Συγγραφέας:Moullas, P.
 
Τίτλος:Les concours poétiques de l’ Université d’ Athènes 1851-1877
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:22
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:488
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Τοπική κάλυψη:Ελλάδα
 
Χρονική κάλυψη:1851-1877
 
Περίληψη:Στο βιβλίο αυτό παρουσιάζεται και μελετάται αναλυτικά και σε βάθος ένας σημαντικός για τα ελληνικά γράμματα του 19ου αιώνα θεσμός, οι ποιητικοί διαγωνισμοί που διοργανώνονταν στο Πανεπιστήμιο Αθηνών, και πιο συγκεκριμένα ο Ράλλειος Διαγωνισμός (1851-1860) και ο μακροβιότερος Βουτσιναίος διαγωνισμός (1861-1877).
 
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de Ch. Tricoupis, auteur du fameux article Τις πταίει, par une mobilisation massive (1874-1875) ayant pour but le renversement d'un gouvernement illégal. Le conflit entre le nouveau et l'ancien devenait aigu: plus le premier gagnait du terrain, plus le second durcissait ses positions. C'est en ce sens que le couronnement du poème Κόδρος dernier "coup d'État" de Rangabé, marquait un raidissement réactionnaire et venait rétablir un ordre de plus en plus contesté.

4. 1875: Les concours en faillite

Dès lors, les concours, dans une très grande mesure, ne pouvaient être considérés par les forces nouvelles que comme partie intégrante d'un "establishment" en faillite. Roïdis, partisan de Ch. Tricoupis, lançait, dès le début de 1875, ses sarcasmes dans son journal satirique Ασμοδαίος: "Quarante-huit drames ont déjà été envoyés au concours de Voutsinas, dont quarante-deux par la poste de Syros"1. Ou bien: "Extrait d'un des 93 drames présentés cette année au concours de Voutsinas"2. Le fait que les universitaires, à l'exception d'Aphentoulis et de Mistriotis, aient refusé de participer au jury de 1875 était commenté ironiquement3. Un poème de ΦΛΟΞ (Jean Cambouroglou) se terminait par les vers suivants:

Αυταί είν' αι ημέραι μας, προόδου φευ ημέραι!

Την αρμονίαν, Μούσα μου, καν με τους στίχους φέρε.

Μακράν των διαγωνισμών, μακράν του Αφεντούλη,

θα δείξης, είμαι βέβαιος, πως δεν κοιμάσαι δούλη4.

Enfin, au même moment, Roïdis, énumérant un certain nombre des choses qui avaient fait faillite à Athènes, citait aussi bien "les actions

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1. Ασμοδαίος, 19 janvier 1875. Roïdis prenait ici pour cible T. Ambélas, originaire de Syros.

2. Ασμοδαίος, 9 février 1875.

3. Ασμοδαίος, 12 mars 1875. Signalons que, à la même époque, Aphentoulis, rapporteur au concours de D. Iconomos (26 octobre 1874), était l'objet de nombreux commentaires dans la presse athénienne à propos de sa querelle avec Ph. Paraskévaïdis relative à une traduction de Dante. Ces commentaires se terminaient souvent par "le refrain connu et ennuyeux, que les concours doivent être supprimés": Παλιγγενεσία, 3 février 1875. Roïdis n'avait pas perdu l'occasion d'attaquer, lui aussi, Aphentoulis et "tutti quanti": Ασμοδαίος, 2, 9, 16 février et 21 mars 1875.

4. Ασμοδαίος, 21 mars 1875.

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des compagnies» que «les concours poétiques»1. Scepticisme ironique d'un esprit fin, agacé par la médiocrité des juges et des poètes jugés? Sans doute. Mais, en même temps, clairvoyance, réalisme et mise en question d'un ensemble.

Toutefois, le rédacteur de Ασμοδαίος n'était pas le seul à combattre l'institution poétique, en ce début de 1875 où le concours, exclusivement dramatique, se préparait dans une atmosphère électrisée par les luttes contre le gouvernement de D. Voulgaris. De nombreux journaux grecs, même de l'étranger, accompagnaient leurs attaques contre les concours d'une mise en question globale de leur apport. On avait hâte d'en finir avec un passé qui s'écroulait de tous côtés.

C'est dans un tel climat qu'Aphentoulis prenait la parole, lors de la cérémonie du 18 mai 1875, comme représentant d'un jury auquel participaient aussi le recteur P. Rombotis (président) et G. Mistriotis. La situation politique s'étant normalisée entre-temps par la démission de Voulgaris et par la formation du premier gouvernement de Tricoupis (27 avril 1875), le rapporteur n'avait, tout d'abord, qu'à exprimer sa joie pour le rétablissement de l'ordre et de la paix. Mais cette joie se transformait vite en colère: les ennemis des concours étaient plus dangereux et plus agressifs que jamais. Devant une campagne orchestrée contre l'institution poétique, Aphentoulis prenait la défense de celle-ci au présent, au passé et au futur: «C'est ce concours. Messieurs, —le concours que certains s'emploient à supprimer— qui a donné naissance à tout ce que la poésie grecque a à présenter de remarquable depuis plus de 20 ans; et c'est ce concours aussi, nous l'espérons, qui donnera dans l'avenir des fruits encore meilleurs»2.

Ainsi les poètes Zalocostas, Orphanidis, Carassoutsas, Vernardakis, Antoniadis, A. Paraschos, Vlachos et A. R. Rangabé, nommément cités, étaient-ils une preuve de ce que l'institution poétique avait pu apporter depuis sa naissance. Les juges universitaires, «qui ne se prenaient ni pour Aristote, ni pour Longin, ni pour Aristarque, ni pour Horace», étaient fermement défendus pour leur compétence et pour leur impartialité. Les poètes protestataires recevaient un ultimatum menaçant: «Les candidats doivent savoir que leur moindre objection soulevée contre les décisions du jury sera désormais une raison suffisante pour qu'ils n'aient

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1. Ασμοδαίος, 23 mars 1875. Par «les actions des compagnies» Roïdis entendait,, évidemment, les opérations boursières liées à l'affaire du Laurium.

2. Jugement de 1875, Athènes 1875, p. 5.

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plus le droit de participer aux concours"1. Quant à ceux qui parlaient de décadence de l'institution poétique et en rejetaient la responsabilité sur l'Université d'Athènes, ils n'étaient que victimes de leur propre aveuglement. "Mais la preuve tangible, Messieurs, qui montre que ce concours se renforce, progresse et mûrit de plus en plus, est la production de cette année: 33 œuvres dramatiques, tragédies et comédies, les plus nombreuses et les meilleures présentées jusqu'ici"2.

Ces œuvres, "les meilleures présentées jusqu'ici", étaient pour la plupart passées sous silence: Aphentoulis ne commentait que 11 d'entre elles (3 comédies et 8 tragédies). Un drame, "Francesca da Rimini", était exclu du concours non seulement parce qu'il était écrit en prose, mais aussi parce qu'il était plein de blasphèmes3. Voici les œuvres envoyées en 1875, selon le rapport d'Aphentoulis:

1) Η Κόρη του Σουλίου

2) Άθωνις

3) Οι πρωτόπλαστοι

4) Ο Γεροδήμος

5) Η Καταστροφή των Ψαρών4

6) Προοίμιον της τυραννίας τον Αλή-πασά

7) Έρως και αντιζηλία

8) Οι προικοθήραι

9) Ο άπληστος τοκογλύφος

10) Διαμάντω

Il s'agissait très probablement d'une tragédie en cinq actes de Georges Vizyinos5.

