons pouvoir reconstituer le mode de constitution de la population étudiante au 19ème siècle. Étant donné que le programme de recherche n'en est encore qu'à ses débuts, lesquels ne permettent pas de tirer des conclusions, je me bornerai à présenter les données matérielles de la recherche, les principes méthodologiques que j'ai observés et qui déterminèrent aussi le mode de traitement du matériau, les buts poursuivis par cette recherche et, enfin, certaines questions suggérées par l'étude globale de la question étudiante.

1. Le matériau utilisé couvre la période 1837-1891 et consiste en a) le registre des immatriculations des étudiants en première année, contenant 17.000 noms et b) celui des diplômés, de 7.500 noms. Le premier de ces registres est conservé aux archives de l'Université d'Athènes, tandis que le second est publié dans les compte-rendus annuels des recteurs de l'Université. Les registres d'inscription nous fournissent, hormis le nom et prénom et le prénom du père de chaque étudiant, des éléments supplémentaires suivants: son âge, son lieu d'origine, l'avoir foncier de sa famille, le lycée qu' il a fréquenté, la faculté et la date de

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son inscription, le nom et prénom du tuteur (souvent aussi sa profession), ses transferts éventuels d'une faculté à l'autre et, dans certains cas, l'année où il a obtenu son diplôme. Dans le registre des diplômés sont inscrits: le nom et prénom, le lieu d'origine, la faculté, la date d'obtention du diplôme et enfin la mention et la note de ce diplôme.

2. Les données ci-dessus ont été introduites dans l'ordinateur de la façon suivante: a) les noms des étudiants et des tuteurs ont conservé la forme de leur inscription dans les registres; même chose pour les noms des lieux d'origine et des lycées, à la différence près que ceux-ci ont été accompagnés d'un numéro de code conventionnel; b) les données des registres restants on été introduits dans l'ordinateur codifiées.

La codification des lieux d'origine a été effectuée sur la base de la plus petite division géographique, l'éparchie. La réduction à cette unité —et non pas à celle, plus large, du nome— a été jugée plus propre à la compréhension de la répartition géographique du corps étudiant, l'éparchie constituant au 19ème siècle une unité particulière dans le cadre du nome, souvent avec des traits qui la différencient grandement. Réduire à l'unité de ville ou de village aurait été impossible, mais aussi trompeur, puisque souvent on déclare comme lieu d'origine la seule région géographique et que, inversement, on désigne par le nom d'une ville de l'éparchie ou le nome. N'importe comment le village et la ville ne seront pas perdus, puisque, avec le numéro de code de l'éparchie on conserve aussi la forme initiale du lieu d'origine. Nous avons donc la possibilité, en nous basant sur une liste alphabétique des noms de lieux par éparchie de nous référer à tout moment aux lieux exacts d'origine.

L'avoir familial de l'étudiant est exprimé en valeur monétaire. Cette notification est le seul élément qui nous permette quelques approches concernant l'origine sociale des étudiants. S'agissant pourtant d'un élément dont la fiabilité n'est pas facile à contrôler, son utilisation intégrale implique éventuellement des risques. Si, cependant, les avoirs particuliers sont additionnés en unité de grandeur de l'avoir et sont comparés entre eux, nous disposerons d'un indice utile de la situation financière des étudiants.

Une autre faiblesse partielle de notre matériau est liée au lieu d'origine des étudiants: ceux-ci ont souvent tendance à déclarer non pas leur lieu d'habitation permanente au moment de leur inscription à l'université, mais bien leur lieu d'origine. Cette ambiguïté peut créer des problèmes autour de la répartition géographique des étudiants, mais pas au point de pouvoir altérer l'image statistique de chaque 

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région. C'est d'ailleurs le matériau même qui nous permet de contrôler, au moins à un certain degré, et de corriger les distorsions géographiques apparentes.

3. L'exploitation du matériau est effectuée sur des critères quantitatifs mais aussi qualitatifs. En plus des rapports de grandeur qui résulteront des données codifiées des immatriculations, on s'est efforcé de conserver et de classer les éléments qui nous permettent quelques approches qualitatives de la constitution du corps étudiant.

