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la plupart des comédies du concours. Les défauts abondent: économie défectueuse, intrigue banale, monologues interminables, pédantisme1.

9) Η κόρη της εποχής: comédie en trois actes. Elle rappelle les comédies de Térence et possède des qualités nombreuses: intrigue ingénieuse, bonne peinture des caractères, scènes comiques, etc. Mais le poète, hésitant entre la poésie lyrique et la poésie épique, n'a pas pu trouver son propre style. Sa langue, sa technique et sa versification ont des défauts2.

10) Ευσυνειδησία και ασυνειδησία : comédie en quatre actes (2200 vers) qui raille "presque toute la société athénienne", sans présenter des personnages positifs. Elle imite notamment les "Nuées" d'Aristophane. Ses principales faiblesses: construction défectueuse, prolixité, scènes invraisemblables, absence d'enseignement utile3.

Il s'agissait de la première œuvre présentée aux concours par D. Gr. Cambouroglou (1852-1942)4. Le jeune poète versait dans la facilité d'une description de mœurs superficielle et prosaïque:

Γαρούφαλε, σου είπα μία, δύο, τρεις,

να μ' αγοράσης σάλι· από τας φωνάς

μ' επόνεσε το στήθος, έκλεισ' ο λαιμός.

Και μήπως τάχα έχω άδικον; ειπέ!

11) Η πολιτευομένη: comédie en cinq actes (1550 vers de quinze syllabes et iambiques). Cette satire des femmes qui s'occupent de politique a de nombreuses qualités: langue pure et régulière, versification réussie, dialogues excellents, dénouement naturel. Mais les caractères sont souvent invraisemblables5.

12) Οι πολιτικοί: comédie en quatre actes (1970 vers), "un des meilleurs fruits du concours présent". L'auteur réussit dans l'ensemble, notamment dans la langue et la versification. Mais il manque d'expérience scénique. Il doit fréquenter le théâtre et lire Aristophane, Térence et Plaute6.

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1. Ibid., pp. 13-16.

2. Ibid., pp. 16-22

3. Ibid., pp. 22-30.

4. D. Gr. Cambouroglou, Ευσυνειδησία και ασυνειδησία, κωμωδία εις μέρη τρία υπό -Athènes 1873. Sur la participation de l'auteur au concours de 1872 et sur le couronnement de sa comédie par la Société Littéraire Βύρων, voir Camb.A., pp. 699, 887-889, 286-288.

5. Jugement de 1872, pp. 30-35.

6. Ibid., pp. 35-38.

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Il s'agissait d'une œuvre de C. Th. Lambadarios († 1882) envoyée de nouveau, comme nous le verrons, au concours de 1875 sous le titre Ο πρωθυπουργός Σκουντούφλης.

13) Ο εραστής της γάστρας: comédie en deux actes (1341 vers), "une des meilleures œuvres du concours présent". Ses principales qualités: langue harmonieuse, bonne versification, bonne peinture des caractères, expérience scénique. Malgré quelques "invraisemblances", cette comédie est en général "réussie" et mérite d'être jouée au théâtre1.

Il s'agissait d'une œuvre du médecin Achille Iliadis, rédacteur du journal Ειρηνική.

b. Tragédies

14) Ευδοξία

15) Νικηφόρος Φωκάς

16) Ειδυλία

17) Μαύροι Γρενάδας

18) Ελβίρα Δόνα Σίλβα

19) Σεμέλη

20) Αντιόπη

21) Ιωάννης ο Καταλάνος

Il s'agissait d'une œuvre du médecin Marinos Coutouvalis2.

22) Θεονόη

23) Θηβαΐς

24) Γρηγόριος ο Ε': tragédie en trois actes (1520 vers iambiques). L'auteur a échoué dans l'économie de son œuvre: son héros, le Patriarche Grégoire V, est absent dans une série d'épisodes variés. Par ailleurs, le sultan Mahmoud II est présenté d'une façon peu conforme à la vérité historique3.

Il s'agissait d'une œuvre d'Anastase Diamantopoulos4.

25) Μιχαήλ Κομνηνός Β', δεσπότης της Ηπείρου: drame romantique en cinq actes, écrit en vers iambiques et en prose. L'influence de 

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1. Ibid., pp. 38-44.

2. Marinos Coutouvalis, Ο άρχων του Ολύμπου Ιωάννης ο Καταλάνος, δράμα εις μέρη πέντε, και Ανθύλλια, συλλογή λυρικών ποιήσεων, υπό -Athènes 1873. Un extrait de cette œuvre parut dans le journal Ειρηνική, 24 juin 1872.

3. Jugement de 1872, pp. 45-48.

4. L'auteur donna lecture de cette œuvre à la Société Littéraire Βύρων, le 28 mai 1872: P. I. Papaïoannou, Λογοδοσία των πεπραγμένων κατά το θερινόν εξάμηνον του Α' έτους εν τω Φιλολογικώ Συλλόγω Βύρωνι, Athènes 1873, p. 10.

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Shakespeare ("Macbeth" et "Hamlet") est manifeste. L'auteur ne manque pas de sentiment et d'imagination, mais il ignore complètement la langue et l'économie dramatiques1.

Il s'agissait d'une œuvre inédite et perdue d'Alexandre Moraïtidis (1850-1929)2.

26) Αριστόδημος: tragédie en cinq actes (1550 vers), qui imite, parfois de façon servile, la tragédie du même nom de Monti. Elle est écrite "avec beaucoup de force" et annonce un auteur dramatique talentueux3.

27) Κρήτες και Βενετοί: drame en cinq actes, ayant obtenu un accessit au concours de 1871 sous le titre Πέτρος Γανδαλόνης. Il est envoyé de nouveau, remanié. "Un des meilleurs du présent concours", ce drame a des caractères bien peints, une action rapide, un dénouement réussi. Malgré ses quelques longueurs, il mérite d'être joué au théâtre4.

Il s'agissait d'une œuvre de T. Ambélas5.

28) Άγις ο Ευδαμίδα: drame historique en cinq actes (vers iambiques et anapestiques). En ce qui concerne le caractère de son héros, l'auteur reste fidèle à Plutarque ("Vies parallèles"). Les qualités abondent: sujet bien choisi, économie réussie, péripéties variées, dénouement heureux. Mais les défauts ne manquent pas: redites, lieux communs, longueurs. Cependant, le drame en question, un des meilleurs du concours, mérite avec les poèmes No 13 et 27 d'obtenir la première place. Or le jury partage le prix entre Άγις ο Ευδαμίδα et Ο εραστής της γάστρας, et décerne le premier et unique accessit du concours au drame Κρήτες και Βενετοί6.

