Συγγραφέας:Da Silva, José Gentil
 
Τίτλος:L’ historicité de l’ enfance et de la jeunesse dans la production historique récente
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:7
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1986
 
Σελίδες:119
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Βιβλιογραφία
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Χρονική κάλυψη:1970-1986
 
Περίληψη:Πρόκειται στην ουσία για ανάτυπο από τα πρακτικά του 1ου επιστημονικού συμποσίου. Περιέχει τη σχετική με την ιστορία της παιδικής ηλικίας και της νεότητας βιβλιογραφική συναγωγή του José Gentil da Silva, της οποίας προτάσσεται εισαγωγή του συγγραφέα στη γαλλική γλώσσα.
 
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En conséquence, trois perspectives font autant d'ouvertures pour l'historicité de l'enfance et de la jeunesse dans l'éducation : (1) l'Europe plus les États-Unis et le Canada, (2) Poutre-mer y compris les États à prédominance "blanche" qui ne sont pas anglo-saxons, (3) les pays de l'Est européen dans leur recherche d'une autre modernisation à la fin toujours confondue avec l'occidentalisation.

Une bibliographie assez importante appuie ces propositions. Parce qu'elle est vaste, nous négligeons l'enseignement universitaire, les universités et ses grandes figures que nous retrouvons toutefois à propos de leur action, lorsque celle-ci se déclare politique et concerne l'insertion des jeunes dans la cité. Les réalités historiques elles mêmes et les distinctions qui viennent d'êtres faites nous amènent à présenter des dossiers nationaux. Ce que cela peut avoir de fastidieux se justifie par l'inégalité de la place accordée à l'éducation et à son étude dans chaque pays selon son degré de modernisation.

L'État plutôt que l'Église

En Occident, l'éducation se développe dans la sécularisation des esprits. En conséquence, le modèle occidental prédomine dans notre dossier par la quantité et la variété aussi des titres et des questions débattues. L'affirmation du pouvoir de l'État, le renforcement de son acceptation par les populations et le raffinement de sa machine répressive ont varié évidemment selon les pays et leur histoire. Plus brutales ou davantage pliées au cadre dans lequel s'accommode chacun d'eux, les conditions faites à l'enseignement sont un élément de diagnostic essentiel sur la situation sociale et la place faite aux êtres, aux enfants, aux jeunes, mais aussi aux femmes et aux hommes. La polémique entre R. D. Andersen (418) et E.G. West (506) semble gagner à être comprise dans ce sens, sans "idéaliser" mais aussi sans diminuer la pression des faits économiques. Plutôt qu'une quelconque égalité des chances, l'effet inéluctable d'imitation s'impose, accompagné par ailleurs de l'irrésistible insertion des masses, femmes, jeunes, enfant compris.

Le Royaume-Uni

Commençons par le monde anglo-saxon puisqu'il a imposé sa domination économique, financière, technologique, suscita l'imitation et consacra l'efficacité; du coup, il écrasa les velléités de modèle national et les efforts d'expression propre (y compris la mobilisation de l'épargne

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déguisée désormais récupérée). Les conséquences linguistiques n'en sont pas minces.

Au Royaume-Uni19, plusieurs histoires générales de l'éducation s'accompagnent (420, 454, 455, 461, 462, 492) de recueils et ouvrages concernant certaines époques en particulier: la Renaissance (429), le temps des Tudor et des Stuart (431, 484). L'Écosse y a une place privilégiée, naturellement (417, 418, 505). L'alphabétisation aux XVIe et XVIIe siècles (431, 432, 447, 491), ses progrès dans les villes provinciales (489), font écho à la Révolution industrielle et aident à expliquer le fait unique de l'Histoire imité ailleurs avec des délais et des succès variables.

Les développements que connaît l'éducation populaire au temps de la Révolution industrielle, leurs variations régionales, ont suscité des ouvrages importants (440, 488, 501, 506), dont la discussion se poursuit. L'influence de l'apport populaire celle du standard de vie, posent en effet des problèmes multiples d'interprétation, concernant les capacités matérielles des travailleurs et leur participation à ces développements dans une situation de simple reproduction de la force de travail.

Au XIXe siècle, l'assistance devenue indispensable (453, 458, 459, 401) pose des problèmes liés à l'éducation des pauvres et au contrôle social. En devenant comme consommateur un élément majeur de l'économie, le travailleur retrouve encore devant lui des restrictions politiques et donc culturelles (436). La formation d'un système national d'éducation (462) compte sur l'intervention d'hommes éclairés (460), des hommes supérieurs20 (415, 470, 473, 480, 490) qu'influencent Stuart Mill, Buchanan, Manning et Owen, Swendborg et Pestalozzi et que freinent des courants religieux (410, 423, 405, 477, 500). L'État s'impose (437, 499), l'éducation populaire s'affirme (441, 482, 493). La société elle encore, explique par son changement, l'éducation que se donnent les régions industrialisées (478). Mais la généralisation d'un système d'enseignement élémentaire soulève des résistances (415).

Aux dispositions prises en 1870 sont attribuées toutes sortes de conséquences ouvrant pour l'éducation un siècle de progrès dans une

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19. Qu'il nous soit permis d'ajouter: H. J. Burgess, Entreprise in Education. The Story of the Work of the Establishment Church in the Education of the People Prier to 1870, London 1958 ; A. K. Clarke, A History of the Chelienham Ladie's Collège, 1953 ; F. Watson, The English Grammar Schools to 1660, 1908; et du même, The Old Gramrnar Schools, 1916; L. B. Wright, Middle-Class Culture in Elizabethan England, Chapel Hill, 1935.

20. Disons du cardinal Henry Edward Manning, moins connu en Europe continentale que les autres, que fils d'un marchand des Indes occidentales, ce professeur enseigne dans les slums de Westminster (1808-1892).

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conception nouvelle de l'enfant (437, 440, 403, 494). Cependant l'historicité de l'enfance et de la jeunesse suscite aussi des travaux sur les écoles villageoises (451), l'action des syndicalistes (457, 460. 504), des travailleurs et de la classe ouvrière (469, 506), du parti travailliste, au XXe siècle (468, 483). Toujours il semble trop optimiste de croire à l'intervention des travailleurs (417) dont l'absence explique le retard pris en Europe continentale, y compris en ce qui concerne l'action politique.

