Συγγραφέας:Moullas, P.
 
Τίτλος:Les concours poétiques de l’ Université d’ Athènes 1851-1877
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:22
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:488
 
Αριθμός τόμων:1 τόμος
 
Γλώσσα:Γαλλικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Τοπική κάλυψη:Ελλάδα
 
Χρονική κάλυψη:1851-1877
 
Περίληψη:Στο βιβλίο αυτό παρουσιάζεται και μελετάται αναλυτικά και σε βάθος ένας σημαντικός για τα ελληνικά γράμματα του 19ου αιώνα θεσμός, οι ποιητικοί διαγωνισμοί που διοργανώνονταν στο Πανεπιστήμιο Αθηνών, και πιο συγκεκριμένα ο Ράλλειος Διαγωνισμός (1851-1860) και ο μακροβιότερος Βουτσιναίος διαγωνισμός (1861-1877).
 
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un dénouement heureux. Les revendications des universitaires satisfaites, les concours pouvaient continuer.

2. Jean Voutsinas - Réorganisation et déclin des concours

L'homme qui prenait la relève en 1861 et sauvait le concours présentait les mêmes garanties sociales que son prédécesseur et, d'un certain point de vue, une vie presque parallèle. Marchand et banquier riche, comme Rallis, il n'était ni un patriote moins zélé, ni un mécène moins ambitieux. Sa famille, originaire de l'île de Céphalonie, devait faire également partie, au XIXe siècle, d'une bourgeoisie marchande en plein essor; quoique moins illustre que la famille Rallis, elle n'était pas privée non plus de titres de noblesse1.

Mais Voutsinas était l'homme d'une autre génération. Né en 1834 2 à Odessa, il avait l'âge des jeunes poètes qui se présentèrent au concours depuis 1855. La maison de commerce familiale en Russie lui assurait un avenir aisé: il en assuma la direction, après ses études à Syros, Athènes et Paris. Nous lui connaissons des activités journalistiques pendant sa jeunesse, pas d'activités littéraires. Jusqu'à sa mort (1902), il demeura à Odessa; mais ses liens avec son pays ne semblent jamais s'être relâchés.

Lorsqu'il remplaça Rallis, Voutsinas avait 27 ans. On peut s'imaginer facilement ce jeune riche, ambitieux et plein de fougue, saisissant avec plaisir l'occasion de devenir mécène. Quelques années plus tard, son enthousiasme patriotique s'exprime par une série d'articles défendant la révolution crétoise: en 1866 les Anglais le surnomment "l'acharné Grec de la Russie Méridionale"3. Grâce à lui les journaux

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second des poèmes". Au contraire, Πρωινός Κήρυξ, 20 juillet 1861, est toujours ironique: "Jusqu'à maintenant les juges se plaignaient de n'être récompensés que par des injures et des outrages. Voilà enfin qu'ils reçoivent une récompense d'argent supérieure à toutes les insultes et à tous les coups de pied!".

1. El. A. Tsitsélis, Κεφαλληνιακά Σύμμικτα, t. I, Athènes 1904, pp. 67-68. Sur Jean Voutsinas voir aussi: M.P. Vrétos, Εθνικόν Ημερολόγιον 1866, pp. 341-342, Skokos, Ημερολόγιον 10 (1895) 257-259, et MEE 7 (1929) 728.

2. "Vers 1827", selon M.P. Vrétos, op. cit., p. 341. A. Iliadis (Ειρηνική, 11 mai 1872) conteste cette date citée par le journal Αυγή (9 mai 1872) dans une biographie de Voutsinas: en 1872, le fondateur n'a pas plus de 34-35 ans. La date 1834 établie par Skokos, op. cit., p. 257, et El. A. Tsitsélis, op. cit., p. 66, nous paraît plus correcte.

3. Skokos, op. cit., p. 258. Il est à noter que, pendant la révolution crétoise,

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athéniens Ελπίς, Αιών et Πανδώρα purent s'introduire en territoire russe. Consul général de Grèce à Odessa, à partir de 1874, il occupa ce poste pendant 21 ans.

