Συγγραφέας:Moullas, P.
 
Τίτλος:Les concours poétiques de l’ Université d’ Athènes 1851-1877
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:22
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:488
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Τοπική κάλυψη:Ελλάδα
 
Χρονική κάλυψη:1851-1877
 
Περίληψη:Στο βιβλίο αυτό παρουσιάζεται και μελετάται αναλυτικά και σε βάθος ένας σημαντικός για τα ελληνικά γράμματα του 19ου αιώνα θεσμός, οι ποιητικοί διαγωνισμοί που διοργανώνονταν στο Πανεπιστήμιο Αθηνών, και πιο συγκεκριμένα ο Ράλλειος Διαγωνισμός (1851-1860) και ο μακροβιότερος Βουτσιναίος διαγωνισμός (1861-1877).
 
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CHAPITRE III

LE DÉCLIN DES CONCOURS (1872-1877)

Εντεύθεν ζωή βασιλεύ' αληθής

και λήγει το κράτος του Μύθου

G. Vizyinos (1877)

Dès le début de la huitième décennie du siècle, un certain changement est perceptible dans la société néo-hellénique. En effet, ce que Orphanidis appellera en 1876 "fermentation sociale" commence déjà à se préciser au lendemain de la révolution crétoise (1866-1869): nous avons affaire à des mutations certaines qui s'accélèrent dans tous les domaines. La manifestation de nouveaux besoins, plus matériels et réalistes, est un indice caractéristique. Le développement économique entraîne le goût du réel, une ouverture à la vie et à ses plaisirs. Peu à peu, les sens l'emportent sur l'imagination. Le ton devient plus familier, les illusions moins acceptables.

De fait, les signes annonciateurs de transformations plus ou moins profondes dans la vie économique, politique et culturelle de la Grèce se multiplient pendant toute la décennie 1870-1880. "Époque de transition", selon l'expression de Roïdis, cette décennie semble destinée à préparer l'avenir en liquidant les obstacles les plus gênants du passé. C'est ainsi que le développement des forces productives comporte, en 1875, le dénouement heureux de la crise politique accentuée depuis 1868, et que le premier gouvernement de Ch. Tricoupis (1832-1896) annonce l'arrivée à la maturité d'une nouvelle bourgeoisie capable d'imposer sa volonté. C'est ainsi que les hommes de l'avenir devancent les hommes du passé, d'autant plus facilement que ces derniers sont souvent éliminés par une mort précoce.

Toutefois, à mesure que le processus de transformation se concrétise, son dynamisme est lié aussi bien à des initiatives individuelles qu'à des formes d'organisation collective. Les Sociétés Littéraires, parmi 

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lesquelles la plus prestigieuse reste Παρνασσός (1865), se multiplient tant à Athènes (Βύρων, Ευαγγελισμός, Αθήναιον, Εταιρεία των φίλων του λαού, etc.) qu'ailleurs1. Animées par les jeunes, elles deviennent des institutions aptes à poursuivre leurs objectifs culturels et patriotiques dans un nouveau contexte historique et, ce qui nous intéresse davantage, à concurrencer les vieux modes de production littéraire, y compris les concours poétiques. Si la presse périodique athénienne se renouvelle au cours de la décennie 1870-1880, c'est sans doute grâce à un ensemble de conditions qui favorisent le nouveau en éliminant l'ancien, mais aussi, plus particulièrement, grâce à l'action des Sociétés Littéraires. C'est ainsi que le vide créé par la disparition de Πανδώρα (1850-1872)2 est comblé par plusieurs nouvelles revues qui, éphémères ou durables, liées encore au passé ou orientées déjà vers l'avenir, deviennent l'expression vivante de cette «époque de transition»: Παρθενών (1871-1873), Αθήναιον (1872-1882), Μουσείον (1873-1874), Βύρων, (1874-1879), Εστία (1876-1895), Παρνασσός (1877-1895).

Dans la mesure ou le besoin d'un contact avec le réel et le naturel se précise, il est normal que le romantisme et le classicisme athéniens, en perte de vitesse, entrent dans une crise profonde. Car on ne doit plus demeurer dans l'abstraction, au moment où le présent impose de plus en plus ses droits. En ce sens, pour les universitaires les plus avancés, le problème n'est plus, comme durant la décennie précédente, de combattre le romantisme excessif au nom d'un classicisme aussi archaïsant qu'abstrait, mais de rétablir, dans la mesure du possible, un nouveau rapport entre les mots et les choses, entre la poésie et la vie.

Ce nouveau rapport est maintenant favorisé aussi bien par les conditions locales que par certaines manifestations du rationalisme européen (empirisme, positivisme, doctrine de Taine etc.). L'étude du folklore, établie sur des bases scientifiques, a tout lieu d'obtenir la faveur universitaire, ainsi que le montre, en 1871, le couronnement de Nicolas Politis (Μελέτη επί του βίου των νεωτέρων Ελλήνων) dans le concours de

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1. V. Gavriilidis, «Περί φιλολογικών ή ακαδημαϊκών συνεταιρισμών» Επτάλοφος, fasc. 1 (1869) 563-564; Albert Dumont, «Les Syllogues en Turquie», Annuaire de l'Association pour l'encouragement des études grecques en France 8 (1874) 527-538; Queux de Saint-Hilaire, «Des Syllogues grecs et du progrès des études littéraires dans la Grèce de nos jours, Ibid. 11 (1877) 286-322; Pierre A. Moraïtinis, La Grèce telle qu'elle est, Paris 1877, pp. 172-197.

2. Sur cette revue et sur la presse périodique de son époque, voir notamment: Apostolos Sachinis, Συμβολή στην ιστορία των Πανδώρας και των παλιών περιοδικών, Athènes 1964.

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Rodocanakis. D'autre part, au moment où les intellectuels ioniens s'imposent dans la vie littéraire de la capitale, la langue démotique, liée particulièrement aux chants populaires et à la poésie heptanésienne, gagne du terrain et occupe de nouveau le devant de la scène: N. Conéménos, Το ζήτημα της γλώσσας (1873), Και πάλε περί γλώσσας (1875). Elle est officiellement honorée par l'Université d'Athènes: en 1872, le recteur E. Castorchis invite respectueusement Aristote Valaoritis à réciter un poème devant la statue du Patriarche Grégoire V, ce qui ne manque pas du susciter la colère de D. Vernardakis. En 1873, le rapporteur G. Mistriotis, comme nous le verrons, n'hésite pas à couronner, pour la première fois dans l'histoire des concours, une œuvre écrite en langue populaire et à exprimer son admiration pour «le grand poète de Zante» Solomos. En 1877 encore, année même où André Lascaratos est invité à faire une conférence dans la Société Littéraire Παρνασσός, le concours de Voutsinas se termine sur le couronnement d'une œuvre «vulgaire».