Des réformes (en 1920-40: 482), le changement qu'apporte la deuxième guerre mondiale (445), font céder du terrain devant la poussée des jeunes consommateurs à l'âge de l'industrie de masse: alimentation, vêtement, confort, puis loisirs. Lentement, une zone d'ombre est éclairée en particulier; elle laisse enfin découvrir l'éducation féminine. Des mythes ont la vie dure, celui d'une classe moyenne victorienne et des jeunes filles sages protégées par des ménages exemplaires (424). Contradictoirement, un «idéal féministe» se dessine (427, 444) malgré les résistances et les atermoiements (443). Dans une situation qui semble très variable, les filles seraient globalement défavorisées (472). En Écosse, vers 1861-70, leur scolarisation est de 79%, celle des garçons étant de 89% (418). Certes il faudrait voir au contenu de l'enseignement, rappeler que pour ce qui est du travail, l'engagement est dans l'ensemble comparable (350). Aussi vers le milieu du XIXe siècle leur scolarisation au dessus de 11 ans approche-t-elle dans beaucoup d'endroits celle des garçons (356). Une situation plus égalitariste qu'il ne semble du point de vue de l'antagonisme féminin-masculin, des perspectives de classe qui semblent irréductibles, continuent de valoir à l'Histoire des Britanniques un dynamisme certain. Mais rien sur les enfants des immigrants. L'enfant et le jeune demeurent plutôt sujet des pédiatres, des psychologues et des psychiatres ou des sociologues, en somme, des êtres à guérir.

L'Irlande

Faisons une place à part à ce jeune pays divisé. Ce n'est pas réjouissant. Le système irlandais d'éducation a été présenté par différents auteurs (508, 511, 513, 515). Si à propos du nord du pays il s'agit d'éducation «en pays ennemi» (509), l'indépendance n'a pas apporté que des avantages (510).

Le Canada

Les collèges classiques du Canada français depuis le XVIIe siècle (518), la contribution des écoles au développement régional 

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(Saskatschewan: 519), s'ajoutent à la question scolaire (Manitoba et Nord-Ouest: 517) comme sujets d'intérêt. L'État joue son rôle terne face aux minorités (520). Une histoire générale (521) apparaît également dans un dossier sans doute très incomplet.

Les États-Unis

Aux histoires d'ensemble (531, 540, 543, 544)21 ou sur l'époque coloniale (526, 535) et les théories de l'éducation (576) ou "l'américanisation de Pestalozzi" (549) s'ajoutent des monographies sur différentes institutions (551, 581). L'éducation et les succès scolaires des immigrants au début du XXe siècle ont mérité également des études particulières (568)22.

Les changements du XIXe siècle (556), aussi bien que les menaces de crise (557) ont inspiré les chercheurs, de même que l'intervention de la politique (552), le rôle même de l'instruction: usines de culture (572), fabrication d'une aristocratie (577), impérialisme culturel sous le manteau de la philanthropie (524). Un enseignement qui se veut utile à l'industrie (540), devant préparer la mécanisation de l'agriculture (541), se développe en milieu urbain (532, 555, 503, 581). Il est classiste et bigot (546, 562, 574). Religion et éthique dominent. Les Israélites organisent leur propre enseignement (570). Le sort peu enviable réservé aux noirs revient souvent comme sujet (527, 528, 537, 542, 554, 564, 566, 569, 573, 574, 583, 585, 586). Le progressisme sied aux blancs (559). Parmi les hommes de bonne volonté de l'époque où fut créée la "National Society" se distingue Francis W. Parker (1837-1902), enseignant dès l'âge de 16 ans qui après s'être battu dans la guerre civile parfit sa formation en Europe et introduisit aux États-Unis des méthodes nouvelles, créa des écoles et écrivit (529). Quoi qu'il en soit, ségrégation et discrimination demeure le lot de beaucoup dont les filles, malgré la lutte des femmes (534, 560). L'égalité des diplômes est également un mythe (533). Au fait, il s'agit d'une discrimination sociale qui se traduit par l'enseignement, son caractère et ses réussites ou ses échecs. Pourtant la société et l'éducation américaines se féminisent (530, 539, 578). L'État fédéral s'engage (548, 561, 584). L'Histoire très vivante de ces trois ou quatre siècles

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21. Dans un souci d'ouverture, rappelons James S. Coleman et al., Parents, Teachers, and Parents, 1977.

22. Ajoutons aussi: Don T. Nakanishi, Marsha Hirano-Nakanishi, The Education of Asian and Pacific Americans: Historical Perspective and Prescriptions for the Future, 1983.

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d'éducation de l'enfance et de la jeunesse doit beaucoup à l'émergence d'auteurs féminins. Quelles en seront les suites ?

La France

Autrement engagé l'État français subit des pressions diverses de celles connues dans les mondes anglo-saxons, mais sur un fond commun de sécularisation des esprits. Le gallicanisme n'a pas évité cet écueil (mais l'Église n'a-t-elle pas été également nationalisée en Angleterre?). En outre, demeure un fait majeur de l'Histoire française la concentration du pouvoir et des moyens23. Sa dialectique est dans l'antagonisme entre la bureaucratie parisienne aux formulations simples et brutales, et les successives émergences régionales que celle-là doit soumettre plus qu'elle ne se préoccupe de centraliser les moyens nationaux.

Cependant une production riche24 concerne désormais les régions que la réforme universitaire consécutive à 1968 équipa tant bien que mal de centres de recherche et d'édition. Beaucoup d'ouvrages sont dus à des historiens étrangers et souvent édités dans leur pays (592, 604, 608, 669). Juste retour des choses, les chercheurs français n'ont parfois l'occasion de s'exprimer qu'à l'étranger. La scolarisation mérite l'attention de quelques auteurs (599, 600, 607, 741). Le Nord se montre très en avance jusqu'au dernier quart du XIXe siècle (652). L'alphabétisation25 commence à être étudiée (616) sans que cela ne concerne nécessairement les jeunes et n'exprime davantage l'éducation que les mœurs (631, 632, 647). L'instruction sous l'Ancien régime est présentée dans un assez grand nombre de travaux, pour la plupart d'intérêt local (603, 630, 651, 666, 667, 686). De ce point de vue, des institutions (591, 609, 673) et des hommes (617, 672) sont suivis dans leur attachement à l'éducation. Une révolution culturelle semble avoir précédé la Révolution française (670, 671, 700). Sous la Révolution, la question scolaire est débattue (642, 668, 694). Mais la laïcisation (593, 665, 693) ne met pas fin aux querelles: celle des manuels (588, 692), celle de l'enseignement pour les filles, qui vient de loin (597, 649, 660, 663, 676, 677, 678). Encore une fois on constate que le contenu de l'enseignement est 

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23. Cf. Bertrand Badie, Pierre Birnbaum, Sociologie de l'État, 1979, 1982 2.

24. Rappelons l'information indiquée dans la note 1 (Th. Zeldin).

25. Une étude est annoncée: Etienne François, «Premiers jalons d'une approche comparée de l'alphabétisation en France et en Allemagne», Histoire sociale, sensibilités collectives et mentalités. Mélanges Robert Mandrou (Paris 1985).