11) Αριστίων ο Φιλελεύθερος

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1. Ibid., p. 11.

2. Ibid.

3. Ibid., p. 12. Dans la liste des 33 œuvres qui est publiée séparément à la fin du jugement de 1875 (pp. 63-64), figure un poème intitulé Φραντζέσκα: il s'agit, probablement de celui qui fut exclu du concours. Mais cette liste ne contient pas le drame Στάτειρα, commenté par le rapporteur (voir No 29). Les titres des œuvres n'étant accompagnés d'aucune indication, il nous est difficile de savoir, la plupart du temps, s'il s'agit de comédies ou de tragédies.

4. En 1873, le désastre de Psara fut le sujet du concours de Nicodimos, ce qui explique l'abondance de drames portant ce titre, comme par exemple ceux publiés par Alexandre Moraïtidis (Athènes 1876), par Georges G. Avlichos (Céphalonie 1883) ou par P. S. Synodinos (Εσπέρα, Athènes 1876, pp. 105-203).

5. Sur cette tragédie perdue, voir N. I. Vassiliadis, op cit., ρ 311, et G. Chassiotis, op. cit., p. 279.

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Il s'agissait d'un drame de D. Gr. Cambouroglou1.

12) Ο υιός του Κροίσου

13) Ο γάμος της Ελένης

14) Ο Μισάνθρωπος .

15) Τα τέκνα του Αναγνωστοπούλου

16) Η Διδώ

17) Ο οίκος του Μεγάλου Βασιλέως

18) Κάλλιον θάνατος ή ατιμία

Il s'agissait d'une tragédie de N. Contopoulos, publiée avec des poésies diverses2. Dans sa courte préface, l'auteur déclarait être un poète amateur et sans prétention à la couronne du concours.

19) Δύο γάμοι του συρμού

20) Φιλία και έρως

21 ) Αι μετοχαί του Λαυρίου

22) Οι Πεισιστρατίδαι

23) Ο πρωθυπουργός Σκουντούφλης: comédie présentée pour la première fois au concours de 1872. Le sujet (intrigues de la vie politique) conserve toute son actualité; la langue et la versification sont bonnes. Mais la comédie en question ne mérite pas le prix et la couronne. Si l'auteur la présente au théâtre avec succès, les juges s'offrent à lui verser la somme qu'ils gagnent pour leur participation au jury3.

Il s'agissait de l'œuvre de G. Th. Lambadarios qui avait été envoyée en 1872 sous le titre Οι πολιτικοί4.

24) Ο τοκογλύφος ψηφοθήρας: comédie se référant à la vie politique. L'intrigue est simple et amusante. Les caractères sont bien peints5.

Oeuvre d'Antoine Antoniadis, cette comédie montrait dans quelle mesure son auteur savait s'adapter aux circonstances: elle visait l'actualité brûlante de l'époque, les intrigues électorales en l'occurrence, et était entièrement écrite en langue populaire6.

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1. Camb. A., p. 799.

2. N. Contopoulos, Ποικίλα, ήτοι τραγωδία Κάλλιον θάνατος ή ατιμία και άλλα τινά ποιημάτια, υπό- Athènes s.d.

3. Jugement de 1875, pp. 12-14.

4. C. Th. Lambadarios, Σκουντούφλης ο πρωθυπουργός, κωμωδία εις μέρη τέσσαρα (λαβούσα τον Α' έπαινον εν τω Βουτσιναίω ποιητικώ αγώνι του Πανεπιστημίου του 1875) υπό- Athènes 1876.

5. Jugement de 1875, pp. 14-16.

6. A. I. Antoniadis, Παυσανίας ο Λακεδαιμόνιος και Η κατάρα της μάννας, τραγωδίαι· Ο τοκογλύφος ψηφοθήρας και Η άπιστος (βραβευθείσα εις τον ποιητικόν διαγωνισμόν

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25) Η άπιστος: comédie qui présente une certaine affinité avec l'œuvre précédente. C'est une satire des jeunes filles athéniennes qui cherchent à épouser de riches grecs venus de l'étranger. Le sujet, très actuel, est développé de façon admirable. L'auteur semble avoir étudié les chants populaires. Un long passage est cité1.

C'était encore une comédie d'Antoniadis, écrite en langue savante2. L'actualité donnait naissance ici, une fois de plus, à une description de mœurs athéniennes. Mais l'enthousiasme du rapporteur de 1875 était sans doute injustifié. Oeuvre médiocre et superficielle, Η άπιστος avait en réalité peu de rapports avec ce qu'Aphentoulis appelait "un véritable miroir social de l'époque".

26) Ο Παυσανίας: tragédie dont l'action est souvent vive, mais la peinture des caractères défectueuse. La prolixité du dernier acte est incompatible avec le tempérament des Spartiates3.

Il s'agissait d'une œuvre de Jean Margaritis4.

27) Κλεομένης: tragédie qui prend parfois un aspect épique ou lyrique. L'auteur fait preuve de patriotisme et d'imagination, mais il ne possède pas une expérience dramatique5.

Selon Jean Sidéris, il s'agissait d'une œuvre de Constantin Anghélopoulos6.

28) Ιούνιος Βρούτος: tragédie qui, comparée à l'œuvre du même nom de Voltaire, s'avère maladroite et décevante. Les fautes de grammaire n'y manquent pas. Toutefois, l'auteur est talentueux et donne beaucoup d'espoirs pour l'avenir7.

Oeuvre de Jean G. Phranghias, cette tragédie, qui avait été envoyée pour la première fois au concours de 1871, allait être publiée à Hermoupolis l'année suivante. Dans sa longue préface (21 juillet 1876) où il expliquait en détail dans quelles conditions son œuvre avait été

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του φιλογενούς Κυρίου Ιωάννου Γ. Βουτσινά, τη 18 Μαΐου 1875), κωμωδίαι, Athènes 1877, pp. 181-254.

1. Jugement de 1875, pp. 16-23.

2. A. I. Antoniadis, op. cit., pp. 255-340.

3. Jugement de 1873, pp. 23-24.

4. Jean Margaritis, Παυσανίας ο Κλεομβρότου, τραγωδία εις μέρη πέντε υπό-Athènes 1876. La même tragédie est publiée en entier dans la revue Βύρων 2 (1876) 423-433, 498-506 et 559-571

5. Jugement de 1875, p. 24.

6. Jean Sidéris, Ιστορία του νέου ελληνικού θεάτρου 1794-1908, t. Ι, Athènes s.d., p. 75.

7. Jugement de 1875, pp. 25-28.

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composée, jouée et remaniée, l'auteur n'hésitait pas à condamner les protestations des concurrents: «Les vantardises des auteurs dans les préfaces des poèmes, chaque fois que ceux-ci, présentés dans l'arène athénienne que l'on appelle chez nous Concours Poétique, ratent le prix, sont devenues non seulement habituelles mais encore assommantes»1. Mais cette déclaration n'empêchait pas Phranghias d'attaquer, lui aussi à son tour, le verdict d'Aphentoulis et d'attribuer son échec aux «préjugés voltairiens» du jury2.