Les informations requises emprunteront alors deux formes: a) celle d'éléments quantitatifs, à travers lesquels sera tracée la courbe des phénomènes quantitatifs concrets et b) celle de listes de noms et de lieux principalement. Sur ces listes seront reproduits, par ordre alphabétique, les noms des étudiants, des diplômés, des tuteurs et des lieux d'origine.

En nous basant sur la liste alphabétique des étudiants, nous pouvons voir quelle est la participation de familles précises d'une région à l'enseignement supérieur: les membres de quelle famille vont à l'université, à quelle fréquence et dans quelles facultés; dans quelle mesure et à partir de quel moment se crée une tradition professionnelle de famille (médecins, avocats), qui influe sur le choix de la faculté. Cette étude —effectuée bien sûr en liaison avec la liste des lieux d'origine— ne peut évidemment se faire que par un échantillonnage; il va également de soi que son achèvement exigera une étude parallèle de la stratigraphie sociale de régions précises, moyennant d'autres sources.

Des approches similaires individualisées pourraient être effectuées aussi sur la base de la liste alphabétique des diplômés. La liste alphabétique des tuteurs des étudiants peut aussi nous fournir des renseignements intéressants. Toujours à un niveau individualisé et en fonction de la profession accompagnant le nom du tuteur, nous pouvons voir quels sont les rapports suggérés ou façonnés par l'institution de la tutelle: plus simplement, quels sont les groupes professionnels ou autres auxquels appartiennent les tuteurs, et à quel degré le lieu d'origine commun, observé à une plus grande échelle, des étudiants et tuteurs, dénote aussi certaines formes de dépendance. Notons en passant que grand nombre d'étudiants semble avoir comme tuteurs des députés et autres personnalités politiques. La fréquence à laquelle figurent en tant que tuteurs des professeurs d'université précis, tandis que d'autres sont totalement absents, n'est pas dénuée d'intérêt.

Ajoutons aussi que nous pouvons observer sur la liste des tuteurs,

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à quel rythme s'accroît au 19ème siècle, les tuteurs-parents ou proches des étudiants: ce phénomène observé en particulier dans la deuxième moitié du siècle témoigne du mouvement graduel des parents d'étudiants de la province vers la capitale. Cette mutation peut aussi être suivie dans les changements signalés, à la même époque, quant au lieu d'origine des étudiants appartenant à la même famille.

La partie principale du programme est pourtant l'étude statistique des registres d'immatriculation. Ses résultats seront reportés sur des tableaux comportant soit un type d'éléments (par exemple répartition des étudiants par facultés), soit deux ou plusieurs éléments combinés.

C'est ainsi que l'on peut étudier séparément la répartition des étudiants par faculté, et rechercher, sur le plan social, les causes qui provoquent de grandes ou petites concentrations d'étudiants dans les différentes facultés. Respectivement, les listes des lieux d'origine peuvent fonctionner aussi bien séparément que par rapport à la faculté d'inscription. C'est-à-dire, que nous avons la possibilité de voir, non seulement la répartition des étudiants dans l'espace géographique de l'État grec et, plus largement, de l'Orient, mais aussi la manière par laquelle le lieu d'origine influe sur le choix de la faculté: quelles facultés préfèrent les étudiants du pays aussi bien qu'étrangers (Grecs sous le joug turc) ou bien ceux provenant des régions montagneuses, des centres urbains ou des îles.

Des questions analogues peuvent être formulées également sur la base du patrimoine familial des étudiants: à quel degré ce patrimoine détermine-t-il le choix de la faculté d'inscription et, plus spécialement, à quel point correspond dans les faits l'opinion diffuse que les étudiants d'extraction sociale plus modeste préfèrent des facultés de type «conservateur», comme la faculté des Lettres ou de Théologie. Bien sûr, le patrimoine familial ne représente que de manière schématique l'origine sociale des étudiants, cette image peut cependant être vérifiée du complétée, dans une deuxième phase, à travers d'autres sources du même genre, comme sont les registres d'immatriculation des lycéens, où est indiquée la profession du père. De tels registres sont conservés dans plusieurs lycées du pays. L'identification des élèves en dernière année du lycée et des étudiants en première année est facilitée par la liste alphabétique de ceux-ci, ainsi que par la liste des lycées.