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pratiquement nul: réciter le catéchisme, préparer les fillettes à devenir des mères de famille.

A travers l'Empire (669) et les successives Républiques (595, 638, 640)26 des hommes se disputent à propos de l'éducation ou la façonnent. A ceux qui discutent «les modèles français», Rousseau27 étant naturellement rappelé (602), s'ajoutent des commis de l'État comme Hippolyte Fortoul (682), Victor Duruy (649, 661), Jean Zay (606) ou Louis Édouard Maggiolo (626, 681), et des gens d'Église comme Jean Bosco. Ils pensent au peuple et aux pauvres qui doivent travailler. Enfants et jeunes sont traités en futurs citoyens, en adultes diminués demeurant quant à eux dans un autre monde qu'il faut tolérer. Malgré les contraintes ou en raison précisément de leur insertion nécessaire dans la vie économique et politique, dans la cité en somme, un constant souci de protection de la société, de l'ordre, des patrimoines s'exprime avec en arrière plan, un monde rural récalcitrant.

Dans la bibliographie réunie la ligue de l'enseignement est étudiée (650) et la formation des maîtres (613, 633), en particulier celle des premières institutrices laïques (620). La pédagogie (690) et les grands innovateurs que l'on néglige comme Freinet (629), l'enseignement de l'Histoire (595), mais aussi de l'éducation physique (1088, 1089, 1098) sont présents. Le corps devient lui aussi sujet d'une Histoire Gestalt très descriptive dans l'ensemble.

Dans le même esprit mais peut-être avec davantage d'à-propos, le scoutisme est mis en lumière «en tant qu'expérience parallèle dotée d'un projet bien défini» (643, 644). En revanche, «l'éducation globale» (654) étudiée dans une thèse, entre à peine dans cette bibliographie récente portée par des modes assez insipides. Certes, les enfants ouvriers ont droit à un petit rappel (596, 618) de même que l'enseignement professionnel que Don Bosco propose aux jeunes pauvres de Nice (622). Orientations ouvertes ou académiques, mal tamisées par le poids des traditions, rompent difficilement l'indifférence à l'historicité de l'enfance et de la jeunesse qu'entretient également une Histoire friande de «beaux livres». Mais ne s'agit-il pas là de la même pratique marchande qui fait la fortune des pédiatres, «psychanalystes freudiens» et autres «janoviens», pour «paumés» qu'ils se déclarent ? Les uns et les autres respectent 

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26. Cf. aussi M. Gontard, L'enseignement primaire en France de la Révolution à la loi Guizot (1789-1830). Des petites écoles de la monarchie d'Ancien régime aux écoles primaires de la monarchie bourgeoise, Lyon 1959. Thèse.

27. Cf. A. Ravier, L'éducation de l'homme nouveau. Essai historique et critique sur le livre de «L'Émile» de J. J. Rousseau, Issoudun, 1941 2 vol.

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parfaitement la distance entre le quotidien et l'intérêt réel des individus, c'est-à-dire de la société28.

Les pays de langue allemande

Cela peut sembler arbitraire de traiter dans un même chapitre l'ensemble des pays de langue allemande. Cependant l'Histoire des anciennes parcelles du Saint-Empire, à ses antipodes celle de la Prusse, cet État institutionnalisé d'emblée qui, importé s'est imposé dans "la confusion entre l'État et la société", celle enfin des pays qui leur ont succédé, justifie l'amalgame. La moisson est riche. Ici aussi l'apport extérieur est important. Dans chacune des époques distinguées, les problèmes demeurent essentiellement politiques et les auteurs étrangers aident encore une fois à faire la lumière.

L'endoctrinement religieux et politique ses constantes jusqu'au XVIIIe siècle et même sous l'Empire allemand, ont été bien montrés (708, 711, 715, 717, 721, 722, 734). Les tendances radicales de la Réforme semblent avoir été effectivement balayées avec les velléités qu'écrasa la dénommée "guerre des paysans", cette grande tentative des peuples de disposer d'eux-mêmes. En attendant, l'alphabétisation a été retardée jusqu'au XVIIIe siècle par la peur des Radicaux (712, 714). Il est alors temps de réformer l'enseignement. De Leibniz à Goethe (733) et par la suite, les philosophes et les grands esprits s'y attachent (725, 735, 736).

L'époque des lumières prépare ces réformes (724, 728, 729) y compris pour les minorités orthodoxes (703). Au XIXe siècle, ce temps des révolutions où la bourgeoisie a encore son mot à dire (723) on retrouve les controverses religieuses et les exigences des femmes (730). La lutte s'engage entre les travailleurs (727) et l'Empire allemand (719, 720). Un renouveau pédagogique (710) entre dans la politique de la République de Weimar (723, 726). Agitation (737) et progrès dans l'éducation trouveront leur fin sous le Nazisme (706, 718). L'après-guerre introduit l'influence anglaise (716). Le socialisme d'État avait utilisé une éducation libérale (719), l'instruction demeurant un monopole auquel s'intéressent les travailleurs (704, 705)29.

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28. Notons un travail modeste: Essakali, La scolarisation des enfants des travailleurs immigrés, Nice 1984. Mémoire de maîtrise.

29. Nous pourrions y ajouter: Katharine Derrill Kennedy, Lessons and Learners: Elementary Education in Southern Germany, 1871-1914, Ph. D., 1982, Stanford Univ.

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L'Italie

Le Piémont est des rares États dont la formation s'appuie sur les structures anciennes autant que dans le cas français, quoique les spécialistes le négligent. Ils sont invités à le faire par le sort que la France a réussi à imprimer aux nations italiennes, en poussant à leur union. État récent, dont l'institutionnalisation ne parvint pas à adapter l'acquis piémontais, l'Italie demeure attentive au passé de chacun de ses pays : Parme et Plaisance sous les Farnèse (746), Venise et la Vénétie (740, 765), le Piémont (739, 760), le Mezzogiorno (749), Rome à ses débuts de capitale nationale (755). Un dossier intéressant concerne l'institution des jardins d'enfants, l'action de l'abbé Ferrante Apporti (1791-1858)30, la résistance cléricale à l'influence saint-simonienne et le choix piémontais en leur faveur malgré le décret du Saint-Office qui défendait l'introduction des écoles maternelles (1837: 743, 744, 745, 751, 760). Par ailleurs, parler de l'enseignement technique c'est en dire l'inefficacité (761). L'époque fasciste fait toujours parler d'elle (741, 748, 757, 759), à propos des réformes de Gentile (738, 766) et de Bottai (752); la lutte entre la liberté et la religion, la part de la propagande (756, 762), ne font cependant pas négliger la pédagogie des anti-fascistes (747). La grande figure de Maria Montessori est rappelée ailleurs, à Oxford (753)31 et d'importants ouvrages généraux ont été édités ou bien sont en cours de publication (754, 758, 763, 764). Ici comme ailleurs, l'Histoire et en particulier celle de l'éducation profite du concours de chercheurs et d'éditions étrangers.

