Συγγραφέας:Moullas, P.
 
Τίτλος:Les concours poétiques de l’ Université d’ Athènes 1851-1877
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:22
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:488
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Τοπική κάλυψη:Ελλάδα
 
Χρονική κάλυψη:1851-1877
 
Περίληψη:Στο βιβλίο αυτό παρουσιάζεται και μελετάται αναλυτικά και σε βάθος ένας σημαντικός για τα ελληνικά γράμματα του 19ου αιώνα θεσμός, οι ποιητικοί διαγωνισμοί που διοργανώνονταν στο Πανεπιστήμιο Αθηνών, και πιο συγκεκριμένα ο Ράλλειος Διαγωνισμός (1851-1860) και ο μακροβιότερος Βουτσιναίος διαγωνισμός (1861-1877).
 
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mais chaque vers brille comme une pure perle, placée à l'endroit convenable d'un riche collier». Vu que ses qualités sont grandes et ses défauts secondaires, le poème en question est considéré par le jury comme digne de la couronne1.

Les jeux étaient faits. Un étudiant en médecine, Grégoire Stavridis, 30 ans, originaire d'Ohrid, devançait soudain des «favoris» tel que Orphanidis et Vernardakis pour recevoir le prix de 1.000 drachmes2. Nous savons aujourd'hui que ce que Rangabé qualifiait de «miniature classique» n'était, en réalité, qu'un poème quelconque de l'époque, écrit dans une langue archaïsante, froide et pleine de lieux communs, d'hiatus et de réminiscences homériques:

Ταύτα μεν ούτοι έπραττον· έκλαιε δε αθλία

κόρη εις θάλαμον κλειστή

τον φίλον της Κοσμάν. Τίς ην; Ην αύτη η Μαρία,

η καλλιβλέφαρος μνηστή3

Nous savons aussi, grâce aux recherches de Dorothea Kadach, que ce jeune «macédonien» ou «bulgare», né en 1830 et venu à Athènes pour faire des études en 1850, s'était déjà montré, même avant son apparition aux concours, un versificateur farouchement philhellène: lorsque, en 1858, dans une lettre anonyme, on avait voulu attribuer sa haine contre les Russes au fait qu'il n'était pas Grec, «mais barbare, Albanais et de religion inconnue», Stavridis s'en était pris à son détracteur en termes injurieux:

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1. Jugement de 1860, pp. 53-54.

2. Dans une lettre aux juges, Stavridis leur permettait de dépenser la moitié du prix à leur guise. Selon un communiqué du Rectorat daté du 27 mars, le recteur, après avoir vérifié que l'auteur de Αρματωλός était bien Stavridis, offrit à celui-ci la couronne et les 500 drachmes, l'autre moitié du prix étant réservée, «conformément à la volonté du poète», à l'étudiant D. Zomboulidis: Η Ελπίς, 2 avril 1860.

3. De longs extraits du poème sont reproduits dans le Jugement de 1860, p. 54, ainsi que dans les journaux athéniens de l'époque; voir par exemple, Η Ελπίς, 2,12 et 26 avril 1860. La publication en brochure: Ο Αρματωλός. Ποίημα Γρηγορίου Σταυρίδου του εξ Αχρίδος, στεφανωθέν κατά τον ποιητικόν διαγωνισμόν του 1860, Athènes 1860, contient une dédicace à Evanghélos Zappas, mais elle ne commente aucunement le concours. En 1880, P. Matarangas reproduit un long extrait du poème: Mat. Parn., pp. 1008-1013. Une adaptation française (par Guillevic et Lucie Albertini) a paru récemment: La poésie macédonienne. Anthologie des origines à nos jours, Paris 1972, pp. 70-73.

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Έρρε εις κόρακας λοιπόν και κρυπτού εις την λάσπην

ω ποιητα φιλάληθες αχρείε ψευδολόγε

προδότα αργυρώνητε πατρίδος έφιάλτα

χαμαίζηλε παράσιτε, ψυχή γαγγραινωμένη

σαγματοφόρ' ήμίονε του σταύλου της Ρωσίας1

Haine contre la Russie, attachement à la Grèce: jusqu'en 1862, année où, comme nous le verrons, il se présenta aux concours pour la deuxième et dernière fois, Stavridis semble destiné à faire une carrière littéraire à Athènes. D. Miladinov, son maître d'Ohrid, n'avait peut-être pas tort d'être indigné contre lui et de l'appeler, en 1859, "grecomane"2. Ce n'est qu'après 1862 que tout change dans la vie de ce poète errant. Rentré dans sa patrie, Grégoire Stavridis devient Grigor Prličev, il n'écrit qu'en bulgare, traduit son poème couronné au concours de 1860, tente de traduire en vers bulgares l'Iliade, compose une autobiographie. Mais le changement le plus spectaculaire concerne ses sentiments vis-à-vis de la Grèce: "ingrat envers la patrie de Périclès, il partagea la haine de ses compatriotes contre les Grecs et prit part à la croisade contre l'hellénisme, lui qui, à Athènes, ne trouvait pas de mots pour témoigner son respect sincère à l'égard de la Grèce mère"3. Il a vécu jusqu'en 1893 comme un poète maudit. "Nature inquiète, nerveuse, désordonnée... Il mène une vie vagabonde, déchirée et malheureuse, changeant sans cesse de domicile, occupant ici et là des postes divers"4.

Sa victoire au concours de 1860 n'était pas due au hasard, encore moins à un caprice momentané de Rangabé. Certes, Ο Αρματωλός avait toutes les caractéristiques d'un poème répondant à l'idéal du rapporteur phanariote et, de ce fait, il méritait d'être présenté comme

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1. Journal Αυγή, 10 janvier 1859; cf. Dorothea Kadach, "Zwei griechische Gedichte von Grigor S. Prličev (Γρηγόριος Σταυρίδης, Ελληνικά 24 (1971) 107-115.

2. Ibid., p. 114.

3. Mat. Parn., p. 1008. C'est l'auteur qui souligne. Un autre poète des concours, Ch. Papoulias (Δάκρυα, Athènes 1873, Introduction) fait une allusion au revirement de Stavridis-Prličev en présentant la Macédoine déçue:

Ω μη τα ρωτάτε... ήτο γιος της, πλην κακό προγόνι

Nous rappelons que Nicolas Piccolos (1792-1865), né à Ternova en Bulgarie, ne fut pas moins accusé d'"avoir oublié, avec ingratitude, notre patrie dans son testament" (M. Vrétos, Εθνικόν Ημερολόγιον 1866, p. 371) et d'"avoir présenté, vers la fin de sa vie, des signes de misanthropie et de mishellénisme" (Mat. Parn., p. 93).