Cette dernière donnée, qui accompagne toujours le nom de l'étudiant, nous permet de saisir, dans la durée, la dynamique des lycées alimentant l'Université. D'un autre côté, la comparaison des lycées aux lieux d'origine peut nous indiquer ceux des lycées de l'État grec,

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qui attirent les élèves étrangers et, plus généralement, quels sont les lieux d'origine des élèves qui affluent dans les divers lycées de l'État. Nous pouvons par ce moyen étudier le double mouvement des étudiants de leur pays vers le lycée le plus proche ou parfois éloigné et de ce lycée à l'Université.

Une donnée supplémentaire résultant des registres d'immatriculation est la défection d'étudiants durant leurs études. Son pourcentage est facilement constaté si l'on soustrait des inscrits le nombre des diplômés. Pour suivre plus exactement les défections d'année en année, on peut utiliser, dans une deuxième phase, les registres de réinscription des étudiants conservés dans les archives de l'Université d'Athènes. Les données existantes nous permettent néanmoins de voir dans quelles facultés sont réunis les taux de défection les plus élevés, et si ce phénomène a une quelconque correspondance avec la situation financière et l'origine des étudiants. Ces derniers paramètres peuvent être éprouvés aussi quant à la durée des études, souvent prolongée très au-delà des limite habituelles.

Nous allons conclure avec deux éléments pris encore dans le registre d'immatriculation des étudiants: leur âge et leurs transferts d'une faculté à l'autre. L'âge des étudiants ne semble pas présenter des fluctuations significatives, puisque l'inscription à l'Université s'effectue normalement à peine les études secondaires achevées; les étudiants d'un certain âge ne manquent pas pour autant. Par contre, les écarts seraient plus considérables quant à l'âge des diplômés: le prolongement des études d'un côté et les interruptions et réinscriptions fréquentes de l'autre contribuent à l'élévation de l'échelle des âges. Enfin, les transferts qui ont lieu au sein de l'Université représentant un bon indice sur les tendances du corps étudiant quant au choix des facultés.

4. Il va de soi qu'une étude statistique comme celle que nous avons exposée ici ne peut fonctionner par elle-même, mais doit s'inscrire dans une problématique plus générale concernant la constitution et la physionomie du corps étudiant. Cette problématique tiendra compte de la réalité de l'enseignement du pays, de la fonction éducative de l'Université, des facteurs sociaux et idéologiques qui président à l'insertion des étudiants dans celle-ci et, plus tard, leur intégration dans la société.

A travers un tel cadre d'interprétation, nous pouvons fournir quelques réponses aux questions posées, directement ou indirectement, par les données de nos archives. Quels sont les facteurs qui concourent au choix de la faculté d'inscription? Comment doit-on interpréter la 

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répartition géographique inégale des étudiants? A quel degré l'enseignement gratuit au 19ème siècle contribue à l'ouverture de l'Université aux classes sociales les plus pauvres? Qu'est-ce que les études universitaires représentent pour la conscience collective? Quelles sont les corrélations entre potentiel étudiant et les capacités du marché du travail?

On pourrait aisément multiplier ces questions. Les réponses qui ne peuvent être que multiples nous permettrons de saisir les caractéristiques et la dynamique du facteur étudiant, et, plus généralement, de l'Université, qui a joué un rôle très important dans l'évolution sociale et idéologique de la Grèce au cours du 19ème siècle.

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SIDIROULA ZIOGOU-KARASTERGHIOU

«DEMOISELLES SAGES ET MÈRES PARFAITES»:

LES OBJECTIFS DES ÉCOLES POUR FILLES ET LA POLITIQUE DE L'ENSEIGNEMENT AU 19ème SIÈCLE

Le sexe des élèves a constitué une variable importante dans le processus éducatif. La conception qui prédomine au 19ème siècle départage très tôt les rôles masculins et féminins dans et hors la maison, ainsi que des sphères d'activité, différentes pour chaque sexe1. L'impact et les contradictions de cette conception sont situés au centre des débats sur la pédagogie, ils ont influencé la politique de l'enseignement et façonné la pratique de celui-ci au 19ème siècle.