Le Benelux

Encore une fois, il s'agit de pays que l'Histoire a séparés, mais de langue différente en créant des États à tendance fédérale, surtout celui du nord, issu de la lutte contre l'Empire habsbourgeois, lui même centraliste plutôt qu'enclin à la concentration du pouvoir. En effet, les espaces qui demeurèrent plus longtemps sous une administration impériale,

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30. Rappelons: F. Apporti, Elementi di pedagogia, ossia della ragionevole educazione dei fanciulli. Roma, 1847, P. Curci, "Gli asili d'infanzia. Loro cagioni e origini straniere", Civiltà cattolica, 1855, XI; "Gli asili d'infanzia nei loro inizi in Italia", ibid., XII; "Gli asili d'infanzia quali sono al présente in Italia", ibid., XII.; G. Calo, "F. Aporti e gli asili infantili", Revista d'Italia, 1927 (15 settembre); A. Gambaro, "I due apostoli degli asili infantili in Italia", Levana, 1927; du même, Educazione e politica nelle relazioni di R. Lambruschini con Aporti, Torino 1939.

31. Rééditée: The Secret of Childhood, London 1982.

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sont les moins astreints à un pouvoir bureaucratique que la bourgeoisie marchande créa au nord plus que l'industrialisation ne l'a exigé au sud.

La présence de ces pays dans notre recueil bibliographique se traduit, à propos de l'éducation, par une forte majorité d'ouvrages en flamand. La scolarisation en milieu rural (767, 768, 774) et urbain (769), le personnel enseignant (770, 771) et les idées pédagogiques (772) ont été étudiés pour les temps qui précédèrent la scolarisation obligatoire (en Belgique, 1914). L'intervention de la politique au XVIIIe siècle (775) et l'établissement de l'éducation primaire en Belgique (778) ont mérité l'attention des chercheurs. Des études de caractère général (779, 780) complètent avec un livre sur les écoles primaires dans la ville de Luxembourg sous le régime français (776), un tableau réaffirme la convergence entre vie politique, société et éducation quelle que soit la variété des situations.

La Confédération helvétique

Avec la "Suisse" nous abordons l'État tout autre que bureaucratique et un dossier mince. Concernant Pestalozzi rappelé à Berlin et à Frankfurt a.M. (781 bis, 784) et "adapté" aux États-Unis (549), Zwingli (786), les sources bernoises sur l'éducation (785), l'action des jésuites au temps des lumières (782) et celle des réformés (781), l'intervention de la presse (783), les travaux d'Histoire de l'éducation helvétique que nous avons pu réunir sont peu nombreux.

Les pays nordiques

Des États dont l'institutionnalisation est relativement récente dans deux cas sur quatre présentent une variété de thèmes considérable. Pas de titres norvégiens dans cet ensemble. L'alphabétisation et l'éducation élémentaire en Suède (791), les écoles rurales au Danemark (796), l'instruction élémentaire (793, 794) et le débat politique sur la coordination des enseignements, primaire et secondaire en Finlande, au XIXe siècle (800), les buts des écoles secondaires en Suède encore (795) ont été étudiés récemment. Des questions particulières aussi, notamment la formation des fonctionnaires suédois à l'aube des temps modernes (787). Le traditionalisme n'est pas absent des écoles suédoises (803); les enfants lapons ont reçu au XVIIe siècle un enseignement religieux (797). Mais l'instruction technique mérite dès le XIXe siècle la faveur des parlementaires suédois (802). La réforme scolaire suédoise de 1927 et ses

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antécédents (1927) nous sont présentés (789) de même que la situation des femmes dans l'Université finlandaise (788) et la liberté académique en Suède (799). La pédagogie finlandaise au XIXe siècle (790) et la formation des maîtres en Finlande aussi (792), l'enseignement dans le Slesvig du Nord sous le règne prussien (798) et les études supérieures populaires au Danemark (801) sont d'autres sujets traités.

Les pays ibériques

Le Portugal État ancien, fortement unitaire depuis le XlVe siècle, se trouve géographiquement confronté à la fédération assez lâche de pays que la langue espagnole ne parvient pas à unifier. Des ouvrages généraux concernent le Portugal (807) et l'Espagne (812). L'expérience libérale en Catalogue de 1820 à 1823 (813), une initiative de la Ensenada (811), la pédagogie d'un projet (815), la censure gouvernementale au XIXe siècle (814), les relations entre éducation et marché du travail sous Franco (810), quelques figures de la pédagogie, hommes et femmes (804), forment le dossier espagnol32. Le portugais comprend des éléments sur le choix des livres pour l'enseignement du latin et du grec lors de la réforme du XVIIIe siècle (805) et trois ouvrages sur la réforme récente (808), l'éducation infantile (807) et les enseignants (809).

Les mondes d'outre-mer

L'éducation coloniale garde son importance (826) quoique les titres que suscite la destruction de l'Empire japonais, la décolonisation et la progression du communisme invitent à voir tout ce qui a été publié depuis la deuxième guerre mondiale33.

Le plus proche, le continent africain vaste et riche territoire dans

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32. Nous pouvons y ajouter: Gregoria Carmena, Jésus G. Regidor, La escuela en el medio rural, Madrid 1984, et José Manuel Zumaquero, Los derechos educativos en la Constitution española de 1918, Pamplona 1984.

33. Cf. par exemple: W. C. Eelis, Communism in Education in Asia, Africa, and the Far East, Washington 1954; R. K. Hall, Education for a New Japan, New Haven 1949; K. Humayun, Education in New India, London 1956; M. Lindsay, Notes on Educational Probleme in Communist China, 1941-47: With Supplements on Developrnents in 1948 and 1949, New York 1950; M. Haider, Village Level Integrated Population Education: a Case Study of Bangladesh, London 1982; G. White, Party and Professionals. The Political Role of Teachers in Contemporary China, London 1981; M. Yen, The Umbrella Garden: A Picture of Student Life in Red China, New York 1954.

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lequel on a vu une prise facile sinon légitime, connaît des difficultés pour la formation professionnelle de ses jeunes (846). En Afrique occidentale, pour la France, était-il question «de mission civilisatrice ou de formation d'une élite ?» (820, 821). De toute manière, les blancs jugent les noirs au Congo de Léopold (860), l'administration britannique s'occupe de l'éducation au Kenya (842, 850, 856). Étudiée, l'Histoire de l'éducation au Nigeria et au Ghana (831, 833, 837) est comparée (835). On voit comment les Portugais exportent leur langue et leur culture en Angola (849). L'indépendance développe l'éducation par exemple en Zambie (843). En Égypte, l'islam tente de s'accommoder de «l'idéal socialiste» (825).