4. La poésie macédonienne, op. cit., ρ 69.

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exemple, à un moment, surtout, où le principal ennemi à combattre était le byronisme. D'autre part, les rapports personnels entre Rangabé et Stavridis — «car tout est chez nous, malheureusement, question de rapports personnels», écrivait Orphanidis1 — pourraient justifier l'hypothèse d'un favoritisme prenant les dimensions, selon l'expression de Palamas, d'un «coup d'État»2. Mais l'aspect politique de ce couronnement nous paraît le plus essentiel. Rallis, comme nous savons, admettait à son concours «tous les Grecs et tous les hellénistes étrangers» (clause 7). Le moment historique se prêtait aux grandes ambitions: on caressait avec plaisir l'idée que l'Université d'Athènes devînt un centre de rayonnement international et que la langue grecque, en dehors de son rôle dans l'unité nationale, obtînt une audience plus large. Or, la participation d'un «bulgare philhellène» aux concours était, par principe, digne d'encouragement. Elle devenait un signe de succès tangible et donnait à l'institution de Rallis plus de prestige. Ainsi, en offrant la couronne à Stavridis, Rangabé agissait autant en ex-ministre des affaires étrangères qu'en critique littéraire universitaire. Cette couronne certes semblait offerte à l'hellénisme irrédimé, et le rapporteur de 1860 rappelait pertinemment qu'«ailleurs, loin de nous, vivent des compatriotes dont les cœurs, les mœurs et l'héroïsme sont grecs»3. Mais il n'ignorait sûrement pas que Stavridis était «macédonien», ce qui donnait, peut-être, au couronnement de 1860 sa plus profonde signification: encourager un certain philhellénisme «macédonien» qui s'opposait à la politique russe.

Quoi qu'il en soit, Orphanidis et Vernardakis, les deux vaincus du concours, étaient mal placés pour comprendre les arrière-pensées de Rangabé et, à plus forte raison, pour les lui pardonner. Couronnés déjà dans le passé, ils n'étaient pas des débutants qui pouvaient se contenter de quelques remarques encourageantes du rapporteur. Tous deux visaient le prix4. Dans ces conditions, leur déception fut énorme

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1. Th. Orphanidis, Άγιος Μηνάς, op. cit., p. 160.

2. Pal. A., t. VIII, p. 485. Le deuxième «coup d'État» de Rangabé fut, selon l'auteur, le couronnement de Vizyinos au concours de 1874. Nous signalons ici que Palamas, d'habitude très attentif aux noms et aux dates, donne à Stavridis le prénom de Georges —suivant Mat. Parn., p. 1008— et situe sa victoire en 1862. Il est à noter que le nom de Stavridis se trouve accompagné, entre parenthèses, d'un autre: Maralitsas ou Mamalitsis: Η Ελπίς, 1er avril 1860.

3. Jugement de 1860, p. 54.

4. Orphanidis (Άγιος Μηνάς, pp. 159-160) explique que, malgré ses promesses de ne plus participer aux concours, il n'a pu résister au désir d'être encore une fois

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et elle ne tarda pas à se transformer en colère. Le concours de Rallis allait s'achever dans une atmosphère troublée par les polémiques les plus hargneuses et les diatribes les plus violentes.

Le premier à avoir réagi au verdict de 1860 fut Orphanidis. Nous connaissons ses faits et gestes en détail; en publiant Άγιος Μηνάς, il prit soin de raconter tous ses démêlés avec Rangabé et Stavridis, afin de montrer aux futures générations "la taille réelle de nos nains"1. En plus, nous nous trouvons devant un précieux dossier de procédure - "Δικογραφία" est le titre employé par l'auteur - où toutes les preuves et toutes les pièces à conviction (articles dans les journaux, lettres, confidences, etc.) sont réunies pour donner matière, sinon à un procès historique, tout au moins à une image caractéristique des mœurs littéraires de l'époque. Voici une reconstitution chronologique des faits de 1860, d'après les renseignements d'Orphanidis:

15 mars : La revue Πανδώρα (fasc. 240, pp. 579-582) publie le début d'un compte rendu élogieux de A*** [=Th. Orphanidis] sur Διάφορα Διηγήματα και Ποιήματα (t. III, Athènes 1859) de A. R. Rangabé. La suite de ce compte rendu ne paraîtra jamais.

25 mars : Cérémonie du concours. Victoire de Stavridis.

27 mars : Rangabé rend visite à Orphanidis, se justifie de son rapport au concours et, pendant cet entretien, il traite Stavridis d'"idiot".

29 mars : Orphanidis invite chez lui la plupart des jeunes poètes athéniens et donne lecture de Άγιος Μηνάς. Il en fait de même devant "trois de nos lettrés les plus distingués", dont un lui offre les 1.000 drachmes du prix.

15 avril : La revue Πανδώρα (fasc. 242, pp. 25-34) commence la publication du rapport de Rangabé.

18 avril : Stavridis apporte son poème à Orphanidis. Celui-ci étant

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couronné, offrant toutefois, en cas de victoire, le prix de 1.000 drachmes à une fille pauvre de combattant. Vernardakis (Κυψελίδαι,, p. ία'), lui, fait montre d'une franchise cynique: "J'avoue que, lorsque j'envoyais ce poème au concours, j'avais des motifs peu poétiques ou dignes des Muses. J'espérais obtenir le prix pour faire face à mes besoins financiers".

1. Th. Orphanidis. op. cit., p. 155. -Sur ces querelles retentissantes, voir: Dorothea Kadach, "Grigor S. Prličevs Teilnahme am Athener Dichterwettbewerb 1860 und 1862", Zeitschrift für Balkanologie 6 (1968) 45-62, et "Die Polemik Orphanidis - Prličev anlässlich des Athener Dichterwettbewerbs", Ibid., VIII/1-2, pp. 84-100.

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absent, le lauréat de 1860 lui laisse une lettre pleine de respect et d'admiration.

22 avril : Orphanidis publie une «Annonce» de Άγιος Μηνάς dans laquelle il accuse le «Zoïle» Rangabé de perfidie.

30 avril : Le journal Ομόνοια, dans son premier numéro, commente anonymement l'«Annonce» du 22 avril. L'auteur de ce commentaire, Rangabé lui-même, rappelle qu'Orphanidis, ayant fait son éloge dans Πανδώρα du 15 mars, n'a changé d'avis sur lui qu'à cause de sa défaite au concours; d'où l'interruption de son compte rendu.

