Συγγραφέας:Αγγελοπούλου, Άννα
 
Μπρούσκου, Αίγλη
 
Τίτλος:Catalogue raisonné des Contes Grecs: types et versions AT 700-749
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:26
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1995
 
Σελίδες:285
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Ελληνικά παραμύθια-Κατάλογος
 
Τοπική κάλυψη:Ελλάδα
 
Περίληψη:Μετάφραση στα γαλλικά του δημοσιεύματος αρ. 23. Το βιβλίο αυτό, που αποτελεί υποδειγματική δημοσίευση του καταλόγου των ελληνικών παραμυθιών που συνέτασσε ο Γεώργιος Μέγας ήδη από το 1910, μεταφράστηκε σε μία ευρωπαϊκή γλώσσα γιατί ένας εθνικός κατάλογος των παραμυθιών συμβάλλει όχι μόνο στη μελέτη της εθνικής αλλά και της παγκόσμιας προφορικής παράδοσης, μέσα από την οποία φιλτράρονται και μεταπλάθονται με ξεχωριστό τρόπο τα παραμύθια. Ο κατάλογος παραμυθιών του Μέγα αποτελεί ένα σπουδαίο έργο υποδομής για κάθε σχετική έρευνα. Η προσπάθεια για μια υποδειγματική δημοσίευση του καταλόγου αυτού, που άρχισε με τον τόμο αυτόν, καταβλήθηκε με την απόλυτη πεποίθηση ότι η αξία του είναι επίκαιρη όσο ποτέ. Ένας κατάλογος παραμυθιών έρχεται ακριβώς να προσφέρει ταξινομημένο το σημαντικότατο υλικό των παραμυθιών και των παραλλαγών τους, και να υπενθυμίσει παράλληλα τη σημασία, τη συνέπεια, αλλά και τη δύναμη της ευελιξίας που ενέχεται στην προφορική παράδοση των παραμυθιών.
 
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NOTICE

Ce conte, rendu célèbre par les Grimm et Walt Disney, est un des plus répandus en Grèce. Il fait partie du cycle de la princesse persécutée ainsi que "jambe-mère" (AT705), "la fille sans bras" (AT706), "les trois fils d'or" (AT707), "l'enfant de Marie" (AT710), etc. Selon Marie-Louise Tenèze, le thème de la persécution constitue en principe la raison pour laquelle le conte se combine souvent avec d'autres contes où l'héroïne est également persécutée. C'est pourquoi nous le trouvons généralement combiné avec le AT 403B, "la mariée noire et la mariée blanche" (ou "la fiancée substituée") ainsi qu'avec le AT 480, "les fïleuses au puits; la bonne et la méchante fille". Ces deux récits ont comme sujet la rivalité entre soeurs ou femmes. L'auteur du catalogue français souligne en même temps que l'histoire de Blanche-Neige est souvent combinée avec celle de Cendrillon, un conte-type marqué par le thème de la marâtre jalouse, et explique cette combinaison par la parenté thématique des deux récits. C'est-à-dire qu'elle considère que le thème central de la rivalité féminine influence le dénouement du conte de Blanche-Neige qui se trouve combiné avec des récits apparentés.

Chionati (Blanche-Neige) est une jeune fille que sa marâtre ou ses soeurs persécutent. Elis s'enfuit en pleine nuit et arrive dans un autre monde où elle rencontre ses frères inconnus et étranges (les douze mois, les Têtes-de-chien, les quarante gars, etc). Elle vit heureuse auprès d'eux, jusqu'au moment où sa marâtre la découvre et l'empoisonne à trois reprises pour l'exterminer définitivement. Le prince trouve son cercueil, la ressuscite et l'épouse. En Grèce (et ailleurs aussi) l'histoire ne se termine pas là: la marâtre va la voir après la naissance de son premier enfant et la transforme en oiseau, lui enfonçant une épingle dans la tête. L'oiseau chante merveilleusement pour le roi, et la marâtre, qui a pris la place de Chionati auprès de lui, le trompe et exige de tuer l'oiseau, qui est effectivement tué. De son sang pousse un arbre, qu'on coupe suivant les ordres de la marâtre. Finalement, d'une bûche de ce tronc, emportée par une vieille femme, Chionati ressort intacte. Ces transformations successives sont caractéristiques du type AT 403B, qui constitue souvent le dénouement des contes du cycle de la femme persécutée.