Que se passe-t-il, au fond? Pourrions-nous, à la lumière de ces faits, attribuer aux universitaires athéniens des années 1870, en général, un esprit novateur qui l'emporte finalement par la force des choses? Ce serait mal apprécier les différences profondes, les particularités et les antagonismes persistants des personnes et des clans. Car si Castorchis et ses amis, au pouvoir en 1872-1873, trouvent l'occasion de faire entrer dans l'Université un air frais en démontrant ainsi, une fois de plus, leur sens du réel et du naturel, ils n'ont pas à fêter une victoire unanime et définitive: leurs adversaires sont toujours prêts à contre-attaquer, ainsi que le montre le retour de A. R. Rangabé dans le jury en 1874. Or l'écart entre les deux principaux groupes universitaires ne fait que grandir: là où, pour les uns, la lutte contre les excès romantiques implique une alliance avec les vulgaristes, un rapprochement avec la littérature heptanésienne et, d'une façon plus générale, un retour au réel et au naturel, pour les autres l'idéal néo-classique abstrait, tel qu'il fut imposé au cours de la décennie précédente, demeure toujours l'arme unique, bien qu'elle soit usée et inefficace.

Mais ces divergence dépassent maintenant le cadre universitaire. A mesure que les concours poétiques, entrés dans leur phase finale, sombrent dans l'indifférence, l'autorité des professeurs en matière de poésie cesse d'être incontestée et sans partage. Cultivée pendant longtemps et presque exclusivement dans l'Université, la critique littéraire trouve déjà d'autres terrains d'expression: la presse athénienne, notamment les Sociétés Littéraires. Cette critique a pourtant ses limites; elle doit répondre, tout d'abord, aux mêmes questions que les jurys des professeurs.

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Si ses nouveaux représentants ne sont pas directement liés aux groupes universitaires rivaux, ils n'en usent pas moins de la même problématique et en épousent les désaccords fondamentaux et les contradictions essentielles. Ange Vlachos, critique littéraire à partir de 1874, exalte les poètes athéniens de la génération précédente, comme s'il voulait, en même temps, défendre de toutes ses forces l'institution poétique en péril; conservateur, formaliste, partisan de la langue savante, il appartient à la même famille intellectuelle que A. R. Rangabé ou D. Vernardakis. Emmanuel Roïdis, disciple de C. Assopios, se situe dans le camp opposé. Rationaliste et progressiste, il est l'héritier de la tradition des Lumières, celle qui est conservée jusqu'aux dernières années des concours par Mistriotis et Orphanidis pour déboucher sur la doctrine de Taine. S'il combat l'institution poétique mourante, c'est non seulement pour rejeter la littérature à laquelle elle a donné naissance, mais aussi pour annoncer la fin d'une époque révolue. A cet égard, son débat avec Vlachos, en 1877, est significatif. Bilan de la poésie néo-hellénique et procès des concours, ce débat devient à la fois un épilogue et une préface, une fin et un début. Le changement ne s'annonce que dans la continuité: extra-universitaires, Roïdis et Vlachos peuvent transporter leur querelle dans la Société Littéraire Παρνασσός, mais ils ne cessent d'incarner les deux principaux courants qui ont marqué si longtemps la pensée et la critique universitaires. La lutte décisive est toujours celle qui oppose le rationalisme à l'abstraction métaphysique et transcendantale.

Entre-temps, dès le début des années 1870, les concours présentent tous les signes révélateurs d'une crise insurmontable. Abandonnés par les poètes les plus prestigieux, en rupture avec les nouveaux besoins d'une société en pleine évolution, vidés de leur substance au moment où le romantisme et le classicisme athéniens sont liquidés, incapables de se renouveler, de donner des résultats satisfaisants, de résister à la lassitude des professeurs et à la concurrence des Sociétés Littéraires, ils apparaissent de plus en plus comme une survivance inutile du passé. Leur prestige ne peut être rehaussé parles verdicts contradictoires et par les querelles persistantes des jurys. Leur autorité est irrémédiablement sapée par les attaques de leurs adversaires. En vain la réforme appliquée en 1872 s'annonce-t-elle comme un nouveau départ prometteur: ce n'est pas la répartition des genres poétiques qui peut remédier à un mal endémique et incurable. Le contact avec le réel enlève à la poésie une grande partie de son importance. L'agressivité, calmée, a de moins en moins besoin de joutes littéraires orageuses. C'est dans ces conditions

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que les concours s'éteignent définitivement en 1877, après avoir traversé une longue crise dont les pages suivantes retracent les étapes et les manifestations les plus essentielles.

1. 1872: Un concours dramatique médiocre

Le 7 mai 1872, dans la Grande Salle de l'Université, les Athéniens célébraient le concours poétique pour la vingtième fois. Ce n'était pas un jour comme les autres. Devant un jury composé de trois membres —E. Castorchis (président), Th. Aphentoulis (rapporteur) et G. Mistriotis— la cérémonie prenait un caractère particulièrement officiel: le fondateur Jean Voutsinas, venu d'Odessa, était présent, ainsi que le chef du gouvernement D. Voulgaris avec plusieurs de ses ministres, tandis que le public, nombreux et enthousiaste, ne ménageait pas ses applaudissements1. On eût pu croire à un nouveau départ: le concours, réorganisé, commençait cette année-là par la poésie dramatique.

Aphentoulis n'hésita pas à donner à son rapport un ton de discours patriotique. Les ennemis de la Grèce, «tous ceux qui nous reprochent de ne pas être les descendants des Grecs anciens», reçurent d'emblée une réponse sévère. Leurs accusations, selon le rapporteur, étaient faciles à réfuter par l'existence des concours dans la Grèce moderne et par la survivance de la tragédie! Quant à l'avenir, il s'annonçait prometteur, grâce à la jeunesse. «A l'heure actuelle, Athènes semble de nouveau destinée à cultiver la poésie dramatique que nous honorons aujourd'hui»2.

Du reste, reprenant les formules de son prédécesseur, Aphentoulis ne manquait pas de montrer que l'importance du «milieu» était pour lui aussi évidente: «Selon l'avis général, la poésie est le miroir le plus fidèle des sentiments et des idées du peuple dans lequel elle est conçue et pratiquée»3. Seulement, son rôle n'était pas d'être un reflet passif. Sa mission restait toujours telle que l'avait définie Schiller: «montrer où, comment et vers quel but doit s'avancer la vie nationale»4.

Optimiste, en général, le ton du rapporteur avait ce qu'il fallait pour apaiser les esprits, pour rassurer. A première vue, tout allait bien. Les concours entraient dans une nouvelle phase sous de favorables

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1. Voir les comptes rendus dans les journaux Παλιγγενεσία, 8 mai 1872, et Ειρηνική, 9 mai 1872.