10 mai : Orphanidis répond à Rangabé dans le journal Αυγή. Il prétend que le compte rendu de Πανδώρα lui fut mendié (εψωμοζητήθη) par Rangabé et N. Dragoumis plusieurs mois avant le concours. Il critique l'action politique et l'œuvre littéraire (notamment la traduction du Tasse) de son adversaire.

19 mai : Stavridis attaque violemment Orphanidis et prend la défense de Rangabé dans le journal Φως.

27 mai : Nouvelle diatribe d'Orphanidis contre Rangabé dans le journal Αυγή. Stavridis est accusé d'être un agent de la propagande bulgare à Athènes: il avait signé une copie de son poème «G. Stavridis, bulgare philhellène».

28 mai : Commentaire du journal Ομόνοια contre Orphanidis.

1er juin : Stavridis s'en prend de nouveau à Orphanidis dans le journal Φως. Il avoue sa nationalité bulgare, mais nie être un agent de propagande.

4 juin : Orphanidis publie dans le journal Αυγή la lettre que lui avait adressée, le 18 avril, Stavridis, «rédacteur en chef» et «avocat» de Rangabé.

10 juin : Le journal bruxellois «Le Nord» commente le duel Orphanidis - Rangabé. «Dieu sait quand le duel finira! Plus il durera d'ailleurs et plus la galerie sera satisfaite. Depuis qu'il y a une Grèce au monde et tant qu'il y aura une Grèce, les citoyens de l'Attique y raffoleront et y raffoleront de ces passes d'armes».

18 juin : Le journal Φιλελεύθερος, dans un compte rendu sur Αρματωλός, qualifie le poème de Stavridis d'«œuvre insipide».

20 juin : En préparant la publication de Άγιος Μηνάς, Orphanidis rédige une lettre à Rallis, dans laquelle il propose au fondateur: a) que le concours ait lieu tous les deux ans, b) que

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les poèmes envoyés n'aient pas moins de 1.000 vers, c) que le jury, élu par le Conseil Universitaire, soit composé du recteur, du professeur de philosophie, de deux professeurs de lettres et de trois lettrés extra-universitaires, d) que le prix de 2.000 drachmes soit partagé entre les juges (1.000 drachmes) et le poète couronné (1.000 drachmes), e) que le jugement des poèmes soit confié, après sa création, à l'Académie, qui décernera un prix de 2.000 drachmes, f) que tout concurrent contestant le verdict du jury soit exclu du concours définitivement1.

21 juin : Le journal Η Ελπίς publie une lettre datée du 9 juin et signée A. R. Rangabé. Celui-ci prétend ignorer tout: il n'a jamais lu les articles d'Orphanidis, il n'a jamais répondu, il n'a jamais poussé quelqu'un à répondre. Un long commentaire anonyme du même journal s'en prend à Orphanidis, ce professeur qui se conduit indécemment et qui, au lieu de se réjouir de la victoire de son élève Stavridis, insulte celui-ci et Rangabé, sans se rendre compte "combien [de tels actes] portent atteinte à l'Université, lorsque les étrangers observent le dévergondage et les brutalités de ceux à qui le gouvernement a confié l'éducation de la jeunesse". Quant aux Bulgares, dont la contribution à la Révolution Grecque fut importante, ils ont toujours été considérés par les Grecs comme des "frères chers"2.

2 juillet : Le journal Πρωινός Κήρυξ répond au commentaire de Ελπίς en l'attribuant, lui aussi, à Rangabé. Défense d'Orphanidis. Le rapporteur de 1860 est accusé de favoriser l'"unité bulgare" et de sous-estimer "l'attitude actuelle d'une propagande connue depuis longtemps et dont les objectifs et les activités préoccupent non seulement la presse grecque, mais aussi celle de la Turquie".

Ainsi, une querelle personnelle prenait, à la longue, l'aspect d'une affaire politique. Pendant plus de trois mois, Orphanidis avait déployé toute son énergie pour discréditer le principal artisan du verdict de 1860, Rangabé. Sa rage ne s'était pas calmée. La publication de

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1. Th. Orphanidis, op. cit., pp. 147-154.

2. Η Ελπίς, 21 juin 1860. Orphanidis (op. cit., p. 238), tout en attribuant ce commentaire à Rangabé n'en cite que deux phrases pour y répondre.

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Άγιος Μηνάς en volume lui offrait encore l'occasion d'une attaque. Le texte du poème allait être accompagné de dizaines de pages dénigrant, une fois de plus, le rapporteur et le lauréat du concours. Toute une partie du livre était consacrée à l'œuvre couronnée de Stavridis: Orphanidis en indiquait les fautes, la réfutait vers par vers, la ridiculisait en la comparant aux poésies insignifiantes d'Exarchopoulos1. Il faisait de même avec le rapport du jury, auquel il répondait paragraphe par paragraphe2. Quant à Rangabé, il était accusé, en outre, d'avoir offert le prix au «bulgare philhellène» pour les raisons suivantes:

a) pour humilier Orphanidis, qui s'était opposé à lui au Congrès des juges de la première Exposition Grecque, et dont la gloire, récemment chantée par E. Yemeniz, avait suscité sa jalousie3; b) pour ex primer son aversion contre les victimes de Chio et contre son ennemi Canaris, dont Άγιος Μηνάς faisait l'éloge; c) pour humilier Vernardakis qui, par ses études sérieuses d'archéologie, devenait pour lui un adversaire redoutable, d) pour jeter le discrédit sur les concours poétiques, auxquels il avait échoué en présentant sa malheureuse traduction du Tasse4.

Les commentaires seraient inutiles. Monument de fureur et de forfanterie, le livre d'Orphanidis montre à quel point les motivations personnelles au sein d'une petite société étaient les seules détectables et déterminantes. L'histoire des concours semblait passer uniquement par les coulisses; elle se confondait avec la petite histoire. La critique littéraire devenait un simple règlement de comptes: en proie à son émotivité, Orphanidis ne visait qu'à obtenir satisfaction en anéantissant ses adversaires (Rangabé et Stavridis) et en éclaboussant, par la même occasion, ses ennemis du moment5. Dans sa lettre à Rallis, il ne faisait que sonner l'alarme, croyant que les concours étaient en danger à cause d'un mauvais fonctionnement (accaparement du jury

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1. Ibid., pp. 113-146. Exarchopoulos, un versificateur simple d'esprit, devient à celle époque-là symbole du ridicule en poésie.