En ce qui concerne la répartition du conte en Grèce, Mégas a inclu dans son catalogue 131 versions du territoire grec, de l'Asie Mineure et de Chypre, dont dix sont conformes au schéma narratif des Grimm, dix autres ont l'introduction contaminée par le AT 480 ("la gentille et la méchante fille"); cinquante-cinq versions se terminent comme le AT 403B ("la fiancée chassée"). Il y a enfin quarante-deux versions qui obéissent à un scénario différent qui a tendance à remplacer en Grèce

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le récit des frères Grimm, c'est-à-dire l'intrigue de Blanche-Neige comme on la connaît dans l'Europe Occidentale.

Trois soeurs demandent au soleil qui est la plus belle d'entre elles. Le soleil préfère la plus jeune qui se trouve abandonnée par ses soeurs au tombeau de leur mère. En suivant la galette de pain béni qui roule dans le ravin, Myrsina s'éloigne et arrive à la maison des douze mois qui la retiennent chez eux. Le soleil dit à ses soeurs que Myrsina est toujours vivante et elles l'empoisonnent. Le récit retrouve son dénouement bien connu.

En Grèce, le soleil tend à remplacer le miroir de la marâtre; la version que nous citons ici in extenso, combine le miroir avec le soleil, qui devient le juge de la beauté de l'héroïne. Le visage étrange, et terrifiant en même temps, de Blanche-Neige conduisit les chercheurs à faire de nombreuses remarques. Paul Delarue, dans son livre L'Amour des trois oranges1, mit l'accent sur le trait caractéristique de Blanche-Neige, c'està-dire les trois couleurs qui la rendent si belle: le blanc (comme la neige), le rouge (comme le sang) et le noir (comme l'ébène). L'auteur nous rappelle que ce thème existe aussi chez Cymbeline de Shakespeare. En outre, Gaston Paris se réfère à une légende relative au thème de BlancheNeige, selon laquelle Charlemagne garda auprès de lui le corps de sa bien-aimée morte, Fastrada.2

Les trois couleurs mythiques que porte Chionati comme signe de son origine (présentes dès le moment où sa mère forme le vœu d'avoir une fille) sont souvent suggérées en Grèce par l'expression "elle brille comme le soleil".

Ernst Bôklen3 écrit en 1910 une monographie exhaustive sur Blanche-Neige, dont les conclusions sont contestées par Stith Thompson4. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un conte extrêmement répandu que l'on rencontre de l'Irlande jusqu'à l'Asie Mineure et jusqu'à l'Afrique Centrale. Avec Cendrillon, il se trouve au centre du monde féerique. Les deux héroïnes célèbres sont des personnages présents dans l'imaginaire des adultes et de leurs enfants, toujours importants pour la formation d'une mythologie nouvelle qui, cependant, puise ses images dans la tradition orale.

1. P. Delarue, L'amour des trois oranges, Paris, 1947, pp. 42-43.

2. Gaston Paris, "L'anneau de la morte", Journal des Savants, nov. 1896.

3. Ernst Bôklen, Sneewittchenstudien, Mythologiste Bibliothek III, IV, Leipzig, 1910, et 1915.

4. S. Thompson, The Folktale, ρ 124.

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CONTE-TYPE AT 710

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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CONTE-TYPE AT 710

Το παιδί της Παναγίας L'enfant de Marie

AT: Our Lady's child Delarue: L'enfant de Marie Grimm n° 3: Das Marienkind

Le crève-coeur

II était une fois un roi et une reine. Ils avaient une fille et un garçon. Ils avaient aussi une servante qui disait à n'importe quelle occasion: "Quel crève-coeur!" "Ne cherche pas à savoir quelque chose sur le crève-coeur car tu le sauras. Gare à toi mon enfant!" dit la servante.

Par coïncidence, au moment où elles disaient cela, quelqu'un passa en criant: "Je vends du crève-coeur! Je vends du crève-coeur!" "Je sors en acheter", dit la princesse. En allant vers lui: "Où est ce crève-coeur que tu vends?" Il le gardait dans une petite boîte. La princesse l'acheta. Dans la petite boîte il y avait un ver. La princesse l'engraissa, elle l'engraissa jusqu'à ce qu'il devînt grand comme une bête. Il mangea sa mère, il mangea son père, il mangea son frère, il mangea le village tout entier. Mais il ne mangea pas la princesse.