29) Στάτειρα: tragédie «simple», mais «froide, sans but, sans intérêt et sans catharsis»3.

30) Η κατάρα της μάννας: tragédie en cinq actes qui tire son sujet d'un chant populaire inédit. Écrite en langue démotique, elle se lit avec intérêt et mérite d'être louée, «bien qu'elle ne soit pas suffisamment émouvante». Sont citées deux scènes du troisième acte4.

Il s'agissait d'une œuvre d'Antoine Antoniadis5. Située au XVIIIe siècle (1769), elle devenait une étude de mœurs kleftiques telles que les imaginait la génération de l'auteur. Le ton restait héroïque, l'histoire se mêlait au folklore, la langue démotique entraînait le vers de quinze syllabes. A l'instar de S.N. Vassiliadis (Γαλάτεια), Antoniadis transformait un chant populaire en pièce de théâtre. Il n'en composait pas moins un drame romantique qui portait les traces de son époque:

Στην Πόλη, στην Αγια-Σοφιά θα δούμε βασιλέα! 6

31) Παυσανίας ο Λακεδαιμόνιος: tragédie «remarquabe» qui possède des qualités quant à la peinture des caractères, à la langue (savante), à la versification (trimètres iambiques). Mais l'auteur n'a pas réussi à peindre convenablement son héros. Il doit remanier sa tragédie et lire Byron («Les Deux Foscari»), Racine («Mithridate»), Shakespeare («Jules César») et Schiller («Wallenstein»)7.

C'était la quatrième œuvre présentée au même concours par Antoine

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1. Jean G. Phranghias; op. cit., p. [γ'].

2. Ibid., pp. ξ' sq. Signalons que N. I. Lascaris (Ιστορία του νεοελληνικού θεάτρου, op. cit., pp. 135 sq.) donne sur cet auteur des renseignements parfois inexacts. D'autre part, Jean Sidéris, op. cit., attribue Ιούνιος Βρούτος à T. Ambélas.

3. Jugement de 1875, p. 28.

4. Ibid., pp. 29-41.

5. A. I. Antoniadis, op. cit., pp. 97-180. (Deuxième édition: Athènes 1891).

6. Ibid., p. 123; cf. p. 121.

7. Jugement de 1875, pp. 41-45.

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Antoniadis1. Tragédie classique, elle se conformait à toutes les règles et les convenances du genre: unités aristotéliciennes, sujet antique, langue savante, trimètres iambiques. Nous ignorons si l'auteur a suivi, comme d'habitude, les conseils du rapporteur avant de publier son œuvre.

32) Πέτρος ο Συγκλητικός: drame historique en cinq actes (3500 vers), imitation de Shakespeare ("Hamlet" et "Macbeth"). L'auteur semble avoir étudié l'histoire médiévale de Chypre. Il accumule des épisodes, émeut souvent mais fatigue aussi le lecteur2.

Il s'agissait d'une œuvre typiquement romantique de Thémistocle Théocharidis, publiée deux ans plus tard3. Dans sa courte préface, l'auteur se déclarait satisfait du jugement porté sur son drame et remerciait vivement le jury.

33) Σαμψών και Δαλιδά: tragédie. Ses qualités sont nombreuses: intrigue réussie, catharsis convenable, caractères bien peints, langue et versification satisfaisantes. Sont citées deux scènes du deuxième et du cinquième acte. Cette tragédie est considérée par le jury comme digne de partager le prix du concours avec la comédie Η άπιστος. Les œuvres No 23, 31 et 32 obtiennent des accessits: celles No 26, 27 et 28 reçoivent des mentions honorables. Enfin, les juges décident de dévoiler, en signe d'honneur, les noms des auteurs de Ο πρωθυπουργός Σκουντούφλης et de Πέτρος ο Συγκλητικός4.

C'est ainsi que, largement récompensés, les candidats de 1875 pouvaient redoubler de zèle et présenter de meilleures performances dans l'avenir. Constantin Ch. Versis, l'auteur de Σαμψών και Δαλιδά5, remportait sa deuxième victoire depuis 1870 pour ses trimètres archaïsants et ampoulés:

Ηλάλαξαν αι γλώσσα ι αι παράνομοι,

και βλασφημίας αίρουν μέχρις ουρανού.

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1. Α. Ι. Antoniadis, op. cit., pp. 1-95.

2. Jugement de 1875, pp. 46-48.

3. Th. Théocharidis, Πέτρος ο Συγκλητικός, τραγωδία εις πέντε πράξεις υπό- λαβούσα τον α΄ έπαινον εν τω Βουτσιναίω διαγωνισμώ του 1875, Larnaka 1877. Deuxième édition, établie par la veuve du poète: Larnaka 1907.

4. Jugement de 1875, pp. 48-62.

5. C. Ch. Versis, Σαμψών και Δαλιδά, τραγωδία εις πέντε πράξεις υπό- βραβευθείσα εν τω Βουτσιναίω ποιητικώ διαγωνισμώ του 1875, Athènes 1875. Un extrait de cette tragédie est reproduit dans Mat. Parn., pp. 625-630. Signalons que pour Jean G. Phranghias, op. cit., p. ιβ', Aphentoulis, principal responsable du couronnement de Versis, "ignorait qu'il existe aussi un Samson voltairien".

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Εσκίρτησαν υπό χαράς οι άνομοι,

και κορυβαντιώντες γην και θάλασσαν

με ωρυγάς καλύπτουν και με καγχασμούς.

Antoine Antoniadis, sévèrement critiqué l'année précédente par A. R. Rangabé, revenait cette fois-ci avec 4 œuvres (2 comédies et 2 tragédies), misait à la fois sur la langue populaire et sur la langue savante, et obtenait enfin la moitié du prix avec, en plus, un accessit. De nouveaux poètes dramatiques tels que C. Th. Lambadarios, Th. Théocharidis, Jean Margaritis et Jean Phranghias faisaient des apparitions prometteuses. A première vue, le concours se portait bien; le nombre des concurrents était en augmentation; les 8 œuvres honorées pouvaient même paraître comme des signes de progrès qualitatif. Mais ces apparences semblaient d'autant plus trompeuses que la faillite de l'institution poétique se précisait inexorablement.

En réalité, ni le bilan triomphal d'Aphentoulis ni les récompenses largement offertes par le jury ne pouvaient faire face à une crise qui allait en s'amplifiant. En vain le journal Παλιγγενεσία exaltait-il le Jugement de 1875 et prenait-il la défense des concours1. Ceux-ci, appauvris sur le plan qualitatif, se transformaient de plus en plus en fêtes scolaires dont les distributions de prix, monotones et ennuyeuses, soulevaient des commentaires ironiques même chez les adolescents de 14-15 ans. Témoin ce jeune garçon qui écrivait à son ami Costis Palamas le 28 mai 1875: "Tu as certainement appris qu'Antoniadis sera éternellement couronné pour son Η άπιστος, ainsi que C. Versis pour son Σαμψών"2.