Très loin, en Australie (836, 855) et en Nouvelle-Zélande (839, 845), rien n'est de trop pour les colons de la bonne race. Les projets d'éducation sont ambitieux. L'Asie nous apparaît à peine, en dehors du Japon (827) qui sait préparer ses élites (848) éduquer son peuple (838, 853) et, après la défaite, apprendre la démocratie à l'école du vainqueur (844), de la Chine dont l'instruction à l'époque des Ming offre des parallélismes avec l'Italie de la Renaissance (841) et qui cherche enfin une voie pour entrer dans le concert des nations (819, 851). Elle est quand même présente encore avec l'Inde (829, 834) ce continent qu'avaient entamé les Portugais après l'islam.

L'autre vaste suite de continents qui était à prendre au XVIe siècle, le monde occidental des empires perdus et des peuples sans histoire que la presse fit appeler l'Amérique, présente avec toute sorte de situations, une sensibilité très diverse à l'historicité de l'enfance et de la jeunesse à travers l'étude historique de l'éducation. Ici l'acculturation n'a pas été entièrement réussie, peut-être parce que le génocide fut poussé moins loin qu'ailleurs et la colonisation changea davantage les conquérants.

La même difficulté ou un égal refus qu'en Europe, pour la langue espagnole, d'unifier les peuples, semblent dus aux emplois que le pouvoir imprima à sa bureaucratie, très particulariste et aux conditions propres de mobilité verticale. Dans le Nouveau Monde il en résulta la prolifération d'États plus anciens que beaucoup d'États européens. L'information à leur sujet passe mal. L'Histoire de l'éducation à l'époque coloniale concerne dans nos dossiers le Mexique et sa réforme de l'enseignement (816), les Indes Occidentales néerlandaises et le choix ouvert entre «éducation occidentale» ou «éducation nationale» (832), la Colombie britannique (859) et la Jamaïque (824). L'indépendance fait que l'on nous parle de l'enseignement dans la Grande Colombie 

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bolivarienne (828, 847). Avec elle arrive aussi l'heure du choix entre les modèles occidentaux, notamment pour le Mexique (830), de l'effort matériel à consentir (Guyana: 817) et du changement (Guyana: 840), du bilan (Jamaïque: 857). Celui-ci est particulièrement satisfaisant pour un pays dont l'éducation a été libérée depuis peu, le Nicaragua (818). Le Brésil, immense pays qui toujours demeure tourné vers l'avenir, dont l'unité a été cimentée par la langue portugaise et le passé étatique de la puissance colonisatrice, ne figure pas dans notre dossier malheureusement.

Les pays de l'Est européen

L'Allemagne démocratique ayant figurée dans l'ensemble des pays de langue allemande, il s'agit, à l'exclusion de la Russie et de réalités lointaines, hongroises ou autres, d'États récents, plus récents que ceux des anciennes colonies d'Amérique. Ils se trouvent tous tournés vers la modernisation vue comme occidentalisation. Notre information est relativement pauvre sur l'historiographie de l'éducation dans certains de ces pays, quoique des titres d'éditions occidentales s'y ajoutent. A ce propos, une bibliographie récente souffre des maux qu'elle peut porter en elle même: retard dans l'étude de problèmes rencontrés en Occident, primauté donnée à d'autres sujets, sensibilité différente à des questions qui ont marqué les sociétés dans l'après-guerre.

Les pays balkaniques

Leur formation date d'hier. Des pays balkaniques, nous connaissons pour ces dernières années, des titres provenant de la Bulgarie et de la Roumanie, plus un seul concernant la Turquie (870). Aucun titre yougoslave; abstenons-nous de parler de la recherche grecque entre autres raisons, parce qu'il serait outrecuidant de vouloir présenter celle-ci à Athènes.

Venant de la Bulgarie, l'Histoire de la pédagogie (865), celle de l'enseignement bulgare à Galatz (872), s'ajoutent à des études sur les relations entre l'éducation bulgare et la Russie (862), la France (863) et le pays slaves (869), et la Macédoine (866). Pour la Roumanie nous avons des travaux historiques sur les écoles roumaines en Transylvanie (869, 868), les fondateurs de l'école roumaine au XIXe siècle (864), l'Histoire de la pédagogie (867). Notons qu'il est délicat de faire le tri entre ce qui revient à la Roumanie, à la Serbie, à la Bohême, à la Hongrie, que ce soit du simple point de vue territorial ou de celui de la 

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nationalité des auteurs. Où placer la scolarisation des minorités serbes, au XVIIIe siècle, dans le Banat impérial? (871).

La Hongrie

Issu de l'ensemble impérial, doté d'un passé richissime, cet État hérita d'une bureaucratie que le service seigneurial avait bien préparé. L'information qui nous est parvenue sur l'Histoire de l'éducation est variée et relativement importante. Les collèges (873, 874), les réformes scolaires et la pédagogie (882, 883, 889) de l'absolutisme éclairé ont été étudiés en relation avec l'établissement de l'éducation nationale (876). Des titres concernent la scolarisation au XVIIIe siècle de minorités, l'un d'eux vient de loin, de Jérusalem, sur les Juifs, en Hongrie ainsi qu'en Slovaquie, en Transylvanie et en Ukraine (879). L'élaboration des statistiques de l'éducation, 1838 - 1900, mérita un article récent dans ce pays qui sait les apprécier depuis longtemps (880). La situation de l'instruction populaire catholique dans la Hongrie rurale durant la première moitié du XIXe siècle a été étudiée (888). L'Histoire de la pédagogie en 1849 - 1919 donna lieu à une édition de documents (885); des aspirations pédagogiques de la République des Conseils (875, 884) précèdent celles de la résistance au nazisme (881) et la réforme qui mena à la nationalisation des écoles en 1948 (877). Des penseurs et des pédagogues ont été le sujet d'autres travaux (878, 889).

La Pologne

L'époque moderne vit les Polonais chercher à institutionnaliser un État de manière originale et lutter contre leurs voisins sans pouvoir stabiliser leurs frontières. Cette lutte constante du peuple polonais pour la survie est patente dans les ouvrages d'Histoire de l'éducation. Le livre et l'école du XIe siècle (894), la pensée scientifique moderne dans les écoles et dans les collections de livres du siècle des lumières (917), sont des sujets d'un intérêt rare. Ajoutons-y l'étude du système des écoles paroissiales dès la fin du Moyen Âge (905, 906, 923), celle de l'enseignement des jésuites (907). Distinguons les travaux sur l'enseignement de l'Histoire du XVIIe siècle aux lumières (908, 912, 916), sur les changements qui ont affecté l'enseignement au XVIIe (906). Celui que les étrangers imposent et la résistance nationale qu'il suscite (897, 898, 900, 909, 921, 922, 925), met en avant la ville de Gdansk comme un des théâtres de ce combat jusqu'à la deuxième guerre mondiale (912, 913, 915, 938, 919). Heureusement, la Commission de l'Éducation Nationale

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et son action au XVIIIe siècle ont été célébrées récemment ce qui les fait enrichir encore notre dossier (890, 892, 895, 899, 911). Des pédagogues sont rappelés: Jan Sniadecki (891), Janusz Korczak (896, 926), Friedrich Adolf Dieterweg (902), ainsi que Ignacy Potocki pour sa correspondance relative à l'éducation (1774-1809: 913). Un pays seigneurial s'y connaît en bureaucratie.