Quand le village fut ainsi dévasté, elle le quitta. Elle alla dans un endroit et elle monta sur un arbre. En bas de l'arbre il y avait une fontaine. Un roi arriva à cette fontaine pour abreuver son cheval. Mais le cheval ne voulait pas boire. Le roi chercha à voir ce qui effrayait son cheval et il aperçut une belle jeune-fille. Il lui dit alors: "Tu es un être humain ou un spectre?" "Je suis une bonne créature de Dieu comme toi", dit-elle. "Descends de là", dit le roi, "et je t'épouserai". Elle descendit et il l'amena chez lui.

Il n'existe que deux versions transcrites de ce conte en Grèce. C'est pourquoi nous allons nous contenter d'un résumé de chacune, sans présenter les éléments du conte, comme nous faisons dans le cas où le matériel est riche. Nous présentons ici une version déclinante, publiée par Georges Rigas. Nous considérons cette version comme un exemple intéressant de reformation d'un conte partant d'une intrigue déjà connue.

Σελ. 161
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"Qui est cette femme? N'est-elle pas farouche?" lui demanda sa mère. "Non, elle est gentille et je l'épouserai" répondit le roi.

Ils se marièrent, elle devint sa femme. Elle tomba enceinte. Il reçut le message d'aller à la guerre. Il dit alors à sa mère: "Tiens à ma femme comme à la prunelle de tes yeux. Soigne-la quand elle accouchera." "Je ferai comme tu dis mon fils".

Le roi partit. Vint le temps de l'accouchement; elle accoucha d'un garçon. Au bout de trois jours on lui donna le baptême, on l'emmaillota. Pendant la nuit la bête la rejoignit et lui dit: "J'ai faim." "Me voilà, mange-moi". La bête attrapa l'enfant et le mangea.

Sa belle-mère lui demanda bientôt: "Est-ce que l'enfant va bien? Je ne l'entends pas pleurer." "J'ai eu faim et je l'ai mangé" répondit la princesse. "Qu'est-ce que c'est que ça, ma fille? Tu as mangé ton propre enfant?" "Eh, oui!" dit-elle, "je l'ai mangé".

Avec le temps son mari rentra. "Quoi de neuf, mère? Elle va bien ma femme? Est-ce qu'elle a accouché?" "Elle a accouché", dit sa mère, "mais l'enfant est mort". "Ce n'est pas grave", répondit le roi, "l'important c'est qu'elle se porte bien".

Elle tomba de nouveau enceinte. Et lui reçut encore message d'aller à la guerre. Avant de partir il dit à sa mère. "Mère, tiens à ma femme comme à la prunelle de tes yeux. Assurez-vous de sauver l'enfant cette fois-ci".

Elle accoucha de nouveau, ce fut un garçon; au bout de trois jours la bête arriva. "Houh, houh, houh, houh!" elie l'entendait s'approcher. "Quel crève-coeur!" dit-elle. "Tu es revenue?" "J'ai faim" dit la bête, "je veux manger". "Me voilà, mange-moi" répondit la princesse. La bête attrapa l'enfant et le mangea.

Sa belle mère lui demanda bientôt, "Je n'entends pas l'enfant pleurer. Qu'est-ce que tu en as fait encore?" "Eh voilà", dit-elle, "j'ai eu faim et je l'ai mangé." "Tu n'aurais pas pu me demander de t'apporter des pains, des mets, pour te rassasier?" "Eh bien, c'est cela mon travers". "Que dirons-nous à ton mari maintenant?"

Le mari rentra de nouveau. Il demanda à sa mère. "Quoi de neuf, mère? Elle va bien ma femme?" "Elle a encore accouché d'un fils, mais il est mort" "II est mort, encore?" demanda le roi. "Qu'est-ce que tu veux, mon fils? C'était bien notre chance!"

La princesse tomba de nouveau enceinte. Et lui reçut message d'aller à la guerre. Il dit: "Ouvrez vos yeux cette fois. Veillez bien sur l'enfant".

Elle accoucha de nouveau, ce fut une fille. La vieille femme lui apporta des mets, elle lui apporta des bêtes de boucherie toutes entières, au cas où elle voudrait la manger aussi. La nuit, elle entendit la bête s'approcher. "Quel crève-coeur! Tu es revenue?" "J'ai faim", dit la bête. "Me voilà, mange-moi". La bête attrapa l'enfant et la mangea.