Ce patriotisme, néanmoins, comme celui de Rallis, n'empêcha nullement Voutsinas de rendre des services précieux à la Russie. Président de la Bourse d'Odessa pendant 9 ans, conseiller de la Banque impériale, trésorier de la Croix Rouge, etc., il bénéficia de toutes les faveurs des autorités russes; ses décorations en témoignent. Comment pouvait-il ne pas faire preuve d'un zèle si bien récompensé? En 1871, au moment où il offrait 20.000 drachmes à l'Université d'Athènes, il fondait dans sa ville un concours dramatique ayant pour sujet l'histoire et la vie russes1. C'était dans les règles du jeu: homme d'affaires intelligent, il lui fallait servir, en même temps que sa patrie, le pays auquel il devait sa fortune.

Il n'oublia pas pour autant son île d'origine: une partie de sa fortune fut dépensée à payer les études de jeunes Céphaloniens. Voutsinas aurait aussi financé la publication de l'«Histoire de l'Heptanèse» de Jean Romanos, si la mort de l'auteur n'avait pas fait échouer ce projet2. Par ailleurs, intéressé à l'enseignement, il fit construire, dans la banlieue d'Odessa, une école primaire, et fonda, en 1881, comme nous le verrons, un concours sur les méthodes d'éducation scolaire. On le voit bien, il n'exerçait sa bienfaisance qu'au niveau culturel. Il avait le mécénat dans le sang.

Sa renommée fut bâtie, avant tout, sur le concours poétique d'Athènes. La tâche lui était facile. Succédant à Rallis, Voutsinas n'avait qu'à offrir une somme d'argent supplémentaire pour donner satisfaction aux revendications des juges. Le concours, bien parti, n'avait besoin que de financement; il n'était pas question de réviser les statuts existants. En effet, en 1862 nous apprenons par la bouche du rapporteur Rangabé que le nouveau concours «se déroule de la même manière que les précédents»3. Rallis disparu, ses statuts demeuraient en vigueur.

Ces statuts cependant durent subir, à partir de 1862, deux 

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Voutsinas avait déployé une activité non négligeable, effectuant des collectes; voir dans Η Ελπίς, 25 avril 1867, un épisode relatif à ces activités.

1. El. A. Tsitsélis, op. cit., p. 66. Le don de Voutsinas à l'Université est commente par les journaux Παλιγγενεσία, 19 mai 1871, et Αιών, 24 mai 1871.

2. Ibid., p. 67.

3. Jugement de 1862, Πανδώρα 13 (1862-1863) 122.

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modifications apportées, semble-t-il, plutôt par le jury universitaire que par l'initiative de Voutsinas:

a) La langue savante cessa d'être la seule acceptée au concours. Rangabé nous en donne l'explication: L'exclusion de la langue populaire, dans le passé, avait été motivée surtout par le fait que «beaucoup recouraient à la langue inculte de la populace non par force mais par faiblesse»; aussi avait-on jugé que «dans le combat livré aujourd'hui pour la formation de la langue, la grande force de la poésie ne devrait pas rester inutilisée... Cependant, nous ne persistons plus dans la décision prise alors par le jury, bien que nous estimions les raisons qui l'avaient dictée»1. Le rôle de Rallis n'est aucunement mentionné par Rangabé.

b) La date de la cérémonie fut transférée du 25 mars au mois de mai2.