L'auteur de Άγις ο Ευδαμίδα n'était autre qu'Antoine Antoniadis7. C'était lui qui partageait les 1000 drachmes et la couronne de laurier avec le médecin A. Iliadis. Ses trimètres iambiques au "dénouement

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1. Jugement de 1872, pp. 48-50

2. Jean N. Phrangoulas, Αλέξανδρος Μωραϊτίδης (1850-1929), Boston 1950, pp. 14 et 77.

3. Jugement de 1872, pp 50-61.

4. Ibid., pp. 62-69.

5. T. Ambélas, Κρήτες και Βενετοί, δράμα εις μέρη τέσσαρα, διδαχθέν μεν το πρώτον από της εν Σύρω σκηνής τω 1873, αναδημοσιευθέν δε εκ του περιοδικού συγγράμματος "Βύρωνος", Athènes 1879. Des extraits de ce drame sont publiés dans les revues Εθνική Βιβλιοθήκη 7 (1872) 120 et Παρθενών 2 (1872-1873) 863.

6. Jugement de 1872, pp. 69-78

7. A. I. Antoniadis, Άγις ο Ευδαμίδα, τραγωδία, ποιηθείσα μεν υπό-, Γυμνασιάρχου εν Πειραιεί, βραβευθείσα δε εις τον ποιητικόν διαγωνισμόν του φιλογενούς Κ. Βουτσινά, εν έτει 1872, Athènes 1875.

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heureux" et au ton patriotique avaient de quoi satisfaire Aphentoulis:

Είθε δε μόνον ταύτα εις την Σπάρτην μας

ωφέλιμα να γίνουν· είθε δίδαγμα

εις τους πολίτας μέγα τούτο ν' αποβή,

ότι δεν πρέπει μεγαθύμους βασιλείς

να καταλίπουν μόνους, αν επιθυμούν

πατρίδα πάλιν ν' αποκτήσουν ένδοξον1.

T. Ambélas, ayant remanié et présenté son drame pour la deuxième année consécutive, n'obtint rien de plus qu'un nouvel accessit. Son nom ne fut pas annoncé publiquement à la fin de la cérémonie. Lorsque, le même soir, Jean Voutsinas, qui avait offert aux deux lauréats la couronne et le prix, donna en leur honneur une réception à laquelle assistèrent les membres du jury et d'autres universitaires, Ambélas fut absent, et c'est Iliadis qui révéla son nom en portant un toast2. Assurément, l'auteur de Κρήτες και Βενετοί avait tout lieu d'être furieux contre les juges et les lauréats de 1872.

Il ne tarda pas, semble-t-il, à passer à l'action avec un article signé Ξ.: les deux lauréats de 1872 y étaient traités de rimailleurs, les universitaires accusés d'avoir expulsé des concours, par leurs verdicts ridicules, tous les poètes de valeur3. On devine la suite en pareil cas. Le journal Παλιγγενεσία prit immédiatement la défense des lauréats et du jury4. Iliadis insinua que le détracteur des concours Ξ. n'était autre que T. Ambélas, ce qui obligea celui-ci à envoyer une lettre au rédacteur de Ειρηνική pour protester de son innocence5. Mais les attaques contre les lauréats et les juges de 1872 furent reprises bientôt par le journal Ράβδος dans plusieurs commentaires signés X. Une réponse injurieuse d'Iliadis est caractéristique du degré de trivialité et de grossièreté auquel en arrivaient ces polémiques personnelles6.

Dans ces conditions, on le voit bien, le concours de 1872 ne fut pas de nature à innover ou à redresser le prestige d'une institution en décadence. En vain Aphentoulis exprimait-il la satisfaction et l'optimisme

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1. Ibid., p. 114.

2. Ειρηνική, 9 mai 1872.

3. Εθνικόν πνεύμα, 9 mai 1872.

4. Παλιγγενεσία, 12 mai 1872. Le même article est reproduit dans Ειρηνική, 13 mai 1872.

5. Ειρηνική, 11 et 13 mai 1872.

6. Ειρηνική, 23 mai 1872.

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des universitaires: «Le jury aperçoit avec plaisir que notre jeune poésie progresse...»1. En vain, réorganisés sur le plan administratif, les concours cherchaient-ils à reprendre un nouveau souffle. Ni la qualité des poèmes dramatiques présentés en 1872, ni les appels pédants du rapporteur à l'imitation des chefs-d'œuvre classiques ne justifiaient de grands espoirs. Déjà, on se faisait de moins en moins d'illusions sur l'avenir de l'institution poétique. En janvier 1872, un critique de Πανδώρα n'avait pas hésité à en annoncer la faillite: «Malheureusement, les concours poétiques ont complètement échoué à cause des juges et des poètes jugés»2.

Les universitaires ne pouvaient plus rester dans l'expectative. N'était-il pas grand temps de réactiver par un coup de fouet une marche en avant qui, quoi qu'en ait dit Aphentoulis, devenait de plus en plus nonchalante? L'occasion se présenta l'année suivante et, comme nous allons le voir, elle ne fut pas perdue.

2. 1873: L'attaque de Mistriotis

Consacrée exclusivement à la poésie lyrique, la cérémonie de 1873 eut lieu le 13 mai3. Le jury n'avait jamais été aussi homogène: à la place du recteur C. Paparrigopoulos se trouvait le vice-recteur E. Castorchis, accompagné de G. Mistriotis (rapporteur) et de St. Coumanoudis. C'étaient ces trois seuls professeurs qui signaient le Jugement de 1873. Absent pour la circonstance, l'historien, bien que recteur pour l'année 1872-1873, avait évité d'assumer la présidence du jury. Comment aurait-il pu collaborer avec ses ennemis? Depuis qu'en 1864, dans la tempête du concours annulé, Vernardakis avait disparu définitivement du jury, C. Paparrigopoulos n'avait jamais voulu y reprendre sa place. Mais il rendait ainsi un grand service à ses adversaires qui détenaient toujours l'initiative.

En effet, Mistriotis avait maintenant les mains libres. Épaulé par ses amis dans le jury, il pouvait passer à l'attaque sans hésiter. Il n' avait qu'à céder à ses impulsions: l'humeur batailleuse et le goût

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1. Jugement de 1872, p. 79.

2. Πανδώρα 22 (1871-1872) 433-434.

3. Voir les comptes rendus dans les journaux Παλιγγενεσία, 14 mai 1873, et Ειρηνική 15 mai 1873. Deux candidats du concours, présents à la cérémonie, Ch Anninos («Τα πρώτα, έτη του Ζαν Μωρεάς» Η Μελέτη, Νο 4, avril 1911, p. 243 sq.) et D. Gr. Cambouroglou (Camb. A., pp. 398-401), nous offrent des témoignages précieux. Tous deux, apparemment trompés par la date que porte le texte du rapporteur, mentionnent comme jour de la cérémonie le 12 mai.

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de la polémique, voire du scandale, constituaient les caractéristiques essentielles de son tempérament.