2. Jugement de 1872, Athènes 1872, ρ 5.

3 Ibid., p. 7.

4. Ibid., p. 4.

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auspices. Leur répartition entre les trois genres poétiques s'avérait pour l'instant payante: les poèmes dramatiques présentés en 1872 ne dépassaient pas le nombre de 28. Mais Aphentoulis allait encore plus loin. Une fois la réforme fondamentale réalisée, il demandait une spécialisation plus poussée, étant donné que la compétition entre tragédies et comédies créait au jury les mêmes difficultés que si l'on avait à choisir entre une colonne ionique et une colonne dorique1.

Il ne lui restait, enfin, qu' à présenter les poèmes du concours. Mais deux d'entre eux, arrivés après les délais, étaient déjà exclus. Le jury ne s'était donc occupé que de 28 manuscrits: 13 comédies et 15 tragédies. Dans cet ensemble, 12 œuvres seulement (7 comédies et 5 tragédies) méritaient d'être jugées plus ou moins favorablement, et c'est d'elles seules que le rapporteur allait parler; les 16 autres, rejetées par le jury comme insignifiantes, étaient simplement mentionnées. Voici les observations d'Aphentoulis, suivies de nos commentaires:

a. Comédies

1) Μικρομέγας

2) Ο κόμης Ρεπανάκης

3) Κόλακες

4) Κόρη κοτσάμπαση

5) Μισάνθρωπος

6) Ιδιοτροπία

7) Ο Βερτόλδος : comédie politique en neuf actes (2750 vers de quinze syllabes). "Produit bizarre", cette comédie a pour but de stigmatiser le luxe et l'abandon des mœurs traditionnelles. Elle est la deuxième de l'auteur (la première a déjà été jugée au concours). C'est la langue populaire, celle des Heptanésiens notamment, qui est employée ici. Le poète semble avoir une riche expérience de la vie, mais il connaît mal l'art du théâtre et n'évite pas les maladresses scéniques2.

Il s'agissait de la deuxième comédie, encore inédite, d'Antoine Phatséas: Ο Βερτόλδος αστυνόμος Ασίνης. Accompagnée d'autres poésies inédites, cette comédie est contenue dans un manuscrit autographe de l'auteur, manuscrit qui se trouve aujourd'hui à l'Institut Néo-hellénique de la Sorbonne. Émile Legrand en avait préparé une copie, probablement en vue d'une publication.

8) Οι εργολάβοι των Αθηνών: comédie en cinq actes (2410 vers) qui raille les tendances amoureuses des Athéniens, ainsi que font, d'ailleurs,

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1. Ibid., p. 7.

2. Ibid., pp. 10-13.

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la plupart des comédies du concours. Les défauts abondent: économie défectueuse, intrigue banale, monologues interminables, pédantisme1.

9) Η κόρη της εποχής: comédie en trois actes. Elle rappelle les comédies de Térence et possède des qualités nombreuses: intrigue ingénieuse, bonne peinture des caractères, scènes comiques, etc. Mais le poète, hésitant entre la poésie lyrique et la poésie épique, n'a pas pu trouver son propre style. Sa langue, sa technique et sa versification ont des défauts2.

10) Ευσυνειδησία και ασυνειδησία : comédie en quatre actes (2200 vers) qui raille "presque toute la société athénienne", sans présenter des personnages positifs. Elle imite notamment les "Nuées" d'Aristophane. Ses principales faiblesses: construction défectueuse, prolixité, scènes invraisemblables, absence d'enseignement utile3.

Il s'agissait de la première œuvre présentée aux concours par D. Gr. Cambouroglou (1852-1942)4. Le jeune poète versait dans la facilité d'une description de mœurs superficielle et prosaïque:

Γαρούφαλε, σου είπα μία, δύο, τρεις,

να μ' αγοράσης σάλι· από τας φωνάς

μ' επόνεσε το στήθος, έκλεισ' ο λαιμός.

Και μήπως τάχα έχω άδικον; ειπέ!

11) Η πολιτευομένη: comédie en cinq actes (1550 vers de quinze syllabes et iambiques). Cette satire des femmes qui s'occupent de politique a de nombreuses qualités: langue pure et régulière, versification réussie, dialogues excellents, dénouement naturel. Mais les caractères sont souvent invraisemblables5.

12) Οι πολιτικοί: comédie en quatre actes (1970 vers), "un des meilleurs fruits du concours présent". L'auteur réussit dans l'ensemble, notamment dans la langue et la versification. Mais il manque d'expérience scénique. Il doit fréquenter le théâtre et lire Aristophane, Térence et Plaute6.

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1. Ibid., pp. 13-16.

2. Ibid., pp. 16-22

3. Ibid., pp. 22-30.

4. D. Gr. Cambouroglou, Ευσυνειδησία και ασυνειδησία, κωμωδία εις μέρη τρία υπό -Athènes 1873. Sur la participation de l'auteur au concours de 1872 et sur le couronnement de sa comédie par la Société Littéraire Βύρων, voir Camb.A., pp. 699, 887-889, 286-288.

5. Jugement de 1872, pp. 30-35.

6. Ibid., pp. 35-38.

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Il s'agissait d'une œuvre de C. Th. Lambadarios († 1882) envoyée de nouveau, comme nous le verrons, au concours de 1875 sous le titre Ο πρωθυπουργός Σκουντούφλης.

13) Ο εραστής της γάστρας: comédie en deux actes (1341 vers), "une des meilleures œuvres du concours présent". Ses principales qualités: langue harmonieuse, bonne versification, bonne peinture des caractères, expérience scénique. Malgré quelques "invraisemblances", cette comédie est en général "réussie" et mérite d'être jouée au théâtre1.

Il s'agissait d'une œuvre du médecin Achille Iliadis, rédacteur du journal Ειρηνική.

b. Tragédies

14) Ευδοξία

15) Νικηφόρος Φωκάς

16) Ειδυλία

17) Μαύροι Γρενάδας

18) Ελβίρα Δόνα Σίλβα

19) Σεμέλη

20) Αντιόπη

21) Ιωάννης ο Καταλάνος

Il s'agissait d'une œuvre du médecin Marinos Coutouvalis2.

22) Θεονόη

23) Θηβαΐς

24) Γρηγόριος ο Ε': tragédie en trois actes (1520 vers iambiques). L'auteur a échoué dans l'économie de son œuvre: son héros, le Patriarche Grégoire V, est absent dans une série d'épisodes variés. Par ailleurs, le sultan Mahmoud II est présenté d'une façon peu conforme à la vérité historique3.

Il s'agissait d'une œuvre d'Anastase Diamantopoulos4.

25) Μιχαήλ Κομνηνός Β', δεσπότης της Ηπείρου: drame romantique en cinq actes, écrit en vers iambiques et en prose. L'influence de 

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1. Ibid., pp. 38-44.