Σελ. 162
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Sa belle-mère lui demanda bientôt: "Ma fille, je n'entends pas l'enfant pleurer. Qu'est-ce que tu en as fait encore?" "J'ai eu faim", dit-elle, "et je l'ai mangée". "Ah, non! Cette fois-ci je vais tout raconter à ton mari quand il rentrera. Nous le lui avons caché la première fois, la deuxième aussi. Mais maintenant je vais tout lui raconter". "Fais ce que tu veux" lui répondit la princesse.

Le mari rentra de nouveau. "Quoi de neuf, mère?" "Par où commencer, mon fils? Cette fois je vais tout te raconter. Les enfants ne sont pas morts, c'est elle qui les a mangés. Je t'avais dit qu'elle serait farouche, là où tu l'as trouvée." Il dit alors: "Ça suffit comme ça. Nous la chasserons." Il alla dire à sa femme: "Puisque tu as mangé tes enfants, va-t-en, rentre chez toi. Je ne te veux plus pour femme."

Elle s'en alla chercher fortune, la pauvre. Elle alla à la montagne. A la montagne la bête se présenta. "Quel crève-coeur!" dit-elle. "Tu es revenue? Me voilà, mange-moi, délivre-moi de mes malheurs". "Je ne vais pas te manger", dit la bête. "Je vais faire sortir tes enfants maintenant, puisqu'après tout ce que je t'ai fait souffrir tu ne m'as pas dénoncée".

Glou! fit-elle, et elle vomit les trois enfants. Elle dit ensuite: "La terre va maintenant s'ouvrir à quarante brasses, elle m'avalera et je n'en sortirai plus. Prends tes enfants, va chez ton mari et vous y vivrez heureux".

Elle prit ses enfants, alla chez son mari, et lui raconta toute son histoire du début à la fin. Car, lorsqu'il l'avait trouvée sur l'arbre, elle ne lui avait rien dit, ni qui elle était, ni comment elle s'était trouvée là. Ils vécurent heureux et ils le sont encore jusqu'aujourd'hui. Je ne suis pas allé là-bas, et n'y croyez pas non plus.

Σελ. 163
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LISTE DES VERSIONS

KEEL 1175, (SM 93-95), Kastoria, "Ce que le mensonge réussit". La fille d'un pauvre rencontre la Sainte Vierge, qui l'achète; elle l'emmène dans un palais avec 40 chambres et lui interdit d'entrer dans la dernière. Marie transgresse l'interdit et entre dans la chambre, mais sa main devient dorée. Elle cache sa main dans un bandage et ne veut rien avouer à la Sainte Vierge qui se fâche et l'abandonne dans la forêt. Un roi la rencontre et l'épouse. La Vierge lui apparaît régulièrement et lui demande d'avouer; Marie refuse et la Vierge lui enlève ses enfants un par un; on la considère comme une sorcière qui mange les enfants qu'elle met au monde. Le roi décide qu'on doit la brûler; sur le bûcher, cependant, elle avoue la vérité; la Vierge lui redonne ses enfants et lui pardonne,

LF 1357, 29-30, Egion, "Avgoula et la fée". Une fée emmène Avgoula dans le palais aux douze chambres. Avgoula ouvre la chambre interdite et voit une fée dorée; en la touchant, son petit doigt devient doré. La fée le voit et lui demande si elle est entrée dans la chambre interdite; elle refuse de répondre. La fée laisse l'héroïne dans un endroit désert. Un roi la voit, tombe amoureux d'elle et l'épouse. La fée, plus tard, lui enlève son enfant et lui ôte la parole. On la considère comme une sorcière qui a mangé son enfant et on l'emmène au tribunal: la fée apparaît et lui demande si elle est entrée dans la chambre interdite. L'héroïne avoue, retrouve la parole et son enfant perdu.

Σελ. 164
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CONTE-TYPE AT 712

Σελ. 165
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 166
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CONTE-TYPE AT 712

H τίμια γυναίκα (La femme loyale) 