C'est ainsi que, face à un nombre d'œuvres en progression par rapport à l'année précédente —il y avait 35 poèmes envoyés en 1873— et, surtout, face à une production lyrique marquée, dans son ensemble, par le romantisme le plus morbide, l'exaspération de Mistriotis ne fut pas longue à éclater. Il ne s'agissait plus, pour le rapporteur de 1873, de ménager une poésie indéfendable en recourant à un langage diplomatique dans l'intérêt des concours, mais d'user en plein de son franc-parler, quelles qu'en fussent les conséquences.

Il entra sans ambages dans le cœur du problème: si la poésie, et notamment la poésie lyrique, «est le baromètre par lequel nous pouvons prévoir du moins le proche avenir de toute la nation..., les balbutiements de nos versificateurs sont de mauvais augure, et le baromètre du concours poétique annonce des tempêtes»1. La production lyrique de 1873, en général, sombrait dans une triste uniformité: «Partout mélancolie, partout larmes et gémissements, partout lamentations de gens désespérés»2. Ces larmes, loin d'être versées pour les malheurs de la patrie, étaient simplement «des larmes serviles de soupirants et de mal aimés», de sorte que presque toute la production lyrique de 1873 apparaissait comme une série d'«élégies amoureuses semblables à celles qui se sont développées dans les climats nordiques»3.

Que ce phénomène fût «inauthentique et affecté», ne faisait aucun cloute pour Mistriotis. Mimnerme avait certes cultivé l'élégie amoureuse, mais ni lui ni les autres élégiaques grecs n'avaient empoisonné la vie «gaie et souriante» de leurs compatriotes. «La vraie poésie ne bouleverse pas, mais consolide la vie, renforce le corps, élève l'esprit et améliore l'homme»4, il était donc déplorable que les petits-fils des héros de la Révolution de 1821 se montrent «rongés par les soucis et par le stupre». En tout état de cause, ils devaient prendre leurs responsabilités: s'ils poursuivaient leurs pleurnicheries amoureuses sans tenir compte des conseils du jury, ils trouveraient bientôt terminé «ce genre de compétition»5.

La menace était claire et personne ne pouvait s'y méprendre. Le ton

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1. Jugement de 1873, Athènes 1873, p. 5.

2. Ibid.

3. Ibid., p. 6.

4. Ibid., p. 8.

5. Ibid., p. 7.

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de Mistriotis rappelait celui de Coumanoudis et d'Assopios en 1857; il combinait la colère avec l'intransigeance. Mais si le rapporteur de 1873 continuait la bataille anti-romantique amorcée jadis et sans succès par ses deux collègues, le contexte historique n'était plus le même. Entre 1857 et 1873, les concours avaient traversé la période la plus importante de leur histoire. Le romantisme, assumé par de nouvelles générations, faisait encore son chemin dans un vacarme de lamentations et d'excès. Le classicisme passait déjà des splendeurs aux misères. Quelle était, dans ces conditions, l'utilité d'une institution poétique en faillite? Mistriotis n'était pas le premier à menacer de mettre fin aux concours, mais il y avait maintenant lieu de prendre au sérieux ces menaces.

Pour le reste, il répétait sa performance de 1871. Deux ans plus tôt, comme nous l'avons vu, il avait donné des arguments à Roïdis. Maintenant il en donnait à Vlachos: «S'il est vrai que le poète lyrique ne se fait pas mais qu'il est poète de naissance, cela est surtout valable pour le poète lyrique. Et, comme presque tout dépend de l'inspiration, il n'est pas étonnant que les divergences les plus essentielles parmi les critiques se manifestent, avant tout, dans le domaine de la poésie lyrique...»1.

Quant à la langue, Mistriotis préconisait l'utilisation de celle du peuple pendant une période transitoire. «La langue populaire est nécessaire à la comédie et à la poésie lyrique jusqu'à ce que la langue des livres soit parlée dans les familles»2. Par ailleurs, son admiration pour «le grand poète de Zante» s'exprimait sans ambiguïté. A propos d'un imitateur de Solomos, le rapporteur de 1873 ne manquait pas d'observer: «Les vols de cet aigle [Solomos] furent parfois audacieux et surprenants, mais son génie a été toujours suffisant pour lui épargner la chute. Par contre, son imitateur n'a pas évité le sort d'Icare, comme il arrive souvent aux imitateurs»3.

Combat anti-romantique, ouverture à la langue populaire et à la poésie heptanésienne, retour au naturel: on retrouve là les principaux objectifs du groupe de Castorchis. Homme des Lumières, Mistriotis luttait pour la même cause en 1873, avec toute la fougue de sa jeunesse. Il n'était pas encore devenu le fanatique défenseur de l'archaïsme et

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1. Ibid., pp. 12-13.

2. Ibid., p. 54. Sur ce passage de Mistriotis, voir le pertinent commentaire de C. Palamas: Pal. A., t. VIII, pp. 21-22.

3. Jugement de 1873, p. 35.

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l'homme de la réaction la plus rétrograde. Il n'avait pas encore connu, à son tour, le sort d'Icare.

Voyons cependant les 35 poèmes lyriques de 1873, en gardant pour la fin les 8 plus importants, les seuls que le rapporteur ait jugés dignes d'une analyse détaillée:

1) Ασμάτια

2) Μήκωνες

3) Φιλία: drame, exclu du concours.

4) Πομφόλυγες

5) Μελαγχολίαι

6) Η Χρυσαλλίς

7) Τα εμά, ήτοι οι στίχοι μου

8) Μέθη - Ανία

9) Θεοδώρα Κομνηνή. Δείγματα εικόνων: poème épico-lyrique, exclu du concours.

10) Δάκρυα

11) Ελπίς και μνήμη

12) Η κιθάρα

13) Ανατολή

Il s'agissait d'une œuvre de Ch. Anninos1.

14) Ύμνοι

15) Τα πρώτα μου ψελλίσματα

16) Χρώματα

17) Ο φιλελεύθερος

18) Νεκράνθεμα2

19) Βήματα

20) Διθύραμβος εις την 25 Μαρτίου 1821 3

21 ) Επιγράμματα

22) Ποικίλα

23) Σατυρικά

24) Λυρικά ποιήματα

25) Ο Άδωνις: drame, exclu du concours.

26) Έρως και Χάρος πάντοτε δουλεύουνε δω κάτου: poème illisible, exclu du concours.

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1. Voir Ch. Anninos, Τα πρώτα έτη του Ζαν Μωρεάς, op. cit., p. 243.

2. De ce recueil, le rapporteur cite le poème Αποστροφή comme exemple typique de morbidité: Jugement de 1873, pp. 13-14.

3. Ce poème est commenté par Mistriotis parce que l'auteur fait un mauvais usage du terme "dithyrambe": Ibid., pp. 14-15.

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27) Αγρυπνίαι: recueil lyrique caractéristique de la production morbide. L'auteur présente tous les symptômes de la maladie romantique: mélancolie, bizarrerie, impiété1.