En 1864, pour la deuxième fois, le concours n'eut pas lieu, «en raison d'une querelle très peu poétique survenue irrémédiablement parmi les membres du jury»3. Mais cette fois-ci, le fondateur n'y était pour rien; nous aurons l'occasion de revenir sur cette affaire et voir en détail ce qui s'était passé. Une chose est certaine: l'année suivante, un effort de réorganisation du concours est manifeste. Le rapporteur Roussopoulos signale une lacune importante, l'absence de procès-verbaux du jury4. Quatorze ans après le commencement des concours, on n'avait pas encore pris soin de conserver dans les archives universitaires les manuscrits envoyés. Il était temps d'y remédier. L'avenir du concours paraissait, de tous les points de vue, assuré: le nombre de participations augmentait; Voutsinas avait déjà fait ses preuves, offrant 1.000 drachmes de plus, exceptionnellement pour l'année 1865, afin que le récent rattachement de l'Heptanèse à la Grèce fût célébré par le couronnement d'un poème écrit «en langue populaire, notamment heptanésienne»5; enfin le nouveau régime du roi Georges transmettait son élan à toutes les institutions, y compris aux concours. C'est ainsi qu'un communiqué universitaire, daté du 24 juin 1865 et

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1. Ibid., p. 123.

2. Le report de la cérémonie au 3 mai est mentionné, pour la première fois par le Jugement de 1863, note préliminaire, p. [3]. Cette date devait être consacrée par le communiqué universitaire du 24 juin 1865.

3. R.R. de 1864, p. 76.

4. Jugement de 1865, Χρυσαλλίς 3 (1865) 330.

5. R.R. de 1865, p. 27.

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signé du recteur H. Mitsopoulos, fait montre d'un esprit de réorganisation:

a) Ne seront désormais acceptables que les poèmes «lisiblement calligraphiés» qui auront été déposés au Rectorat avant le premier mars de chaque année;

b) ces poèmes, destinés au concours ayant lieu chaque année le 3 mai, ne seront pas rendus à leurs auteurs, mais resteront dans les archives universitaires; chacun d'eux sera accompagné de son enveloppe qui ne sera ouverte qu'en cas de victoire1.

L'importance de cette décision est évidente: la conservation des poèmes dans les archives universitaires, même si elle était dictée par des considérations pratiques, démontrait à quel point les concours étaient élevés à la hauteur d'une institution. On peut imaginer, par ailleurs, combien la recherche aurait eu à gagner, si l'on disposait d'un tel corpus de manuscrits. Malheureusement, les archives du concours de Voutsinas ont été, plus tard, dispersées2 et, bien que quelques poèmes, portant les signatures et les notes des juges, aient été retrouvés, la reconstitution de l'ensemble ne reste pour l'instant qu'un vœu pieux.

L'usage ayant très souvent force de loi, il est normal que certaines pratiques, quoique au début exceptionnelles, finissent par devenir courantes on, tout au moins, tolérées. Par deux fois, ainsi que nous venons de le voir, pendant la période de Rallis, le prix ne fut pas décerné; pendant celle de Voutsinas, il sera refusé à trois reprises (1863, 1867 et 1871), chose d'autant plus caractéristique que les œuvres présentées atteignaient avec le temps des chiffres élevés. Signalons encore une nouvelle pratique introduite en 1866 et répétée aussi en 1870, 1872, 1873 et 1875: le prix de 1.000 dr. fut partagé entre deux poètes. Si la première fois on s'empressa de protester3, ce ne fut plus le cas par la suite: la coutume imposait ses droits. Quant au nombre des participations, il ne fit l'objet d'aucune restriction: on pouvait envoyer au concours plus d'un poème, à condition qu'ils fussent inédits. Mais

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1. Publié dans la presse, ce communiqué est reproduit dans le Jugement de 1865, p. 87, ainsi que dans M.P. Vrétos, op. cit., pp. 392-393. Les poèmes non jugés pouvaient, cependant, être rendus à leurs auteurs: un communiqué rectoral du 8 avril 1866 (Η Ελπίς, 26 avril 1866) invitait 4 auteurs à reprendre leurs poèmes reçus après échéance; cf. le communiqué rectoral du 3 février 1870: Παλιγγενεσία, 6 février 1870.

2. Camb. A., p. 796

3. A. Vlachos, dans la préface de son recueil «Εκ των ενόντων», Πανδώρα 17 (1866-1867) 156.

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la règle n'était pas toujours respectée par les concurrents. A. Paraschos et C. Samartzidis seront exclus du concours de 1868 pour avoir envoyé des œuvres en partie publiées; deux autres poèmes, en 1867 et 1869, seront rejetés pour la même raison.