A.T.: Crescentia

La bonne femme

II était une fois un colporteur qui avait deux fils; l'un était sage et l'autre bon à rien. Après la mort de leur père, les deux fils se partagèrent sa fortune. L'aîné, qui était le plus sage, géra bien son avoir et l'augmenta. Le cadet allait tout le temps chez les femmes et le gaspilla. Il alla alors voir son frère en pleurant et lui dit: "Mon frère, j'achète de la marchandise mais je me trouve toujours perdant". Son frère eut pitié de lui et lui donna dix mille piastres. Le petit les gaspilla de la même façon que d'habitude. Il alla de nouveau chez son frère et lui raconta qu'il avait beaucoup perdu et l'aîné lui répondit: "Mon frère tu n'as pas de chance; alors reste ici dans ma maison, auprès de ma femme et je partirai en voyage faire assez d'argent, tant pour moi que pour toi; je veillerai sur ta fortune. "L'aîné partit, à l'étranger vendre sa marchandise et laissa son frère maître de la maison. Celui-là, effronté comme il était, trois jours après le départ de son frère demanda à sa femme de le tromper. Elle, comme une dame digne et sage qui tenait de bonne famille, n'y consentit pas et lui dit: "Moi, je te respecte comme si tu étais ton propre frère, et toi tu veux me porter un tel malheur?" Que fit-il pour arriver à ses fins? Il alla chez le juge et lui dit: "Mon frère est parti et sa femme le déshonore; je ne peux pas le tolérer". Mais le juge qui connaissait bien la fille, ne le crut pas et le chassa. Le cadet s'en alla, mais pour arriver à ses fins, il amena à minuit un de ses compagnons ivres et le fit entrer dans la maison. Il courut ensuite chez le juge et lui dit: "Donne-moi deux gardiens, pour que j'attrape les amants de ma belle-soeur dans la maison". Les gardiens y coururent tout de suite et frappèrent à la porte. Elle ne voulait pas leur ouvrir et leur disait: "Je n'ai rien fait! Dites-moi qui vous êtes et je vous

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ouvrirai." Les bonnes furent forcées de descendre et d'ouvrir la porte. La femme leur dit alors: "Que voulez-vous de moi?" Les gardiens entrèrent dans la maison, trouvèrent l'ivrogne et demandèrent à la femme: "Qui est cet homme?" Elle répondit: "Je n'en sais rien". Ils l'emmenèrent à la cour, et elle fut condamnée à mort. Deux jeunes hommes l'amenèrent dans un maquis mais elle était tellement belle et sage qu'ils ne purent pas la tuer. Ils creusèrent le sol, l'enterrèrent jusqu'au cou, et l'abandonnèrent là. Le soir, un brigand Nègre passait par là avec sa bande. Quand elle entendit les hennissements des chevaux elle poussa un grand cri: "Turc ou Grec, viens me libérer!" Le Nègre l'entendit et courut vers elle, la déterra, la fit monter sur son cheval, et l'emmena chez lui. Il lui construisit une hutte, l'y installa, et tout le monde l'aimait parce qu'elle était sage. Mais un des braves du capitaine s'éprit d'elle et voulut la séduire. Elle le rejeta en le menaçant: "Je le dirai au capitaine". Il eut alors peur, égorgea l'enfant du capitaine, aspergea le sol du sang de l'enfant jusqu'au lit de la femme et posa le couteau sous son chevet. Le matin, la Négresse se leva, vit son enfant égorgé, gémit et commença à crier: "Qui m'a apporté ce malheur?" Ce malin de brave lui répondit: "Voyons où mène le ruisseau de sang". Ils le suivirent et il menait à elle; ils trouvèrent aussi le couteau sous son chevet. Le Nègre ne crut pas qu'elle était coupable. Ils lui demandèrent seulement de partir, lui donnèrent un sac plein de pièces d'or et l'accompagnèrent jusqu'à un village. Elle alla alors frapper à la porte d'une vieille femme et lui demanda: "Est-ce que je peux passer la nuit dans la maison?" Et la vieille lui répondit: "Reste et couche-toi!" Le matin la vieille se leva et se prépara pour aller au hammam. La jeune femme lui dit, "je veux aussi aller au hammam". "Viens", lui dit la vieille. Elles se mirent toutes les deux en route et sur le chemin elles rencontrèrent quelqu'un qui allait être pendu pour une dette de cinq cents piastres. "Qu'est-ce qui se passe?" demanda la jeune femme et ils lui répondirent qu'ils allaient pendre cet homme parce qu'il devait cinq cents piastres. Elle dit: "Appelez-le; je lui donnerai les piastres et il ne sera pas pendu". Elle donna les piastres et s'en alla. "Qui m'a rendu ce service?" demanda l'homme qu'elle avait libéré. On lui dit: "C'était une femme; elle est partie". Il la chercha pour la remercier du service qu'elle lui avait rendu. Dès qu'il la trouva il la vendit tout de suite comme esclave à un armateur.