Il s'agissait d'une œuvre de Constantin N. Hiéroclis, publiée deux ans plus tard2. Dans sa petite préface, l'auteur ne manquait pas d'adresser une réponse ironique à Mistriotis et de prendre la défense du romantisme sous forme d'aphorismes philosophiques: «La pensée, qui est une recherche, et le sentiment, qui est un désir, contiennent obligatoirement la mélancolie, l'ennemi juré de nos professeurs»3. Pour le reste, ses poésies, imitations des «Nuits» de Young, sombraient dans la banalité:

Μελανείμων η κτίσις υπνώττει,

η σιγή πανταχού διαρρέει

και η αύρα υπόψυχρος χέει

απαλήν και γλυκείαν πνοήν.

28) Φύλλα: le premier des 8 recueils les plus importants du concours. L'auteur, un jeune homme cultivé, connaît apparemment les poètes grecs anciens et tâche de les imiter (notamment Anacréon et Alcée). Sont cités comme réussis les poèmes Φάρμακον et Παρακέλευσις4.

29) Παλμοί και στόνοι: poésies de caractère élégiaque. L'auteur semble consumé par l'amour. «Il a cependant de nobles sentiments, il s'élève contre les plaisirs matériels et il sait apprécier la beauté de la nature et la clarté du ciel hellénique». S'il manque d'originalité, il fait montre d'une versification remarquable. Sont cités les poèmes Ρεμβασμός, Πρόσκλησις et Παράπονον5.

Il s'agissait d'une œuvre d'Emmanuel Stratoudakis (1854-1883)6.

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1. Ibid., pp. 15-16.

2. Constantin N. Hiéroclis, Αγρυπνίαι, λυρικαί ποιήσεις υπό—Athènes 1875.

3. Ibid., p. [4]. Il est à noter qu'en 1872, dans une conférence à la Société Littéraire Παρνασσός, C. Hiéroclis prit violemment à partie les poètes romantiques grecs pour leurs imitations étrangères et pour leurs pleurnicheries: Άρα γε αναγεννήθημεν; Athènes 1872, p. 39. D. Gr. Cambouroglou, commentant le passage de Mistriotis sur Hiéroclis, exprime toute son admiration pour le rapporteur de 1873 «qui décrit aussi fidèlement un homme qu'il ne connaît pas»: Camb. A., p. 399.

4. Jugement de 1873, pp. 17-21. Il s'agissait peut-être d'une œuvre de Nicolas Chatziscos (1850-1917).

5. Ibid., pp. 21-28.

6. Emmanuel C. Stratoudakis, Τα Άπαντα. Εκδίδονται επιμελεία Ιωάννου Ν. Στρατουδάκη, Le Caire s.d., pp. 9-37. —Sur l'auteur, voir Skokos, Ημερολόγιον 16 (1901) 65-67 et 26 (1911) 170.

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30) Λυρικαί ποιήσεις: poésies pleines d'images maritimes, œuvre d'un auteur "qui connaît bien la nature". Défaut principal: le poète passe souvent de la poésie lyrique à la poésie épique. Il chante sur un ton élégiaque et semble aspirer à une beauté idéale et inaccessible. Sont cités les poèmes Ο πόθος et Πλους Αρίονος1.

Il s'agissait d'une œuvre d'Aristomène Provélenghios2.

31) Φύλλα: poésies "en langue heptanésienne", imitations de Solomos. Le poète "connaît la nature" et ne manque pas de sentiment. Ses gémissements ne sont pas le fait d'une "tête malade, mais d'un cœur qui souffre réellement". Sont cités les poèmes Τα δυο αστέρια et Ο τυμβωρύχος3.

Il s'agissait d'une œuvre de Constantin Xénos4. Céphalonien, l'auteur honorait aussi bien la langue populaire que la poésie de Solomos:

Αθώα κι' άχολα

σαν αγγελούδια

σαν περιστέρια

λευκά, λευκά·

ο ύπνος τ' άρπαξε

με τα τραγούδια

τα δυο τ' αδέρφια

γλυκά, γλυκά.

32) Πατρίς - Νεότης : recueil lyrique en deux parties, dont "la seconde est plus réussie que la première". Principales caractéristiques: amour de la patrie, respect pour l'Antiquité, connaissance de la langue et de la métrique, imagination, passion lyrique. Mais le poète "suffoque souvent par trop de sentiments" et recourt sans raison à des mots 

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1. Jugement de 1873, pp. 28-34.

2. D. Gr. Cambouroglou se trompe en attribuant cette œuvre à D. Paparrigopoulos ou à A. Vyzantios: Camb. A., p. 399. Πλους Αρίονος est publié en partie dans la revue Βύρων 1 (1874) 473-475. Il s'agit, très probablement, de la même œuvre que l'auteur présenta sous le titre Αρίων, dix ans plus tard, à la Société Littéraire Παρνασσός: Παρνασσός 7 (1883) 987.

3. Jugement de 1873, pp. 34-41.

4. Ch. Anninos, op. cit., p. 245. Le poème Τα δυο αστέρια est reproduit en entier dans Pap. NP., pp. 126-129. Nous signalons que D. Gr. Cambouroglou se trompe une fois de plus en attribuant le recueil Φύλλα à "un certain Livathinopoulos", auteur d'une satire intitulée Ποίημα άξιον βραβεύσεως κατά Μιστριώτην: Camb. Α., pp. 399 et 510.

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archaïsants "qui contrarient le lecteur". Sont cités les poèmes Το σκαμνί των εξετάσεων et Η εορτή επιτυχών εξετάσεων1.

Oeuvre de Jean Cambouroglou, ce recueil lyrique allait être publié la même année sans commentaires2. A 22 ans, le poète, qui participait aux concours pour la sixième fois depuis 1865, abandonnait le byronisme et le classicisme de ses poésies précédentes pour chanter gaiement la patrie et la vie estudiantine à la manière d'Anacréon:

Κενούτε φιάλας

ροφάτε ονείρους

και πόθους απείρους

κ' ελπίδα φαιδράν,

κενούτε και άλλας

και άλλας ακόμα...

θολόν μόνον όμμα

προσβλέπει χαράν3.

Étudiant à Göttingen depuis octobre 1872, il avait hésité initialement à participer au concours de 1873, après avoir publié en partie une satire, Μούσα δραπέτις, qui ridiculisait les universitaires4. Il n'avait envoyé finalement son recueil Πατρίς - Νεότης que grâce aux exhortations de son ami Nicolas Politis5. Mais son angoisse avait été grande dès le mois de février 1873, lorsqu'il avait appris que sa participation au concours n'était pas un secret à Athènes. La cérémonie du 13 mai vint renforcer son hostilité envers l'institution poétique. Humilié par le verdict de Mistriotis, il n'a plus jamais voulu briguer le prix de Voutsinas.

33) Έπεα πτερόεντα: recueil caractérisé par une vive imagination, par un style noble, par des images souvent originales. La versification est correcte. L'auteur connaît le monde ancien et n'aime pas les lamentations. Sont favorablement commentés les poèmes Εις αρχαίον κάτοπτρον

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1. Jugement de 1873, pp. 41-48.