2. Ibid., pp. 158-186.

3. Mais l'article d'E. Yemeniz, «De la renaissance littéraire en Grèce. Les poètes Zalocostas et Orphanidis», Revue des Deux Mondes, livraison du 1er mai 1860, pp. 212-242, avait paru plus d'un mois après le concours.

4. Th. Orphanidis, op. cit., pp. 141-142.

5. Notamment C. Paparrigopoulos et N. Dragoumis. En 1860, Orphanidis (op. cit., p. 223) en voulait en bloc au «triumvirat de Πανδώρα». Par contre, il ne gardait pas rancune à ses anciens adversaires: Coumanoudis devenait maintenant son «respectable collègue» (p. 238), et le mort Zalocostas était son «ancien ami» (p. 214).

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par certains «Zoïles», mécontentement de concurrents et de professeurs, etc.) dû aux ambitions d'une minorité1. Il ne pouvait ni savoir ni comprendre que les concours avaient vécu dix ans — et ils allaient vivre dix-sept ans encore — non pas en dépit des ambitions de certains, mais en raison des ambitions de tous; que leur fonction, au fond, était de donner libre cours à l'agressivité hypertrophiée d'une société bloquée où le besoin du succès devenait d'autant plus impératif que les obstacles semblaient insurmontables. De ce point de vue, ni les «intrigues» de Rangabé, ni les «dénonciations» bruyantes d'Orphanidis ni les protestations générales ne constituaient des pratiques exceptionnelles pouvant mettre en danger l'institution de Rallis. En réalité, le déclenchement des passions, loin de menacer les concours, justifiait leur nécessité et leur donnait une raison d'être.

Cependant, dans le mesure où le règlement de comptes laissait une petite place à la critique littéraire, Orphanidis prenait la défense du byronisme avec ardeur. «Pour toi, disait-il à Rangabé, l'âme des amoureux trouve toujours un soulagement dans le vacarme de la guerre; la mélancolie, la tristesse et la misanthropie, conséquence normale d'un grand amour malheureux, ne sont que des crimes byroniens et condamnables par ton esthétique»2. Et ailleurs: «Mon poème appartenait à l'école byronienne... Selon quelles règles cet homme divin [Byron] composa-t-il ses épopées immortelles? Selon une seule règle, par rapport à laquelle les normes aristotéliciennes ne semblent que des croassements de pédants...: Fais des poèmes en écoutant ton cœur»3.

Vernardakis, lui, n'était plus animé en 1860 par le même idéal romantique—Κυψελίδαι marquaient déjà un revirement indiscutable vers le classicisme — et sans doute n'avait-il pas le tempérament sanguin d'Orphanidis. Cela dit, le coup porté à son drame par son «respectable professeur et ami» Rangabé n'était pas moins ressenti comme «désespérant et mortel»4. Mais Vernardakis n'écoutait pas que son cœur. Sa réponse, tardive et mesurée, si elle ne manquait ni d' amertume ni de colère, évitait néanmoins de chicaner mesquinement ou de sombrer dans la vulgarité. Le ton restait ici élevé, et le rapport de Rangabé était soumis à une critique aussi exhaustive que sérieuse.

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1. Ibid., pp. 150 sq.

2. Ibid., p. 176.

3. Ibid., p. 186.

4. D. Vernardakis, Κυψελίδαι, pp. ιη΄ et κα΄.

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Une fois de plus, Vernardakis étalait son érudition et faisait montre de son penchant pour les constructions théoriques: la poésie dramatique, l'esthétique et la morale, les genres littéraires et les problèmes de la versification lui donnaient l'occasion de prouver, non sans prétention, que ses études dans les universités allemandes avaient été au moins fructueuses.

Depuis Μαρία Δοξαπατρή (1858), il avait fait de nouvelles connaissances: Euripide venait déjà éclipser Shakespeare. En 1860, Vernardakis n'était plus préoccupé par le drame romantique, pas plus que par la tragédie ancienne, mais épris de ce qu'il appelait «tragédie moderne» ou «drame moderne»1. Le romantisme soulevait de plus en plus sa désapprobation: les romans français, les drames de V. Hugo («Le roi s'amuse»), les «dithyrambes» de Solomos et de A. Soutsos, le «spleen à la Ossian, Byron et Lamartine» (οσσiανοβυρωνολαμαρτινική σπληνολογία), les poésies de P. Soutsos, suscitaient en bloc son dédain2. Mais sa répulsion était particulièrement violente pour la poésie et la critique phanariotes et heptanésiennes.

En fait, Vernardakis avait bien repéré ses adversaires. En 1860, Rangabé, malgré ses activités théâtrales précédentes, semblait exclusivement orienté vers la poésie lyrique et épico-lyrique. D'autre part, la critique heptanésienne, représentée en ce moment-là par la polémique Polylas-Zambélios, ne s'occupait que de l'œuvre de Solomos, une œuvre essentiellement lyrique3. Dans ces conditions, le drame était complètement négligé. Depuis dix ans, aucune œuvre dramatique n' avait été couronnée aux concours. La capitale de la Grèce manquait de théâtre national, et la «nouvelle tragédie», au lieu d'être encouragée dans ses premiers pas, était constamment persécuter par sa «marâtre phanariote»4. Rangabé, «le Mécène des Exarchopoulos» et le représentant de la «critique phanariote myope», était incapable d'apprécier une œuvre comme Κυψελίδαι: il n'y comprenait rien, il interprétait mal, il déformait tout5. D'une façon générale, les juges étaient inaptes

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1. Ibid., pp. ιε΄, λη' et μδ'. Ailleurs (p. λα'), Vernardakis, après avoir expliqué les conditions dans lesquelles il composa sa tragédie, constate que celle-ci appartient à un genre «ni ancien ni moderne».

2. Ibid., pp. κγ', λγ'-λδ', λε', ξγ'.

3. Il est à noter que Vernardakis, dans sa lettre aux juges qui accompagne sa tragédie {ibid., p. ιζ') s'en prend à Sp. Zambélios (Πόθεν η κοινή λέξις τραγουδώ, Athènes 1859) sans toutefois le nommer.

4. Ibid., p. κβ'.

5. Ibid., p. μζ'.

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à concevoir «le beau multiple» (drame): «Le seul poème pouvant obtenir leur faveur est celui qui ressemble à une simple et mélodieuse chanson, sans le moindre désaccord»1.