D'autres travaux ont un caractère plus général, sur l'infrastructure de l'instruction publique de la Seconde République (904), l'enseignement primaire dans le nord du pays (en 1945-1970: 920), la politique de l'instruction publique (903). Enfin, une Histoire de l'enseignement public polonais va de 1795 à 1945 (924).

La Tchécoslovaquie

Nous avons pu réunir pour ces dernières années un petit fichier sur l'éducation dans les pays tchécoslovaques qui n'est pas sans intérêt. Un article concerne l'éducation, la religion et la politique en Bohême de 1526 à 1621 (936, 711), des études précisent les réalités de l'éducation primaire (927), des écoles techniques (928, 929), des écoles urbaines en Bohême (938), de l'instruction en Slovaquie au XVIIe siècle (939), de l'éducation populaire au XIXe siècle (940). Le développement de «l'éducation pour tous en Bohême» nous est présenté (933), une Histoire s'occupe de la pédagogie tchèque et slovaque (934). Un inventaire des enseignants et des écoles de Bohême jusqu'en 1900 (937), un ouvrage sur la mise en place du système tchèque et slovaque d'enseignement dans les années 1918-1919 (930), complètent nos connaissances actuelles sur l'Histoire de l'éducation en Tchécoslovaquie avant la deuxième guerre mondiale. Deux ouvrages étudient l'enseignement en Slovaquie sous le régime cléricale-fasciste (932, 935). Par ailleurs, l'œuvre de Jan Amos Comenius, ce Morave pan-européen qui finit sa vie à Amsterdam après avoir, entre autres, réformé les écoles de Transylvanie, est en cours d'édition à Prague (931 ).

De la Russie à l'U.R.S.S.

Notre moisson est limitée par la nature même de nos sources d'information. Elle comprend un article sur l'enseignement technique au temps de Pierre le Grand (949) et des travaux sur les idéaux pédagogiques au XVIIIe siècle (943), et l'éducation sous l'Empire (948), le rôle des jésuites (944) et l'influence de l'école de Lancaster (952), ainsi que sur les réformes du temps de Dmitry Tolstoï (951). Une étude finlandaise

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concerne l'éducation dans l'Alaska sous la domination russe (940). Tous ces travaux sont d'origine étrangère.

L'impact de la Révolution sur la pédagogie (941) et l'action de l'Armée Rouge pour l'alphabétisation et la formation de cadres ruraux échappent assez à notre sujet mais méritent d'êtres notés (947). Nous y revenons avec un titre sur la création de l'appareil de l'éducation nationale au sein des soviets locaux (945). De toute manière, il n'est pas sans intérêt de voir l'éducation s'adresser à tous et non seulement à certaines classes d'âge. Enfin, un ouvrage en collaboration traite de l'instruction publique en U.R.S.S. de 1917 à 1967 (950).

L'INSERTION DES ENFANTS ET DES JEUNES DANS LA CITÉ

Quoique difficilement acquise, l'insertion des enfants et des jeunes dans la cité est sans doute l'aspect positif de leur historicité. Elle s'opère selon différentes perspectives. D'une part il y a certes, la préservation des patrimoines et la transmission du pouvoir qu'organisé l'éducation (970). D'autre part, le souci que représentent les pauvres, ce National Sin que dénonce en 1717 Laurence Braddon34, se trouve conforté par les mêmes moyens. Il reste à faire en sorte que les enfants et les jeunes deviennent les atouts d'un État enfin sûr de lui-même et, contradictoirement à première vue, les complices d'une société de consommation parfaitement dominée par des intérêts placés au-dessus des nations. De même qu'aux femmes, aux enfants et aux jeunes a été reprochée jusqu'au XIXe siècle, la dissipation, jugée fauteur d'une inquiétude incontrôlable. Ensemble, et après les travailleurs, ils se trouvent promus au XXe, agents économiques, c'est-à-dire épargnants et consommateurs qui relancent perpétuellement les profits et les spéculations.

Les voici flattés tant que leurs prétentions politiques ne font mettre un frein au "développement économique". Ainsi, le résultat de leurs "caprices", de leurs revendications et de leurs luttes est intégralement récupéré par le système marchant. Définitivement, du moins en apparence, il ne s'agit désormais que d'incartades, plutôt que de menaces sérieuses. En conséquence, une phase de concessions s'ouvre. Le vote offert aux adolescents fait assumer les responsabilités permises par davantage d'adultes, une large part de la population dont est attendue une réaction complaisante, de néophyte; plus insidieusement, l'ouverture

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34. The Miseries of the Poor are a National Sin, 1717.

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de comptes bancaires aux jeunes forme des épargnants, prépare l'endettement naturel, la consommation forcée. Plus que des "enfants sages" que préparait l'éducation, les jeunes et les enfants deviennent des adultes fragiles. Ceux-ci et la société ne gagnent toujours rien au concours apparent des enfants et des jeunes tels qu'ils sont en réalité, moment de la vie individuelle plein de virtualités, d'humour sans les nuances de la mélancolie, ou sachant les tempérer de merveilleux tangible.

Leur historicité porte tout ceci quoique la production historique la mesure. En effet, du côté des enfants et des jeunes des petits et des mineurs dont l'acceptation est ainsi favorisée en la faussant, nous avons à voir leur statut, la place qui leur est faite, de l'identité à l'utilité, au travail et à la guerre, de l'abandon pur et simple aux aléas et aux règles de légitimation, à la répression de la délinquance et à la découverte du corps, de la création ludique à la révolution ou à la subversion. C'est la démarche que propose notre fichier, certainement très incomplet mais suggestif.

L'identité, coordonnée de notre temps

L'identité telle que nous la concevons, la vivons ou la subissons, l'imposons aussi, est récente. S'il est impossible de dénombrer les enfants et les jeunes qui, comme les femmes, traînaient sur les routes et les chemins, en bonne partie pour trouver du travail, à peine s'identifiaient-ils parfois, adultes, quand l'occasion leur était offerte de, par écrit comme il se doit, rappeler leur père s'ils l'avaient connu ou peut-être plus souvent, en l'imaginant librement comme s'amuse à faire Gil Blas de Santillana, le héros de Lesage.

