Συγγραφέας:Moullas, P.
 
Τίτλος:Les concours poétiques de l’ Université d’ Athènes 1851-1877
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:22
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:488
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Τοπική κάλυψη:Ελλάδα
 
Χρονική κάλυψη:1851-1877
 
Περίληψη:Στο βιβλίο αυτό παρουσιάζεται και μελετάται αναλυτικά και σε βάθος ένας σημαντικός για τα ελληνικά γράμματα του 19ου αιώνα θεσμός, οι ποιητικοί διαγωνισμοί που διοργανώνονταν στο Πανεπιστήμιο Αθηνών, και πιο συγκεκριμένα ο Ράλλειος Διαγωνισμός (1851-1860) και ο μακροβιότερος Βουτσιναίος διαγωνισμός (1861-1877).
 
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CHAPITRE II

LE SAUT QUANTITATIF (1868-1871)

Τας παραλυτικάς αυτών ποιήσεις

με άνθη και ψιμμύθιον κοσμούσιν,

ενδύουσι κομψώς και σαβανούσιν

εις πλείστας και ψυχράς μεταρρυθμίσεις.

D. Paparrigopoulos (1867)

L'heure du théâtre, nous l'avons déjà vu, avait sonné pour les concours poétiques universitaires en 1865, lorsque le prix avait été décerné au drame d'Antoniadis Φίλιππος ο Μακεδών. Les rapporteurs Roussopoulos (1865) et Coumanoudis (1866) avaient sollicité l'envoi de drames et de comédies en termes non ambigus. Au même moment, Vernardakis et Vlachos offraient, sur la scène du Théâtre d'Athènes, des exemples dramatiques à suivre. Si Μαρία Δοξαπατρή (1858), jouée pour la première fois en 1865 et rééditée en 1868 sans sa préface, demeurait toujours une pièce romantique exemplaire qui orientait de nombreux auteurs (S. Carydis, T. Ambélas, S. N. Vassiliadis, Sp. Lambros, etc.) vers l'histoire médiévale, Μερόπη (1866), cristallisation du revirement classique amorcé chez Vernardakis par Κυψελίδαι (1860), devenait le nouveau modèle de retour à l'Antiquité.

Des décennies durant, le théâtre néo-hellénique n'allait pas sortir de la voie dans laquelle l'avait engagé l'auteur de Μερόπη. En 1893, à propos de Φαϋστα, C. Palamas rejetait sur Vernardakis toute la responsabilité d'une production dramatique pléthorique et inconsistante: "La tragédie, toujours la tragédie! Avec ses empereurs et ses impératrices, sa langue savante et ses trimètres iambiques, son style sublime et sa noblesse!"1.

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1. Pal. A., t. X, p. 53.

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Peut-être est-il exagéré d'attribuer à un seul homme ce qui appartient, en fin de compte, à toute une époque. Car, aussi bien le néoclassicisme que le romantisme athéniens, au moment crucial de leur lutte d'influence, découvrent dans le théâtre un nouveau domaine pour étendre leur domination. Toujours est-il que, guidée par Euripide ou par Shakespeare, orientée vers la tragédie classique ou vers le drame romantique, la production théâtrale reste, en règle générale, l'expression d'une rupture avec la réalité.

Il en va autrement avec la comédie qui, liée au réel de façon intrinsèque, est forcément ouverte, ainsi que l'avait affirmé Vernardakis lui-même, «à la vérité et à la vie»1. Vlachos et les autres auteurs comiques n'ont pas à contester cette évidence. Obligés de chercher leurs inspirations dans la vie contemporaine et quotidienne, ils ouvrent, ne fût-ce qu'involontairement, la voie au réalisme et à la langue parlée: si celle-ci gagne du terrain à partir de 1868, c'est notamment grâce aux dialogues comiques. De leur côté, les juges universitaires, en encourageant la comédie, ne perdent pas l'occasion d'élargir l'horizon des concours, de répondre aux goûts du public et, surtout, de se servir, dans leur lutte anti-romantique, d'une arme efficace. Mais jusqu'à quel point peuvent-ils déjà contrôler une situation mouvante et pleine d'imprévus ?

En effet, de nouvelles difficultés apparaissent à partir de 1868, et les rapports arithmétiques changent de manière inattendue: la réorganisation du théâtre athénien et les appels du jury à l'envoi de pièces dramatiques ne sont pas pour rien dans une augmentation forte et régulière du nombre des concurrents. Jamais les concours ne furent envahis par des œuvres aussi nombreuses; elles passent de 31 (45.000 vers) en 1868 à 45 (70.000 vers) en 1871. Si la conjoncture, elle aussi, y est pour quelque chose — la révolution crétoise, source d'exaltation d'abord et d'amertume ensuite, attise au plus haut degré l'émotivité collective —, cette augmentation résulte, en définitive, d'une convergence de causes multiples. N'oublions pas que le redoublement du nombre des étudiants dans la période 1861-1867, la stabilité et l'ouverture de l'institution poétique, l'accès plus facile au prix, etc., sont des facteurs qui favorisent plus ou moins le saut quantitatif amorcé en 1868.

Il n'en reste pas moins que ce saut quantitatif, s'il avantage la variété, est en général défavorable à la qualité. Par ailleurs, ouverts

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1. Αθηνά, 3 juin 1857.

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aux poètes débutants, les concours s'aliènent de plus en plus la sympathie des concurrents prestigieux. C'est pendant cette période que les poètes les plus en vue, notamment ceux qui s'étaient imposés dans les années 1860 (A. Vlachos, A. Paraschos, D. Paparrigopoulos et autres) commencent à se retirer des concours, l'un après l'autre. Une nouvelle génération (Jean Papadiamantopoulos, A. Provélenghios, Jean Cambouroglou, Eugène Zalocostas, Ch. Anninos et autres) prend la relève autour de 1870, sans toutefois pouvoir changer le cours des choses; elle n'a qu'à se plier aux positions romantiques et néo-classiques connues, continuant ainsi un combat qui sera bientôt, ainsi que nous le verrons, dépassé par les événements.

Cependant, si le renouvellement ne vient pas du côté des poètes, il est sensible dans la pensée critique universitaire: les nouveaux rapporteurs, notamment Th. Orphanidis (1870) et G. Mistriotis (1871) ont l'occasion d'enrichir un débat axé, la plupart du temps, sur les fautes de grammaire et sur la monotone lutte anti-romantique. L'actualité du théâtre, la réapparition du problème de la langue, les nouvelles idées européennes (H. Taine), les transformations sensibles de la société néo-hellénique posent un certain nombre de questions pertinentes et finissent par soulever une problématique plus positive.

1. 1868 : La comédie, ouverture à la réalité

En 1868, les poèmes envoyés au concours atteignaient le chiffre extraordinaire de 31! Tous les records précédents étaient largement battus. Composé de trois membres— Orphanidis (président), Aphentoulis (rapporteur) et Coumanoudis — le jury universitaire semblait, en quelque sorte, pris au dépourvu, et son porte-parole ne manquait pas d'exprimer son étonnement devant une «telle fécondité» qui produisait plus de 45.000 vers1. Pouvait-on attribuer cette brusque augmentation à la conjoncture? Sans doute le contenu des poèmes envoyés était-il significatif: 12 œuvres se référaient aux luttes patriotiques, 4 à l'amour, une seule à la religion; les autres traitaient de sujets mixtes. Dans ces conditions, le rapporteur n'hésitait pas à tirer ses conclusions: c'était le patriotisme qui attisait, en premier lieu, de façon aussi féconde, la production poétique, et «la chose était prometteuse»2.