L'élimination pouvait également avoir d'autres motifs, parmi lesquels le plus courant, sans doute, était l'expiration du délai. Plus indulgent au début du concours, cependant, le jury ne refusa pas d'examiner, en 1852, 3 œuvres reçues après échéance. Depuis lors, le règlement fut strictement appliqué, éliminant 3 poèmes en 1853, 1 en 1857, 2 en 1858, 4 en 1866, 2 en 1872, 2 en 1874 et 2 en 1876. A. Rangabé (1857) et A. Vlachos (1866) on été exclus pour avoir envoyé des traductions, dont la présentation n'était pas mentionnée dans les statuts de Rallis. Par ailleurs, 4 poèmes en 1868 et 3 en 1876 furent éliminés pour avoir moins de 500 vers. Parmi les autres motifs d'élimination, ajoutons aussi l'envoi de poèmes ne correspondant pas au genre examiné (6 poèmes, à partir de 1872), l'absence de titre et d'enveloppe (2 poèmes, en 1854 et 1868), le contenu indécent (2 poèmes, en 1875 et 1876) et l'illisibilité du manuscrit ( 2 poèmes, en 1872 et 1873). En somme, les œuvres éliminées pendant les concours dépassent largement la trentaine sur un ensemble de plus de 500 poèmes envoyés.

Un auteur n'avait évidemment le droit que de présenter une seule fois son poème. Mais en 1856 le jury décida que les œuvres ayant obtenu un accessit pouvaient exceptionnellement être à nouveau présentées ultérieurement au concours pour revendiquer le prix1. Les infractions à cette règle ne manquèrent pas, sans qu'elles soient toujours repérées: si, en 1859, S. Carydis fut éliminé pour avoir envoyé pour la deuxième fois un poème n'ayant pas obtenu d'accessit, beaucoup d'autres poèmes dans le même cas purent être impunément présentés à nouveau tout au long des concours. Le temps séparant les deux participations, le changement des membres du jury, le remaniement du texte et, souvent, du titre de ces poèmes, sont des raisons suffisantes pour qu'une "fraude" pareille passât inaperçue.

Mais la modification la plus impressionnante devait être apportée aux statuts en 1871. L'année précédente, le rapporteur Orphanidis, poussé par le nombre extraordinaire des participations (35), avait déjà proposé, pour chaque année, la concurrence sur un seul genre de poésie

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1. Jugement de 1856, ΠανδώοαΊ (1856-1857) 26; cf. Jugement de 1859, Πανδώρα 10 (1859-1860) 26.

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«et, si possible, sur un seul sujet fixé par le Conseil Universitaire»1. En 1871, les œuvres présentées ayant atteint le nombre de 45, la division du concours fut annoncée par le rapporteur G. Mistriotis2. Un mois plus tard, un communiqué universitaire (No 514, 26 juin 1871) signé du recteur C. Voussakis, notifiait, «avec l'autorisation du patriote fondateur», les modalités suivantes:

«1) Le concours est réparti entre les trois grands genres de la poésie, à savoir le dramatique, le lyrique et l'épique.

2) L'année prochaine 1872 le concours sera dramatique et y seront acceptés en concurrence des tragédies, des tragi-comédies, des comédies, des drames satyriques [sic], des mimes et, en général, toutes les catégories du genre dramatique.

3) L'année suivante 1873 le concours sera lyrique et y seront acceptées toutes les catégories de la poésie lyrique.

4) La troisième année 1874 le concours sera épique et y seront acceptées toutes les catégories de l'épopée, y compris le genre épico-lyrique.

5) Si, à la fin de cette période, aucune autre notification n'est diffusée, la présente sera valable pour l'avenir, selon l'ordre précédent.

6) Tout poème n'appartenant pas au genre poétique selon lequel se déroule une année le concours, en sera exclu.