Dans ce rapport, nous nous efforcerons de discerner les formes prises par la problématique sur l'enseignement des filles aux niveaux de l'enseignement primaire et moyen-supérieur, puisque le droit des filles à participer aux divers échelons de l'enseignement leur fut accordé par étapes. C'est-à-dire tandis que l'enseignement primaire, moyen et supérieur pour les garçons est juridiquement établi à la même époque (1834, 1836, 1837), ce n'est qu'un siècle plus tard environ, par la réforme de l'enseignement de E. Venizélos, en 1929, qu'on accorde aux élèves-filles des chances d'instruction égales au niveau de l'enseignement secondaire. Pour le 19ème siècle, nous pouvons clairement distinguer la problématique correspondante sur un double plan: immédiatement après la lutte pour l'indépendance, le droit est reconnu à la femme grecque de participer à l'enseignement primaire2; pendant la dernière décennie

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1. «Women's life is essentially domestic, public life being confined to men», A. Comte, A General View of Positivism, trad. J.H. Bridges, London 1865, p. 226.

2. Le «Sénat Péloponnésien» souligne dans l'une de ses proclamations en 1822: «Ne négligez pas l'éducation de vos enfants très chers, des garçons aussi bien que des filles», Εφημερίς των φιλομαθών, XIIIe année, n° 560 (18.5.1865), p. 663. Dans le décret de loi du 6/18 février 1834 «Des instituteurs en général et des écoles primaires»,

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du siècle (en 1893), l'État sous la pression des circonstances prend position en faveur de l'enseignement secondaire3.

Nous avons pour but de discerner: a) s'il existe des différences dans la façon dont est reçu l'enseignement primaire et secondaire des filles; b) si la conception sur les rôles différents des sexes a influencé, et à quel degré, l'élaboration de la politique et de la pratique de l'enseignement.

I. ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Le cri de protestation d'Élisabeth Moutzan-Martinengou contre l'"usage barbare" de son époque, qui maintenait les femmes "enfermées et illettrées"4 recrute rapidement de fervents partisans. Aux débuts du 19ème siècle, les idées des Lumières en faveur d'une généralisation de l'enseignement gagnent du terrain dans notre pays aussi. En 1825, A. Koraïs signale que "... les femmes aussi bien que les hommes doivent recevoir cette instruction sans problème; aucun"5 de même, nombreux sont les lettrés à cette époque qui, ayant subi l'influence des principes progressistes des pédagogues européens, soutiennent en théorie et en pratique l'enseignement des filles6.

Ces propositions sont mises en œuvre déjà à l'époque de la lutte pour l'indépendance, avec l'ouverture d'écoles d'enseignement mutuel7; par le décret du 6/18 février 1834 est confirmé légalement le droit de la femme grecque à participer à l'enseignement primaire8.

On continue cependant à s'interroger sur la nécessité de l'enseignement des filles même après l'institution de l'enseignement primaire. Il

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l'article 58 se réfère à l'enseignement des filles. Voir G. Venthylos, Θεσμολόγιον της δημοτικής εκπαιδεύσεως (1833-1898), t. I, Athènes 1884, p. 13.

3. "Programme détaillé des leçons des Écoles complètes et Écoles normales pour filles", Journal Officiel, n° 163 (21 août 1893).

4. Élisabeth Martinengos, H μήτηρ μου. Αυτοβιογραφία της κυρίας Ελισάβετ Μουτζάν-Μαρτινέγκου, Athènes 1881, p. 13 et 56.

5. Ad. Koraïs, Περί των ελληνικών συμφερόντων. Διάλογος δύο Γραικών, Hydra 1825, p. 126.

6. Voir à ce propos Sidiroula Ziogou-Karasterghiou, H Μέση Εκπαίδευση των κοριτσιών στην Ελλάδα (1830-1893). Ιστορική εξέλιξη της εκπαιδευτικής θεωρίας και πράξης. Κυριότερες τάσεις και προβλήματα; thèse de doctorat, Thessalonique 1983, p. 106-108.