Pour nous, l'identité est un nom et un prénom dont le choix n'est pas aléatoire (953, 960, 961, 964, 967). Oui, mais les noms de famille sont de création récente dans beaucoup de pays et l'usage d'un nom patronymique (955), lui, ne s'est guère généralisé qu'au XXe siècle, quoique dès la fin du Moyen Âge le surnom soit courant dans certaines régions (953). Le prénom même, le curé seul le connaît parfois; la vie vaut aux uns et aux autres un sobriquet qui peut devenir nom. Il est d'ailleurs assez piquant de noter la réaction des ennemis de la Commune quand le Comité de Salut public enjoint que tout individu doit se munir d'une carte d'identité qu'il devra montrer dans les rues et autres lieux à toute réquisition des gardes nationaux. "Voilà un arrêté bête, stupide et vraiment intolérable. Ainsi nous voilà sur cartes, comme les filles perdues"35.

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35. Dans V. Desplats, Lettres d'un homme à la femme qu'il aime pendant le siège de Paris et la Commune, éd. P. Lary, Paris 1980, p. 210.

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Il est vrai que dans son choix, le nom de baptême est une forme étroite d'identification qui suffit éventuellement à indiquer des situations extrêmes. Les enfants trouvés peuvent être ainsi reconnus parfois d'après la fantaisie des curés, comme des créatures marginales (958, 1025). D'ailleurs, là où le surnom est courant dès le XVe siècle, ils n'en ont effectivement pas (953).

A l'autre bout de l'échelle sociale, les petits des familles nobles ou des ménages bourgeois héritent du ou des noms du père, de la mère, d'autres encore éventuellement. C'est ça, rien que ça la famille occidentale avant la généralisation du salariat, la lignée avec le patrimoine ou celui-ci engrangé par une génération calculatrice parce que mise devant des situations favorables à des aspirations servies par de sages placements que facilitent d'heureuses promotions, ou par des investissements rentables que les princes ou la guerre stimulent si ce ne sont pas, plus rarement, les travailleurs précisément à les proposer avec le salariat. Quant aux liens de sang, négligés pour les pauvres, ils peuvent être supputés pour les autres, pas plus.

Entre les deux, l'État détermine graduellement les règles d'identification (et d'héritage) à partir de l'usage d'un nom patronymique, usage suivi inégalement dans la pratique. Ceci explique que l'identification ne soit pas servie dans la perfection (959); cadre fini du développement de l'individu (968), instrument nécessaire à l'institution familiale déjà bureaucratique (966, 971), elle aussi laisse transparaître la préférence perçue par ailleurs du mâle (954). Tout compte fait, c'est à partir de l'individu ainsi identifié que nous connaissons le mieux les populations et leurs structures (962).

Par ailleurs, l'identité échappe aussi aux règles ou annonce des nouvelles, dans l'intérêt porté à la professionnalisation de la parenté (963). Certes, il s'agit sans équivoque sous beaucoup de perspectives de l'utilisation de l'enfant comme une marchandise par l'adulte, mais du point de vue de celui-ci et de l'État, est concernée l'identité coordonnée parfaitement abusive. Qu'en sera-t-il en effet, après l'agonie du matrimoine légal ce témoignage final de la non-existence de la famille occidentale ?

L'utilisation des enfants

Nous avons dit que les enfants sont utiles «d'un point de vue méthodologique», ils le sont par exemple pour mesurer la létalité des épidémies (979). A propos de leur propre Histoire nous y reviendrons encore pour les voir au travail et à la guerre. Mais la société découvre graduellement

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qu'en plus de leur utilisation immédiate: travail bon marché et sans exigences d'avenir, soldats obéissants, les petits en tant que matériau de «la famille», sont les garants de son propre futur. Les éducateurs, l'Église et l'État qui se sont disputé le monopole de l'éducation, l'ont sans doute considéré ainsi.

Dans le détail l'enfant fait survivre les lignées et du même coup, préserver les patrimoines clé du pouvoir. Les filles par leurs dots y participent comme elles contribuent à la circulation des biens (974, 975). Les règles d'héritage et les stratégies de mobilité sous l'Ancien régime sont étudiées par les historiens (973, 976, 981). De même le statut juridique des enfants mineurs dans l'Histoire du droit privé. Par exemple dans notre fichier, la cessation de la minorité aux Pays-Bas à partir du XIIIe siècle (972) et le droit d'aînesse au XVIIIe, ne manquent pas (984).

C'est que le pouvoir, on ne l'aura jamais assez dit, dépend de ces règles et de ces écrits. La famille, c'est-à-dire la noblesse, y a veillé dès le Moyen Âge, notamment au Portugal nouvellement conquis et partagé du XIe au XIIIe siècle (983). Ailleurs, la coutume d'héritage participe à la pérennisation du pouvoir qui s'affirme dans les structures familiales (982). Un des aspects de l'intérêt porté aux enfants de ce point de vue est le souci de protection des orphelins qui n'ont cependant pas eu droit à des ouvrages nécessairement attentifs aux structures créées dans ce but et au sort qui leur est réservé, tous ces ouvrages qui leur sont dus. Rien que du point de vue de leur utilisation, enfants et jeunes ont dû être protégés. Mais à ne voir que cela nous négligeons la protection qui leur est indispensable, distincte encore de celle qui est un droit propre des êtres en société, des femmes mais des hommes également. En revanche nous savons comment la famille peut trouver dans sa propre filiation la légitimation politique de son statut, notamment en Inde (985). Voilà une perspective à suivre.

Le travail des enfants

Par la force des choses, le travail des enfants est présent dans beaucoup de livres et d'articles dont il n'est pas le sujet. Les études sur le budget ouvrier, le logement, le ménage, des travailleurs et les petits entrepreneurs, la misère, sur le marché du travail, les relations entre industrialisation et démographie, contiennent presque nécessairement des informations sur l'enfance et la jeunesse et cela va de soi, sur leur emploi (986, 987, 989, 991, 993, 995, 1008, 1010), leur chômage éventuel (988, 990, 992). Réalité importante, le travail des enfants comme celui

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des femmes, n'a pas été étudié particulièrement, quoique dès le XVIIe siècle au moins, leur éducation ait été proposée dans le sens précis de leur emploi, notamment par John Béliers36.

Des historiens ce sont cependant occupés du travail des enfants et des jeunes, en Grande-Bretagne37 entre les deux guerres (988, 990) et aux États-Unis (991), en Allemagne (997, 1005) et en France (998), en Finlande (1009), en Suède (1003), aux Pays-Bas (1006, 1007), et en Autriche après les réformes de Marie-Thérèse (994).