7) Les poèmes sont reçus au secrétariat de l'Université jusqu'à la fin du mois de janvier de chaque année; les formalités relatives à leur envoi sont toujours en vigueur»3.

Appliqué en 1872, le nouveau règlement obtint, provisoirement les résultats escomptés: les poèmes présentés, exclusivement dramatiques, ne furent pas plus de 28. Un autre événement vint donner au concours de cette année un éclat particulier: Voutsinas, de passage à Athènes, assista à la cérémonie du 7 mai et couronna lui-même les deux poètes vainqueurs. C'était un fait unique. Rallis n'avait assisté à aucune cérémonie de son concours.

Naturellement, le séjour du marchand d'Odessa dans la capitale grecque ne passa pas inaperçu. Les journaux athéniens annoncèrent son arrivée (début mai), commentèrent ses diverses occupations et son départ (20 mai); ils ne manquèrent pas de publier des notes biographiques. A. Iliadis, un des lauréats de la même année, fait de Voutsinas

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1. Jugement de 1870, p. 9.

2. Jugement de 1871, p. 6; cf. R.R. de 1871, p. 53.

3. Jugement de 1871, p. [57].

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un portrait flatteur: Le fondateur est âgé de 34-35 ans, célibataire et assez beau; «nous espérons que, s'il décide de se marier ici, sa demande ne sera pas refusée!». Il acheta un terrain à Athènes pour faire construire une maison «en vue, peut-être, de s'y installer à l'avenir», se montra satisfait du progrès économique de la Grèce et, avant de partir, il promit de revenir bientôt1.

Il n'allait pas tenir sa promesse. Un peu plus tard, malgré les réformes, les concours entraient dans leur phase finale. Si les concurrents, toujours renouvelés, montraient sensiblement le même enthousiasme et si le nombre des participations continuait d'être élevé, la lassitude des universitaires, chargés de 4 concours, était déjà manifeste. En 1873, C. Paparrigopoulos annonce avec soulagement le rejet d'un cinquième concours, dramatique; il n'en demande pas moins pour les juges une récompense convenable; les concours esthétiques, estime-t-il, doivent avoir toujours le même jury, comme à l'Académie Française2. L'année suivante, G. Makkas observe mélancoliquement: «Seuls les professeurs qui furent membres de jurys connaissent les labeurs auxquels cette tâche est liée»3.

Les derniers concours se déroulèrent comme prévu; aucune nouvelle notification ne vint modifier celle de 1871. En 1876 et 1877 nous retrouvons au jury les mômes membres (Aphentoulis et Orphanidis), comme si la proposition de Paparrigopoulos se réalisait tardivement. Au concours de 1877 ne furent présentés que 5 poèmes épiques. C'était la fin. L'année suivante le recteur A. Anagnostakis déclare officiellement; «Et tout d'abord j'annonce que le concours poétique a été tacitement supprimé, son fondateur ayant cessé d'offrir l'argent nécessaire. Une interruption provisoire n'est peut-être pas à déplorer, afin que soit donnée à notre nouveau Parnasse la possibilité de floraisons plus vigoureuses. Cependant, le Conseil Universitaire, ayant éprouvé à deux reprises jusqu'à présent la versatilité des fondateurs, décida de n'admettre aucun concours à l'Université, si le capital nécessaire à son fonctionnement n'est pas déposé au préalable et de façon définitive»4.

On voit clairement que le financement des concours présentait une faille essentielle: offrant chaque année la somme d'argent indispensable à leur fonctionnement, le fondateur pouvait les interrompre à

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1. Ειρηνική, 11 et 23 mai 1871; voir aussi Παλιγγενεσία, 6 et 13 mai 1872.