Ainsi, Vernardakis semblait mener son combat au nom de la poésie dramatique méprisée, et la blessure de sa défaite était suffisamment camouflée par ses nobles intentions. Il allait trouver bientôt un fervent défenseur: en février 1861, un long compte rendu signé C. N. C[ostis] faisait l'éloge de Κυψελίδαι et réfutait le rapport de Rangabé sans toutefois l'attaquer ouvertement2. Les personnages de la tragédie étaient longuement décrits, analysés, justifiés; l'auteur Vernardakis avait le mérite d'avoir appliqué avec succès les règles de l'art dramatique, d'avoir abandonné «le drame français qui régnait chez nous jusqu'à présent» et d'avoir suivi «l'exemple de nos poètes anciens et celui des meilleurs dramaturges anglais et allemands à la fois», de sorte que sa tragédie pouvait être considérée comme «un très bon augure pour le développement de notre poésie dramatique»3.

Au moment où cet article était publié, on aurait dû normalement préparer le concours de 1861. Il n'en fut rien. Orphanidis avait beau proposer à Rallis des réformes urgentes pour que les problèmes menaçant les concours — et, notamment, le plus important: celui de la récompense des juges — fussent résolus. Aveuglé par son entêtement, le fondateur triestin ne voulut rien entendre, rien entreprendre. Ainsi, dans des conditions que nous avons expliquées ailleurs4, la crise qui couvait depuis 1857 éclata soudain en 1861, et le jury ne fut pas formé. Le 25 mars de cette année-là ne serait marqué que par les manifestations de la jeunesse contre le régime du roi Othon5. Le concours fut d'abord

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1. Ibid., p. μγ'. Le rapport du jury de 1859, cité par la suite, constitue la seule réponse de Vernardakis à Paparrigopoulos.

2. Πανδώρα 11 (1860-1861) 539-543. Dans une courte note (p. 543). N. Dragoumis, tout en condamnant les polémiques injurieuses, déclarait que Πανδώρα, revue démocratique, n'hésitait pas à publier cet article modéré, bien que celui-ci s'opposât complètement aux opinions de Rangabé et de Paparrigopoulos sur Κυψελίδαι. Cette note ayant été mal interprétée—on y avait vu des allusions à Vernardakis—N. Dragoumis s'empressa, plus tard, de préciser qu'en condamnant certaines attitudes indécentes «dans une société qui aime par trop le dénigrement», il ne faisait allusion à personne (p. 592). Nous pensons pourtant que si l'éditeur de Πανδώρα visait quelqu'un, il n'était autre qu'Orphanidis.

3. Ibid., p. 543.

4. Voir ici pp. 41-42.

5. Sur ces manifestations (banquets d'étudiants, slogans pour la liberté, pour Garibaldi, etc.), voir le long compte rendu du journal Πρωινός Κήρυξ, 1er avril 1861.

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ajourné et ensuite annulé, malgré l'envoi de 7 œuvres1. Rallis céda sa place à Jean Voutsinas. Une période de dix ans était achevée dans la déception.

En fait, le bilan de cette période avait de quoi mécontenter tous ceux qui, en 1851, avaient espéré que "le rapatriement des Muses" s'effectuerait dans de meilleures conditions. Déjà force était de se rendre à l'évidence. Ce "rapatriement des Muses" ne pouvait être aussi simple qu'on l'avait imaginé. Certes, le concours de Rallis avait stimulé la production poétique, mais la qualité n'en était pas toujours proportionnée à la quantité. A deux reprises (1852, 1857), en refusant de décerner le prix, le jury universitaire avait illustré cette vérité. Par ailleurs, infime minorité parmi les dizaines de concurrents, les 4 poètes couronnés - Zalocostas (1851, 1853, 1859), Orphanidis (1854, 1855, 1858), Vernardakis (1856) et Stavridis (1860) - avaient remporté la victoire dans des circonstances qui n'avaient pas assuré un jugement impartial et acceptable par tous. La déception touchait donc, en premier lieu, les poètes frustrés.

Elle n'épargnait pas, en second lieu, une grande partie des juges universitaires. Rallis s'était comporté avec eux de façon autoritaire; il avait rejeté aussi bien leurs exigences pécuniaires que leurs propositions concernant le fonctionnement du concours. D'autre part, les attaques de la presse et les protestations continuelles des poètes avaient sérieusement diminué leur ardeur à servir la poésie néo-hellénique. Le fondateur lui-même, de son côté, n'était pas moins déçu, ayant rencontré des résistances qui avaient fini par l'évincer. Ainsi, couronné par un scandale retentissant, le concours de Rallis se terminait, au bout de dix ans, dans un climat de mécontentement général.

Il avait cependant démontré sa nécessité. C'est dans le cadre de l'institution de Rallis que la vie intellectuelle grecque était devenue plus intense, mobilisant une série d'énergies ou donnant libre cours à une agressivité collective. En 1853, grâce au concours, le problème de la langue avait été posé de façon plus claire, et la critique 

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1. Πρωινός Κήρυξ, 24 mars 1861. Le recteur A. Pallis (R.R. de 1861, p. 23), sans préciser leur nombre exact, mentionne simplement l'envoi de "quelques poèmes". Nous en connaissons deux: Le premier, œuvre de Phémius Harold Euclide[=Ph. A. Iconomidis,] sera envoyé de nouveau au concours de 1865; voir Ph. Harold Euclide, Δύσελπις -Εύελπις ή Ο άγνωστος ποιητής, ποίημα εις άσματα τρία, Hermoupolis 1868, p. [γ']. Le second, Ύμνος εις τον Ελληνικόν Αγώνα, sera publié anonymement dans Πανδώρα 12 (1861-62) 529-535, avec une note expliquant que le poème était destiné au concours annulé de 1861.

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universitaire (Τα Σούτσεια) avait imposé ses droits. En 1857, le conflit entre le classicisme et le romantisme avait pris plus d'ampleur, et les deux groupes ennemis au sein du jury universitaire étaient apparus avec plus de relief. Implantée solidement dans les mœurs littéraires grecques, l'institution poétique, loin de se limiter à un rôle marginal, avait reflété, en dernière analyse, tous les courants de la décennie 1850-1860.