7. Sur la création et le fonctionnement des premières "écoles d'enseignement mutuel", voir ibid., p. 19-34.

8. Voir note 2.

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est ainsi toujours question de l'«éducation des filles»9 et d'«enseignement public des garçons»; «... l'éducation a un double aspect, l'un public, l'autre domestique; celui-ci est donné à domicile par les parents et la famille, l'éducation publique dans les écoles. La première convient aux filles et aux jeunes enfants»10. D'après cette conception, les filles sont éduquées à la maison comme les jeunes enfants, l'enseignement public ne concernant que les seuls garçons.

Les partisans de l'«éducation» au foyer» fondent leurs points de vue sur des arguments qui se réfèrent: a) au domaine de la morale, b) à la menace courue par la famille et c) au rôle et à la vocation de la femme.

«Ceux qui se préoccupent tellement de l'enseignement des garçons.», écrit N. Dragounis, «rejetaient celui des filles dans la crainte de voir celles-ci, une fois instruites, s'en servir comme instrument d'une correspondance impropre»11 (c'est-à-dire qu'elles n'écrivent des lettres d'amour). Cette opinion prévaut en certaines contrées, même pendant les dernières décennies du siècle. D'après le témoignage d'Héléni Boukouvala, «la création d'une école (de filles) fut ressentie par les habitants comme une offense mortelle à la moralité du village»12.

La peur du danger qui menace l'institution familiale apparaît plus intense: «les femmes qui ont été éduquées dans les écoles pour filles et dans les couvents» constate P. Zondanos «deviennent généralement de mauvaises mères de famille» et il conclut: «Voici donc la raison pour laquelle les femmes n'ont pas leur place dans l'éducation publique»13.

Ensuite, l'un des arguments essentiels également avancé est que l'enseignement public écarte les élèves «...de leur vocation à laquelle elles sont prédestinées par la nature ainsi que par les institutions de la société»14. Le rôle de la femme dans la maison et dans la famille se voit régi, à cette époque, par les déterminismes de la nature et de la société.

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9. D. Ioannopoulos, Εγχειρίδιον περί ανατροφής των κορασίων, Smyrne 1844, Fénelon, Περί κορασίων ανατροφής, trad. du français par Panos N. Pleskas et édité par G. Melistaghis, Hermoupolis 1846.

10. (II. Christophidis) «De la pédagogie. L'objet de l'éducation et de la pédagogie», Ο Παιδαγωγός, 1ère année, 1839, p. 5.

11. N. Dragoumis, Ιστορικαί αναμνήσεις éd. et ann. par A. Anghelou, Athènes Ερμής 1973, t. I, p. 167.

12. Héléni G. Boukouvala, «Souvenirs d'une inspectrice d'écoles de filles», Επετηρίς της Δημοτικής εκπαιδεύσεως sous la dir. de G. Boukouvalas, Athènes 1902, p. 79.

13. P. Zondanos, Περί ανατροφής των κορασίων και της Δημοσίου εκπαιδεύσεως των αρρένων, Hermoupolis 1836, p. 146 et 147,

14. Ibid., p. 146.

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Cette confrontation s'estompe avec l'affirmation et l'extension graduelles de l'enseignement primaire, mais il est significatif que cette problématique est transposée presque intégralement —renforcée par de nouveaux arguments— au niveau de l'enseignement moyen et supérieur. Les conséquences immédiates de ces conceptions apparaîtront ci-dessous dans les taux de fréquentation des élèves-filles dans l'enseignement primaire.

Politique et pratique de l'enseignement. Dans des circulaires ministérielles de l'époque apparaît nettement que le but de l'enseignement primaire des filles est, aux yeux de l'État, directement lié au rôle social futur de la jeune élève. Les principaux objectifs de la politique éducative se dessinent de la façon suivante:

1830 (31 décembre) Rapport de l'Éphore de l'École centrale A. Moustoxidis: «Mais l'instruction accroît aussi le bonheur familial. C'est pourquoi le gouvernement a bien voulu en faire profiter aussi les jeunes filles, afin que l'éducation fasse aussi partie de leur dot, éducation qui seule embellie les mœurs pures et austères, ainsi que les vertus domestiques propres aux femmes grecques»15.