L'armateur l'emmena sur son bateau et embarqua. Il voulut la corrompre mais Dieu vit cette injustice et fit grossir la mer; le navire s'écrasa mais la femme s'accrocha à une planche et arriva sur une côte où il y avait un sérail royal. Elle se réfugia au bord d'une des fontaines de la reine. La nourrice alla chercher de l'eau et demanda: "Qui va là?" - "Je suis un être humain et je demande à la reine si elle veut me prendre pour domestique. Je ne demande pas de salaire." La nourrice alla le dire tout de suite à la reine qui la prit et quand elle vit qu'elle était sage, elle fit d'elle l'économe du royaume entier. Avec le temps vint le moment où la

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reine allait mourir. Elle appela alors son conseil et leur commanda: "Je vais mourir bientôt et je laisse celle-ci comme reine à ma place." Le conseil suivit son ordre et fît de la femme la nouvelle reine; mais la jeune femme ne souriait jamais; elle restait tout le temps affligée et fanée. Une vieille femme lui dit alors: "Tu étais triste quand tu étais pauvre; tu es devenue reine maintenant; pourquoi ne veux-tu pas rire? Raconte-moi ce qui t'arrive, je connais les sortilèges pour te réconforter le coeur." Elle s'est donc mise à tout raconter à la vieille qui lui répondit que dans les trois jours elle lui donnerait une réponse à son problème. La vieille fit ses sortilèges, elle trouva tout, et alla en grande joie dire à la reine: "Tu feras construire une grande maison sur un lieu de passage, et tu enverras partout dans le monde un crieur dire que tous les bigleux, les aveugles, les lépreux, peuvent venir chez la reine et retrouver la santé." L'entendit son mari dont le frère était bigleux. Le brave du Nègre, qui voulait la séduire, avait la lèpre. Et l'armateur était très malade et ne voyageait plus. Ils écoutèrent le crieur et allèrent au royaume. La reine appela les deux frères les premiers. L'aîné lui dit, "Ma reine, mon frère est devenu bigleux". Alors la reine lui demanda de raconter tout ce qu'il avait fait dans sa vie et ainsi il retrouverait la santé. Il raconta tout, sauf ce qui concernait sa belle-soeur dont il ne dit rien, parce que son frère était à côté de lui et qu'il en avait peur. Mais après avoir considéré le pire, il avoua cela aussi. La reine appela les domestiques qui lui apportèrent de l'eau et il guérit. On les fit descendre dans les salons. Montèrent le Nègre et son brave. Elle lui demanda la même chose, de raconter tout ce qu'il avait fait, pour guérir. Il raconta tout, sauf le meurtre de l'enfant de son maître, car il avait peur de celui-ci. Mais quand il envisagea le pire, il avoua cela aussi en ajoutant, "tant pis si mon maître me tue!" Il fut également guéri. Ils appelèrent l'armateur avec son matelot. Elle lui demanda aussi d'avouer tout ce qu'il avait fait. Il raconta tout; sauf qu'il avait vendu la femme. Mais bientôt il avoua cela aussi et fut guéri. Elle appela le Nègre, lui donna beaucoup de cadeaux et lui demanda de ne pas tuer son brave. Elle fit de même avec l'armateur et les laissa partir. Le lendemain elle appela son mari et lui dit: "Quelle espèce d'homme étais-tu, pour avoir laissé ta femme avec ton frère qui lui a fait endurer tout ce que tu as écouté hier? Si tu la voyais tu la reconnaîtrais?" Il lui répondit: "Ma femme est morte il y a dix ans!" Elle répéta: "Si tu la vois, tu la reconnaîtras?" Il dit alors: "Bien sûr que je la reconnaîtrai!" Alors elle se dévoila et lui dit: "C'est moi ta femme, et tout ce que tu as écouté, c'était ma propre histoire!" Elle se leva, l'embrassa et ils vécurent heureux.

Version d'Epire, Pio, 21, 66-69.