De fait, la pauvre moisson de 1875 reflétait l'impasse du théâtre néo-hellénique dans son ensemble. Depuis des années, la production dramatique, en général, suivait uniformément la voie tracée par D. Vernardakis et A. Vlachos, les dramaturges "les plus éminents d'aujourd'hui"3. Μερόπη et Μαρία Δοξαπατρή constituaient les deux principaux modèles de la tragédie classique et du drame romantique; l'histoire, ancienne ou médiévale, amenait en tout cas à la même abstraction et donnait naissance à des œuvres aussi emphatiques que froides. Orientée vers la vie contemporaine et dominée forcément par des éléments

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1. Παλιγγενεσία, 19 mai 1875.

2. C. S. Constas, "Γράμματα προς τον Κωστή Παλαμά 1874-1878", NE 89 (1971) 336.

3. André Anagnostakis, Λόγος Ολυμπιακός εκφωνηθείς κατ' εντολήν της Ακαδημαϊκής Συγκλήτου τη 4 Μαΐου 1875, επί τη Γ΄ εορτή των υπό του αοιδίμου Ευαγγέλη Ζάππα ιδρυμένων Ολυμπίων υπό -Athènes 1875, p. 31.

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réalistes, la comédie n'avait pourtant- pas à présenter des performances remarquables. Lorsqu'elle se libérait des imitations aristophanesques, elle n'évitait pas, en général, les défauts des pièces de Vlachos: lieux communs empruntés aux vaudevillistes français (Labiche, Martin, Lambert Thiboust), description superficielle des mœurs athéniennes, sujets actuels mais dépourvus d'originalité. Si les événements de 1874-1875 avaient poussé à la satire politique, celle-ci restait conventionnelle et médiocre, alors que la forme même du théâtre versifié et la monotonie des trimètres iambiques accentuaient le manque de naturel dans les dialogues.

C'est ainsi que, en 1875, le dernier concours dramatique, loin d'apporter grand-chose à la production purement théâtrale montrait que l'institution poétique, atrophiée et sclérosée, s'approchait encore davantage de sa fin inéluctable. Les vives attaques des candidats contre les jurys, toutes ces réponses hargneuses qui, des décennies durant, alimentaient la presse athénienne et les préfaces des poèmes publiés, n'avaient plus leur place. Certes, le sévère avertissement d'Aphentoulis y était pour beaucoup. Mais il y avait aussi la lassitude, l'indifférence, le peu d'importance que l'on attachait finalement à un verdict sans véritable portée. Or les vainqueurs n'avaient pas lieu de se réjouir outre mesure de leurs couronnes, et les vaincus ne pouvaient pas non plus éprouver d'humiliation exagérée. Tout devenait calme, banal, médiocre, routinier. Entrés en agonie, les concours allaient prolonger pour deux ans encore une existence sans espoir.

5. 1876: Le dernier éclat

Cependant, le zèle des candidats présentait toujours la même ardeur. Annoncée par les journaux pour le début du mois de mai, la cérémonie de 1876 devait être reportée au 13 mai: les 31 poèmes lyriques envoyés, avec leur ensemble de 26.928 vers, n'avaient pas permis aux trois membres du jury —E. Cokkinos (président), Th. Orphanidis (rapporteur) et Th. Aphentoulis— d'accomplir leur tâche dans les délais prévus. «Comment une telle inondation de vers pouvait-elle ne pas submerger les juges?»1. On eût dit que, désapprouvée par Mistriotis en 1873, la poésie lyrique revenait maintenant en force pour démentir les pronostics et pour réanimer par sa présence massive un concours tombé dans le marasme. Mais était-elle pour autant prometteuse?

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1. Jugement de 1876, Athènes 1876, p. 9.

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Le rapporteur Orphanidis ne cachait pas sa déception. Pour lui, la moisson lyrique de 1876 n'annonçait rien de bon: elle était caractérisée, dans son ensemble, par «une ignorance totale», par «une incohérence et un manque de suite dans les idées», par «une vulgarité dans le langage», par «un verbalisme insupportable», par «une versification fardée et froide»1. Or la question que le rapporteur avait posée en 1870 restait toujours d'actualité: «Avons-nous aujourd'hui en Grèce une poésie lyrique?». Et la réponse à cette question était aussi décourageante que catégorique: «Nous répondons avec courage et nous déclarons avec conviction que nous n'avons pas de poésie lyrique. Par conséquent, si le concours dont nous rendons compte aujourd'hui paraît défectueux, cela n'est pas dû au manque de poètes, mais au caractère qu'a pris à l'heure actuelle la poésie dite lyrique, cette poésie écrite et non chantée»2.

Ainsi, pour Orphanidis, la poésie lyrique, ayant comme principale fonction d'être chantée, ne pouvait-elle connaître aucune floraison dans une société dépourvue d'enthousiasme et indifférente à la chanson. Cet enthousiasme lyrique n'appartenait qu'au passé: c'était un phénomène lié à la Révolution de 1821 et aux conditions sociales qui avaient créé alors un climat d'exaltation. «Aujourd'hui, notre patrie, oublieuse de cette époque héroïque, est préoccupée par d'autres luttes, non point certes inutiles, mais peu glorieuses. Pourtant, lorsque l'esprit humain s'oriente exclusivement vers l'utilité matérielle, il s'humilie, et son humiliation entraîne un relâchement moral; tout sentiment noble meurt, s'éteint et ne peut s'éveiller facilement»3. Le thème de l'idéal déchu, thème de toute cette époque, revenait une fois de plus pour attrister le jovial rapporteur de 1876.

Toutefois, Orphanidis ne sombrait pas dans le pessimisme. Les signes de ce qu'il appelait «fermentation sociale» étaient déjà évidents. La poésie pouvait donc sortir de son impasse avec l'ensemble d'une société en transformation. Mais, pour l'instant, ce qui était l'essentiel, c'était un effort pour s'approcher du réel. Les poètes lyriques de 1876, dans leur ensemble, avaient pratiquement peu de connaissances sur le plan de l'histoire naturelle, et leur ignorance dans ce domaine se trahissait par leurs images et leurs métaphores erronées. Dans ces conditions, il était normal qu'Orphanidis conseillât aux poètes, tout d'abord, «une

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1. Ibid., p. 5. 

2. Ibid., p. 9. C'est le rapporteur qui souligne.

3. Ibid., p. 12.

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étude très large et pratique de la nature»1, pour souligner, par la suite, combien l'apprentissage des règles poétiques était indispensable.

Ceci dit, le problème de la création paraissait au rapporteur de 1876 plus difficile et complexe: on ne devait pas sous-estimer l'importance de facteurs innés tels que le talent et l'inspiration. Mais ces facteurs n'étaient pas, en dernière analyse, indépendants des éléments acquis. Car l'inné et l'acquis formaient un tout inséparable, et l'homme était le résultat d'une collaboration harmonieuse de la nature avec la culture. «Nous ne considérons pas comme véridique l'adage «les poètes naissent poètes, les orateurs deviennent orateurs»; car tous les hommes doivent avoir de naissance une vocation à apprendre tel ou tel art, et tous les hommes doivent étudier pour devenir ce qu'ils veulent en cultivant leur vocation»2.