2. Jean Cambouroglou, Πατρίς - Νεότης υπό- Athènes 1873.

3. Ibid., p. 58.

4. Παρθενών 2 (1872-1873) 1030-1032.

5. Nous devons ces renseignements à des lettres inédites (1870-1873) de J. Cambouroglou à N. Politis mises à notre disposition par les professeurs Linos Politis et C. Th. Dimaras que nous remercions vivement. Nicolas Politis (1852-1921) était à ce moment-là le véritable rédacteur en chef de la revue Παρθενών. En août 1873, il sera remplacé à ce poste par Jean Papadiamantopoulos (1856-1910).

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της Κορίνθου, Το σχολείον του χωρίου, Προ της Ιωλκού et autres. Est cité en entier le poème Το όνειρον του πένητος1.

Il s'agissait de la dernière participation de S. N. Vassiliadis2. Un an avant sa mort, l'auteur de Εικόνες ne dédaignait pas de revenir, pour la troisième fois depuis 1865, aux concours que ses amis avaient abandonnés depuis longtemps. Il s'était bien gardé de mécontenter les juges universitaires. Son recueil Έπεα πτερόεντα, dépourvu de tout esprit de révolte ou de provocation, montrait que Vassiliadis, assagi, passait du romantisme au néo-classicisme sans innover:

Πώς τόσην χάριν ν' απεικονίσω;

Εντός ευσκίου στίλβης, οπίσω,

η Λήδα κλίνει

στόμα και βλέφαρα, όλη έρως,

κ' επί τα χείλη κύκνος ευπτέρως

φίλημα πίνει.

Mais, en 1873, le moment n'était pas opportun pour un retour en arrière. Car c'était ailleurs, et non pas dans le passéisme et dans l'archaïsme, que Mistriotis et ses amis cherchaient une issue à l'impasse de la poésie athénienne.

34) Δάκρυα: sept poèmes écrits "en langue commune ou populaire", langue "qui autrefois était exclue du concours". L'auteur ignore l'orthographe et la ponctuation; il manque de technique et de clarté. Malgré sa pauvreté d'idées et de sentiments, il fait montre d'une "nature poétique". Est cité le poème Ρόδον, κρίνον και νεάνις, "auquel la majorité du jury attache une grande importance"3.

Il s'agissait de l'œuvre d'un vieillard moribond, médecin à Thessalonique, Chariton Gr. Papoulias (†1874)4. L'indulgence excessive de

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1. Jugement de 1873, pp. 48-54

2. Έπεα πτερόεντα est publié en entier dans Αττικαί Νύκτες II, pp. 165-210. Certaines poésies sont reproduites clans Pap. NP., pp. 30-41, et Mat. Parn., pp. 459-464. La satire Ο νεκρός et le poème Προ της Ιωλκού sont publiés dans la revue Παρθενών 3 (1873-1874) 26-28 et 110-111.

3. Jugement de 1873, pp. 54-65.

4. Ch. Gr. Papoulias, Δάκρυα, λυρική συλλογή - βραβευθείσα εις τον Βουτσιναίον ποιητικόν αγώνα του 1873, Athènes 1873. L'allusion du poète

Πέταξα με την ευχή της, κ' έχασκε και μ' εκαρτέρει·

ξαναπέταξα και πάλιν, και στη δεύτερη φορά

την καλημερνώ γυρνώντας με την δάφνην εις το χέρι

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Mistriotis pour lui ne saurait tromper: de toute évidence, elle était dictée par la pitié et par la charité plutôt que par l'admiration.

35) Η φωνή της καρδιάς μου: recueil lyrique qui contraste avec toute la production larmoyante de 1873. Son auteur «est épris de gâteaux et de jeunes filles, en d'autres termes il est un minuscule Anacréon et Christopoulos des pâtisseries et des salles que fréquentent les jolies demoiselles». Allègre, jovial, rieur et espiègle, il est complètement étranger à la morbidité de la plupart de ses rivaux. Sa langue, populaire, «n'est pas celle qui est parlée par les agriculteurs, par les bergers ou, en général, par les paysans, mais celle qui est en usage dans les familles des villes». Ses sentiments, sains et simples, ont une clarté dont aucun candidat du concours ne peut se vanter. Mais le langage ici devient parfois licencieux et la versification n'est pas toujours irréprochable. Sont cités les poèmes Έρως και γλυκύσματα, Το αντιφάρμακον, Το όνειρόν μου, Συμβιβασμος et Το κρεββάτι του κοριτσιού1.

Il s'agissait de la deuxième participation de D. Gr. Gambouroglou2.

Telle était, en résumé, la production lyrique de 1873, et Mistriotis, arrivé au terme de son exposé, entreprenait de jeter un dernier coup d'œil sur l'ensemble. Pourquoi cette inconsistance générale de la poésie lyrique? s'interrogeait-il, une fois de plus. Et sa réponse allait plutôt dans le sens de Vlachos que dans celui de Roïdis: «La responsabilité incombe aux poètes plus qu'à l'époque. Ils ne se soucient pas d'étudier la nature, le tempérament humain, les circonstances et les sentiments du peuple, mais ils copient des livres exposant des sentiments d'autres pays et d'autres époques... Mais ce qui est désastreux avant tout, c'est la manie de croire que seuls les gémissements des mal aimés appartiennent au domaine de la poésie lyrique»3.

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nous permet de conclure que Papoulias participait au concours de Voutsinas pour la deuxième fois. Sur ses poésies maladroites, voir le commentaire ironique de la revue Εθνική Βιβλιοθήκη 7( 1873) 480 et celui de Ch. Anninos, op. cit., p. 247. Signalons que, en juillet 1874, Georges Souris annonçait dans une lettre la mort de «son ami» Ch. Papoulias avec émotion: Criton G. Souris, Ο Γ. Σουρής και η εποχή του, Athènes 1949, p. 13.

1. Jugement de 1873, pp. 65-76.

2. D. Gr. Cambouroglou, Η φωνή της καρδιάς μου, λυρική συλλογή— βραβευθείσα εις τον Βουτσιναίον ποιητικόν αγώνα του 1873, Athènes 1873. Les poèmes Έρως και Γραμματική (= Το αντιφάρμακον) et Το κρεββάτι του κοριτσιού sont reproduits dans Mat. Parn., pp. 715-718. Tout le recueil de D. Gr. Cambouroglou est publié dans C. Th. Dimaras, Ποιηταί του ΙΘ΄ αιώνος, op. cit., pp. 287-294.

3. Jugement de 1873, p. 76.

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Dans ces conditions, continuait le rapporteur de 1873, aucun poète ne méritait d'être couronné. Mais le jury ne voulait pas décourager les concurrents. Aussi décidait-il de partager le prix et la couronne entre l'auteur de Η φωνή της καρδιάς μου et celui de Δάκρυα, à condition que le premier, avant de publier ses vers, enlevât toute expression portant atteinte aux bonnes mœurs et que le second corrigeât son orthographe et sa ponctuation. Le premier accessit était décerné à l'auteur de Έπεα πτερόεντα, le second à celui de Πατρίς - Νεότης1.