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ELEMENTS DU CONTE

I. La femme honnête

a: Une femme riche provoque la jalousie de sa (ses) belle(s)-soeur(s); al: qui tue(nt) l'enfant de l'héroïne et l'accuse(nt) de meurtre; a2: qui la cache(nt) dans un tonneau, au retour de son mari, pour l'empêcher de le recevoir; a3: qui l'accuse(nt) de manger des poux et des arêtes de daurade; a4: parce que, après avoir trouvé un trésor caché dans les choux, elle a acheté une maison et un vignoble pour son frère; a5: parce que, ayant trouvé une poule aux œufs d'or, elle a aidé celui-ci à devenir riche et à se marier.

b: Une femme honnête refuse les avances que lui font trois hommes successivement, (ou plusieurs), en l'absence de son mari et se voit accusée injustement d'adultère; bl: le beau-père de l'héroïne avait promis un peson à celle parmi ses belles-filles qui accepterait de coucher avec lui. L'héroïne jette le peson avec les arêtes de daurade; b2: l'héroïne repousse les avances d'un homme (qu'elle avait sauvé de la pendaison) et il la vend comme esclave; b3: sur le bateau, elle repousse le capitaine; b4: dans la forêt, elle repousse le Noir ou un de ses hommes.

IL La femme chassée

a: Elle est chassée dans la forêt; al: emportant son enfant mort; a2: privée de ses deux mains, coupées par son frère (mari), qu'elle maudit et qui devient boiteux (aveugle); a3: jetée du haut d'un précipice par son mari; a4: elle doit suivre une galette, lancée par son mari; la galette s'arrête devant un hêtre.

b: Elle ressuscite son enfant; bl: au moyen d'une herbe magique; b2: en écoutant la conversation des diables, elle trouve l'eau enchantée; a3: en écoutant la conversation des oiseaux, elle trouve l'herbe magique.

c: Elle récupère ses mains coupées à l'aide d'un vieillard qui lui transmet son pouvoir guérisseur.

d: Elle obtient un palais magique; dl: en priant Dieu; d2: au moyen d'un fruit magique, que lui donne un ermite, elle réalise tous ses voeux; d3: en priant le hêtre: "mon hêtre, mon petit hêtre, ouvre-toi et prendsmoi, laisse entrer ma tête et mon corps". Le hêtre se transforme en palais merveilleux; d4: en arrivant chez les 40 ogres, habillée en homme. Les ogres lui cèdent leur royaume.

Σελ. 170
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e: Elle obtient le don de guérir toutes les maladies humaines; el: en devenant nonne, elle guérit les visiteurs du monastère qu'elle a construit; e2: ayant changé de sexe (un oiseau magique s'est assis sur ses épaules), elle construit un monastère. Elle se transforme ainsi en moine et guérit tous les malades qui avouent leurs péchés; a3: elle guérit son frère qui boite, à la suite de sa malédiction, en le touchant de ses deux mains (miraculeusement récupérées).

III. Dénouement

a: Le frère (le mari) lui rend visite au palais (au monastère); al: et se voit accusé du vol d'une petite cuiller, que son fils a glissée dans sa chaussette. Reconnaissance; a2: et l'héroïne raconte son histoire à table. Reconnaissance; a3: et l'héroïne raconte son histoire à sa quenouille et il l'entend. Reconnaissance; a4: ses frères et sa mère la reconnaissent sur la photo avec le roi des quarante ogres, qui se trouve à la fontaine; a5: son mari retrouve la vue, lorsque la nonne le regarde.

b: La belle-soeur (belle-mère) est tuée.

c: Le palais magique est transporté miraculeusement à son village.

Σελ. 171
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LISTE DES VERSIONS

EPIRE

1. KEEL 881, 1, Parga Thesprotia, "Les deux compagnons", II: a, b2 (elle guérit le roi qui a perdu la vue et il lui fait construire un palais). III: a4 (le palais est construit à l'endroit où son mari gardait les vaches).

2. KEEL 1259, (SM 89), 21-22, Konitsa, "Les trois frères". I: a, a3. II: a, d3. III: a, a2, b.

3. KEEL 1297, (SM 127), 460-461, Zagori, "La bru malchanceuse". I: a, a2. Il: a3, d, dl. III: a, a1, a3, c.

4. KEEL 1309 (SM 139), 244-246, Konitsa, "Le méchant beau-père". I: bl. II: a, a4, d3. III: a, a1, a3.

5. Pio, 21, 66-69, (voir aussi Hahn 1, 140), Dodoni, "La femme honnête". I: b, b2, b3, b4. II: Elle devient reine grâce à sa sagesse, mais elle ne sourit jamais. Une vieille femme lui conseille de recevoir chez elle tous les malades), e2 (tous ceux qui lui ont fait du tort arrivent, les uns après les autres).