2. Marinos Coutouvalis, Ο άρχων του Ολύμπου Ιωάννης ο Καταλάνος, δράμα εις μέρη πέντε, και Ανθύλλια, συλλογή λυρικών ποιήσεων, υπό -Athènes 1873. Un extrait de cette œuvre parut dans le journal Ειρηνική, 24 juin 1872.

3. Jugement de 1872, pp. 45-48.

4. L'auteur donna lecture de cette œuvre à la Société Littéraire Βύρων, le 28 mai 1872: P. I. Papaïoannou, Λογοδοσία των πεπραγμένων κατά το θερινόν εξάμηνον του Α' έτους εν τω Φιλολογικώ Συλλόγω Βύρωνι, Athènes 1873, p. 10.

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Shakespeare ("Macbeth" et "Hamlet") est manifeste. L'auteur ne manque pas de sentiment et d'imagination, mais il ignore complètement la langue et l'économie dramatiques1.

Il s'agissait d'une œuvre inédite et perdue d'Alexandre Moraïtidis (1850-1929)2.

26) Αριστόδημος: tragédie en cinq actes (1550 vers), qui imite, parfois de façon servile, la tragédie du même nom de Monti. Elle est écrite "avec beaucoup de force" et annonce un auteur dramatique talentueux3.

27) Κρήτες και Βενετοί: drame en cinq actes, ayant obtenu un accessit au concours de 1871 sous le titre Πέτρος Γανδαλόνης. Il est envoyé de nouveau, remanié. "Un des meilleurs du présent concours", ce drame a des caractères bien peints, une action rapide, un dénouement réussi. Malgré ses quelques longueurs, il mérite d'être joué au théâtre4.

Il s'agissait d'une œuvre de T. Ambélas5.

28) Άγις ο Ευδαμίδα: drame historique en cinq actes (vers iambiques et anapestiques). En ce qui concerne le caractère de son héros, l'auteur reste fidèle à Plutarque ("Vies parallèles"). Les qualités abondent: sujet bien choisi, économie réussie, péripéties variées, dénouement heureux. Mais les défauts ne manquent pas: redites, lieux communs, longueurs. Cependant, le drame en question, un des meilleurs du concours, mérite avec les poèmes No 13 et 27 d'obtenir la première place. Or le jury partage le prix entre Άγις ο Ευδαμίδα et Ο εραστής της γάστρας, et décerne le premier et unique accessit du concours au drame Κρήτες και Βενετοί6.

L'auteur de Άγις ο Ευδαμίδα n'était autre qu'Antoine Antoniadis7. C'était lui qui partageait les 1000 drachmes et la couronne de laurier avec le médecin A. Iliadis. Ses trimètres iambiques au "dénouement

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1. Jugement de 1872, pp. 48-50

2. Jean N. Phrangoulas, Αλέξανδρος Μωραϊτίδης (1850-1929), Boston 1950, pp. 14 et 77.

3. Jugement de 1872, pp 50-61.

4. Ibid., pp. 62-69.

5. T. Ambélas, Κρήτες και Βενετοί, δράμα εις μέρη τέσσαρα, διδαχθέν μεν το πρώτον από της εν Σύρω σκηνής τω 1873, αναδημοσιευθέν δε εκ του περιοδικού συγγράμματος "Βύρωνος", Athènes 1879. Des extraits de ce drame sont publiés dans les revues Εθνική Βιβλιοθήκη 7 (1872) 120 et Παρθενών 2 (1872-1873) 863.

6. Jugement de 1872, pp. 69-78

7. A. I. Antoniadis, Άγις ο Ευδαμίδα, τραγωδία, ποιηθείσα μεν υπό-, Γυμνασιάρχου εν Πειραιεί, βραβευθείσα δε εις τον ποιητικόν διαγωνισμόν του φιλογενούς Κ. Βουτσινά, εν έτει 1872, Athènes 1875.

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heureux" et au ton patriotique avaient de quoi satisfaire Aphentoulis:

Είθε δε μόνον ταύτα εις την Σπάρτην μας

ωφέλιμα να γίνουν· είθε δίδαγμα

εις τους πολίτας μέγα τούτο ν' αποβή,

ότι δεν πρέπει μεγαθύμους βασιλείς

να καταλίπουν μόνους, αν επιθυμούν

πατρίδα πάλιν ν' αποκτήσουν ένδοξον1.

T. Ambélas, ayant remanié et présenté son drame pour la deuxième année consécutive, n'obtint rien de plus qu'un nouvel accessit. Son nom ne fut pas annoncé publiquement à la fin de la cérémonie. Lorsque, le même soir, Jean Voutsinas, qui avait offert aux deux lauréats la couronne et le prix, donna en leur honneur une réception à laquelle assistèrent les membres du jury et d'autres universitaires, Ambélas fut absent, et c'est Iliadis qui révéla son nom en portant un toast2. Assurément, l'auteur de Κρήτες και Βενετοί avait tout lieu d'être furieux contre les juges et les lauréats de 1872.

Il ne tarda pas, semble-t-il, à passer à l'action avec un article signé Ξ.: les deux lauréats de 1872 y étaient traités de rimailleurs, les universitaires accusés d'avoir expulsé des concours, par leurs verdicts ridicules, tous les poètes de valeur3. On devine la suite en pareil cas. Le journal Παλιγγενεσία prit immédiatement la défense des lauréats et du jury4. Iliadis insinua que le détracteur des concours Ξ. n'était autre que T. Ambélas, ce qui obligea celui-ci à envoyer une lettre au rédacteur de Ειρηνική pour protester de son innocence5. Mais les attaques contre les lauréats et les juges de 1872 furent reprises bientôt par le journal Ράβδος dans plusieurs commentaires signés X. Une réponse injurieuse d'Iliadis est caractéristique du degré de trivialité et de grossièreté auquel en arrivaient ces polémiques personnelles6.

Dans ces conditions, on le voit bien, le concours de 1872 ne fut pas de nature à innover ou à redresser le prestige d'une institution en décadence. En vain Aphentoulis exprimait-il la satisfaction et l'optimisme

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1. Ibid., p. 114.

2. Ειρηνική, 9 mai 1872.

3. Εθνικόν πνεύμα, 9 mai 1872.

4. Παλιγγενεσία, 12 mai 1872. Le même article est reproduit dans Ειρηνική, 13 mai 1872.

5. Ειρηνική, 11 et 13 mai 1872.

6. Ειρηνική, 23 mai 1872.

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des universitaires: «Le jury aperçoit avec plaisir que notre jeune poésie progresse...»1. En vain, réorganisés sur le plan administratif, les concours cherchaient-ils à reprendre un nouveau souffle. Ni la qualité des poèmes dramatiques présentés en 1872, ni les appels pédants du rapporteur à l'imitation des chefs-d'œuvre classiques ne justifiaient de grands espoirs. Déjà, on se faisait de moins en moins d'illusions sur l'avenir de l'institution poétique. En janvier 1872, un critique de Πανδώρα n'avait pas hésité à en annoncer la faillite: «Malheureusement, les concours poétiques ont complètement échoué à cause des juges et des poètes jugés»2.