Décidément, Aphentoulis parlait en connaissance de cause. Poète

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1. Jugement de 1868, Athènes 1868, p. 3.

2. Ibid., p. 4.

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d'occasion, il avait composé et publié, lui aussi, l'année précédente, un poème patriotique, grâce à l'enthousiasme soulevé par la révolution crétoise1. Seulement, cet enthousiasme coïncidait maintenant avec une série de conditions qui facilitaient l'irruption des amateurs dans les concours: réorganisation et "démocratisation" de l'institution poétique, ouverture à tous les genres littéraires et notamment à la poésie dramatique2, augmentation du nombre des étudiants, etc. Les concours se portaient bien, et le prix - les succès d'Antoniadis en 1865 et 1867 l'avaient prouvé - n'était pas réservé aux "favoris" du moment, aux poètes connus, aux spécialistes chevronnés; bien au contraire, ces derniers prenaient de moins en moins de place dans l'institution poétique, transformée, selon un candidat de 1868, en "concours d'enfants". Le champ restait donc libre aux ambitions juvéniles et à l'enthousiasme versifié.

La cérémonie du concours de 1868 eut lieu le 5 mai3. Dans le jury, la répartition des rôles avait relativement changé, en fonction des circonstances. Orphanidis, disparu depuis le scandale de 1864, revenait pour occuper d'office le poste de président, en tant que recteur de l'Université. Coumanoudis était, une fois de plus, simple membre. Aphentoulis, juge pour la première fois en 1865, débutait comme rapporteur et lisait le rapport le plus long que le public athénien eût connu jusqu'alors.

Son rôle important pendant la dernière période des concours (10 participations au jury, dont 4 en tant que rapporteur) nous oblige à jeter un coup d'œil plus attentif sur ce personnage pittoresque et contradictoire. Médecin, poète amateur, journaliste et professeur de pharmacologie depuis 1862, Théodore Aphentoulis (1824-1893) laissait ses contemporains assez perplexes par la noblesse de ses intentions

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1. Th. Aphentoulis, Τα Κρητικά, ποίημα αφιερωμένον εις τους εν Κρήτη αγωνιζομένους, εις 3 ραψωδίας, Athènes 1867. Il s'agissait d'une médiocre imitation des chants populaires, en langue démotique "pure et véritable".

2. On pouvait toujours espérer qu'une œuvre dramatique distinguée au concours avait des chances d'être jouée au théâtre. Mais cet espoir, alimenté par le couronnement d'un drame (1865) et par l'appel du jury à l'envoi de comédies, n'était pas pour l'instant concrétisé: S. Carydis se plaignait en 1868 que "le Théâtre National fût oublié dans sa propre patrie" laissant les œuvres dramatiques du concours "comme des orphelins sans gîte": Η κοινωνία των Αθηνών, κωμωδία εις πράξεις τέσσαρας, Athènes 1868, p. 2.

3. Voir les comptes rendus dans la revue Πανδώρα 19 (1868-69) 144 et dans le journal Φως, 10 mai 1868.

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et par la mesquinerie de ses pratiques: le fervent patriote, qui s'était engagé dans les luttes nationales de 1854, était aussi un homme intéressé et réputé pour son avarice1. Ses capacités littéraires n'ont pas manqué d'admirateurs2. Mais Roïdis s'est appliqué à détruire tout ce qu'il pouvait laisser à la postérité en tant que spécialiste de poésie: "Les desseins de la Providence sont en effet admirables: ayant permis la naissance de poètes comme Antoniadis, elle a pris soin de mettre sur la terre des juges comme Aphentoulis pour les couronner"3. Ou, ailleurs: "Un poète privé du génie d'un Rossini ou d'un Praxitèle ne sert à autre chose qu'à être couronné par M. Aphentoulis"4. Symbole de l'incompétence critique des jurys, le rapporteur de 1868 expiait ainsi tous les péchés universitaires, alors que les poètes Antoniadis ou Ambélas personnifiaient la médiocrité des concurrents. Mais l'esprit caustique de Roïdis avait trop besoin de cibles concrètes pour ne pas attribuer aux personnes ce qui appartenait aux groupes et aux mentalités.

En réalité, Aphentoulis ne se différenciait pas d'une "moyenne" universitaire qui concevait la poésie en fonction d'un système de valeurs établi. Produit de son milieu et de son temps, s'il n'a pas brillé par son esprit critique, il a été loin de constituer un exemple de médiocrité unique et exceptionnel. Homme des circonstances, il ne faisait, en fin de compte, qu'illustrer les limites d'une critique conformiste, dont il n'était ni l'instigateur ni le seul responsable, il représentait un "ordre", une "règle générale", une médiocrité collective. Aristotélicien, il conseillait naïvement l' imitation pure et simple des auteurs classiques et n'acceptait pas un drame sans unité de lieu et de temps5. Admirateur de l'Antiquité, il ne manquait pas, lui non plus, de fustiger le "pédantisme byzantin" et d'exprimer sa préférence pour les mètres anciens, notamment pour la strophe alcaïque6. Du reste, son rapport de 1868, parsemé de citations d'auteurs classiques, répétait tous les

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1. Le surnom "Trémentinas" (avare) que lui donne E. Stamatiadis dans Μώμος ο Ελικώνιος est caractéristique. Voir aussi: D.S. Xénakis, Εξέχουσαι φυσιογνωμίαι εν Πηλίω και Βόλω κατά την ΙΘ΄ εκατονταετηρίδα, Volos 1938, pp. 30-31.

2. A. R. Rangabé, Histoire littéraire, op. cit., t. II, pp. 252-256; Skokos, Ημερολόγιον 1891, p. 93; Al. Vyzantios, Έργα, op. cit., p. 126.

3. E. D. Roïdis, Πάρεργα, εκδ. Δημητρίου Ι. Σταματοπούλου, t. Ι, Athènes 1885, p. 211.

4. Ε. D. Roïdis, Περί συγχρόνου εν Ελλάδι κριτικής, Athènes 1877, p. 18; cf. p. 57.

5. Jugement de 1868, pp. 16, 35-36, 52.

6. Ibid., pp. 18 et 28.

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lieux communs de la critique universitaire: insistance sur l'orthographe et la grammaire, condamnation de l'archaïsme exagéré, refus du romantisme, etc. A un poète qui écrivait en langue démotique, Aphentoulis, à l'instar de ses prédécesseurs, recommandait de "prendre comme seul exemple la poésie populaire pure"1. A un autre, qui présentait tous les symptômes de la maladie byronienne, il conseillait, en médecin, de longues promenades dans les montagnes et des bains froids2. On ne peut être certain que son humour était volontaire.