1856 (12 mars) Circulaire du ministre des Cultes et de l'enseignement public Ch. Christopoulos: «... la jeune fille qui a reçu un enseignement sera et une fille plus affectueuse, une épouse plus recherchée, une mère plus honorable et une intendante plus utile»16.

1872 (12 septembre) Circulaire du ministre D.S. Mavrocordatos «Aux institutrices; conseils sur leur façon de se comporter»: «... vous savez que le corps de l'homme a été créé pour la vie au grand air, tandis que celui de la femme l'a été pour la maison. Prenez soin, chères amies, de dispenser ces principes à celles que vous enseignez...»17.

Il apparaît clairement dans les textes ci-dessus que confirmer exclusivement les femmes dans leur rôle d'épouse et de mère ainsi que pour l'homme la possibilité de se mouvoir dans l'espace public sont considérés, à cette époque-là, comme distinction «naturelle» par les porte-parole de

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15. Ap. Daskalakis, Κείμενα-Πηγαί της Ιστορίας της Ελληνικής Επαναστάσεως. Σειρά τρίτη. Τα περί παιδείας, Athènes 1968, t. III, p. 1590.

16. G. Venthylos, op. cit., t. I, p. 201.

17. Ibid., p. 203.

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l'État. L'enseignement des jeunes filles n'a ainsi pour but que le perfectionnement du rôle de la femme en tant que fille, épouse, mère et intendante.

La conception que l'élève de l'école élémentaire se préparant au rôle d'épouse et de mère influence tout naturellement le programme des études et le contenu des manuels18. Cette conviction, tout d'abord renforce l'opinion que, dans les écoles secondaires pour filles, les matières doivent être enseignées "de manière plus simple"19. La géométrie et la physique sont rayées du programme concernant les écoles de filles20. La gymnastique suivant un décret de 1882 "est remplacée par la couture et les travaux manuels féminins"21. Cette façon de concevoir l'enseignement élémentaire des filles qui implique des connaissances plus simples puisqu'il prépare l'élève à un rôle spécifique et plus limité que celui des garçons, à notre avis a des répercussions immédiates sur la formation de l'institutrice. C'est-à-dire qu'il constitue un des facteurs qui contribue à ce que l'enseignement de l'institutrice soit, au 19ème siècle, dévalorisé par rapport à celui des instituteurs, aussi bien pour la durée des études que pour leur contenu.

En ce qui concerne la possibilité de participation à l'enseignement primaire les chiffres sont éloquents: le taux de fréquentation des élèves-filles à l'enseignement primaire augmente progressivement, mais se maintient malgré tout, jusqu'à la fin du 19ème siècle, à des niveaux très bas22, en particulier si l'on tient compte du fait que l'enseignement primaire est rendu obligatoire dès 1834. D'après le recensement de

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18. A cette époque paraissent aussi des livres de lectures destinés spécialement aux écoles pour filles. Voir H μικρά Καλλιόπη. Πρώται γνώσεις. Βιβλίον της νέας μεθόδου προς χρήσιν των Παρθεναγωγείων, Patras 1882.

19. "Έκθεσις της προς σύνταξιν κανονισμών των εν Ηπείρω Ζωγραφείων και των εν Θράκη Ζαριφείων συσταθησομένων Διδασκαλείων και των προσηρτημένων αυτοίς προτύπων Δημοτικών Σχολείων επιτροπής", Ο εν Κωναταντινουπόλει Ελληνικός Φιλολογικός Σύλλογος, t. VIII (1873-74), p. 242.

20.8.Ν. Papadimitriou, Ιστορία του Δημοτικού μας Σχολείον, μέρος Α' (1834-1895), Athènes 1950, p. 32.

21. St. Parisis, Ανωτέρα και Μέση Εκπαίδευσις ήτοι Συλλογή των διεπόντων την Ανωτέραν και Μέσην Εκπαίδευσην Νόμων, Β. Διαταγμάτων και Εγκυκλίων του επί των Εκκλησιαστικών και της Δημοσίας Εκπαιδεύσεως Υπουργείου από του 1833; Athènes, t. Ι, 1884, p. 434. Dans le décret de loi du 6/18 février 1834 est stipulé que "dans les écoles de filles on s'exercera aux travaux manuels féminins", G. Venthylos. op. cit., t. I, p. 1.