La bombe de Mistriotis était lancée. Un étudiant de 21 ans, de petite taille, D. Gr. Cambouroglou, se présentait bientôt seul -Ch. Papoulias n'assistait pas à la cérémonie- pour recevoir la couronne et les 500 drachmes. C'était lui qui avait changé soudain l'atmosphère de la Grande Salle de l'Université et, dans une grande mesure, celle des concours. Ses vers, récités par le rapporteur, avaient suscité l'enthousiasme du public:

Δυο μόνον αγαπώ

σ' αυτόν τον κόσμο,

έρωτα, φίλοι

μου, και γλυκά,

γι' αυτά θα ζήσω,

γι' αυτά πεθαίνω,

τάλλα για μένα

μηδενικά.

Ses rimes, dirait-on, bafouaient la conception de toute une époque sur la poésie:

Μπαίνω στην άλλη κάμαρα...

ένα σωρό κορίτσια,

βαστούσαν εις τα χέρια τους

τι σβίγκους, τι παστίτσια2.

Porté chez lui en triomphe, acclamé et vilipendé par les journaux athéniens, D. Gr. Cambouroglou devenait en quelques jours un poète

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1. Ibid., pp. 77-78.

2. D. Gr. Cambouroglou, op. cit., p. 24. "Sauf si vous préférez vraiment les κορίτσια et παστίτσια", écrit Jean Cambouroglou, plein d'amertume, dans une lettre inédite à N. Politis (Berlin, 17 juin 1873). Et neuf ans plus tard, D. Vernardakis est encore choqué par ces vers: "Une poésie véritablement nationale est impossible aujourd'hui en Grèce, sinon celle qui est inspirée par le ventre... et fait ses rimes de κορίτσια et de παστίτσια": Ευφροσύνη, Athènes 1882, p. ιδ΄.

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connu. L'adolescent Costis Palamas, venu à Athènes avec un groupe de jeunes provinciaux, ne manquait pas d'aller le voir de loin1. Mais était-ce grâce a sa seule originalité que le lauréat de 1873 soulevait tant d'admirations et tant de rancunes?

En réalité, il n'apportait à la poésie néo-hellénique aucun frisson nouveau. Depuis Christopoulos et les poètes phanariotes, Anacréon n'était un inconnu ni pour la poésie athénienne en général, ni pour la poésie des concours en particulier. Des poètes tels que A. R. Rangabé ou Vlachos avaient souvent recouru à une expression plus ou moins anacréontique. Les poètes romantiques avaient fait de même. En 1860, au début de sa carrière, A. Paraschos avait chanté l'amour et le vin plus d'une fois:

Αχ, όποιος δίνει

φιλί, και πίνει,

τον κόσμο τούτον

δεν τον μισεί·

έρωτα μόνο

ποθεί με πόνο,

λίγους συντρόφους,

πολύ κρασί2.

D. Paparrigopoulos, d'habitude sobre et sombre, n'avait pas ignoré Anacréon3, pas plus que son ami Vassiliadis:

Ερρέτω γερόντων η φιλοσοφία,

ερρέτω μελέτη και βάθος σπουδής!

Αλήθεια μόνη — γυνή ευειδής!

Τα άλλα βλακεία4.

En 1873 encore, certains poètes participant au concours versaient visiblement dans les lieux communs anacréontiques.

Ce n'était donc pas D. Gr. Cambouroglou, retournant à Christopoulos et remplaçant le vin par les gâteaux, qui changeait le cours de la poésie athénienne, mais c'était Mistriotis et ses amis qui, pour condamner définitivement un romantisme de plus en plus larmoyant et

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1. Camb. A., p. 511.

2. A. Paraschos, Ποιήματα, t. III, ρ 281; cf. pp. 278-279.

3. Voir ici p. 232.

4. S. N. Vassiliadis, Αττικαί Νύκτες II, p. 273.

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morbide, ouvraient soudain la porte à la vie quotidienne, à la joie, au réalisme et, surtout, à la langue populaire. Celle-ci n'avait jamais connu jusqu'à ce moment-là l'honneur d'un prix dans les concours athéniens. Frappée d'ostracisme pendant toute la période de Rallis, acceptée ensuite mais pratiquement étouffée par le classicisme montant de la décennie 1860-1870, elle n'avait pu jouer qu'un rôle marginal. Il avait fallu le changement de tout un ensemble de conditions pour qu'elle passât au premier plan, autour des années 1870. C'est en ce sens que Mistriotis complétait le geste de Castorchis: il honorait solennellement la langue populaire, ainsi qu'avait fait le recteur de 1872 en invitant A. Valaoritis à l'Université.

Toutefois, les adversaires et les partisans du verdict de 1873 allaient livrer bataille sur un plan plus prosaïque. D. Gr. Cambouroglou nous en parle suffisamment1. De virulentes polémiques personnelles dans la presse, des protestations et des attaques contre Mistriotis et les lauréats du concours, des parodies et des satires firent suite à la cérémonie du 13 mai. Même quand le ton de la critique était un peu plus élevé et que les qualités de Η φωνή της καρδιάς μου étaient acceptées et reconnues, la justification du prix de 1873 ne venait pas toujours automatiquement. Un critique plutôt favorable à D. Gr. Cambouroglou n'hésitait pourtant pas à soutenir qu'il ne fallait pas couronner «de telles œuvres naïves et légères, dans lesquelles la vraie et grande poésie a peu de place»2. Toute une époque qui avait recherché la création dans la grandiloquence, dans l'artificiel, l'irréel et l' anti-naturel, avait ainsi laissé des traces profondes. On ne pouvait atterrir sans heurts sur le sol de la réalité. La bombe de Mistriotis faisait un grand éclat.

Naturellement, les premiers à être exaspérés par le verdict de 1873 étaient les concurrents eux-mêmes: tout d'abord, Jean Cambouroglou et Vassiliadis3, qui n'avaient obtenu rien de plus qu'un accessit, ensuite les nouveaux poètes romantiques, qui avaient été vilipendés ou ignorés par Mistriotis. Ces derniers, rassemblés en grande partie autour de Jean Papadiamantopoulos (alias Jean Moréas), formaient un groupe de jeunes étudiants amis4. Nous connaissons leurs noms: Ch. Anninos, Constantin

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1. Camb. A., pp. 510-513; cf. Ch. Anninos, op cit., pp. 247-248.

2. Εθνική Βιβλιοθήκη 7 (1873) 480; cf. p. 437.

3. Jean Cambouroglou exprime son amertume dans deux lettres inédites à N. Politis (17 juin et 8 août 1873). La colère de Vassiliadis est attestée par D. Gr. Cambouroglou: Camb. A., p. 511.