Revenons à la riche récolte poétique de 1868. Six poèmes, parmi les 31 envoyés, étaient exclus du concours: quatre d'entre eux (Η Μονή του Αρκαδίου, Ώραι Σχολής, Διθύραμβος εις την βασίλισσαν Όλγαν, Μάρκος Βότσαρης) n'avaient pas le nombre indispensable des 500 vers; le cinquième n'avait ni titre ni enveloppe; le sixième, Ο άγνωστος ποιητής, poème déjà envoyé au concours et ayant obtenu un accessit, avait été publié partiellement, sous le nom de l'auteur, dans la revue Χρυσαλλίς3. Le rapporteur n'avait donc à s'occuper que de 25 poèmes. Ceux-ci étaient répartis en trois catégories, selon leur valeur. Voici un résumé du rapport d'Aphentoulis, accompagné de notre commentaire :

a. Poèmes occupant la dernière place

1) Οι κρεμαστοί Αργολάβοι ή Η επανάστασις των γερόντων : comédie qui a pour but de ridiculiser les flirts séniles. C'est "une dégoûtante compilation d'un auteur polisson et inculte".

2) Μέρωψ ο Αγιορίτης : "un mélange d'érotisme et de bêtise monastique"4.

3) Βουκολικαί ποιήσεις : "oeuvre d'un homme illettré et ignorant l'orthographe". Verbalisme, lieux communs, manque de sens critique. L'image d'une bergère dormante rappelle un poème de Pétrarque5.

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1. Ibid., p. 10.

2. Ibid., p. 23.

3. Ibid., pp. 4-5. En effet, un extrait de Ο άγνωστος ποιητής, intitulé Άσμα παράφρονος et signé de A. Paraschos, avait déjà paru dans Χρυσαλλίς Ι (1863) 154-155. Mais le jury, sévère, ne trouvait-il pas ainsi un prétexte pour se débarrasser d'un poète indésirable et dont les vers, selon l'expression d'Aphentoulis (Ibid., p. 5), présentaient une "grâce fascinante et dangereuse"?

4. Ibid., p. 6. Ch. Anninos (Ο Σύλλογος των Εισαγγελέων, op. cit., p. 340) ne manque pas de reproduire les vers cités par le rapporteur, vers qui confirment plutôt l'hypothèse d'un canular.

5. Jugement de 1868, pp 6-7. Aphentoulis cite comme un exemple de "sottise" la strophe

Εφαίνοντο των ουρανών

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4) Η βασίλισσα Στάτειρα: drame insignifiant et licencieux, racontant les amours de la femme et des filles de Darios avec Alexandre le Grand.

5) Δυσέρωτες : long poème de 1600 vers, "griffonné, illisible, stupide, dégoûtant".

6) Ο μετά Χριστόν Έλλην et Ύμνος εις τον Θεόν : deux poèmes, "écrits en langue savante, mais dépourvus de bon goût et indignes de traiter des sujets aussi importants". Ils offrent "un bruit de mots... puisés maladroitement dans les psaumes de Οκτώηχος et dans les hymnes ecclésiastiques"1.

Il s'agissait d'une œuvre d'Anastase K. Yannopoulos, auteur que nous avons déjà rencontré au concours de 1853. Dans une longue réponse à Aphentoulis, il prenait soin bientôt d'exposer son point de vue sans réticences. Sa colère explosait aussi bien contre les concours poétiques, "école d'érotomanie", que contre les juges universitaires, "professeurs d'amour". Au moment où, selon A. K. Yannopoulos, seule la théocratie pouvait garantir l'avenir de la Grèce, la poésie bafouait la morale et méprisait l'Évangile. Aphentoulis, lui, indifférent vis-à-vis de la morale, cautionnait cette littérature de décadence; il était donc indigne de juger un poème religieux, puisque "non seulement il ignore l'Οκτώηχος, mais, qui plus est, il la calomnie au nom de l'Université clans sa patrie chrétienne"2.

7) Η παρθένος της Κορδύλλης : drame en cinq actes, composé selon le modèle des tragédies antiques (chœurs, strophes, antistrophes, etc.). L'auteur est un helléniste qui fait montre de patriotisme, mais il échoue dans l'économie dramatique; il n'évite pas non plus les archaïsmes exagérés. "Il semble être le même que celui de Οι φυγάδες της Τραπεζούντος, dont il est question par la suite"3.

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τα μήκη των κεράτων

σχίζοντα πέπλον γαλανόν,

η άκρα κορυφάς βουνών

εκέντα η μυτηρά των

qui, en fait, nous ramène à A. R. Rangabé (Διονύσου πλους) plutôt qu'à Pétrarque.

1. Ibid., p. 8.

2. A. K. Yannopoulos, "Περί θρησκευτικού ποιήματος του υποβληθέντος εις τον ποιητικόν διαγωνισμόν του 1868", Πανδώρα 19 (1868-69) 401-412. -Sur A.K. Yannopoulos et ses poésies, voir Pal. A., t. IV, pp. 523-525.

3. Jugement de 1868, p. 8-9.

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II s'agissait d'une œuvre de Périclès Triantaphyllidis. Elle ne fut jamais publiée1.

8) Ιωνία : recueil de poésies diverses (2700 vers). L'auteur ne sait pas orthographier correctement, mais il a des qualités poétiques indiscutables, manifestées surtout dans le poème Ο Καντερτζή Γιάννης. Sa langue démotique ne respecte pas les formes des chants populaires2.

b. Poèmes "moyens"

9) Γκιουλνάρ : poème épico-lyrique, imitation malheureuse de Byron. "Tout est volupté dans ce poème". L'auteur, "un certain Samartzidis", est impardonnable pour son indécence à l'égard du jury: il envoya au concours une œuvre publiée, après avoir enlevé la page de titre pour cacher son nom3.

En effet, ce poème de Christophe Samartzidis (1843-1900) avait déjà été publié deux ans plus tôt4. C'était la première fois qu'un concurrent désigné nommément recevait les invectives d'un rapporteur.

10) Νάσος και Χρύσω: poème épique en langue savante, œuvre d'un débutant. L'auteur raconte une histoire d'amour. Celle-ci, cependant, "est exempte de ce romantisme abondant qui fait la joie des débutants et caractérise, très souvent, leur faillite littéraire"5.

11 ) Γρηγόριος Πέμπτος : drame en cinq tableaux, relatant la mort du Patriarche Grégoire V. L'auteur, un homme savant, offre un récit historique plutôt qu'une représentation dramatique. Mais sa faute principale réside dans le fait qu'il a osé porter à la scène le chef de l'Église de manière irrespectueuse6.

Il s'agissait d'une œuvre de Spyridion N. Zavitsanos, publiée

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1. Selon E. Th. Kyriakidis (Βιογραφίαι, op. cit., p. 168), Triantaphyllidis mourut en 1871, alors qu'il pensait à publier une "troisième œuvre". C'était probablement le drame en question.