22. Voir S. Ziogou-Karasterghiou. op. cit., p. 99-103 et 178-184, où sont fournies les données statistiques détaillées.

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1879, le taux d'analphabétisme féminin dans le pays est de 93%; plusieurs municipalités n'ont aucune femme sachant tout simplement lire23. Les ministres de l'Éducation reviennent souvent sur la nécessité de «créer des écoles pour filles»24, mais l'interdiction stricte de l'enseignement en commun est un facteur d'obstruction25. La situation financière des petites communes et de la plupart des municipalités à cette époque ne permet pas de fonder et de faire fonctionner une deuxième école; mais le rôle le plus important est néanmoins tenu, et de loin, par les priorités des parents et par les conceptions et préjugés de l'époque sur la nécessité de l'enseignement féminin qui, comme on vient de le voir, comportent de multiples dimensions.

Le taux de participation est beaucoup plus bas dans les régions rurales, où les jeunes filles aident aux travaux agricoles, élèvent les enfants plus jeunes, ou bien sont envoyées comme domestiques auprès de riches familles26. Dans les centres urbains de cette époque, la possibilité de participation est réduite, surtout dans les couches socio-économiques plus modestes, puisque la jeune fille remplace à la maison sa mère qui travaille, ou parce qu'elle-même travaille. Dans des documents de l'époque, on mentionne des ouvrières de neuf ou dix ans travaillant dans des fabriques de plumes teintes, de textile, de soie et surtout comme apprenties chez des tailleurs, des chapeliers et autres ateliers de ce type27. Ce constat ne passe pas inaperçu et c'est ainsi qu'en 1897, à l'initiative de Calliroé Parrin, commence à fonctionner une «École du dimanche pour femmes indigentes et filles du peuple»28.

Nous observons donc, sur le plan de l'enseignement primaire, une relative différenciation du programme des études (connaissances 

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23. Στατιστική της Ελλάδος. Πληθυσμός 1879. Athènes, publ. du ministère de l'intérieur, 1881, p. 14.

24. V. circulaire du ministre S. Vlachos adressée aux préfets de l'État datée du 4 novembre 1852 (G. Venthylos, op. cit., t. I, p. 201). et la circulaire du ministre Ch. Christopoulos datée du 12 mars 1856 (G. Venthylos, op. cit., v. I, p. 201).

25. Voir à ce propos S. Ziogou-Karasterghiou, op. cit., p. 218-219.

26. Héléni G. Boukouvala, op. cit., p. 77-78: «Si la mère va travailler aux champs, soit elle emmènera sa fille pour l'aider, soit elle lui confiera la garde des plus jeunes, soit enfin lui ordonnera de prendre soin des animaux domestiques».

27. Ar. P. Kourtidis, «Les ouvrières d'Athènes», Εστία, XVI, n° 405 (2.10.1883), p. 631 ; Calliroé Parrin, «Les femmes dans l'industrie grecque», Εφημερίς των Κυριών, 1ère année, n° 28 (13.9.1887) et Anna N. Serouïou, «Travail et ouvrières», Οικογένεια, 2ème année, n° 17 (13.6.1898), p. 130-131.

28. Εφημερίς των Κυριών, 3ème année, n° 152 (11.2.1890).

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rendues plus simples, accent mis sur les travaux manuels), des taux de fréquentation bas et des taux plus élevés d'analphabétisme, surtout dans les couches socio-économiques plus modestes.

II. ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

Au niveau de l'enseignement secondaire des filles, la situation se présente de la manière suivante: des propositions concrètes des ministres de l'éducation (N. Théocharis en 1840, Iak. Rizos-Néroulos 1842) en faveur de la création d'"écoles secondaires pour filles"29 montrent qu'il existe assez tôt une volonté politique la-dessus, laquelle cependant n'ira pas au-delà de la programmation et ne sera pas mise en œuvre. C'est l'initiative privée qui, dans la pratique, assumera au cours du 19ème siècle la responsabilité de la mise en place de l'enseignement secondaire pour les filles. Le principal agent en sera la Société des amis de l'éducation30, qui se substitue bel et bien à l'État en ce domaine, jusqu'aux premières décennies de notre siècle.