Les universitaires ne pouvaient plus rester dans l'expectative. N'était-il pas grand temps de réactiver par un coup de fouet une marche en avant qui, quoi qu'en ait dit Aphentoulis, devenait de plus en plus nonchalante? L'occasion se présenta l'année suivante et, comme nous allons le voir, elle ne fut pas perdue.

2. 1873: L'attaque de Mistriotis

Consacrée exclusivement à la poésie lyrique, la cérémonie de 1873 eut lieu le 13 mai3. Le jury n'avait jamais été aussi homogène: à la place du recteur C. Paparrigopoulos se trouvait le vice-recteur E. Castorchis, accompagné de G. Mistriotis (rapporteur) et de St. Coumanoudis. C'étaient ces trois seuls professeurs qui signaient le Jugement de 1873. Absent pour la circonstance, l'historien, bien que recteur pour l'année 1872-1873, avait évité d'assumer la présidence du jury. Comment aurait-il pu collaborer avec ses ennemis? Depuis qu'en 1864, dans la tempête du concours annulé, Vernardakis avait disparu définitivement du jury, C. Paparrigopoulos n'avait jamais voulu y reprendre sa place. Mais il rendait ainsi un grand service à ses adversaires qui détenaient toujours l'initiative.

En effet, Mistriotis avait maintenant les mains libres. Épaulé par ses amis dans le jury, il pouvait passer à l'attaque sans hésiter. Il n' avait qu'à céder à ses impulsions: l'humeur batailleuse et le goût

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1. Jugement de 1872, p. 79.

2. Πανδώρα 22 (1871-1872) 433-434.

3. Voir les comptes rendus dans les journaux Παλιγγενεσία, 14 mai 1873, et Ειρηνική 15 mai 1873. Deux candidats du concours, présents à la cérémonie, Ch Anninos («Τα πρώτα, έτη του Ζαν Μωρεάς» Η Μελέτη, Νο 4, avril 1911, p. 243 sq.) et D. Gr. Cambouroglou (Camb. A., pp. 398-401), nous offrent des témoignages précieux. Tous deux, apparemment trompés par la date que porte le texte du rapporteur, mentionnent comme jour de la cérémonie le 12 mai.

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de la polémique, voire du scandale, constituaient les caractéristiques essentielles de son tempérament.

C'est ainsi que, face à un nombre d'œuvres en progression par rapport à l'année précédente —il y avait 35 poèmes envoyés en 1873— et, surtout, face à une production lyrique marquée, dans son ensemble, par le romantisme le plus morbide, l'exaspération de Mistriotis ne fut pas longue à éclater. Il ne s'agissait plus, pour le rapporteur de 1873, de ménager une poésie indéfendable en recourant à un langage diplomatique dans l'intérêt des concours, mais d'user en plein de son franc-parler, quelles qu'en fussent les conséquences.

Il entra sans ambages dans le cœur du problème: si la poésie, et notamment la poésie lyrique, «est le baromètre par lequel nous pouvons prévoir du moins le proche avenir de toute la nation..., les balbutiements de nos versificateurs sont de mauvais augure, et le baromètre du concours poétique annonce des tempêtes»1. La production lyrique de 1873, en général, sombrait dans une triste uniformité: «Partout mélancolie, partout larmes et gémissements, partout lamentations de gens désespérés»2. Ces larmes, loin d'être versées pour les malheurs de la patrie, étaient simplement «des larmes serviles de soupirants et de mal aimés», de sorte que presque toute la production lyrique de 1873 apparaissait comme une série d'«élégies amoureuses semblables à celles qui se sont développées dans les climats nordiques»3.

Que ce phénomène fût «inauthentique et affecté», ne faisait aucun cloute pour Mistriotis. Mimnerme avait certes cultivé l'élégie amoureuse, mais ni lui ni les autres élégiaques grecs n'avaient empoisonné la vie «gaie et souriante» de leurs compatriotes. «La vraie poésie ne bouleverse pas, mais consolide la vie, renforce le corps, élève l'esprit et améliore l'homme»4, il était donc déplorable que les petits-fils des héros de la Révolution de 1821 se montrent «rongés par les soucis et par le stupre». En tout état de cause, ils devaient prendre leurs responsabilités: s'ils poursuivaient leurs pleurnicheries amoureuses sans tenir compte des conseils du jury, ils trouveraient bientôt terminé «ce genre de compétition»5.

La menace était claire et personne ne pouvait s'y méprendre. Le ton

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1. Jugement de 1873, Athènes 1873, p. 5.

2. Ibid.

3. Ibid., p. 6.

4. Ibid., p. 8.

5. Ibid., p. 7.

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de Mistriotis rappelait celui de Coumanoudis et d'Assopios en 1857; il combinait la colère avec l'intransigeance. Mais si le rapporteur de 1873 continuait la bataille anti-romantique amorcée jadis et sans succès par ses deux collègues, le contexte historique n'était plus le même. Entre 1857 et 1873, les concours avaient traversé la période la plus importante de leur histoire. Le romantisme, assumé par de nouvelles générations, faisait encore son chemin dans un vacarme de lamentations et d'excès. Le classicisme passait déjà des splendeurs aux misères. Quelle était, dans ces conditions, l'utilité d'une institution poétique en faillite? Mistriotis n'était pas le premier à menacer de mettre fin aux concours, mais il y avait maintenant lieu de prendre au sérieux ces menaces.

Pour le reste, il répétait sa performance de 1871. Deux ans plus tôt, comme nous l'avons vu, il avait donné des arguments à Roïdis. Maintenant il en donnait à Vlachos: «S'il est vrai que le poète lyrique ne se fait pas mais qu'il est poète de naissance, cela est surtout valable pour le poète lyrique. Et, comme presque tout dépend de l'inspiration, il n'est pas étonnant que les divergences les plus essentielles parmi les critiques se manifestent, avant tout, dans le domaine de la poésie lyrique...»1.

Quant à la langue, Mistriotis préconisait l'utilisation de celle du peuple pendant une période transitoire. «La langue populaire est nécessaire à la comédie et à la poésie lyrique jusqu'à ce que la langue des livres soit parlée dans les familles»2. Par ailleurs, son admiration pour «le grand poète de Zante» s'exprimait sans ambiguïté. A propos d'un imitateur de Solomos, le rapporteur de 1873 ne manquait pas d'observer: «Les vols de cet aigle [Solomos] furent parfois audacieux et surprenants, mais son génie a été toujours suffisant pour lui épargner la chute. Par contre, son imitateur n'a pas évité le sort d'Icare, comme il arrive souvent aux imitateurs»3.