C'est ici que nous avons sans doute un texte devenu prétexte: l'année suivante, Roïdis et Vlachos allaient développer largement, ainsi que nous le verrons, les questions posées par Orphanidis. Mais celui-ci n'ouvrait pas seulement un débat futur: il donnait déjà des réponses qui, sous certains aspects, étaient plus positives et complètes que celles avancées, dans un climat de conflit personnel, par les deux critiques athéniens.

Quant aux 31 poèmes lyriques du concours3, ils étaient répartis par le rapporteur de 1876 en deux catégories, selon leur valeur. La première catégorie comprenait 17 poèmes plus ou moins insignifiants (ληρικά, avec η, selon le jeu de mots d'Orphanidis) dont chacun avait droit à un court commentaire ironique. Ce n'était donc que la seconde catégorie, celle des 14 poèmes effectivement lyriques (λυρικά, avec υ), qui était analysée et commentée largement par le rapporteur. Voici un résumé du Jugement de 1876:

I. Première catégorie

1 ) Poème sans titre (2411 vers), un «abject bavardage monacal», qui

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1. Ibid., p. 5; cf. p. 21. La «nature», arme anti-romantique par excellence, s'oppose ici, plus généralement, à toute forme d'abstraction: le rapporteur, professeur de botanique, parle à la fois au nom de la science, de la pensée rationaliste et du réalisme.

2. Ibid., pp. 4-5.

3. Deux poèmes, arrivés après l'échéance, sont exclus sans être nommés: Ibid., p. 6. Orphanidis parle de 31 concurrents, de 40 manuscrits et de 31 œuvres (pp. 6-7), mais il présente une liste analytique de 32 poèmes (pp. 7-9): en réalité, les poèmes de Vizyinos (No 3 et 4 de la liste) doivent être considérés comme une seule œuvre.

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porte l'inscription: Ιερομόναχος υπ' ανωτέρων αρχών εις τινα Μοναστήρια, προς κατάπαυσιν της εν αυτοίς έριδος, και διατί, πώς, και εκ τίνος ηγουμενοσυμβουλίου εχρεώθησαν αι μοναί αυταί, και πόσον ην το χρέος εκάστης αυτών.

2) Ώραι σχολής (1007 vers)

3) Τρικυμία (534 vers)

4) Άνθη αγρού (1542 vers)

5) Παλμοί (2280 vers)

6) Ο προορισμός της Ελλάδος (452 vers): "œuvre entièrement disgracieuse".

7) Ψυχαί (500 vers): "imitations étrangères non assimilées".

8) Στιγμαί σχολής (430 vers): poème exclu en raison du nombre de ses vers.

9) Η παλινωδία μου (500 vers): il contient deux poèmes intéressants.

10) Λυρικαί ποιήσεις (570 vers): œuvre qui date de 1854.

11) Ερώτων έπη (798 vers): "froids exercices poétiques de grammairien pédant. Mais les manuels de grammaire écrivent: les poètes naissent poètes et les orateurs deviennent orateurs. Nous souhaitons donc que ce poète maladroit devienne du moins un orateur, vu que le verbalisme connaît une grande prospérité chez nous!"2.

Ce "grammairien pédant" n'était autre que Costis Palamas (1859-1943) qui, à 16 ans, participait au concours de Voutsinas pour la première et la dernière fois. Plus tard, il allait se référer à plusieurs reprises, et non sans complaisance, au sévère jugement porté sur lui par Orphanidis3.

12) Πτερά (539 vers)

13) Όνειρα (548' vers)

14) Ο λυρωδός (699 vers): œuvre contenant un extrait de poème et, de ce fait, exclue du concours.

15) Σταγόνες (646 vers)

16) Αισθήματα και αναμνήσεις (502 vers)

17) Ο χορός της κυρίας Ριπαπή (734 vers): œuvre satirique qui raille un certain nombre de personnages athéniens connus. Bien qu'elle

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1. Ibid., p. 7; cf. un commentaire ironique dans Εστία 3 (1877) 399-400.

2. Jugement de 1876, p. 16.

3. Voir notamment Pal. A., t. I. p. 19, et t. IV, p. 430. Nous signalons qu'une lettre de D. S. Zalouchos à C. Palamas (19 mai 1876) décrit assez bien la façon dont les amis du poète, présents à la cérémonie, accueillirent le jugement du rapporteur sur Ερώτων ίπη: C. S. Constas, op. cit., p. 392.

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n'ait pas de place dans un concours de poésie lyrique, elle fait cependant l'objet d'un commentaire plutôt favorable1.

Il s'agissait d'une œuvre de Georges Souris2.

II. Deuxième catégorie

18) Συ και εγώ (515 vers): recueil de 9 petites poésies, œuvre d'un poète débutant. Est cité le poème Εις τον αόμματον πάππον μου.

19) Αετιδείς (502 vers): œuvre d'un poète inexpérimenté. Est cité le poème Επί του λευκώματος μικράς μαθητρίας, "obscure imitation de muse étrangère".

20) Ίρις (585 vers): recueil de 9 poésies "très médiocres". La versification est en général naturelle. L'auteur fait un usage abusif de mots vulgaires et populaires; il n'évite pas la prolixité et le prosaïsme. Sont cités les poèmes Η συνέντευξης et Η ευτυχία3.

Il s'agissait d'une œuvre de D. Gr. Cambouroglou4. Dans sa cinquième et dernière participation au concours de Voutsinas, le lauréat de 1873 faisait preuve de la même bonne humeur qui avait toujours marqué ses manifestations littéraires:

Ποιος γνωρίζει την Σμαράγδα

πούχει χάραις πούχει κάλλη,

όσα δεν τα έχει άλλη,

κ' ένα ελάττωμα κακό;

21) Σκιρτήματα (586 vers): recueil en langue savante et en langue populaire. Les poèmes "savants" sont "froids, médiocres et presque sans aucun intérêt"; ceux écrits en langue populaire sont meilleurs. Est cité le poème Το φίλημα του Μάρτη5.

Deuxième participation aux concours d'Emmanuel C. Stratoudakis, cette œuvre montrait dans quelle mesure, en 1876, la langue populaire gagnait du terrain et facilitait l'expression lyrique:

Είχαν γιορτή περίφανη επέρσι μιαν ημέρα

τα λούλουδα κάτω 'στη γη και τ' άστρα στον αιθέρα...

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1. Jugement de 1876, pp. 17-18.

2. Pal. Α., Ι. VII, p. 102.

3. Jugement de 1876, pp. 27-34.

4. Camb. A., p. 799. Ses deux poèmes, remaniés, sont publiés, sous les titres Η Σμαράγδα et Εωθινόν, dans D. Gr. Cambouroglou, Παλαιαί αμαρτίαι, op. cit., pp.15-16 et 23-24.