2. Jugement de 1868, pp. 9-12. Les passages cités par Aphentoulis témoignent d'une forte influence de Solomos.

3. Ibid., pp. 12-13.

4. Christophe Samartzidis, Γκιουλνάρ, ποίημα εις άσματα τρία, Constantinople 1866. Le même poème est mentionné comme Σκιούλναρ par R. Nicolai, Geschichte der neugriechischen Literatur, Leipzig 1876, p. 168. -Sur l'auteur, voir surtout: Ath. Paléologos, Ημερολόγιον της Ανατολής 1885, Constantinople 1884, pp. 220-221; Skokos, Ημερολόγιον 1901, pp. 143-144; MEE 21 (1933) 484.

5. Jugement de 1868, pp. 13-14. Il est à noter qu'un poème intitulé Τα κατά Νάσον και Χρύσω (en langue populaire et, en vers de quinze syllabes) est publié dans Denis Iliacopoulos, Μαραμένα Φύλλα, Zante 1877, pp. 9-13.

6. Jugement de 1868, pp. 14-16

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l'année suivante1. Dans une longue réponse au jury de 1868, l'auteur essayait de réfuter, paragraphe par paragraphe, tous les reproches formulés contre lui par Aphentoulis. Il niait avoir écrit un poème religieux et revendiquait la liberté de porter à la scène le Patriarche Grégoire comme bon lui semblait. Sa foi dans le classicisme était proclamée: "N'ayant aucun contact avec ce mensonge que l'on appelle communément romantisme... et orientés, autant que possible, vers la froideur antique, nous croyons que nous nous sommes ainsi approchés davantage de l'art..."2. Quant à l'institution poétique, en général, elle était transformée "en pleurnicherie puérile et en concours d'enfants"3. En vain les juges universitaires se justifiaient-ils "stupidement" pour dissimuler leur incapacité et leur ignorance; leurs Jugements, contradictoires, étaient "indignes de toute considération grammaticale, philologique, philosophique, technique et sociale"4. Dans ces conditions, Zavitsanos demandait au fondateur d'intervenir pour réorganiser le concours et proposait la création d'une "académie poétique" composée de dix membres qui ne seraient pas exclusivement élus parmi les universitaires.

12) Οι φυγάδες της Τραπεζούντος : tragédie en cinq actes, qui a le même auteur et les mêmes défauts que le drame Η παρθένος της Κορδύλλης. Elle manque d'unité de temps et de lieu. Le récit, interminable, est caractérisé par une fatigante accumulation de synonymes puisés dans les tragédies d'Euripide et dans la poésie byzantine. Malgré tout, cette œuvre mérite d'être jouée au théâtre pour son patriotisme5.

Il s'agissait de la tragédie de Périclès Triantaphyllidis qui avait été envoyée pour la première fois au concours de 1853. Elle allait être publiée en volume deux ans plus tard, avec une longue introduction historique, mais sans aucune mention des participations de l'auteur aux concours6.

13) Ελλάς δούλη : drame en douze tableaux qui rappelle la 

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1. Sp. N. Zavitsanos, Γρηγόριος ο Ε' ο Οικουμενικός Πατριάρχης, τραγωδία πράξεως μιας εις μέρη πέντε υπό -, Athènes 1869.

2. Ibid., p. 86.

3. Ibid., p. 152.

4. Ibid.

5. Jugement de 1868, pp. 16-17.

6. P. Triantaphyllidis, Οι φυγάδες, δραμα εις μέρη πέντε μετά μακρών προλεγομένων περί Πόντου υπό - Athènes 1870. -Sur P. Triantaphyllidis (1818-1871), voir P. Matarangas, Φαντασία και Καρδία, op. cit., pp. 134-137, E. Th. Kyriakidis, Bιογραφίαι, op. cit., pp. 163-169, MEE 23 (1933) 291.

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deuxième partie du «Faust» de Goethe. L'auteur, un homme savant, accumule maladroitement des lieux communs puisés dans l'histoire hellénique et dans «le pédantisme moyenâgeux des byzantins».

14) Στιχοδέσμη : recueil de poésies lyriques. Répétitions des mêmes mots et des mêmes idées.

15) Νέφη : poésies lyriques, œuvre d'un homme cultivé qui imite Théocrite. L'auteur fait partie de ces poètes «qui considèrent comme de la poésie la fatigante répétition de mots tels que fleur, arbre, rivière, rosé, murmurer, mélancolie, soupir».

16) Φθόγγοι : poésies lyriques qui «sentent le pyrrhonisme». L'auteur doit soigner sa maladive sensibilité en étudiant les grands poètes de l'Antiquité (Homère, Pindare, Sophocle) et en faisant de la gymnastique1.

17) Ευθανασία : trois poèmes, dont le premier (Ο θάνατος του Μάρκου Βότσαρη) constitue «une très faible imitation de Zalocostas», le second (Αυλή του θανάτου), plus réussi, une imitation d'un poème français, et le troisième «une heureuse allégorie de la marche aux flambeaux des Grecs anciens».

18) Ποιήσεις : recueil de poésies lyriques. Le style est vif, le sentiment ne fait pas défaut, mais la versification «est encore rigide et épineuse». Est cité en exemple le poème Ανάμνησις2.

Il s'agissait d'une œuvre de Jean Cambouroglou3.

19) Μύρτοι: recueil de poésies lyriques, caractérisées notamment par la variété de la versification, par l'élégance de la forme et par la grâce. Est cité le poème Θα πηγαίνω4.

Il s'agissait de la deuxième œuvre lyrique envoyée au concours par Sp. Lambros. Le poème Θα πηγαίνω allait connaître plusieurs publications:

Εκεί όπου ροδοδάφνη και χλωρός κισσός ανθεί,

όπου λούεται το έαρ εις ζεφύρους αρωμάτων,

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1. Jugement de 1868, p. 23. Nous ne sommes pas en mesure d'identifier le recueil en question avec celui publié par A D. Nicolaras, Φθόγγοι, λυρικαί ποιήσεις, Athènes 1874. Par ailleurs, il est peu probable qu'il s'agisse là d'une œuvre de Sp. Lambros, dont les archives contenaient un recueil manuscrit intitulé Φθόγγοι (1866): Nicos A. Bees, op. cit., p. 78.

2. Jugement de 1868, pp. 26-28

3. Voir Sp. De Biazi, Ιωάννης Καμπούρογλου, op. cit., p. 63.

4. Jugement de 1868, p. 29.

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όπου αίρεται το πνεύμα παραδείσους αναπλάττον,

θα πηγαίνω· με προσμένει η παρθένος η ξανθή1.

20) Έλλην Γενίτσαρος : tragédie en quatre actes, œuvre d'un homme savant qui imite «Les Bacchantes» d'Euripide. La froideur excessive du style, l'emphase et l'accumulation de mots archaïques en constituent les principaux défauts. Les personnages de cette tragédie, brigands incultes du XVIIe siècle, au lieu de parler la langue populaire, s'expriment dans un grec archaïsant.

Il s'agissait d'une oeuvre de A. I. Antoniadis2.

c. Les meilleurs poèmes du concours

21) Φλώρος και Ελένη : poème épique en huit chants. La versification ne manque pas de grâce. Les épisodes sont pour la plupart empruntés à des poètes contemporains. Le jeune auteur doit étudier la littérature antique, imiter les grands poètes et éviter les redites3.