Les traits principaux de l'enseignement secondaire des filles au 19ème siècle sont:

a) Il est distinct de l'enseignement moyen des garçons (d'un côté écoles pour filles, de l'autre écoles "grecques" et gymnases),

b) Il est dévalorisé par rapport à la durée et au contenu des études,

c) Il est calqué sur la conception que le rôle de la femme se limite à la maison et à la famille.

Nous allons suivre de près comment ses traits prennent forme dans les trois types d'écoles: les écoles pour filles, les sections professionnelles et les écoles normales.

Écoles pour filles. Les écoles pour garçons sont publiques; elles préparent les élèves à l'Université et la vie professionnelle; les écoles pour filles sont privées ou fondées par des municipalités, des sociétés ou des associations et ont comme but principal "de faire des enseignées de bonnes filles et maîtresses de maison"31. On aperçoit clairement les objectifs différents de l'éducation dans les écoles ayant des sections

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29. Voir à ce propos S. Ziogou-Karasterghiou, op. cit., p. 80-82.

30. La Société des amis de l'Enseignement fut fondée en 1836 à l'initiative de I.P. Kokkonis (voir ibid., p. 54-57).

31. Asp. Skordelli, Κανονισμός του Αστικού Παρθεναγωγείου, Athènes 1888, p. 4.

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    enfreintes et doivent être respectées dans toute leur ampleur et par tous: «Ceux qui proposeront de simplifier la procédure du prélèvement dans la Caisse seront punis».

    Les articles suivants se réfèrent aux obligations et aux compétences des délégués, séparément pour chacun.

    Au sujet des conseillers représentants principaux de la Nationalité, il est mentionné en général: ceux qui sont élus à ces postes importants doivent être «soggetti d'ogni conditione riguardevole», les chefs ne devant pas être moins nobles que les membres. C'est pourquoi, la Nationalité se doit de choisir toujours l'élite parmi les étudiants nationaux qu'elle inclut en son sein, et aussi ceux qui ont l'expérience des affaires universitaires, afin qu'ils soient en état de défendre les droits de la Nazione.

    Dans l'article 9, concernant les obligations des délégués, nous noterons que la présence des Conseillers aux assemblées est obligatoire; s'ils s'absentent trois fois d'affilée sans justification sérieuse pouvant être attestée par serment si nécessaire, ils sont alors déchus de leur fonction. Il ne leur est pas permis non plus de désigner un remplaçant, s'ils se trouvent en personne à Padoue, ni de s'absenter pour prévenir le Syndic, par écrit ou en personne, et sans désigner un remplaçant.

    L'article 11 concerne le «Conseiller des juristes»—Consiglier Leggista—, qui est le premier dans l'ordre et sur lequel repose l'administration de la Nazione. Le candidat à ce poste doit réunir les qualités suivantes. Il doit être né d'un mariage légitime, vivre avec ses propres moyens, avoir 20 ans accomplis, avoir étudié à Padoue les deux dernières années, dont la seconde en droit, et avoir payé ses cotisations. Le Consiglier Leggista a préséance sur les autres délégués, ainsi qu'un droit de double vote. Il convoque les assemblées et les conseils, ses propres propositions étant soumises au vote les premières. Il a le droit de contrôler à son gré registres et comptes ainsi que toute pièce s'y rapportant, d'opérer des saisies et de poursuivre jusqu'à la prison les débiteurs de la Nazione sans autre mandat, quand les dettes sont comptabilisées. C'est lui qui représente la Nazione et exprime ses vœux à Noël aux autorités de la ville, aux professeurs et au Recteur. Il est de son devoir de défendre et de protéger les étudiants aussi bien que la bonne réputation de la Nationalité; d'informer ses nationaux sur les affaires universitaires; il est de plus obligé de tenir un registre des rentrées et dépenses de la Nationalité, d'y noter aussi les débiteurs et de la transmettre à son successeur.

    Les mêmes choses à peu près sont aussi valables pour le premier Conseiller des Médecins et Philosophes, le Consiglier Artista. Ayant les