4. Ch. Anninos, op. cit., pp. 154 et 243 sq.

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Xénos, Eugène Zalocostas, Timoléon Iliopoulos, Nicolas Chatziscos. Nous ne savons par contre pas -Ch. Anninos et C. Xénos exceptés- avec quel recueil lyrique chacun a participé au concours. Dans le désastre général de ce groupe, seules les poésies de C. Xénos (Φύλλα) ont eu la chance d'être appréciées et commentées par le rapporteur. Toutes les autres, passées sous silence, ne faisaient qu'allonger la liste des titres "insignifiants" du concours1.

Ce qui est certain, c'est que ce groupe romantique condamné par Mistriotis n'a pas tardé à faire massivement son apparition dans une anthologie (Νέος Παρνασσός, Athènes 1873) qui, publiée anonymement, avait en réalité comme auteur Jean Papadiamantopoulos. N'était-ce pas, pour celui-ci et ses amis, "une sorte de protestation et de compensation"2? Dans sa préface, l'éditeur évitait toute polémique; il déclarait seulement son intention de présenter "un miroir de la poésie lyrique en Grèce, notamment au cours de ces dernières années"3. Mais ce "miroir" était significatif. Parmi les poètes qui avaient déjà occupé "une place non négligeable" dans la littérature contemporaine figuraient A. Valaoritis, D. Paparrigopoulos, A. Vlachos, A. Vyzantios, S. N. Vassiliadis, Cléon Rangabé, A. Paraschos, N. Cazazis et P. Matarangas. Les poètes D. Valavanis, G. Paraschos, ainsi que les Heptanésiens G. Mavroyannis et J. Typaldos, faisaient partie des auteurs choisis. Le long poème de A. R. Rangabé Ο γοργός ιέραξ -poème sévèrement critiqué par Mistriotis en 1871- était reproduit en entier et qualifié d'"œuvre toute jeune". Enfin, les espoirs de la poésie grecque étaient A. Provélenghios, Sp. Lambros, T. Ambélas, Ch. Anninos, Jean Papadiamantopoulos, C. Xénos, N. Chatziscos, E. Zalocostas, Jean Cambouroglou et T. Iliopoulos. Il n'y avait pas de place pour D. Gr. Cambouroglou.

Mais Jean Papadiamantopoulos avait beau figurer, à 17 ans, comme le chef de file d'une nouvelle génération romantique qui allait succéder à celle de D. Paparrigipoulos pour en perpétuer les plaintes:

Τι είσθε σεις, ω άγνωστοι νεκροί, την ευτυχίαν

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1. Ch. Anninos ne se rappelait pas, en 1911, sous quels titres Jean Papadiamantopoulos et ses autres amis avaient envoyé leurs poèmes au concours de 1873: Ibid., pp. 243-244.

2. Ibid., p. 248. Sur la participation de Jean Papadiamantopoulos et de ses amis au concours de 1873, ainsi que sur la publication de l'anthologie Νέος Παρνασσός, voir maintenant Robert A. Jouanny, Jean Moréas écrivain grec, Paris 1975, pp. 92-107.

3. Pap. NP., p. [α΄].

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εδέχθητε ως έπαθλον των επί γης αγώνων,

ή μη ωχροί κατάδικοι, με πάσχουσαν καρδίαν,

εδώ ανεζητήσατε ανάπαυλαν των πόνων;1

Il n'avait pas à jouer un rôle décisif dans la poésie néo-hellénique future, pas plus que ses amis qui débutaient pendant la crise la plus aiguë du romantisme athénien. Celui-ci recevait, en 1873, des coups qui ne venait pas de la seule Université. Au moment où l'affaire du Laurium occupait le devant de la scène et où tout Athènes achetait des actions et vivait dans la fièvre du profit, la poésie larmoyante trouvait de moins en moins d'écho favorable. Une revue de l'époque s'indignait: "La matière, après avoir évincé complètement l'esprit -là où celui-ci existait encore-, entraîne sur sa voie toutes les classes de la société et tous les milieux intellectuels. Le chantre aveugle d'Ilion, le chirurgien du cœur humain Shakespeare, Sue et Dumas ont été écartés. Des poètes tels que Soutsos et Zalocostas ont été oubliés, l'enfant souriant d'Aphrodite a été expulsé, et un seul mot sort de la bouche de tous, électrise les esprits et ouvre les yeux, le mot argent"2.

Par ailleurs, le hasard complétait l'œuvre de la nécessité. En mars 1873, D. Paparrigopoulos et Jean Carassoutsas étaient enterrés le même jour; dix-huit mois plus tard, la dépouille mortelle de S. N. Vassiliadis allait être transportée de Paris à Athènes. Ainsi, condamné par les universitaires, étranger de plus en plus à une société qui aspirait à la vie et au bien être, frappé par la mort qui éliminait ses principaux représentants, le romantisme athénien entrait déjà en agonie. Comment serait rempli le vide qu'il allait laisser? D. Gr. Cambouroglou, allègre et désinvolte, avait montré la voie de l'avenir: c'était celle de la conciliation

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1. Pap. NP., p. 143. Signalons que certains poèmes de J. Papadiamantopoulos publiés dans son anthologie se retrouvent, remaniés, dans son recueil Τρυγόνες και έχιδναι, Athènes 1878 [=C. Th. Dimaras, Ποιηταί του ΙΘ΄ αιώνος, pp. 295-318]. Il est donc possible que les mêmes poèmes aient été envoyés au concours de 1873. Sur cette question, voir les éclaircissements apportés par Robert A. Jouanny, op. cit., pp. 151-152.

2. Εθνική Βιβλιοθήκη 7 (1873) 436. Nous retrouvons ici le thème de l'idéal déchu qui nourrit, en grande partie, les protestations romantiques. S. N. Vassiliadis est un des principaux dénonciateurs de ce "matérialisme sordide" engendré par l'affaire du Laurium. Ce qui ne l'empêche pas, bien entendu, d'acheter des actions dans le café athénien "La Belle Grèce" et d'avouer à Ch. Anninos: "Maintenant, c'est le moment de nous enrichir, nous aussi!: Ch. Anninos, Βασιλειάδης, Παπαρρηγόπουλος, op. cit., p. 18.

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avec le présent, du réalisme, de la joie de vivre, ce la langue parlée. Mais A. R. Rangabé était toujours là et veillait jalousement à ce que l'édifice qu'il avait contribué à construire demeurât solide et sans fissures.

3. 1874: Le retour de A. R. Rangabé

Car, l'homme qui avait marqué toute la période du concours de Rallis, qui avait couronné G. Stavridis en 1860 et A. Vyzantios en 1862, qui avait fait sa dernière apparition comme juge en 1867 et comme concurrent en 1871, réapparaissait soudain en 1874 pour assumer, une fois de plus, le rôle de rapporteur dans un jury présidé par le recteur G. Makkas et composé par Th. Aphentoulis et Th. Orphanidis. En réalité, ce retour de Rangabé n'allait pas sans surprises. Pour la première fois lors de la cérémonie du 5 mai 1874, un rapporteur ne donnait pas lecture du texte qu'il avait rédigé. Parti précipitamment pour l'Égypte auprès de son fils mourant, Rangabé laissait le soin de cette lecture publique à Aphentoulis, et celui-ci ne manquait pas, avant de commencer, d'adresser quelques mots de sympathie à son collègue éprouvé par le malheur.