A une époque marquée par un ensemble d'événements décisifs dans tous les domaines (élan nationaliste et religieux, développement de la Grande Idée et de l'unité «hellène-chrétienne», Guerre de Crimée, apogée du régime d'Othon et commencement de son déclin, etc.), il est normal que l'esprit héroïque ait été plus particulièrement encouragé. En effet, les jurys universitaires n'avaient couronné jusque-là que des poèmes épiques ou épico-lyriques. C'est dans la perspective d'une poésie narrative que les vers mis à la mode (hexamètre, trimètre iambique, vers de quinze syllabes) avaient eu une fonction à remplir. Ni la poésie lyrique, individualiste et liée au byronisme contestataire, ni le drame romantique, fort éloigné de la tragédie ancienne, n'avaient pu trouver grâce aux yeux des universitaires. L'Antiquité demeurait toujours le modèle fondamental à copier; la langue populaire et le romantisme «étranger», constituaient les ennemis principaux à abattre. Rangabé, la figure la plus marquante de cette décennie, avait fini par imposer ses options en matière de poésie et de langue: «retour aux formes anciennes», néo-classicisme abstrait, goût de l'artificiel. L'opposition de l'autre groupe universitaire, celui d'Assopios et de Coumanoudis, n'avait pu changer, en fin de compte, le cours des choses. Les défaites répétées de Tertsétis avaient été, de ce point de vue, significatives: ni la langue populaire ni l'esprit de l'école ionienne ni le sens du naturel n'avaient de place dans l'institution poétique qu'avait fondée et surveillée, épris d'archaïsme, Ambroise Rallis.

Déjà, après la disparition de celui-ci, pouvait-on s'attendre à un retournement de la situation? Autant il serait erroné de sous-estimer le rôle joué par le fondateur, autant il serait simpliste de grossir sa part de responsabilités. En réalité, les grandes orientations qui avaient prévalu dans le concours athénien pendant dix ans avaient été moins liées à quelques initiatives individuelles qu'à des courants collectifs plus larges. L'archaïsme et la question de la langue, le romantisme et le classicisme, la valorisation des chants populaires, le problème de l'unité, l'esprit héroïque résultant de la Révolution de 1821 et le culte de l'Antiquité, bref toutes les caractéristiques de la décennie 1850-1860, ne s'étaient évidemment pas manifestées dans le seul cadre du

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concours. Par ailleurs, la physionomie littéraire de cette décennie avait été aussi transformée par des poètes qui n'avaient jamais participé à l'institution de Rallis. P. Soutsos, le père du byronisme grec (Ο Οδοιπόρος, 1831), avait exercé une influence considérable sur la littérature athénienne tant par ses vers que par sa prose. Son frère Alexandre (H Τουρκομάχος Ελλάς, 1850; Απομνημονεύματα ποιητικά επί του ανατολικού πολέμου, 1857) avait été pour beaucoup dans le développement de la poésie politique. De même, vers la fin de la décennie, loin du concours, l'école ionienne avait fait sentir sa présence: J. Typaldos (Ποιήματα διάφορα, 1856), A. Valaoritis (Μνημόσυνα,1857; Η κυρά Φροσύνη, 1859), D. Solomos (Τα Ευρισκόμενα, 1859), Sp. Zambélios (Πόθεν η κοινή λεξις τραγουδώ, 1859), J. Polylas (Πόθεν η μυστικοφοβία του κ. Σπ. Ζαμπελίου, 1860). Ce qui s'était passé dans le concours avait donc découlé non seulement de la volonté de Rallis et des objectifs universitaires, mais aussi de tout un ensemble de conditions intérieures et extérieures, positives ou négatives, directes ou indirectes, de longue ou de courte durée, qui avaient déterminé d'une façon pu d'une autre le sort de l'institution poétique.

Cette institution, ayant fait ses preuves, pouvait maintenant survivre à son fondateur. Elle avait un rôle important à jouer dans l'avenir. Car, en 1861, lorsque Rallis disparaissait, rien n'était encore définitivement joué. Divisés en deux groupes hostiles, les universitaires n'avaient rien perdu de leur détermination à imposer leur idéal classique, bien au contraire. Au milieu d'une crise politique et sociale, et pendant qu'une nouvelle génération romantique faisait son apparition, l'agressivité collective, les ambitions personnelles et les luttes partisanes avaient plus que jamais besoin d'un terrain d'expression. Ainsi, Rallis s'en allait, mais son institution demeurait intacte. On pouvait envisager un avenir où les hypothèques du passé seraient levées. Une nouvelle période commençait au printemps de 1862, en un moment où la révolte de Nauplie grondait déjà de loin pour annoncer à Athènes que le règne du premier souverain de Grèce était définitivement condamné. 

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DEUXIÈME PARTIE

LE CONCOURS DE VOUTSINAS

(1862 -1877)

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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CHAPITRE I

LE ΝÉΟ - CLASSICISME BAT SON PLEIN

(1862-1867)

αρχαϊκήν εγκράτειαν περί τε την ουσίαν

και την μορφήν έπρεπε να λάβω κυρίαν μου βάσιν

A. Vlachos (1863)

La période du concours de Voutsinas est marquée, en grande partie, par une série d'événements politiques, qui semblent tenir la septième décennie du siècle en état d'alerte: destitution du roi Othon (1862), début du règne de Georges 1er, rattachement de l'Heptanèse à la Grèce (1864), révolution crétoise (1866-1869). Athènes se développe encore lentement; sa population, de 42.725 habitants en 1862, dépasse à peine les 44.500 en 1870, malgré l'élargissement, à partir de 1864, des frontières de l'État Hellénique. Une autre évolution est significative: les étudiants de l'Université, au nombre de 675 en 1861, sont 1.215 en 1867, ayant ainsi, en six ans, pratiquement doublé d'effectifs.

La Grèce entière, au moment où elle règle ses comptes avec le présent et se penche sur le sort des "frères asservis", est sous le coup d'un passéisme de plus en plus accentué. En 1859, l'organisation des Jeux Olympiques à Athènes s'insère déjà dans un processus de reconstitutions irrésistible; en 1864, quelques essais pour donner, dans le théâtre antique de Dionysos, des représentations de tragédies anciennes en version originale, n'ont, en réalité, rien d'étonnant. C'est le moment où le culte de l'Antiquité atteint son point culminant. Le classicisme, découlant de l'idéologie officielle et profitant des maladresses d'une révolte romantique qui rompt de plus en plus avec le bon sens, réagit énergiquement, cherche des alliés (Heine), gagne du terrain. A partir de 1862, les concours poétiques universitaires évoluent dans un sens rigoureusement classique; une revue athénienne, Χρυσαλλίς, qui commence à paraître en 1863, se met à refléter le même

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esprit; des poètes tels que A. R. Rangabé, D. Vernardakis, A. Vyzantios et A. Vlachos sont les principaux représentants d'un courant anti-romantique en plein essor.