5. Jugement de 1876, pp. 34-38.

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L'auteur, un admirateur d'A. Paraschos, devait publier en partie ses poésies l'année suivante, sans toutefois manquer de protester contre le sévère jugement d'Orphanidis1.

22) Τραγούδια (510 vers): recueil de 13 poésies écrites en langue démotique. Imitations des chants populaires, ces poésies constituent des "lieux communs" et sont dépourvues d'intérêt "après les innombrables publications des chants kleftiques et après les poèmes de notre ami Aristote Valaoritis". Est cité le poème Η αγάπη όνειρο.

23) Ο λαγουτιέρης. Τραγούδια της αγάπης (507 vers): recueil de 26 petites poésies qui, écrites en langue démotique, malgré leurs lieux communs, possèdent la naïveté et la grâce des chants populaires. Elles ont cependant des mots grossiers. Est cité le poème Το δάγκαμα.

24) Λυρικά ποιήματα (690 vers): recueil écrit en langue populaire "froide et qui sent le pédantisme". La versification est généralement correcte. La monotonie et le verbalisme constituent les défauts majeurs. Sont cités les poèmes Έλα μ' εμέ et Η Ανθούλα (imitation de Solomos)2.

25) Μονωδίαι (1885 vers): recueil de 27 poésies en langue savante. L'auteur, qui semble être un homme cultivé, n'évite pas la prolixité. Est cité le poème Την είδον πάλιν.

26) Μυρσίναι (904 vers): recueil de 14 poésies, "fruit insipide de l'école romantique moderne qui rêve sans cesse en Grèce de palpitations, de larmes..., de vigueurs et de voluptés". Tout le recueil est caractérisé par un "prosaïsme versifié". Est cité et commenté ironiquement le poème Εν Φαλήρω3.

Il s'agissait d'une œuvre de T. Ambélas4. Le poète qui participait régulièrement aux concours depuis 1867 démontrait, une fois de plus, sa médiocrité féconde:

Βλέπεις την θίνα, ην φιλεί

η θάλασσα ως τρυφυλή

παρθένος ερωμένον;

Βλέπεις εδρών πληθύν εκεί;

Υπό σελήνης φως γλυκύ

είδον αβράν παρθένον.

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1. Ε. C. Stratoudakis, Λυρικαί ποιήσεις, Athènes 1877, pp. 5-6.

2. Jugement de 1876, pp. 42-49. Il s'agissait probablement d'une œuvre de Constantin Xénos.

3. Ibid., pp. 54-59.

4. Cf. ici p. 259, note 3.

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27) Ερωτικόν χαρτοφυλάκιον (600 vers): 50 poèmes élégiaques dont chacun a 12 vers. La langue (savante) et la versification sont correctes. Mais le poète, prolixe, ne réussit pas à éveiller l'intérêt du lecteur. Est cité le poème No 38 1.

Il s'agissait d'une œuvre d'Alexandre Catacouzinos publiée en 1877 2.

28) Τα τραγούδια μου (559 vers): recueil de 12 petites poésies amusantes dont la plupart sont écrites avec "beaucoup de facilité et de grâce". L'auteur fait des rimes naturelles, mais il n'évite pas "les mots turcs et barbares". Sont cités les poèmes Ενθύμησις et Ενθουσιασμός3.

Il s'agissait d'une œuvre de Georges Souris4. Continuateur de D. Gr. Cambouroglou, l'auteur se moquait, dès sa première poésie (Πατρίδα, έρωτας, κρασί), du romantisme morbide:

Δεν στενάζω στους τάφους απάνω,

ούτε ψάλλω ποτέ της ιτιαίς,

τα σκοτάδια, της μαύραις νυχτιαίς,

κι' ούτε θέλω ποτέ ν' αποθάνω.

L'humour, la joie de vivre, les thèmes anacréontiques et quotidiens annonçaient ici, sans doute, une réconciliation de la poésie avec la réalité. Mais les signes d'un nouveau conformisme étaient, eux aussi, évidents: complaisant, Souris sacrifiait déjà tout effort créateur à la satire superficielle, aux lieux communs et à la facilité.

29) Σπινθήρες γενναιοφροσύνης (564 vers): recueil de 6 poèmes, œuvre d'un homme cultivé. La langue est savante. L'auteur fait montre de patriotisme et de nobles sentiments, sans toutefois éviter le prosaïsme et les longueurs. Est cité un extrait du poème Εις τον ανδριάντα Ρήγα του Φερραίου.

30) Ακτίνες και μύρα (638 vers): "œuvre d'une plume expérimentée". L'auteur semble avoir subi l'influence d'Alexandre Soutsos et d'autres

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1. Jugement de 1876, pp. 59-60.

2. P. Matarangas en reproduit cinq poèmes: Mat. Parn., pp. 741-743. Il est à noter que le recueil de Catacouzinos est favorablement jugé par G. Sclavos et Tellos Agras: MEE 14 (1930) 50.

3. Jugement de 1876, pp. 61-66.

4. Georges Ch. Souris, Τα τραγούδια μου ή Συλλογή ευτραπέλων ασμάτων επαινεθείσα εν τω εφετεινώ Βουτσιναίω ποιητικώ αγώνι, Athènes 1876. -Sur la participation du poète au concours de 1876 et sur l'accueil réservé par la presse à son recueil, voir Criton G. Souris, op. cit., pp. 59-60.

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poètes modernes. Il fait preuve de bon goût et de patriotisme. Sa langue est soignée, sa versification correcte et élégante. Sont cités et commentés longuement les poèmes Προς τον Κανάρην et Εν συμποσίω1.

Il s'agissait d'une œuvre de Constantin Skokos (1854-1925)2. Dans la mesure où le patriotisme blessé alimentait encore la révolte romantique, le jeune poète ne manquait pas de reprendre le thème de "l'idéal déchu":

Κ' ημείς; αναπαυόμενοι εις αναμνήσεις μόνον

πέραν ημών δεν στρέφομεν ευγνώμονες το βλέμμα,

κ' ενώ βαυκαλιζόμεθα με τ' άθλα των προγόνων,

ρέει των δούλων αδελφών ακράτητον το αίμα.

Του μεγαλείου τ' όνειρον εκείνο διεκόπη...

Κ' ημάς τους νάνους σήμερον σαρκάζει η Ευρώπη.

Mais le temps des pleurnicheries était passé. Tempérament proche de celui de Souris, Skokos n'avait pas de mal à suivre la nouvelle mode anacréontique pour exalter l'amour et le vin. Il riait aussi facilement et superficiellement qu'il se lamentait.