Les enfants en armes

Plus rarement encore les historiens se sont souciés de l'âge des combattants des guerres européennes ou de celui des conquérants de l'outre-mer colonial. Les jeunes et leur service militaire prodiguent des documentations sur l'anthropologie masculine (1013, 1014). Autrement, on ne trouve leur trace que parmi les victimes des guerres qui tuent surtout des enfants et des jeunes (1012, 1015). Et cependant, les autobiographies de soldats portugais et espagnols, au XVIe siècle nous les montrent s'engager à 12 ou 13 ans. Des garçons anglais qui servaient de page, accompagnaient leur seigneur au combat "à un âge incroyablement bas". L'apologie des "guerres étrangères" qui occupent les mauvais sujets semblerait d'après l'historiographie récente, détail insignifiant.

Abandon et marginalisation des enfants

Tout autrement, le nombre des études qui s'occupent des enfants abandonnés augmente continuellement, en Italie (1018, 1019, 1024, 1025, 1026, 1029, 1031, 1035, 1039, 1040, 1044, 1047, 1049, 1051), en France (1016, 1017, 1023, 1032, 1037, 1038, 1043, 1048, 1050), en Espagne (1027, 1052), en Belgique (1041), en Irlande (1045). Fait catholique? Il s'agit surtout des filles (1031). Ce chapitre important du génocide permanent auquel a été soumise la population européenne gagne son historicité grâce à ce que proposent les sources plus qu'à la réflexion historique.

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36. Proposals for raising a Colledge of Industry of all Usefull Trades and Husbandry wiih Profit for the Rich, a Plentiful Living for the Poor and a Good Education for Youth, which will be Advantage to the Government by the Increase of the People and their Riches. Motto: Industry brings Plenty-the Sluggard shall be cloathed wiih raggs. He that will not Work shall not Eat, 1659.

37. Cf. encore G. J. Dunlop, R. D. Denman, English Apprenticeship and Child Labour, 1912.

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La somme des situations qui marginalisent les humains pèsent sur les enfants, les femmes et les amants, puis s'alourdissent sur les jeunes en général. Quoique suscitée et tempérée par les angoisses des nantis face au dénuement, l'assistance prépare encore l'utilisation des enfants (1021, 1022, 1023).

Bâtards et légitimation

Les bâtards ont eu droit à une histoire comparative (1059) et ceux que les souverains font au Moyen Âge, à un livre (1053). Par ailleurs, ils sont en général utiles pour le diagnostic de ce que l'on appelle «les amours illicites» (173,175). En vérité jusqu'au XlVe siècle et à ce que le mariage religieux gagne du terrain, l'enfant né d'une autre femme que l'épouse n'est pas partout le bâtard définitivement condamné au XIXe siècle (1055). Au Portugal par exemple, il hérite de son père y compris des titres. Le vocable même n'est pas auparavant employé à propos du fils de l'homme. La condition juridique des enfants «illégitimes» n'est pas la même dans tous les pays. Les rois portugais procèdent à des légitimations nombreuses, à la fin du XlVe siècle et au XVe (1061, 1062, 1063). C'est qu'apparemment, ils entendaient refuser par la suite un traitement égalitaire à tous les enfants, ce à quoi la coutume résisterait. En France, le XVIe siècle voit l'essor des bâtards nobles (1054). Leur importance, réelle en Allemagne du sud d'après notre fichier limité (1060), n'est pas négligeable en Angleterre (1055, 1056).

Délinquance infantile et juvénile

Tout ne va pas de façon linéaire et il faut croire que les enfants abandonnés ne mouraient pas systématiquement ni l'assistance ne faisait pas toujours des survivants des enfants sages. La misère aide à la délinquance. Sujet fréquemment traité ces dernières années, la délinquance juvénile est relativement importante parmi les pick-pockets à Paris (1071), en général en France entre 1825 et 1968 (1070), dans les villes américaines au XIXe siècle (1068, 1072), au Danemark (1066). La «correction paternelle» demeure une constante de la vie familiale française durant presque tout le XIXe siècle (1073). Les idées courantes considèrent que l'enfant n'est pas bon38. Dans l'Angleterre victorienne

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38. Cf. aussi E. G. O'Donoghue, Bridewell Hospital, Palace, Prison, Schools, from the Earliest Times to the End of the Reign of Elizabeth, 1923, et G. Tomel, H. Rollet, Les enfants en prison. Études anecdotiques sur l'enfant criminel, 1982.

Σελ. 38
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    7. da Silva, L'historicite ...

    En conséquence, trois perspectives font autant d'ouvertures pour l'historicité de l'enfance et de la jeunesse dans l'éducation : (1) l'Europe plus les États-Unis et le Canada, (2) Poutre-mer y compris les États à prédominance "blanche" qui ne sont pas anglo-saxons, (3) les pays de l'Est européen dans leur recherche d'une autre modernisation à la fin toujours confondue avec l'occidentalisation.

    Une bibliographie assez importante appuie ces propositions. Parce qu'elle est vaste, nous négligeons l'enseignement universitaire, les universités et ses grandes figures que nous retrouvons toutefois à propos de leur action, lorsque celle-ci se déclare politique et concerne l'insertion des jeunes dans la cité. Les réalités historiques elles mêmes et les distinctions qui viennent d'êtres faites nous amènent à présenter des dossiers nationaux. Ce que cela peut avoir de fastidieux se justifie par l'inégalité de la place accordée à l'éducation et à son étude dans chaque pays selon son degré de modernisation.

    L'État plutôt que l'Église

    En Occident, l'éducation se développe dans la sécularisation des esprits. En conséquence, le modèle occidental prédomine dans notre dossier par la quantité et la variété aussi des titres et des questions débattues. L'affirmation du pouvoir de l'État, le renforcement de son acceptation par les populations et le raffinement de sa machine répressive ont varié évidemment selon les pays et leur histoire. Plus brutales ou davantage pliées au cadre dans lequel s'accommode chacun d'eux, les conditions faites à l'enseignement sont un élément de diagnostic essentiel sur la situation sociale et la place faite aux êtres, aux enfants, aux jeunes, mais aussi aux femmes et aux hommes. La polémique entre R. D. Andersen (418) et E.G. West (506) semble gagner à être comprise dans ce sens, sans "idéaliser" mais aussi sans diminuer la pression des faits économiques. Plutôt qu'une quelconque égalité des chances, l'effet inéluctable d'imitation s'impose, accompagné par ailleurs de l'irrésistible insertion des masses, femmes, jeunes, enfant compris.

    Le Royaume-Uni

    Commençons par le monde anglo-saxon puisqu'il a imposé sa domination économique, financière, technologique, suscita l'imitation et consacra l'efficacité; du coup, il écrasa les velléités de modèle national et les efforts d'expression propre (y compris la mobilisation de l'épargne

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