2. R.R. de 1873, pp. 17-18.

3. R.R. de 1874, p. 20.

4. R.R. de 1878, p. 12.

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volonté, en cessant simplement d'envoyer son chèque annuel. C'est ce qui s'est passé en 1877. Préoccupé peut-être par ses projets culturels et autres en Russie, Voutsinas n'a pas jugé bon de poursuivre le financement des concours athéniens1. S'était-il aussi rendu compte que ceux-ci avaient déjà fait leur temps? Estimait-il que, après tant d'années, les résultats obtenus étaient trop médiocres pour justifier une continuation plus ou moins vaine? On ne saurait répondre par l'affirmative. Il serait difficile de croire qu'un homme comme Voutsinas pût partager, par exemple, le point de vue d'un critique comme Roïdis qui, en 1875, annonçait déjà la faillite des concours. Une telle hypothèse, par ailleurs, est démentie par les faits.

En 1881, après avoir été élu membre honoraire de l'Association Littéraire Hellénique de Constantinople, Voutsinas annoncera, par une lettre du 4 avril au Président, sa décision de fonder 3 concours pour la rédaction de Guides pratiques concernant l'enseignement primaire et secondaire. Cette décision, précisera-t-il, prise longtemps auparavant, n'avait pu être mise en pratique en raison des circonstances. "Je considère, à l'heure actuelle, Monsieur le Président, la fondation de concours ayant des objectifs pratiques comme le moyen nécessaire et le plus efficace... pour notre progrès national"2. Ne serait-on pas tenté de voir, dans cette profession de foi, une sorte d'autocritique de la part de l'homme qui finança, pendant 15 ans, un concours poétique, à savoir un concours n'ayant pas, par définition, d'"objectifs pratiques"? En réalité les choses sont plus complexes, et la "versatilité des fondateurs", dont parle le recteur Anagnostakis, paraît plus ou moins certaine.

Le concours de Constantinople ne devait être proclamé qu'avec un retard de dix ans3, pendant lesquels le mécène aurait brûlé d'une impatience compréhensible. Il avait mis fin au concours athénien depuis 1877. Son nouveau concours, bien qu'accepté immédiatement par

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1. Selon Skokos, op cit., p. 258, le fondateur supprima son concours à la suite d'une réponse brutale du Conseil Universitaire à ses propositions concernant des mesures d'amélioration. La source de cette information est, très probablement, un article publié dans Εφημερίς de 1888 (voir ci-dessous). Un autre journal, Καιροί, 24 décembre 1883, attribue l'interruption du concours au fait que Voutsinas rejeta les conditions que l'Université lui avait soumises.

2. Ο εν Κωνσταντινουπόλει Ελληνικός Φιλολογικός Σύλλογος 15 (1880-1881)53.

3. La lettre-règlement de Voutsinas, acceptée immédiatement par l'Association de Constantinople dut subir quelques modifications [Ibid., p. 71). Le "Programme Général" du concours, lu et approuvé à la séance du 15/27 novembre 1890, est publié op. cit., 22 (1889-1890) 89-92.

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l'Association de Constantinople, tardait désespérément à se mettre en marche. C'est ainsi que s'explique, peut-être, la décision de Voutsinas de faire encore un effort, en 1888, pour rétablir les concours poétiques universitaires. Un journal de l'époque1 annonce que le fondateur, se trouvant en Allemagne, s'apprêtait à voyager à Athènes en vue de rencontrer le recteur Aphentoulis et de «réaliser son but». Homme «au dessus de toute mesquinerie», il n'avait jamais cessé d'envisager la reconstitution de son concours athénien. C'est ainsi, poursuit le journal, qu'il s'était adressé au recteur, quelques années auparavant, pour lui demander les conditions dans lesquelles cette reconstitution serait possible. Mais la lettre de réponse du recteur fut brutale: «Avant que nous exprimions notre avis, vous devez déposer à la Banque Nationale l'argent nécessaire aux prix et aux autres frais». A la suite de quoi, le fondateur, offensé, s'était tourné vers l'Association de Constantinople, de laquelle pourtant il n'avait pas encore reçu de réponse2. Donc, à en croire ce journal, Voutsinas avait fait un premier effort pour rétablir son concours entre les années 1877 et 1881, effort qu' il renouvela en 1888.