Combat anti-romantique, ouverture à la langue populaire et à la poésie heptanésienne, retour au naturel: on retrouve là les principaux objectifs du groupe de Castorchis. Homme des Lumières, Mistriotis luttait pour la même cause en 1873, avec toute la fougue de sa jeunesse. Il n'était pas encore devenu le fanatique défenseur de l'archaïsme et

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1. Ibid., pp. 12-13.

2. Ibid., p. 54. Sur ce passage de Mistriotis, voir le pertinent commentaire de C. Palamas: Pal. A., t. VIII, pp. 21-22.

3. Jugement de 1873, p. 35.

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l'homme de la réaction la plus rétrograde. Il n'avait pas encore connu, à son tour, le sort d'Icare.

Voyons cependant les 35 poèmes lyriques de 1873, en gardant pour la fin les 8 plus importants, les seuls que le rapporteur ait jugés dignes d'une analyse détaillée:

1) Ασμάτια

2) Μήκωνες

3) Φιλία: drame, exclu du concours.

4) Πομφόλυγες

5) Μελαγχολίαι

6) Η Χρυσαλλίς

7) Τα εμά, ήτοι οι στίχοι μου

8) Μέθη - Ανία

9) Θεοδώρα Κομνηνή. Δείγματα εικόνων: poème épico-lyrique, exclu du concours.

10) Δάκρυα

11) Ελπίς και μνήμη

12) Η κιθάρα

13) Ανατολή

Il s'agissait d'une œuvre de Ch. Anninos1.

14) Ύμνοι

15) Τα πρώτα μου ψελλίσματα

16) Χρώματα

17) Ο φιλελεύθερος

18) Νεκράνθεμα2

19) Βήματα

20) Διθύραμβος εις την 25 Μαρτίου 1821 3

21 ) Επιγράμματα

22) Ποικίλα

23) Σατυρικά

24) Λυρικά ποιήματα

25) Ο Άδωνις: drame, exclu du concours.

26) Έρως και Χάρος πάντοτε δουλεύουνε δω κάτου: poème illisible, exclu du concours.

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1. Voir Ch. Anninos, Τα πρώτα έτη του Ζαν Μωρεάς, op. cit., p. 243.

2. De ce recueil, le rapporteur cite le poème Αποστροφή comme exemple typique de morbidité: Jugement de 1873, pp. 13-14.

3. Ce poème est commenté par Mistriotis parce que l'auteur fait un mauvais usage du terme "dithyrambe": Ibid., pp. 14-15.

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27) Αγρυπνίαι: recueil lyrique caractéristique de la production morbide. L'auteur présente tous les symptômes de la maladie romantique: mélancolie, bizarrerie, impiété1.

Il s'agissait d'une œuvre de Constantin N. Hiéroclis, publiée deux ans plus tard2. Dans sa petite préface, l'auteur ne manquait pas d'adresser une réponse ironique à Mistriotis et de prendre la défense du romantisme sous forme d'aphorismes philosophiques: «La pensée, qui est une recherche, et le sentiment, qui est un désir, contiennent obligatoirement la mélancolie, l'ennemi juré de nos professeurs»3. Pour le reste, ses poésies, imitations des «Nuits» de Young, sombraient dans la banalité:

Μελανείμων η κτίσις υπνώττει,

η σιγή πανταχού διαρρέει

και η αύρα υπόψυχρος χέει

απαλήν και γλυκείαν πνοήν.

28) Φύλλα: le premier des 8 recueils les plus importants du concours. L'auteur, un jeune homme cultivé, connaît apparemment les poètes grecs anciens et tâche de les imiter (notamment Anacréon et Alcée). Sont cités comme réussis les poèmes Φάρμακον et Παρακέλευσις4.

29) Παλμοί και στόνοι: poésies de caractère élégiaque. L'auteur semble consumé par l'amour. «Il a cependant de nobles sentiments, il s'élève contre les plaisirs matériels et il sait apprécier la beauté de la nature et la clarté du ciel hellénique». S'il manque d'originalité, il fait montre d'une versification remarquable. Sont cités les poèmes Ρεμβασμός, Πρόσκλησις et Παράπονον5.

Il s'agissait d'une œuvre d'Emmanuel Stratoudakis (1854-1883)6.

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1. Ibid., pp. 15-16.

2. Constantin N. Hiéroclis, Αγρυπνίαι, λυρικαί ποιήσεις υπό—Athènes 1875.

3. Ibid., p. [4]. Il est à noter qu'en 1872, dans une conférence à la Société Littéraire Παρνασσός, C. Hiéroclis prit violemment à partie les poètes romantiques grecs pour leurs imitations étrangères et pour leurs pleurnicheries: Άρα γε αναγεννήθημεν; Athènes 1872, p. 39. D. Gr. Cambouroglou, commentant le passage de Mistriotis sur Hiéroclis, exprime toute son admiration pour le rapporteur de 1873 «qui décrit aussi fidèlement un homme qu'il ne connaît pas»: Camb. A., p. 399.

4. Jugement de 1873, pp. 17-21. Il s'agissait peut-être d'une œuvre de Nicolas Chatziscos (1850-1917).

5. Ibid., pp. 21-28.

6. Emmanuel C. Stratoudakis, Τα Άπαντα. Εκδίδονται επιμελεία Ιωάννου Ν. Στρατουδάκη, Le Caire s.d., pp. 9-37. —Sur l'auteur, voir Skokos, Ημερολόγιον 16 (1901) 65-67 et 26 (1911) 170.

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30) Λυρικαί ποιήσεις: poésies pleines d'images maritimes, œuvre d'un auteur "qui connaît bien la nature". Défaut principal: le poète passe souvent de la poésie lyrique à la poésie épique. Il chante sur un ton élégiaque et semble aspirer à une beauté idéale et inaccessible. Sont cités les poèmes Ο πόθος et Πλους Αρίονος1.

Il s'agissait d'une œuvre d'Aristomène Provélenghios2.

31) Φύλλα: poésies "en langue heptanésienne", imitations de Solomos. Le poète "connaît la nature" et ne manque pas de sentiment. Ses gémissements ne sont pas le fait d'une "tête malade, mais d'un cœur qui souffre réellement". Sont cités les poèmes Τα δυο αστέρια et Ο τυμβωρύχος3.

Il s'agissait d'une œuvre de Constantin Xénos4. Céphalonien, l'auteur honorait aussi bien la langue populaire que la poésie de Solomos:

Αθώα κι' άχολα

σαν αγγελούδια

σαν περιστέρια

λευκά, λευκά·

ο ύπνος τ' άρπαξε

με τα τραγούδια

τα δυο τ' αδέρφια

γλυκά, γλυκά.

32) Πατρίς - Νεότης : recueil lyrique en deux parties, dont "la seconde est plus réussie que la première". Principales caractéristiques: amour de la patrie, respect pour l'Antiquité, connaissance de la langue et de la métrique, imagination, passion lyrique. Mais le poète "suffoque souvent par trop de sentiments" et recourt sans raison à des mots 

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1. Jugement de 1873, pp. 28-34.