Nous ne savons pas dans quelle mesure les soucis familiaux du rapporteur de 1874 ont été pour quelque chose dans sa hâte à bâcler un texte court et morose. En tout état de cause, Rangabé ne devait pas avoir cette fois la tâche facile. La présence de son vieil ennemi Orphanidis dans le jury n'était sûrement pas réconfortante, pas plus que celle d'Aphentoulis, au tempérament très étranger au sien1. Mais le désenchantement du rapporteur, le ton désabusé qui traverse une grande partie de son texte, venait aussi bien de l'état de l'institution poétique, en général, que de la qualité des poèmes présentés en particulier. On ne vivait plus à l'époque de Rallis, et Rangabé était trop intelligent pour ne pas l'avoir compris. Les concours avaient dégénéré peu à peu; ils s'étaient transformés en une arène littéraire où s'affrontaient bruyamment les ambitions de dizaines de jeunes débutants. Depuis deux ans, les choses avaient pris un nouveau tournant: le groupe de Castorchis avait invité Valaoritis à l'Université et décerné le prix à un recueil

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1. Dans son rapport, Rangabé indique que ses collègues n'ont pas toujours porté le même jugement sur les poèmes présentés. Dans ses Mémoires, à propos du poète couronné, il affirme avoir imposé son opinion, "bien que le jury n'ait pas manqué d'objections": Απομνημονεύματα, t. IV, pp. 98-99.

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écrit en langue populaire. Décidément, Rangabé avait des raisons d'être morose.

Toutefois, la déception qu'il exprimait provenait autant de la médiocrité de la production poétique que du fonctionnement défectueux des concours eux-mêmes. Tout d'abord, les poèmes envoyés en 1874 étaient loin d'être satisfaisants dans l'ensemble: «s'ils se présentent comme des fleurs du mont Parnasse, ils font en réalité partie de ses plantes parasites que les cultivateurs des Muses doivent plutôt arracher»1. Ensuite, les concours étaient privés d'une législation rigoureuse, capable de garantir leur bon fonctionnement. Or, faute de méthode, les juges ne faisaient que s'acquitter de leur charge de façon fort variable et arbitraire. La langue populaire était tantôt exclue, tantôt acceptée. Le concours qui, au début, était ouvert à tous les poètes, fut par la suite fermé aux poètes-professeurs. Résultat: «le nombre des concurrents augmente, alors que la qualité baisse»2. Quant aux rapports des jurys, ils présentaient, eux aussi, une diversité répréhensible: tantôt ils rendaient compte de toutes les œuvres du concours, tantôt des plus importantes seulement. Rangabé, lui, préférait suivre une voie intermédiaire3.

Mais, avant de passer à l'examen des poèmes envoyés, il allait s'attarder, une fois de plus, à développer ses sujets préférés: la langue, la versification, la connaissance de l'art poétique, l'inspiration. Essentiellement, il n'avait rien de nouveau à dire. Depuis des années, ses rapports reprenaient plus ou moins les mêmes thèmes. Cette fois-ci pourtant il citait des noms caractéristiques. S'il conseillait à nouveau l'apprentissage de la grammaire, il n'oubliait pas de rappeler que la langue populaire avait, elle aussi, sa grammaire, respectée par des poètes tels que Christopoulos, Valaoritis, Zalocostas, Paraschos et Tertsétis, «le vieux chantre récemment décédé»4. Quant à la rime, «qui n'est pas toujours inévitable», elle devait être riche et s'étendre sur toute la dernière syllabe du vers, contrairement à l'exemple de la versification italienne, ainsi que l'avaient montré des «poètes excellents» tels que Christopoulos, Rizos Néroulos, les frères Soutsos5. La connaissance de l'art poétique, selon Rangabé, était indispensable; chaque poète devait 

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1. Jugement de 1874, Athènes 1874, p. 4.

2. Ibid., p. 5.

3. Ibid., p. 6.

4. Ibid., p. 8. Tertsétis était mort le 15 avril 1874.

5. Ibid., p. 10.

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        22. Moullas, Concours poetiques

        la plupart des comédies du concours. Les défauts abondent: économie défectueuse, intrigue banale, monologues interminables, pédantisme1.

        9) Η κόρη της εποχής: comédie en trois actes. Elle rappelle les comédies de Térence et possède des qualités nombreuses: intrigue ingénieuse, bonne peinture des caractères, scènes comiques, etc. Mais le poète, hésitant entre la poésie lyrique et la poésie épique, n'a pas pu trouver son propre style. Sa langue, sa technique et sa versification ont des défauts2.

        10) Ευσυνειδησία και ασυνειδησία : comédie en quatre actes (2200 vers) qui raille "presque toute la société athénienne", sans présenter des personnages positifs. Elle imite notamment les "Nuées" d'Aristophane. Ses principales faiblesses: construction défectueuse, prolixité, scènes invraisemblables, absence d'enseignement utile3.

        Il s'agissait de la première œuvre présentée aux concours par D. Gr. Cambouroglou (1852-1942)4. Le jeune poète versait dans la facilité d'une description de mœurs superficielle et prosaïque:

        Γαρούφαλε, σου είπα μία, δύο, τρεις,

        να μ' αγοράσης σάλι· από τας φωνάς

        μ' επόνεσε το στήθος, έκλεισ' ο λαιμός.

        Και μήπως τάχα έχω άδικον; ειπέ!

        11) Η πολιτευομένη: comédie en cinq actes (1550 vers de quinze syllabes et iambiques). Cette satire des femmes qui s'occupent de politique a de nombreuses qualités: langue pure et régulière, versification réussie, dialogues excellents, dénouement naturel. Mais les caractères sont souvent invraisemblables5.

        12) Οι πολιτικοί: comédie en quatre actes (1970 vers), "un des meilleurs fruits du concours présent". L'auteur réussit dans l'ensemble, notamment dans la langue et la versification. Mais il manque d'expérience scénique. Il doit fréquenter le théâtre et lire Aristophane, Térence et Plaute6.

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        1. Ibid., pp. 13-16.

        2. Ibid., pp. 16-22

        3. Ibid., pp. 22-30.

        4. D. Gr. Cambouroglou, Ευσυνειδησία και ασυνειδησία, κωμωδία εις μέρη τρία υπό -Athènes 1873. Sur la participation de l'auteur au concours de 1872 et sur le couronnement de sa comédie par la Société Littéraire Βύρων, voir Camb.A., pp. 699, 887-889, 286-288.

        5. Jugement de 1872, pp. 30-35.

        6. Ibid., pp. 35-38.