Sa correspondance avec l'Université d'Athènes ne nous étant pas parvenue, nous ne pouvons savoir ni les raisons qu'il a avancées en 1877 pour justifier sa démission, ni les efforts qu'il a faits plus tard pour rétablir son concours. Quoi qu'il en soit, ces efforts, réels ou non, n'eurent pas de suite. Morts en 1877, les concours poétiques universitaires ne devaient connaître aucune résurrection. Ils avaient fait leur temps, rempli leur mission. Il est vrai que d'autres concours prirent par la suite la relève. Mais le contexte social et littéraire n'était plus le même: le tournant de 1880 avait déjà montré que l'histoire de la poésie et de la critique néo-helléniques, ayant fait de nouvelles options, allait passer désormais par d'autres voies.

3. La cérémonie.

Rallis avait désigné comme jour de la cérémonie annuelle du concours le 25 mars. Ce choix, naturellement, n'était pas dû au hasard. Anniversaire de la Guerre de l'Indépendance et jour de la fête nationale officielle, le 25 mars offrait toutes les garanties d'une solennité 

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1. Εφημερίς, 21 février 1888. 2 Ibid.

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incomparable; sa signification symbolique était facile à saisir: on célébrait la renaissance de la Grèce en même temps que celle de sa poésie.

A trois reprises, cependant, au cours de la période de Rallis, la clause concernant la date ne fut pas respectée: en 1851, la cérémonie eut lieu le 20 mai, jour de l'anniversaire du roi Othon; en 1855, elle fut transférée au 29 mars, le 25 mars coïncidant avec la Semaine Sainte; en 1858, enfin, elle eut lieu le 23 avril en raison de la maladie du recteur Philippe Ioannou.

Quant à la période de Voutsinas, bien que le concours fût fixé au 3 mai, anniversaire de l'inauguration de l'Université, les dates de la cérémonie varient selon le tableau suivant

1862

28 mai

1863

3 »

1864

1865

9 »

1866

8 »

1867

7 »

1868

5 »

1869

25 »

i 1870

10 mai

1871

23 »

1872

7 »

1873

13 »

1874

5 »

1875

18 »

1876

13 »

1877

6 juin

La cérémonie a toujours lieu un jour de fête ou, tout au moins, un dimanche. E. Yemeniz, témoin oculaire, nous en laissa une description; il s'agit du concours de Rallis:

«Une grande fête académique célébrée par les Athéniens offre chaque année aux voyageurs qui parcourent la Grèce l'occasion de reconnaître le caractère tout national de la nouvelle poésie hellénique. Chaque année l'académie d'Athènes ouvre un concours poétique, et elle décerne un prix, fondé par l'opulent patriote Ambroise Rallis, au poète dont l'œuvre est jugée la plus remarquable par l'invention, et la plus propre à ramener la langue à sa pureté première. Le jour fixé pour la clôture solennelle de ce concours est le 25 mars, anniversaire de la proclamation de l'indépendance hellénique. Ce jour-là, Athènes tont entière est en mouvement: toutes les classes de la société montrent un empressement égal; les cafés et les bazars sont déserts; les places sont encombrées par la foule qui gesticule, crie, discute avec l'emportement naturel à ce peuple. Après la lecture d'un rapport sur les diverses productions soumises au concours, le président proclame le vainqueur, le félicite au nom de la nation, récite à haute voix ses vers, et pose sur son front une couronne de laurier. Au sortir de la séance, le poète

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couronné est accueilli par les acclamations de la foule et reporté chez lui presque en triomphe. On ne peut se faire une idée des querelles et des tempêtes qui, jusqu'au dernier moment, agitent ce grand débat littéraire»1.

Pendant un quart de siècle, cette cérémonie se répète chaque année de façon plus ou moins identique. Érigés en institution, les concours puisent une partie de leur rayonnement dans le même rituel qui, en se reproduisant, a principalement le rôle de reproduire. A travers les mêmes gestes s'expriment les mêmes mentalités.