2. D. Gr. Cambouroglou se trompe en attribuant cette œuvre à D. Paparrigopoulos ou à A. Vyzantios: Camb. A., p. 399. Πλους Αρίονος est publié en partie dans la revue Βύρων 1 (1874) 473-475. Il s'agit, très probablement, de la même œuvre que l'auteur présenta sous le titre Αρίων, dix ans plus tard, à la Société Littéraire Παρνασσός: Παρνασσός 7 (1883) 987.

3. Jugement de 1873, pp. 34-41.

4. Ch. Anninos, op. cit., p. 245. Le poème Τα δυο αστέρια est reproduit en entier dans Pap. NP., pp. 126-129. Nous signalons que D. Gr. Cambouroglou se trompe une fois de plus en attribuant le recueil Φύλλα à "un certain Livathinopoulos", auteur d'une satire intitulée Ποίημα άξιον βραβεύσεως κατά Μιστριώτην: Camb. Α., pp. 399 et 510.

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archaïsants "qui contrarient le lecteur". Sont cités les poèmes Το σκαμνί των εξετάσεων et Η εορτή επιτυχών εξετάσεων1.

Oeuvre de Jean Cambouroglou, ce recueil lyrique allait être publié la même année sans commentaires2. A 22 ans, le poète, qui participait aux concours pour la sixième fois depuis 1865, abandonnait le byronisme et le classicisme de ses poésies précédentes pour chanter gaiement la patrie et la vie estudiantine à la manière d'Anacréon:

Κενούτε φιάλας

ροφάτε ονείρους

και πόθους απείρους

κ' ελπίδα φαιδράν,

κενούτε και άλλας

και άλλας ακόμα...

θολόν μόνον όμμα

προσβλέπει χαράν3.

Étudiant à Göttingen depuis octobre 1872, il avait hésité initialement à participer au concours de 1873, après avoir publié en partie une satire, Μούσα δραπέτις, qui ridiculisait les universitaires4. Il n'avait envoyé finalement son recueil Πατρίς - Νεότης que grâce aux exhortations de son ami Nicolas Politis5. Mais son angoisse avait été grande dès le mois de février 1873, lorsqu'il avait appris que sa participation au concours n'était pas un secret à Athènes. La cérémonie du 13 mai vint renforcer son hostilité envers l'institution poétique. Humilié par le verdict de Mistriotis, il n'a plus jamais voulu briguer le prix de Voutsinas.

33) Έπεα πτερόεντα: recueil caractérisé par une vive imagination, par un style noble, par des images souvent originales. La versification est correcte. L'auteur connaît le monde ancien et n'aime pas les lamentations. Sont favorablement commentés les poèmes Εις αρχαίον κάτοπτρον

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1. Jugement de 1873, pp. 41-48.

2. Jean Cambouroglou, Πατρίς - Νεότης υπό- Athènes 1873.

3. Ibid., p. 58.

4. Παρθενών 2 (1872-1873) 1030-1032.

5. Nous devons ces renseignements à des lettres inédites (1870-1873) de J. Cambouroglou à N. Politis mises à notre disposition par les professeurs Linos Politis et C. Th. Dimaras que nous remercions vivement. Nicolas Politis (1852-1921) était à ce moment-là le véritable rédacteur en chef de la revue Παρθενών. En août 1873, il sera remplacé à ce poste par Jean Papadiamantopoulos (1856-1910).

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της Κορίνθου, Το σχολείον του χωρίου, Προ της Ιωλκού et autres. Est cité en entier le poème Το όνειρον του πένητος1.

Il s'agissait de la dernière participation de S. N. Vassiliadis2. Un an avant sa mort, l'auteur de Εικόνες ne dédaignait pas de revenir, pour la troisième fois depuis 1865, aux concours que ses amis avaient abandonnés depuis longtemps. Il s'était bien gardé de mécontenter les juges universitaires. Son recueil Έπεα πτερόεντα, dépourvu de tout esprit de révolte ou de provocation, montrait que Vassiliadis, assagi, passait du romantisme au néo-classicisme sans innover:

Πώς τόσην χάριν ν' απεικονίσω;

Εντός ευσκίου στίλβης, οπίσω,

η Λήδα κλίνει

στόμα και βλέφαρα, όλη έρως,

κ' επί τα χείλη κύκνος ευπτέρως

φίλημα πίνει.

Mais, en 1873, le moment n'était pas opportun pour un retour en arrière. Car c'était ailleurs, et non pas dans le passéisme et dans l'archaïsme, que Mistriotis et ses amis cherchaient une issue à l'impasse de la poésie athénienne.

34) Δάκρυα: sept poèmes écrits "en langue commune ou populaire", langue "qui autrefois était exclue du concours". L'auteur ignore l'orthographe et la ponctuation; il manque de technique et de clarté. Malgré sa pauvreté d'idées et de sentiments, il fait montre d'une "nature poétique". Est cité le poème Ρόδον, κρίνον και νεάνις, "auquel la majorité du jury attache une grande importance"3.

Il s'agissait de l'œuvre d'un vieillard moribond, médecin à Thessalonique, Chariton Gr. Papoulias (†1874)4. L'indulgence excessive de

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1. Jugement de 1873, pp. 48-54

2. Έπεα πτερόεντα est publié en entier dans Αττικαί Νύκτες II, pp. 165-210. Certaines poésies sont reproduites clans Pap. NP., pp. 30-41, et Mat. Parn., pp. 459-464. La satire Ο νεκρός et le poème Προ της Ιωλκού sont publiés dans la revue Παρθενών 3 (1873-1874) 26-28 et 110-111.

3. Jugement de 1873, pp. 54-65.

4. Ch. Gr. Papoulias, Δάκρυα, λυρική συλλογή - βραβευθείσα εις τον Βουτσιναίον ποιητικόν αγώνα του 1873, Athènes 1873. L'allusion du poète

Πέταξα με την ευχή της, κ' έχασκε και μ' εκαρτέρει·

ξαναπέταξα και πάλιν, και στη δεύτερη φορά

την καλημερνώ γυρνώντας με την δάφνην εις το χέρι

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Mistriotis pour lui ne saurait tromper: de toute évidence, elle était dictée par la pitié et par la charité plutôt que par l'admiration.