31) Άραις, Μάραις, Κουκουνάραις (3407 vers): quatre manuscrits portant respectivement les titres Άραις (744 vers), Μάραις (740 vers), Κουκουνάραις (740 vers) et Άραις, Μάραις, Κουκουνάραις (1183 vers). Ces titres bizarres et un peu ridicules couvrent, en réalité, des poèmes lyriques remarquables qui rappellent Christopoulos, Tantalidis, même Anacréon et qui sont écrits en langue savante et en langue populaire. Contrairement aux trois premiers manuscrits dont le ton est généralement amusant et léger, le quatrième contient des poésies graves et parfois obscures, faisant état d'influences allemandes. Dans une lettre, le poète propose aux juges universitaires, s'ils trouvent inconvenant le titre donné par lui en guise de plaisanterie, de le transformer en Βοσπορίδες αύραι; ce que le jury accepte volontiers. Sont cités et commentés favorablement 3 poèmes du premier manuscrit, 8 du second, 5 du troisième et 2 du quatrième. Vu les qualités incontestables de ces poésies (grâce, élégance, esprit comique, versification harmonieuse, etc.), les juges décernent à l'unanimité le prix et la couronne à Βοσπορίδες αύραι; ils réservent l'unique accessit du concours à Ακτίνες και μύρα3.

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1. Jugement de 1876, pp. 71-79.

2. C. Ph. Skokos, Ακτίνες και μύρα, λυρική συλλογή τυχούσα του πρώτου επαίνου εν τω Βουτσιναίω ποιητικώ διαγωνίσματι του 1876, Athènes 1877.

3. Jugement de 1876, pp. 79-119.

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Absent de la cérémonie, Georges Vizyinos, l'auteur de l'œuvre couronnée, ne pouvait pas assister à sa victoire, la seconde depuis celle de Κόδρος1. De l'Allemagne, d'où il avait envoyé ses quatre manuscrits, il ne pouvait pas non plus saisir ce qui avait changé entre-temps dans le climat littéraire d'Athènes. En vain se pavanait-il dans un de ses poèmes qu'Orphanidis avait lu en public:

Μα του Παρνασσού τας κίσσας,

και το δέρμα του Μαρσύου,

κ' εγώ πρέπω μεταξύ σας,

ποιηταί από γραφείου!

Εν εκστάσει κ' εγώ θώκον

ποιητού και δάφνην είδον

En réalité, sa deuxième couronne de laurier n'avait plus à ajouter grand-chose à son prestige. Ses poésies, longuement présentées par Orphanidis lors de la cérémonie, "n'ont pas plu", nous dit-on, à un public qui applaudissait les vers de Souris2. Le jeune D. S. Zalouchos, dans une lettre à son ami Costis Palamas, qualifiait le concours de 1876 d'"entièrement misérable", ironisait sur l'œuvre couronnée et proclamait sa préférence pour les poèmes de D. Gr. Cambouroglou et de C. Skokos3. Roïdis ridiculisait sans pitié Vizyinos, les juges universitaires et l'institution poétique: "L'ajournement continuel du concours est dû au fait qu'un juge exige que soit couronné, à la place des poèmes envoyés, un piètre assemblage de vers intitulé Άραις, Μάραις, Κουκουνάραις, œuvre d'un tavernier, fiancé à la servante du juge en question, servante à laquelle ce dernier doit des salaires de deux ans"4. Dans ces conditions, le lauréat ne pouvait sûrement pas s'attendre à un grand respect, au moment où les concours s'éteignaient dans l'indifférence et dans les sarcasmes.

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1. G. Drossinis confond évidemment la cérémonie de 1876 avec celle de 1874, lorsqu'il évoque la scène du couronnement de Vizyinos: Σκόρπια φύλλα της ζωής μου, Athènes 1940, p. 161.

2. Journal Ποσειδών (du Pirée); cité par Criton G. Souris, op. cit., p. 60.

3. C. S. Constas, op. cit., p. 392.

4. Ασμοδαίος, 16 mai 1876. Un an plus tard, Roïdis allait exprimer le même mépris pour le lauréat de 1876: Περί συγχρόνου ελληνικής ποιήσεως, Athènes 1877, p. 16. Ajoutons que le poète E. C. Stratoudakis devait égratigner, lui aussi, le "rimailleur connu Vizyinos": Λυρικαί ποιήσεις, op. cit., p. 5.

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Le recueil Βοσπορίδες αύραι ne devait jamais être publié dans son ensemble1. On ne devait jamais apprendre ce qu'il pouvait encore apporter à la poésie néo-hellénique. Mais ses nombreux poèmes cités par Orphanidis sont suffisamment éloquents: ils montrent quel chemin avait fait Vizyinos depuis Κόδρος et vers quelles directions il s'orientait en 1876. A vrai dire, sa voie était incertaine. Elle passait aussi bien par la langue populaire que par la langue savante, aussi bien par Christopoulos et Tantalidis que par les chants populaires,

Βαρειά βαρειά τα σήμαντρα βαρούνε κ' η καμπάναις

φιλούν η μάναις τα παιδιά και τα παιδιά ταις μάναις

ou par Solomos:

Ήτον ωραίο,

σαν το λουλούδι·

ήτον αθώο,

σαν αγγελούδι.,

του παραδείσου

ήτο ψυχή.

Il n'en reste pas moins que ces poésies, gaies ou tristes, malgré leurs influences multiples, étaient l'œuvre d'un véritable créateur2. En partie, elles ne faisaient que suivre l'exemple donné en 1873 par D. Gr. Cambouroglou (Η φωνή της καρδιάς μου): l'esprit anacréontique

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1. Certains poèmes sont reproduits dans Εστία 3 (1877) 125 et 398, dans Mat. Parn., pp. 634-642, et dans G. Vizyinos, Τα ποιήματα, Athènes, Phexis, 1916, pp. 114-118. Sur les poèmes incorporés par l'auteur dans Ατθίδες αύραι (Londres 1883), voir G. Valétas, Φιλολογικά στο Βιζυηνό, Athènes 1936, pp. 64-65, et C. Mamoni, Βιβλιογραφία Γ. Βιζυηνού, Athènes 1963, pp. 9-10. Nous signalons que le recueil de Vizyinos est maintenant accessible grâce à l'édition de C. Mamoni: Τα άπαντα του Γ. Βιζυηνού, "Βίβλος" [1955], pp. 435-451. En ce qui concerne les efforts du poète pour publier Βοσπορίδες αύραι, sa lettre à Tantalidis (13/25 juin 1876) reste toujours un témoignage précieux: N. Vassiliadis, Aι "Βοσπορίδες" του Βιζυηνού (Ανέκδοτος επιστολή τον ποιητού) dans Skokos, Ημερολόγιον 1911, pp. 284-288; cf. Παναθήναια 21 (1910) 174-175 et Γεώργιος Βιζυηνός, ΒΒ No 18, Athènes 1960, pp. 28-29.

2. C. Palamas se montrait, croyons-nous, très sévère en 1916, lorsqu'il estimait que ces poésies "aujourd'hui ne méritent pas une attention autre que celle du patient historien de notre littérature": Pal. A., t. VIII, p. 316. Malgré son admiration pour Vizyinos, il avait toujours gardé un mépris excessif pour "la victime des misérables concours de Voutsinas, l'auteur couronné de piètres exercices scolaires" (1897): Pal. A., t. II, p. 507.

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survivait dans les deux cas à travers un modèle commun (Christopoulos). Mais Vizyinos avait le sens tragique développé et puisait son lyrisme dans des expériences douloureusement vécues:

Θέλω να διω τη μάνα μου, τ' αδέρφια μ' να φιλήσω,

στον τάφο του πατέρα μου θέλω να προσκυνήσω,

βαρέθηκα τα ξένα.