A première vue, on serait tenté de surestimer l'importance de ce courant, si l'on s'en tenait à l'aspect extérieur des choses. D'une manière générale, la production poétique athénienne de la décennie 1860-1870, dans son ensemble, ne rompt pas, en ce qui concerne la forme, avec un idéal classique conventionnel: culte de l'Antiquité, purisme, usage de mètres anciens, etc. Car, ce n'est pas au niveau de la forme que le romantisme athénien livre sa bataille décisive. Les œuvres des nouveaux poètes romantiques tels que A. Paraschos (1838-1895), Cléon Rangabé (1842-1917), D. Paparrigopoulos (1843-1873). Sp. Vassiliadis (1844-1874) et autres, œuvres truffées de noms anciens et d'archaïsmes, n'ont rien à envier, pour l'aspect extérieur, aux poésies classiques les plus fidèles à la lettre, sinon à l'esprit, de la littérature antique. Dans une lettre à un ami, D. Paparrigopoulos, un des représentants les plus caractéristiques de la nouvelle génération, écrit: «Mon but est de ranimer en quelque sorte la mythologie ancienne. Je crois que l'humanité n'égalera jamais le génie plastique des Grecs anciens; on ne créera jamais de mythes plus beaux. Par conséquent, ne faisons-nous pas une œuvre nationale, si nous associons les plus dramatiques de ces mythes à des idées nouvelles et à des sentiments nouveaux?»1.

Idées nouvelles, sentiments nouveaux: c'est sûrement à ce niveau-là que nous devons chercher la particularité romantique, pour ne pas étendre abusivement l'influence classique sur toute une production qui baigne, uniformément, (il suffit de voir les titres de la plupart des poèmes écrits entre 1860 et 1870), dans le culte de la Grèce antique. A vrai dire, ces «idées nouvelles» et ces «sentiments nouveaux» avaient déjà fait leur apparition depuis longtemps. Mais le romantisme athénien, assumé autour des années 1860 par une nouvelle génération, n'en présente pas moins, par rapport à son passé, des traits distinctifs qui lui confèrent une autre dimension.

Cette autre dimension est, avant tout, sensible dans le ton des poèmes lui-même qui monte rapidement, comme si le romantisme athénien, entré dans la phase finale de sa course, s'empressait, de dépenser toutes ses forces jusqu'à l'épuisement. C'est une vision de plus en plus dramatique qui se manifeste maintenant. La mélancolie cède la place au désespoir, la résignation à la révolte, la protestation à la

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1. D. Paparrigopoulos, Ανέκδοτα έργα, Athènes 1894, p. 7.

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provocation; le déchirement aboutit au suicide. Si A. Paraschos incarne, à ses débuts, la révolte de la jeunesse anti-othonienne, il s'enferme vite, lui aussi, avec les autres poètes de sa génération, dans un individualisme grandiloquent et morbide. La religion, pilier de l'édifice idéologique officiel, reçoit des coups sévères et aveugles. Anarchiste en 1861 (Σκέψεις ενός ληστού), D. Paparrigopoulis évolue vers un scepticisme sombre et désespéré, qui ne laisse aucune place à la piété (Στόνοι, 1866). En 1865, au moment où Cléon Rangabé (Ιουλιανός ο Παραβάτης) attaque violemment le christianisme, Sp. Vassiliadis (Εικόνες) est, à son tour, accusé par le rapporteur Roussopoulos de montrer «une tristesse allant jusqu'au désespoir et au blasphème». Ce mot «blasphème» devient presque synonyme de la production romantique: en 1866, Coumanoudis va jusqu'à indiquer, parmi les principales qualités du recueil lyrique Ορφεύς, «l'absence de blasphèmes»!

A coup sûr, ces cris d'athéisme, poussés dans un climat d'asphyxie grandissante, n'ont rien à voir, par exemple, avec l'ironie irréligieuse et lucide d'un Roïdis (Η πάπισσα Ιωάννα, 1866). Gestes de colère et de provocation, ils se bornent à un anti-conformisme spectaculaire mais exempt de tout esprit critique; états d'âme exagérés, ils ne marquent, en fin de compte, qu'une étape avancée vers l'irrationnel. Malgré tout, ce nouveau départ romantique, effectué à Athènes dans les années 1860, ne doit pas être minimisé. Sur le plan des idées, l'unité «helléno-chrétienne», au moment où elle semble bien solide, reçoit des coups; elle prend un aspect de plus en plus «hellénique», de moins en moins «chrétien». Car, au fond, le blasphème romantique n'est-il pas un acte de sabotage contre cette unité? Dans la décennie 1860-1870, Byzance, symbole du christianisme, paraît plus éloignée que jamais. Le classicisme officiel lui accorde peu de place. Les romantiques athéniens n'ont aucune tendresse pour elle; de là leur surenchère archaïsante et leur souci de se placer dans une atmosphère païenne d'où le souvenir chrétien soit absent. En 1866, Coumanoudis doit être largement approuvé, lorsque, à propos d'un poème insignifiant, il prononce la phrase méprisante: «Tout cela sent le byzantinisme»!

Mais tout cela sent aussi la confusion, l'absence de contours précis et même la contradiction. Au fond, le classicisme et le romantisme athéniens travaillent dans la même optique, se complètent, et se confondent. Si, à partir de 1860, ils entrent dans une nouvelle phase de conflit, il est important de noter que ce conflit cache moins des rapports antagoniques que des rapports complémentaires, dictés par le même système idéologique dans la mesure où ce dernier n'arrive pas à

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harmoniser ses contradictions. En effet, située au niveau du sentiment, la révolte romantique est incapable de dépasser, sur le plan théorique, le dilemme principal: unité à deux ou à trois étapes. Au demeurant, tout se passe comme si l'accès à la réalité n'était possible que par les détours les plus sinueux. La "mesure" classique s'exerce, la plupart du temps, dans la peinture de tableaux froids, inspirés de la vie antique. Le "sentiment" romantique pour exister, doit être faussé, exagéré, mis au superlatif.

Dans la mesure où ce sentiment est constamment combattu par les jurys universitaires - Στόνοι de D. Paparrigopoulos sera le premier recueil romantique à être couronné en 1866 dans des circonstances plutôt exceptionnelles -, les droits d'une poésie descriptive, objective, archaïsante et à caractère épique sont de plus en plus établis. Rangabé en donne un exemple avec Διονύσου πλους (1864):

Η έκτασις του αχανούς

Αιγαίου εκοιμάτο,

κ' έβλεπες δύω ουρανούς·

ο είς ην άνω κυανούς,

γλαυκός ο άλλος κάτω.