22) Ο προσήλυτος : comédie en trois actes et en trimètres iambiques, ayant comme sujet le prosélytisme pratiqué par les catholiques. Telle qu'elle se présente, l'idée principale de l'œuvre n'a pas de portée réelle — le prosélytisme est inconnu en Grèce — «sauf si le poète avait l'intention de fustiger la ridicule habitude de certaines familles qui s'empressent d'envoyer leurs enfants à des écoles étrangères et hétérodoxes, pour qu'ils apprennent le français, etc., alors qu'ils ignorent les éléments même de leur propre langue». En tout cas, la comédie en question est répréhensible, parce qu'elle «se propose d'exciter les passions religieuses». En outre, elle a une économie défectueuse et recourt sans raison à des mots grossiers4.

Oeuvre de Panayotis D. Zanos (1848-1908), étudiant en droit, cette comédie allait être publiée la même année sous un titre différent5. L'auteur s'en expliquait: ne voulant pas exciter les passions religieuses, il avait changé le titre «pour que la Grèce ne fût pas blessée mortellement par (lui)». Du reste, son objectif était celui qu'avait supposé

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1. Ιλισσός, 15 juillet 1868; Pap. NP., p. 114; Mat. Parn., p. 761. Au recueil Μύρτοι appartiennent aussi les poèmes Έν πτηνόν et Τω δαφνηφορήσοντι, qui sont publiés séparément; voir G. Charitakis, op. cit., p. 37.

2. Voir un extrait publié dans la revue Εθνική Βιβλιοθήκη 6 (1870) 7-11.

3. Jugement de 1868, pp. 29-38.

4. Ibid., pp. 38-41.

5. P. D. Zanos, Η κόρη τον Απέργη, κωμωδία εις μέρη τρία και εις τρίμετρον ίαμβικόν, υπό - Athènes 1868.

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Aphentoulis: ridiculiser les parents qui envoyaient sans raison leurs enfants à l'étranger. Quant au rapport du jury concernant sa comédie, Zanos le trouvait "très élogieux, en effet, pour (lui)" et le reproduisait en entier dans sa préface1.

23) Ορφεύς : poème de 480 vers, traitant, en huit parties, le mythe antique d'Orphée et d'Eurydice. Il constitue "une des fleurs les plus odoriférantes de la récolte de cette année". L'auteur raconte son histoire avec beaucoup de grâce, sans toutefois éviter les lieux communs, l'obscurité et les longueurs. La première partie est un peu froide; la quatrième, citée par le rapporteur, est la meilleure. Au poème en question s'ajoutent quelques petites poésies lyriques (Η ποίησις, Η θρησκεία, Το έκθετον, Το άγαλμα της Παρθένου, Το βρέφος) qui dégagent, en général, le pessimisme de la "nouvelle école". "Dans ces conditions, décelant chez le poète un bon goût, une culture antique et une connaissance de la langue suffisamment développées, nous lui décernons un accessit et le prions, pour l'instant, de s'en contenter"2.

Il s'agissait de la troisième participation consécutive de D. Paparrigopoulos3. Au moment où celui-ci découvrait dans l'actualité du théâtre de nouvelles possibilités d'expression (Συζύγου εκλογή, 1868), Ορφεύς, poème épico-lyrique, venait concrétiser chez lui une orientation de plus en plus poussée vers l'Antiquité. Mais l'esprit néo-classique n'était ici que superficiel. Si la mythologie ancienne donnait au poète l'occasion de fuir, une fois de plus, le réel, elle ne diminuait pourtant pas le pessimisme résigné de sa pensée et la mélancolie profonde de ses images:

Και η κώπη μονοτόνως

ύδατα νεκρά μερίζει·

θάνατος πλανάται μόνος

χάους άνωθεν υγρού·

και το κύμα ψιθυρίζει

διά τόνου θλιβερού.

24) Τα τέκνα του Δοξαπατρή : drame en trois actes, constituant, en

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1. Ibid., pp. α'-β'. Sur P. D. Zanos, voir: Skokos, Ημερολόγιον 1910, p. 22 et N. I. L[ascaris], Ζάνος Παναγιώτης, ΜΕΕ 11 (1929) 909-910.

2. Jugement de 1868, pp. 41-48.

3. Ορφεύς et quelques-unes des poésies lyriques présentées au concours de 1868 sont publiées dans D. Paparrigopoulos, Ορφεύς - Πυγμαλίων, αρχαίοι μύθοι, υπό - Athènes 1869, pp. 5-32. De larges extraits du poème Ορφεύς sont reproduits dans Mat. Parn., pp. 426-437.

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quelque sorte, la suite de Μαρία Δοξαπατρή de Vernardakis. Ses qualités sont nombreuses: unité de temps et de lieu, langue satisfaisante, bonne description de caractères. Mais les défauts ne manquent pas: invraisemblances, imitations d'Alfieri et de Vernardakis. Or le drame en question, bien qu' il mérite d'être joué au théâtre, n'est pas jugé digne d'obtenir le prix du concours1.

Sophocle Carydis, auteur de cette œuvre, expliquait bientôt sa démarche en détail. Ayant composé son premier drame en trois nuits et se proposant de le monter au Théâtre Hellénique qu'il dirigeait, il avait décidé de ne l'envoyer au concours qu'au dernier moment. Faute de temps, il s'était servi de son imprimerie pour présenter au jury, à la place d'une copie manuscrite, un exemplaire imprimé à la bâte. Or les fautes et les imperfections de cette première édition étaient compréhensibles. Plus tard, dans une deuxième édition, Carydis promettait de répondre «aux idées parfois erronées» du jury et d'aborder tous les problèmes concernant «l'intrigue, les caractères et la versification du poème». Pour l'instant, il exprimait aux universitaires sa satisfaction: «j'accepte avec reconnaissance comme très juste le verdict du jury, car seuls les imbéciles tiennent leurs œuvres pour infaillibles»2.

25) Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής : comédie en trois actes (1700 vers), ayant comme but de ridiculiser, à juste titre, la vanité de certains Grecs, notamment Athéniens, qui rêvent de devenir officiers de la Garde Nationale. Le sujet de l'œuvre est réel et actuel; les quatre personnages sont décrits avec justesse. La langue, sonore, harmonieuse et naturelle, est «celle qui est à la mode dans la société athénienne». L'absence de mots grossiers s'inscrit à l'actif de l'auteur. Si les défauts ne manquent pas (longueurs de certaines scènes, rareté relative de situations comiques, manque de jeux de mots), ils ne sont pas de nature à priver la comédie en question de la première place au concours. Le poète de Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής est donc appelé à recevoir le prix et la couronne, celui de Τα τέκνα του Δοξαπατρή occupant la deuxième place et obtenant comme récompense l'annonce de son nom3.

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1. Jugement de 1868, pp. 48-58

2. S. Carydis, Τα τέκνα τον Δοξαπατρή, δράμα εις πράξεις τρεις υπό - στεφθέν εν τω ποιητικώ διαγωνισμώ του 1868, Athènes, pp. ζ'-ς'. Cette première édition était déjà mise en vente dès le mois de mai: voir Φως, 24 mai 1868. Il est à noter que l'auteur n'a pas tenu compte de ses promesses: aucune réponse au jury de 1868 n'accompagne la deuxième édition (Athènes, 1876} de son drame.