Toutefois, c'était sous un ton léger qu'il cachait, le plupart du temps, ses cris de douleur. Disciple de Tantalidis, il ne faisait que respecter minutieusement la tradition phanariote à laquelle il devait sa formation littéraire. Ne devenait-il pas ainsi l'expression vivante d'une contradiction? Toujours est-il que son écriture, souvent obscure et abstraite, témoignait d'un tempérament qui, en dernière analyse, s'accommodait mal d'une poésie simple, facile et superficielle.

Cette poésie simple, facile et superficielle était déjà à l'ordre du jour. Le retour à la nature passait sans doute par les joies de la vie quotidienne, par un regard sur la réalité la plus immédiate. Christopoulos et la poésie insouciante phanariote servaient, une nouvelle fois, d'exemple: la production lyrique de 1876, selon Orphanidis, exaltait presque exclusivement l'amour et le vin1. Souris versait dans la facilité de la poésie bachique:

Αχ τι ωραίο το ρετσινάτο,

ανάθεμάτο,

πώς τ' αγαπώ!

et Skokos continuait sur le même ton:

Φέρτε, φέρτε ρετσινάτο,

έχει ακόμη το κελλάρι·

το ποτήρι σας γεμάτο

όλοι πίνετε, εμπρός,

για να δώση και να πάρη

το κρασί και ο χορός.

Les temps avaient changé, sans aucun doute. On était bien loin des pleurnicheries romantiques qui, jusqu'en 1873, avaient dominé la poésie lyrique athénienne, bien loin aussi des froideurs néo-classiques

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1. Jugement de 1870, p. 20.

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qui avaient marqué la décennie précédente. Quelque chose de nouveau s'annonçait depuis le couronnement de Η φωνή της καρδιάς μου, quelque chose qui, en 1876, se précisait encore plus. Christopoulos revenait à la mode non pour amener à Anacréon ou pour tourner l'intérêt vers des sujets mythologiques, mais pour établir un contact avec la vie réelle et ses joies. La langue populaire gagnait de plus en plus de terrain. La "fermentation sociale" dont parlait Orphanidis n'était pas moins sensible dans le domaine littéraire. Certains poètes romantiques battus en 1873 réapparaissaient dans le concours de 1876 1, mais ce n'étaient pas eux qui pouvaient prendre l'initiative. La Nouvelle École Athénienne, celle qui allait être fondée par la génération de 1880, se projetait, quoique amorphe encore, à l'horizon. Quelques-uns de ses annonciateurs et de ses représentants se donnaient involontairement un premier rendez-vous dans le concours lyrique de 1876: D. Gr. Cambouroglou, G. Vizyinos, C. Palamas, G. Souris, C. Skokos.

Ils ne devaient plus se rencontrer dans le concours de Voutsinas. Car, après 25 ans de fonctionnement, l'institution poétique était à bout de souffle; elle succombait d'anémie incurable, sous le poids des circonstances, sous les coups de ses adversaires et les caprices du fondateur, dans l'indifférence du public et dans la lassitude des professeurs. Le contact avec une nouvelle réalité rendait sa survie impossible. L'histoire de la poésie néo-hellénique prenait d'autres directions et s'éloignait de plus en plus des couloirs universitaires.

6. 1877: L'épilogue

Dans la mesure où les concours ont été suivis d'une époque étrangère et, en grande partie, hostile à leurs objectifs, il est compréhensible qu'ils n'aient pas suscité un intérêt particulier après leur effacement: le changement de 1880 était sans doute loin de les mettre en valeur ou de favoriser un examen objectif de leur apport. Des décennies durant, l'institution de Rallis et de Voutsinas, si elle a fait l'objet de nombreux commentaires et de bilans pour la plupart négatifs, n'a pas été néanmoins considérée comme digne d'une étude approfondie. C'est en 1937 seulement qu'elle attire l'attention de la recherche2. Mais en 1946 encore,

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1. Une allusion de D. S. Zalouchos dans une lettre à C. Palamas (5 juillet 1876) nous permet de conclure que C. Xénos et N. Chatziscos étaient, eux aussi, parmi les concurrents de 1876: C. S. Constas, op. cit., p. 393.

2. G. Valétas, «H πανεπιστημιακή κριτική κι' η επίδραοή της στη νεοελληνική

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    22. Moullas, Concours poetiques

    de Ch. Tricoupis, auteur du fameux article Τις πταίει, par une mobilisation massive (1874-1875) ayant pour but le renversement d'un gouvernement illégal. Le conflit entre le nouveau et l'ancien devenait aigu: plus le premier gagnait du terrain, plus le second durcissait ses positions. C'est en ce sens que le couronnement du poème Κόδρος dernier "coup d'État" de Rangabé, marquait un raidissement réactionnaire et venait rétablir un ordre de plus en plus contesté.

    4. 1875: Les concours en faillite

    Dès lors, les concours, dans une très grande mesure, ne pouvaient être considérés par les forces nouvelles que comme partie intégrante d'un "establishment" en faillite. Roïdis, partisan de Ch. Tricoupis, lançait, dès le début de 1875, ses sarcasmes dans son journal satirique Ασμοδαίος: "Quarante-huit drames ont déjà été envoyés au concours de Voutsinas, dont quarante-deux par la poste de Syros"1. Ou bien: "Extrait d'un des 93 drames présentés cette année au concours de Voutsinas"2. Le fait que les universitaires, à l'exception d'Aphentoulis et de Mistriotis, aient refusé de participer au jury de 1875 était commenté ironiquement3. Un poème de ΦΛΟΞ (Jean Cambouroglou) se terminait par les vers suivants:

    Αυταί είν' αι ημέραι μας, προόδου φευ ημέραι!

    Την αρμονίαν, Μούσα μου, καν με τους στίχους φέρε.

    Μακράν των διαγωνισμών, μακράν του Αφεντούλη,

    θα δείξης, είμαι βέβαιος, πως δεν κοιμάσαι δούλη4.

    Enfin, au même moment, Roïdis, énumérant un certain nombre des choses qui avaient fait faillite à Athènes, citait aussi bien "les actions

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    1. Ασμοδαίος, 19 janvier 1875. Roïdis prenait ici pour cible T. Ambélas, originaire de Syros.

    2. Ασμοδαίος, 9 février 1875.

    3. Ασμοδαίος, 12 mars 1875. Signalons que, à la même époque, Aphentoulis, rapporteur au concours de D. Iconomos (26 octobre 1874), était l'objet de nombreux commentaires dans la presse athénienne à propos de sa querelle avec Ph. Paraskévaïdis relative à une traduction de Dante. Ces commentaires se terminaient souvent par "le refrain connu et ennuyeux, que les concours doivent être supprimés": Παλιγγενεσία, 3 février 1875. Roïdis n'avait pas perdu l'occasion d'attaquer, lui aussi, Aphentoulis et "tutti quanti": Ασμοδαίος, 2, 9, 16 février et 21 mars 1875.

    4. Ασμοδαίος, 21 mars 1875.