C'est le moment où le néo-classicisme athénien bat son plein. La production dramatique, encouragée à partir de 1865, est jusque-là négligée par les jurys, non seulement parce qu'elle subit, en grande partie, l'influence romantique, mais aussi parce que les possibilités de représentations grecques dans le Théâtre d'Athènes (théâtre dit de Boucoura) sont pratiquement inexistantes. En 1862, dans un poème consacré à l'arrivée d'une troupe italienne, D. Vernardakis ne manque pas de déplorer la domination du théâtre étranger et, en même temps, de prôner une production dramatique nationale axée sur les modèles anciens:

Ομοίως και της σκηνικής ποιήσεως

το στέμμα δεν θα λάβη νέος Έλλην, πριν

ελθών το γόνυ κλίνη μετά σεβασμού

εκεί, προ των μνημείων των μεγάλων του

προγόνων, κ' εξ αυτών ζητήση έμπνευσιν1.

C'est cette "inspiration", cherchée dans les œuvres des "grands

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1. D. N. Vernardakis, Δράματα. Έκδοσις νέα πολλαχώς μεταρρυθμισθείσα και επιδιορθωθείσα, t. Ι, Athènes 1903, p. οα'.

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ancêtres", qui domine les débuts de la période de Voutsinas pour contrebalancer le nouvelle offensive romantique, de plus en plus virulente. Une langue archaïsante, guindée et pleine de clichés, enveloppe presque toute la production poétique athénienne, établissant, sur le plan de l'écriture et de l'expression, une sorte de barrage. Bien que, à partir de 1862, l'utilisation de la langue démotique soit permise aux concours (à condition, certes, de rester fidèle à la lettre des chants populaires), elle n'a pratiquement aucun rôle à jouer, pendant la décennie 1860-1870, à l'intérieur de l'institution poétique; elle traverse une longue période de silence. Classiques et romantiques athéniens ont d'autres objectifs, parfois communs, à atteindre. Mais leur agressivité demeure toujours la même, pour animer, comme par le passé, des conflits de personnes et de tendances.

Dans les pages qui suivent, nous établissons l'histoire des concours jusqu'en 1867. Il va de soi que cette limite conventionnelle, dictée surtout par le faible nombre de participations avant le bond de 1868, ne doit pas être considérée comme une "rupture": il est certain que les phénomènes culturels se laissent difficilement enfermer entre des dates précises, qui ne donnent, en dernière analyse, que des indications de fréquence.

1. 1862: La levée d'un interdit

Le 28 mai 1862, fête de la Sainte Trinité, le rapporteur A.R. Rangabé inaugurait le concours de Voutsinas, comme il avait inauguré celui de Rallis. La Grande Salle de l'Université était à nouveau pleine d'un public nombreux et distingué1. Tout allait se passer comme à l'ordinaire. Ayant comme président le recteur C. Assopios, le jury était composé de quatre membres; C. Paparrigopoulos et St. Coumanoudis en faisaient partie.

Faut-il voir dans la composition de ce jury une symétrie établissant l'équilibre entre les deux principales factions universitaires? Le fait que Assopios et Coumanoudis réapparussent sur la scène des concours, après cinq ans d'absence, face à Rangabé et Paparrigopoulos,

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1. Voir A.R. Rangabé, Απομνημονεύματα, t. III, Athènes 1930, p. 93, ainsi que les comptes rendus des revues Πανδώρα 13 (1862-63) 121 et Φιλίστωρ 3 (1862) 480. Charles Schaub (Excursion en Grèce au printemps de 1862, Genève 1863, pp. 6-7) donne quelques renseignements sur les concours et plus particulièrement sur celui de 1862 d'après le compte rendu de Φιλίστωρ.

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    22. Moullas, Concours poetiques

    mais chaque vers brille comme une pure perle, placée à l'endroit convenable d'un riche collier». Vu que ses qualités sont grandes et ses défauts secondaires, le poème en question est considéré par le jury comme digne de la couronne1.

    Les jeux étaient faits. Un étudiant en médecine, Grégoire Stavridis, 30 ans, originaire d'Ohrid, devançait soudain des «favoris» tel que Orphanidis et Vernardakis pour recevoir le prix de 1.000 drachmes2. Nous savons aujourd'hui que ce que Rangabé qualifiait de «miniature classique» n'était, en réalité, qu'un poème quelconque de l'époque, écrit dans une langue archaïsante, froide et pleine de lieux communs, d'hiatus et de réminiscences homériques:

    Ταύτα μεν ούτοι έπραττον· έκλαιε δε αθλία

    κόρη εις θάλαμον κλειστή

    τον φίλον της Κοσμάν. Τίς ην; Ην αύτη η Μαρία,

    η καλλιβλέφαρος μνηστή3

    Nous savons aussi, grâce aux recherches de Dorothea Kadach, que ce jeune «macédonien» ou «bulgare», né en 1830 et venu à Athènes pour faire des études en 1850, s'était déjà montré, même avant son apparition aux concours, un versificateur farouchement philhellène: lorsque, en 1858, dans une lettre anonyme, on avait voulu attribuer sa haine contre les Russes au fait qu'il n'était pas Grec, «mais barbare, Albanais et de religion inconnue», Stavridis s'en était pris à son détracteur en termes injurieux:

    ————————————

    1. Jugement de 1860, pp. 53-54.

    2. Dans une lettre aux juges, Stavridis leur permettait de dépenser la moitié du prix à leur guise. Selon un communiqué du Rectorat daté du 27 mars, le recteur, après avoir vérifié que l'auteur de Αρματωλός était bien Stavridis, offrit à celui-ci la couronne et les 500 drachmes, l'autre moitié du prix étant réservée, «conformément à la volonté du poète», à l'étudiant D. Zomboulidis: Η Ελπίς, 2 avril 1860.

    3. De longs extraits du poème sont reproduits dans le Jugement de 1860, p. 54, ainsi que dans les journaux athéniens de l'époque; voir par exemple, Η Ελπίς, 2,12 et 26 avril 1860. La publication en brochure: Ο Αρματωλός. Ποίημα Γρηγορίου Σταυρίδου του εξ Αχρίδος, στεφανωθέν κατά τον ποιητικόν διαγωνισμόν του 1860, Athènes 1860, contient une dédicace à Evanghélos Zappas, mais elle ne commente aucunement le concours. En 1880, P. Matarangas reproduit un long extrait du poème: Mat. Parn., pp. 1008-1013. Une adaptation française (par Guillevic et Lucie Albertini) a paru récemment: La poésie macédonienne. Anthologie des origines à nos jours, Paris 1972, pp. 70-73.