3. Jugement de 1868, pp. 58-69.

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C'est ainsi que, pour la deuxième fois depuis 1866, Ange Vlachos, auteur de Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής1, remportait la victoire en battant sans équivoque une trentaine de concurrents. Mais il devait ménager une surprise à la cérémonie du 5 mai 1868: dans une lettre adressée au jury, il offrait, en cas de victoire, les 1.000 drachmes du prix à la Commision chargée de secourir les réfugiés crétois et, de plus, il refusait de révéler son nom. Dans ces conditions, le couronnement devenait impossible, et la cérémonie du concours aurait failli à sa tâche, si le jury n'avait pas eu l'idée d'attribuer la couronne à l'auteur de Τα τέκνα του Δοξαπατρή, Sophocle Carydis. Ce qui n'a pas empêché ce dernier de se vanter, sans vergogne, d'une victoire imméritée, voire de dénigrer l'homme qui la lui avait offerte: "Ce que je désirais, la couronne de laurier, je l'ai eu. Mon rival a eu, lui aussi, ce qu'il désirait peut-être, les 1.000 drachmes, pour les donner aux familles crétoises". Ou encore: "Au drame succède d'habitude la comédie. Cette comédie, je la laisse à mes ridicules ennemis, à tous ceux qui, comme il était normal furent jaloux de la couronne que j'ai obtenue"2.

Mais d'autres concurrents de Vlachos ne tardaient pas à s'en prendre à Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής, sous des prétextes, à première vue, moins mesquins. Ainsi, A. K. Yannopoulos exprimait toute son indignation pour le prix offert à une comédie qui ridiculisait "l'institution la plus vitale pour les libertés nationales des Grecs"3. De même, Sp. N. Zavitsanos ne pardonnait pas au jury de 1868 d'avoir honoré une œuvre qui portait atteinte "à la gloire de notre Garde Nationale"4. Ces protestations avaient tout lieu de toucher une sensibilité excitée au plus haut degré par les événements: au moment où la révolution crétoise battait son plein, la décision d'un jury qui refusait l'esprit d'exaltation patriotique et, pour la première fois dans l'histoire des concours, couronnait "à l'unanimité"5 une comédie critiquant la vanité des Grecs paraissait suffisamment audacieuse pour fournir aux perdants des arguments démagogiques.

En réalité, le verdict de 1868 était dans la logique des choses. Depuis 1866, où Coumanoudis avait incité à l'envoi de comédies aux

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1. Cette œuvre est publiée dans A. Vlachos, Κωμωδίαι, Athènes 1871, pp. 187-292. Contrairement aux autres comédies de Vlachos, elle n'a pas été jouée au théâtre.

2. S. Carydis, op. cit., pp. ζ' et ς΄. Ajoutons que l'auteur qualifie abusivement son drame de στεφθέν εν τω ποιητικώ διαγωνισμώ του 1868.

3. Α. Κ. Yannopoulos, op. cit., p. 407.

4. Sp. Ν. Zavitsanos, op. cit., p. 80.

5. R.R. de 1868, p. 66.

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concours, il était clair que le jury saisirait la première occasion pour honorer enfin un genre littéraire qui n'avait jamais obtenu de récompense. En 1868, cette occasion ne devait pas être perdue. Les deux membres du jury les plus influents, Orphanidis et Coumanoudis, avaient toutes les raisons de respecter la poésie comique. D'ailleurs, la lutte anti-romantique n'était pas encore terminée, bien au contraire. Le néo-classicisme n'avait rempli sa mission qu'en partie. Certes, il contrôlait déjà de larges secteurs de l'expression épique et dramatique (tragédie) — la poésie lyrique demeurait toujours un fief romantique— mais ses froideurs archaïsantes n'offraient pas la meilleure garantie contre les ardeurs de la «nouvelle école». Donc, il devenait nécessaire que cette dernière fût combattue plus efficacement. La comédie, par sa nature, avait toutes les caractéristiques d'une arme anti-romantique redoutable. Elle introduisait le naturel, remplaçait l'individuel par le social, développait le sens critique, changeait le ton de la poésie. Elle ouvrait la porte à la réalité, et au réalisme.

Le fait que le jury de 1868 ait opté pour une œuvre se référant à la vie contemporaine et quotidienne n'était pas négligeable. La poésie-modèle acceptée par les universitaires passait déjà de l'emphase à la familiarité. Le monologue devenait dialogue. Le trimètre iambique de Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής, exempt d'archaïsmes, baignait dans la simplicité prosaïque de la langue parlée:

Μου ενήργεις εναντίον μου

λοιπόν ...και όταν σ' ανεκοίνωσα εγώ

την πρόθεσίν μου, δεν με είπες τίποτε!

Μου υπεσχέθης συνδρομήν... μ' εγέλασες!

Ηθέλησες να μου φωνάζουν: του, του, του

με τα χωνιά στο στόμα οι μπακάληδες!

Καλό, δεν θα μου πέσης εις τα νύχια μου

ποτέ; Θα σε μαδήσω τρίχα, τρίχα!

Un virage décisif s'effectuait: la poésie semblait soudain se débarrasser de ses ailes artificielles pour atterrir sur le sol de la réalité. Elle n'en était pas moins vidée de sa substance: une prose versifiée.

Ange Vlachos ne dépassait certes pas son conservatisme, sa froideur, son attachement à la langue savante. Mais, une fois orienté vers la comédie, il devait respecter les lois de celle-ci. Depuis le succès au Théâtre d'Athènes de Η κόρη του παντοπώλου (1866), comédie en prose se référant à la vie contemporaine, il était persuadé que «telle

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doit être la comédie grecque d'aujourd'hui»1. Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής, œuvre écrite durant l'hiver de 1867-68 en trimètres iambiques pour le concours poétique, était dans la même optique, ainsi que toutes les comédies (en prose ou en vers) qui suivirent: Γαμβρού πολιορκία (1870), Γάμος ένεκα βροχής (1870), Η εορτή της μάμμης (1871), Προς το θεαθήναι (d'après la Poudre aux yeux de Labiche et Martin, 1870), Η σύζυγος του Λουλουδάκη (d'après Un Mari dans du coton de Lambert Thiboust, 1870).

Dans le mesure où un certain public athénien était de plus en plus attiré par le théâtre et par la comédie, Vlachos avait un rôle important à jouer; il essayait de créer ce qu'il appelait «comédie nationale de caractères»2. Ennemi de toute imitation étrangère, il voulait, avant tout, ridiculiser et fustiger à la fois les défauts qu'avait produits chez les Grecs contemporains l'introduction des mœurs occidentales: Mariori, un des personnages de Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής, représentait les jeunes filles d'Athènes «qui s'endorment sur les romans de Soulié et de Sand»3. Anti-romantique, il se tournait vers la vie quotidienne pour la démystifier.