THRACE

1. Arch. Thr. Th., 7, 204-206, no 2, Komotini, "La femme honnête qui devint reine". I: b, b2, b3, b4. II: e2 (elle guérit le frère aveugle de son mari). III: a, a2.

7. Thrakika, 17, 180-182, Fanari, "Myrsina". I: b, b2, b3, b4. II: e, el. III: a5.

ILES DE LA MER EGEE

Crète

8. KEEL 709, 10, Néapolis, Mirambello, "Brille, soleil, pour que je brille". Le début comme le AT 709. I: La marâtre, al. II: a, a1, a2 (lui arrache les yeux), b, b3, d4. III: a4.

ILES IONIENNES

9. Boulanger, 115-123, Kerkyra (Corfou), "La fortune dans les légumes". I: a, a1, a4. II: a, al (elle recolle la tête coupée de l'enfant avec l'herbe qu'elle a vu ranimer le serpent mort), d2. III: a, a1, b.

Σελ. 172
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CHYPRE

10. Kliridis, II, 43-45, n!9, Potamia, "Bru et belle-soeur". I: a, a1, a5. 77: a, a1, a2 (elle le maudit: il restera boiteux jusqu'à ce qu'elle le touche de ses deux mains), c, e3. 777: b (elle est écartelée par deux chevaux).

Σελ. 173
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Pour la NOTICE, v.p. 78

Σελ. 174
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CONTE-TYPE AT 715

Σελ. 175
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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

Σελ. 176
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    NOTICE

    Ce conte, rendu célèbre par les Grimm et Walt Disney, est un des plus répandus en Grèce. Il fait partie du cycle de la princesse persécutée ainsi que "jambe-mère" (AT705), "la fille sans bras" (AT706), "les trois fils d'or" (AT707), "l'enfant de Marie" (AT710), etc. Selon Marie-Louise Tenèze, le thème de la persécution constitue en principe la raison pour laquelle le conte se combine souvent avec d'autres contes où l'héroïne est également persécutée. C'est pourquoi nous le trouvons généralement combiné avec le AT 403B, "la mariée noire et la mariée blanche" (ou "la fiancée substituée") ainsi qu'avec le AT 480, "les fïleuses au puits; la bonne et la méchante fille". Ces deux récits ont comme sujet la rivalité entre soeurs ou femmes. L'auteur du catalogue français souligne en même temps que l'histoire de Blanche-Neige est souvent combinée avec celle de Cendrillon, un conte-type marqué par le thème de la marâtre jalouse, et explique cette combinaison par la parenté thématique des deux récits. C'est-à-dire qu'elle considère que le thème central de la rivalité féminine influence le dénouement du conte de Blanche-Neige qui se trouve combiné avec des récits apparentés.

    Chionati (Blanche-Neige) est une jeune fille que sa marâtre ou ses soeurs persécutent. Elis s'enfuit en pleine nuit et arrive dans un autre monde où elle rencontre ses frères inconnus et étranges (les douze mois, les Têtes-de-chien, les quarante gars, etc). Elle vit heureuse auprès d'eux, jusqu'au moment où sa marâtre la découvre et l'empoisonne à trois reprises pour l'exterminer définitivement. Le prince trouve son cercueil, la ressuscite et l'épouse. En Grèce (et ailleurs aussi) l'histoire ne se termine pas là: la marâtre va la voir après la naissance de son premier enfant et la transforme en oiseau, lui enfonçant une épingle dans la tête. L'oiseau chante merveilleusement pour le roi, et la marâtre, qui a pris la place de Chionati auprès de lui, le trompe et exige de tuer l'oiseau, qui est effectivement tué. De son sang pousse un arbre, qu'on coupe suivant les ordres de la marâtre. Finalement, d'une bûche de ce tronc, emportée par une vieille femme, Chionati ressort intacte. Ces transformations successives sont caractéristiques du type AT 403B, qui constitue souvent le dénouement des contes du cycle de la femme persécutée.

    En ce qui concerne la répartition du conte en Grèce, Mégas a inclu dans son catalogue 131 versions du territoire grec, de l'Asie Mineure et de Chypre, dont dix sont conformes au schéma narratif des Grimm, dix autres ont l'introduction contaminée par le AT 480 ("la gentille et la méchante fille"); cinquante-cinq versions se terminent comme le AT 403B ("la fiancée chassée"). Il y a enfin quarante-deux versions qui obéissent à un scénario différent qui a tendance à remplacer en Grèce