35) Η φωνή της καρδιάς μου: recueil lyrique qui contraste avec toute la production larmoyante de 1873. Son auteur «est épris de gâteaux et de jeunes filles, en d'autres termes il est un minuscule Anacréon et Christopoulos des pâtisseries et des salles que fréquentent les jolies demoiselles». Allègre, jovial, rieur et espiègle, il est complètement étranger à la morbidité de la plupart de ses rivaux. Sa langue, populaire, «n'est pas celle qui est parlée par les agriculteurs, par les bergers ou, en général, par les paysans, mais celle qui est en usage dans les familles des villes». Ses sentiments, sains et simples, ont une clarté dont aucun candidat du concours ne peut se vanter. Mais le langage ici devient parfois licencieux et la versification n'est pas toujours irréprochable. Sont cités les poèmes Έρως και γλυκύσματα, Το αντιφάρμακον, Το όνειρόν μου, Συμβιβασμος et Το κρεββάτι του κοριτσιού1.

Il s'agissait de la deuxième participation de D. Gr. Gambouroglou2.

Telle était, en résumé, la production lyrique de 1873, et Mistriotis, arrivé au terme de son exposé, entreprenait de jeter un dernier coup d'œil sur l'ensemble. Pourquoi cette inconsistance générale de la poésie lyrique? s'interrogeait-il, une fois de plus. Et sa réponse allait plutôt dans le sens de Vlachos que dans celui de Roïdis: «La responsabilité incombe aux poètes plus qu'à l'époque. Ils ne se soucient pas d'étudier la nature, le tempérament humain, les circonstances et les sentiments du peuple, mais ils copient des livres exposant des sentiments d'autres pays et d'autres époques... Mais ce qui est désastreux avant tout, c'est la manie de croire que seuls les gémissements des mal aimés appartiennent au domaine de la poésie lyrique»3.

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nous permet de conclure que Papoulias participait au concours de Voutsinas pour la deuxième fois. Sur ses poésies maladroites, voir le commentaire ironique de la revue Εθνική Βιβλιοθήκη 7( 1873) 480 et celui de Ch. Anninos, op. cit., p. 247. Signalons que, en juillet 1874, Georges Souris annonçait dans une lettre la mort de «son ami» Ch. Papoulias avec émotion: Criton G. Souris, Ο Γ. Σουρής και η εποχή του, Athènes 1949, p. 13.

1. Jugement de 1873, pp. 65-76.

2. D. Gr. Cambouroglou, Η φωνή της καρδιάς μου, λυρική συλλογή— βραβευθείσα εις τον Βουτσιναίον ποιητικόν αγώνα του 1873, Athènes 1873. Les poèmes Έρως και Γραμματική (= Το αντιφάρμακον) et Το κρεββάτι του κοριτσιού sont reproduits dans Mat. Parn., pp. 715-718. Tout le recueil de D. Gr. Cambouroglou est publié dans C. Th. Dimaras, Ποιηταί του ΙΘ΄ αιώνος, op. cit., pp. 287-294.

3. Jugement de 1873, p. 76.

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Dans ces conditions, continuait le rapporteur de 1873, aucun poète ne méritait d'être couronné. Mais le jury ne voulait pas décourager les concurrents. Aussi décidait-il de partager le prix et la couronne entre l'auteur de Η φωνή της καρδιάς μου et celui de Δάκρυα, à condition que le premier, avant de publier ses vers, enlevât toute expression portant atteinte aux bonnes mœurs et que le second corrigeât son orthographe et sa ponctuation. Le premier accessit était décerné à l'auteur de Έπεα πτερόεντα, le second à celui de Πατρίς - Νεότης1.

La bombe de Mistriotis était lancée. Un étudiant de 21 ans, de petite taille, D. Gr. Cambouroglou, se présentait bientôt seul -Ch. Papoulias n'assistait pas à la cérémonie- pour recevoir la couronne et les 500 drachmes. C'était lui qui avait changé soudain l'atmosphère de la Grande Salle de l'Université et, dans une grande mesure, celle des concours. Ses vers, récités par le rapporteur, avaient suscité l'enthousiasme du public:

Δυο μόνον αγαπώ

σ' αυτόν τον κόσμο,

έρωτα, φίλοι

μου, και γλυκά,

γι' αυτά θα ζήσω,

γι' αυτά πεθαίνω,

τάλλα για μένα

μηδενικά.

Ses rimes, dirait-on, bafouaient la conception de toute une époque sur la poésie:

Μπαίνω στην άλλη κάμαρα...

ένα σωρό κορίτσια,

βαστούσαν εις τα χέρια τους

τι σβίγκους, τι παστίτσια2.

Porté chez lui en triomphe, acclamé et vilipendé par les journaux athéniens, D. Gr. Cambouroglou devenait en quelques jours un poète

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1. Ibid., pp. 77-78.

2. D. Gr. Cambouroglou, op. cit., p. 24. "Sauf si vous préférez vraiment les κορίτσια et παστίτσια", écrit Jean Cambouroglou, plein d'amertume, dans une lettre inédite à N. Politis (Berlin, 17 juin 1873). Et neuf ans plus tard, D. Vernardakis est encore choqué par ces vers: "Une poésie véritablement nationale est impossible aujourd'hui en Grèce, sinon celle qui est inspirée par le ventre... et fait ses rimes de κορίτσια et de παστίτσια": Ευφροσύνη, Athènes 1882, p. ιδ΄.

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    22. Moullas, Concours poetiques

    CHAPITRE III

    LE DÉCLIN DES CONCOURS (1872-1877)

    Εντεύθεν ζωή βασιλεύ' αληθής

    και λήγει το κράτος του Μύθου

    G. Vizyinos (1877)

    Dès le début de la huitième décennie du siècle, un certain changement est perceptible dans la société néo-hellénique. En effet, ce que Orphanidis appellera en 1876 "fermentation sociale" commence déjà à se préciser au lendemain de la révolution crétoise (1866-1869): nous avons affaire à des mutations certaines qui s'accélèrent dans tous les domaines. La manifestation de nouveaux besoins, plus matériels et réalistes, est un indice caractéristique. Le développement économique entraîne le goût du réel, une ouverture à la vie et à ses plaisirs. Peu à peu, les sens l'emportent sur l'imagination. Le ton devient plus familier, les illusions moins acceptables.

    De fait, les signes annonciateurs de transformations plus ou moins profondes dans la vie économique, politique et culturelle de la Grèce se multiplient pendant toute la décennie 1870-1880. "Époque de transition", selon l'expression de Roïdis, cette décennie semble destinée à préparer l'avenir en liquidant les obstacles les plus gênants du passé. C'est ainsi que le développement des forces productives comporte, en 1875, le dénouement heureux de la crise politique accentuée depuis 1868, et que le premier gouvernement de Ch. Tricoupis (1832-1896) annonce l'arrivée à la maturité d'une nouvelle bourgeoisie capable d'imposer sa volonté. C'est ainsi que les hommes de l'avenir devancent les hommes du passé, d'autant plus facilement que ces derniers sont souvent éliminés par une mort précoce.

    Toutefois, à mesure que le processus de transformation se concrétise, son dynamisme est lié aussi bien à des initiatives individuelles qu'à des formes d'organisation collective. Les Sociétés Littéraires, parmi