Mais sur quels modèles pouvait s'appuyer une «comédie nationale de caractères»? Vlachos avait beau jeu de vouloir se placer dans la tradition de Molière et de Holberg4. Son esprit comique était trop superficiel pour aller au fond des choses. E. Roïdis le voyait bien: «En effet, M. Vlachos n'a rien à voir avec Aristophane, Plaute, Molière et de tels bourreaux de la société, mais il appartient à la famille des Pope, des Boileau, des Laharpe et des autres maîtres du bien écrire»5. Ainsi, malgré son hostilité envers les mœurs et les imitations étrangères, Vlachos

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1. A. Vlachos, op. cit., p. ιγ'.

2. Voir sa préface importante, Ibid., p. γ' sq. La publication des comédies de Vlachos, en 1871, a été un événement. Parmi les articles qui lui ont été consacrés, nous signalons notamment: le compte rendu de E. Roïdis dans le journal Αιών, 16, 23 et 30 août 1871 [=Κριτικαί Μελέται, Athènes 1912, pp. 16-23; le compte rendu de N. Cazazis dans la revue Παρθενών l (1871-72) 346-351; un compte rendu signé Γ. dans la revue Πανδώρα 22 (1871-72) 433-437; Queux de Saint-Hilaire, «Un essai de théâtre national dans la Grèce moderne», Annuaire de l'Association pour l' encouragement des Études Grecques en France 6 (1872) 204-216 (article traduit en partie dans Παρθενών 2, 1872-73, 1039-1041). L'ensemble de la bibliographie concernant les comédies de Vlachos est présenté et commenté par Ch. G. Sakellariadis, «Ο Άγγελος Βλάχος ποιητής σατιρικός», NE 46 (Noël 1949) 111-115.

3. Jugement de 1868, p. 61.

4. A. Vlachos, op. cit., p. ς' sq.

5. E. Roïdis, Κριτικαί Μελέται, op. cit , p. 22.

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ne pouvait faire autrement que d'emprunter le chemin facile où le conduisaient à la fois son tempérament et le goût du public athénien: le vaudeville français.

Queux de Saint-Hilaire, du reste très indulgent pour l'auteur de Κωμωδίαι, devait parler d'une erreur «qui a conduit sans doute M. Vlachos à faire les honneurs d'une traduction grecque et d'une adaptation à la scène grecque de deux vaudevilles agréables du théâtre des Variétés, mais qui certainement ne s'attendaient pas à l'honneur de se voir traduits dans la langue d'Aristophane, de Ménandre et «des dieux»: la Poudre aux yeux, de MM. Labiche et Martin, et Un Mari dans du coton, de Lambert Thiboust. C'est cette même erreur qui a engagé M. Vlachos dans son essai de théâtre national, dans ses comédies, à faire des imitations de nos vaudevilles français plutôt que de véritables comédies, des œuvres vraiment originales, et à peindre des types secondaires de la société grecque plutôt que des caractères vraiment humains»1. Le mot «erreur» était sans doute une formule de politesse; en fait, on pourrait plus justement parler des limites, subjectives et objectives, de l'auteur de Κωμωδίαι..

En tout état de cause, la tentative de Vlachos ne doit pas être minimisée. Au moment où le romantisme et le classicisme athéniens sombraient, plus ou moins, dans les mêmes impasses (retour à l'Antiquité, archaïsme, éloignement du réel et du naturel, etc.), la comédie venait indiquer une issue; en diminuant la distance entre la poésie et la prose, elle jetait, en dernière analyse, un pont solide vers la réalité. La langue vivante faisait obligatoirement son apparition—et cela malgré les convictions linguistiques de Vlachos lui-même, toujours prêt à recourir au purisme— dans les dialogues: on s'éloignait à la fois de l' archaïsme et de la «pure et véritable» langue des chants populaires. A sa manière, et sans le vouloir, Vlachos travaillait, au fond, pour tout ce qu'il aurait plus tard en horreur: le naturalisme, le démotisme, le vaudeville grec.

Connaisseur de la vie littéraire et sociale d'Athènes, il n'ignorait pas ce qui changeait dans les goûts du public et dans les options des universitaires. Depuis 1866 (Εκ των ενόντων), il savait que la poésie lyrique n'était plus le genre favori des concours:

«Ποιητά μου! αι! πού τρέχεις

λέγ' εις άλλον, να μου ζήσης,

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1. Queux de Saint-Hilaire, op. cit. pp. 210-211.

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τας χιλίας μη ζητής·

στείλε δράματα αν έχης,

όχι λυρικάς ποιήσεις,

και θα γίνης νικητής!"

Cette conviction l'avait conduit à envoyer au concours sa tragédie Αντίνοος, alors que, répondant à une demande qui se manifestait de tous côtés, il s'orientait systématiquement vers la comédie. En 1868, ses efforts pour créer une "comédie nationale de caractères" étaient récompensés par l'Université. Mais Vlachos, accablé par un deuil, "le plus grand malheur de (sa) vie", survenu quelques jours après l'envoi de Ο λοχαγός της Εθνοφυλακής au concours, n'avait aucune envie - explique-t-il - de fêter sa victoire: c'est pourquoi, dans une longue lettre au jury, il avait offert les 1.000 drachmes aux réfugiés crétois et caché son nom1. C'est aussi pourquoi - pouvons-nous conclure - les rodomontades et les allusions offensantes de S. Carydis restèrent sans réponse au moment où elles furent formulées (1868). Il fallut trois ans pour que Vlachos trouvât l'occasion, dans la préface de Κωμωδίαι, de répondre à l'auteur de Τα τέκνα του Δοξαπατρή et de revendiquer le prix et la couronne du concours de 1868 2.

Dès lors, il allait abandonner à jamais le concours de Voutsinas. Son bilan était déjà satisfaisant: 8 participations pendant plus de 10 ans (1857-1868), un accessit (1863), deux victoires (1866, 1868). C'est au cours de cette décennie, entre la dix-neuvième et la trentième année de sa vie, que le poète s'était accompli en lui, à l'ombre de l'Université et à travers une série de transformations conjoncturelles: Vlachos était passé du romantisme au classicisme, avait cultivé la poésie lyrique, épique et dramatique, avait découvert Lamartine, Heine, Heyse, le vaudeville français. A partir de 1868 il allait continuer son œuvre d'auteur comique, participer à d'autres concours (Ολύμπια, 1870), s' adonner à la critique littéraire et à la traduction. L'institution poétique qui, bafouée par lui en 1866, lui avait néanmoins offert la couronne et le prix deux ans plus tard, n'avait plus rien à lui donner.

2. 1869: L'idéal déchu

Dans la mesure où l'augmentation des participations aux concours ne constituait pas un fait exceptionnel et passager, les 24 poèmes envoyés en 1869 venaient confirmer une poussée numérique 

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1. A. Vlachos, op. cit., p. ιε'.

2. Ibid., pp. ιε'-ις'.

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indiscutable. Le recteur G. A. Rallis s'en réjouissait: «nous avons vu avec plaisir que nous n'étions plus à l'époque où les juges des concours littéraires et poétiques, faute de pouvoir couronner une des œuvres présentées, remettaient à plus tard l'attribution du prix»1. A vrai dire, la non-attribution du prix dans le passé n'avait rien à voir avec le nombre des poèmes présentés et, de ce point de vue, l'exemple de l'année 1857 (18 participations) était caractéristique. Mais le recteur de 1869, prompt à tirer argument du nombre des poèmes pour exalter le succès des concours, n'hésitait pas à confondre la quantité avec la qualité.

Un jury composé de cinq membres —G. A. Rallis (président), A. S. Roussopoulos (rapporteur), St. Coumanoudis, Th. Aphentoulis et D. Sémitélos2— eut à examiner les 24 œuvres en 40 jours. Le rapporteur de 1869 ne voulut pas suivre l'exemple de son prédécesseur: son rapport, moins volumineux que celui d'Aphentoulis, s'occupait seulement des poèmes les plus importants, et, chose nouvelle, il dispensait le public de la cérémonie du 25 mai d'un grand nombre de citations poétiques qui devaient figurer dans sa publication en brochure. Roussopoulos avait hâte de finir une besogne dans laquelle il ne se sentait apparemment pas à l'aise. Universitaire plus que critique littéraire, il gardait ses réflexes conditionnés de correcteur de copies; il mettait des notes plus souvent qu'il ne développait des jugements.

Répartis en trois catégories (2 épiques, 12 lyriques et mixtes, 10 dramatiques) les poèmes envoyés en 1869 représentaient les principaux genres littéraires. Nous suivons ci-dessous l'ordre, les analyses et les développements principaux du rapporteur, en y apportant, lorsque cela est possible, des éclaircissements3:

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1. R.R. de 1869, p. 345. Il est à noter que le recteur Rallis mentionne par erreur 17 participations, au lieu de 24, et que, de plus, il parle —ce que le rapporteur ne fait pas— de l'exclusion de 3 poèmes arrivés après l'échéance. Nous pouvons donc évaluer l'ensemble des œuvres envoyées au concours de 1869 à 27.

2. Le nom de ce dernier ne figure pas parmi les signataires du Jugement de 1869, bien que le rapporteur parle de 5 juges (πέντε όντες): Jugement de 1860, Athènes 1869, pp. 3 et 119. Cette inadvertance est corrigée par le recteur Rallis, qui cite D. Sémitélos parmi les membres du jury.

3. Roussopoulos (Jugement de 1869, p. 33) précise que l'ordre selon lequel il présente les poèmes constitue l'échelle de leur valeur. En effet, à l'intérieur de chaque catégorie, il commence par les meilleures œuvres pour aboutir aux plus insignifiantes. Cette règle néanmoins n'est pas respectée en ce qui concerne les 3 comédies du concours, dont la plus importante est placée en troisième place: le rapport devait s'achever, comme toujours, sur l'œuvre choisie pour le prix.

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http://www.iaen.gr/includes/resources/auto-thumbnails.php?img=/home/www.iaen.gr/uploads/book_files/37/gif/258.gif&w=600&h=91522. Moullas, Concours poetiques

a. Poèmes épiques

1) Ο ληστής

2) Η Μονή του Αρκαδίου1

Tous les deux méritent la mention «à rejeter»2.

b. Poèmes lyriques et mixtes

3) Πυγμαλίων (auquel s'ajoutent, en annexe, trois poésies lyriques; Έρως και νυξ, Η προσευχή, Ο Λίνος): poème traitant du mythe antique du sculpteur chypriote Pygmalion, «écrit dans un esprit novateur avec une habileté, une grâce et une harmonie peu communes, mais aussi parfois avec tine tiédeur qui ne conserve pas l'énergie de toute l'œuvre». L'auteur, triste et accablé, transfuse partout sa mélancolie et laisse apparaître une certaine influence de Schiller (Die Ideale). Curieusement, la source principale de son mythe, les «Métamorphoses» d'Ovide, n'est pas respectée: le poète de Πυγμαλίων «a omis certaines idées bonnes et morales que l'on trouve chez Ovide» et, par conséquent, «il n'a pas épuisé la tradition, parfois même il l'a déformée ou violée au détriment de son œuvre». La dernière strophe de celle-ci montre, cependant, que le poète a l'espoir de la vie éternelle:

Θέλεις; άνω η γαλήνη

αιωνία βασιλεύει·

εδώ άρχει η οδύνη·

άνελθε εις ουρανόν,

ον ο άνθρωπος μαντεύει

εν τω μέσω των δεινών3.

Œuvre de D. Paparrigopoulos, Πυγμαλίων allait être publié la même année avec les trois poésies lyriques qui l'accompagnaient4. Ainsi que dans Ορφεύς, la mythologie ancienne et le récit épique dissimulaient mal ici un lyrisme romantique qui trahissait l'auteur désespéré de Στόνοι:

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1. Il s'agissait peut-être du poème exclu du concours de l'année précédente.

2. Jugement de 1869, p. 3.

3. Ibid., pp. 3 et 14-19. La plus grande partie du poème est publiée, pp. 19-32.

4. D. Paparrigopoulos, Ορφεύς-Πυγμαλίων, op. cit., pp. 33-64. Nous signalons, sur ce livre, l'intéressant compte rendu de N. Cazazis dans Εθνική Βιβλιοθήκη 5 (1869) 13-16. De longs extrais de Πυγμαλίων sont présentés dans Mat. Parn., pp. 437-442. Le poème Ο Λίνος est reproduit dans Pap. NP., pp. 170-172.

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    22. Moullas, Concours poetiques

    CHAPITRE II

    LE SAUT QUANTITATIF (1868-1871)

    Τας παραλυτικάς αυτών ποιήσεις

    με άνθη και ψιμμύθιον κοσμούσιν,

    ενδύουσι κομψώς και σαβανούσιν

    εις πλείστας και ψυχράς μεταρρυθμίσεις.

    D. Paparrigopoulos (1867)

    L'heure du théâtre, nous l'avons déjà vu, avait sonné pour les concours poétiques universitaires en 1865, lorsque le prix avait été décerné au drame d'Antoniadis Φίλιππος ο Μακεδών. Les rapporteurs Roussopoulos (1865) et Coumanoudis (1866) avaient sollicité l'envoi de drames et de comédies en termes non ambigus. Au même moment, Vernardakis et Vlachos offraient, sur la scène du Théâtre d'Athènes, des exemples dramatiques à suivre. Si Μαρία Δοξαπατρή (1858), jouée pour la première fois en 1865 et rééditée en 1868 sans sa préface, demeurait toujours une pièce romantique exemplaire qui orientait de nombreux auteurs (S. Carydis, T. Ambélas, S. N. Vassiliadis, Sp. Lambros, etc.) vers l'histoire médiévale, Μερόπη (1866), cristallisation du revirement classique amorcé chez Vernardakis par Κυψελίδαι (1860), devenait le nouveau modèle de retour à l'Antiquité.

    Des décennies durant, le théâtre néo-hellénique n'allait pas sortir de la voie dans laquelle l'avait engagé l'auteur de Μερόπη. En 1893, à propos de Φαϋστα, C. Palamas rejetait sur Vernardakis toute la responsabilité d'une production dramatique pléthorique et inconsistante: "La tragédie, toujours la tragédie! Avec ses empereurs et ses impératrices, sa langue savante et ses trimètres iambiques, son style sublime et sa noblesse!"1.

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    1. Pal. A., t. X, p. 53.