Les Rapports rectoraux, la presse de l'époque et, parfois, les Jugements des jurys décrivent la cérémonie avec des adjectifs qualificatifs peu variés: elle est toujours δημοτελής, πανηγυρική, ou δημοτελής και σεμνή. La présence d'un auditoire aussi nombreux que choisi n'est pas moins soulignée. Voici comment se passent les choses:

Après le service matinal à l'église de Sainte Irène, cathédrale d'Athènes à l'époque, les officiels et le public commencent à remplir la Grande Salle de l'Université. La cérémonie est habituellement fixée aux alentours de 10 heures. Mais la foule ne semble pas attendre la fin de la messe pour accourir à l'Université: nous savons que dès 9 heures la Grande Salle est souvent déjà pleine de monde. On vient assister à un combat terminé, dont les protagonistes sont inconnus, dispersés parmi les spectateurs; seule l'identité des vainqueurs sera établie, les vaincus passant inaperçus dans le grand public anonyme.

Quelle est la composition de ce public? On y distingue, tout d'abord, les notabilités les plus éminentes: ministres, sénateurs, députés, prélats du Saint Synode, conseillers d'État, membres du Conseil Universitaire, etc. Le roi Othon, présent à la première cérémonie du concours, n'y assistera plus jamais; on ne manque pas pourtant, en 1853, d'expliquer qu'il est absent «en raison de son deuil»2, comme si sa présence constituait une règle, alors qu'elle n'était qu'exceptionnelle. Parfois aussi on peut rencontrer, parmi les officiels, quelques personnalités assistant au concours de façon plus ou moins occasionnelle: par exemple l'ambassadeur anglais Wise et son compatriote helléniste Liddell, de passage à Athènes (1859), le premier ministre Voulgaris et le fondateur

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1. E. Yemeniz, «De la renaissance littéraire en Grèce. Les poètes Zalokostas et Orphanidis», Revue des Deux Mondes, 27 (1er mai 1860) 214 [=La Grèce Moderne. Héros et poètes, Paris 1862, pp. 215-216].

2. Jugement de 1853, p. 1; cf. Αιών, 28 mars 1853.

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Voutsinas (1872), l'archevêque de Corfou (1873). Les autorités ecclésiastiques assistent à la cérémonie régulièrement:

μηρμύγκι τ' ακροατήριο στα προαύλια,

να σας ιδούν χτυπούν ποδάρια χέρια

υπουργοί, νέοι και νιές και δεσποτάδες

(G. Tertsétis, Ο θρίαμβος του ποιητικού διαγωνισμού, 1858)

Quant à la foule qui remplit la Grande Salle, elle représente, en quelque sorte, toutes les classes occupant les plus hauts échelons de a société athénienne: membres de familles phanariotes et bourgeoises -les femmes n'y sont pas absentes- fonctionnaires, intellectuels, journalistes, etc. La présence de la jeunesse est sensible: les étudiants et les lycéens constituent le public le plus passionné - les candidats du concours proviennent en grande partie de leurs rangs - et, naturellement, le plus turbulent. En 1851, en présence du roi, la première cérémonie fut sérieusement perturbée, lorsque les étudiants, maintenus au dehors par les gendarmes, faute de place à l'intérieur, finirent par envahir bruyamment la Grande Salle1.

La séance ouverte vers 10 heures, c'est le rapporteur lui-même qui donne lecture de son texte2, à la fin duquel il annonce les prix et les accessits. Après quoi, le recteur, président du jury, décachète l'enveloppe, lit le nom du vainqueur, et l'invite à s'avancer pour lui poser sur le front une couronne de laurier. Celle-ci est accompagnée d'un prix de 1.000 drachmes, somme non négligeable3. Si les vainqueurs sont deux, ils se partagent la couronne et l'argent. Si le concours poétique est le seul de la journée - à partir de 1866 il se déroule souvent en même temps que le concours théologique ou littéraire - la cérémonie se termine sur la distribution des prix. Officiels et public quittent la salle, après avoir applaudi les vainqueurs. Dans la rue, la suite est

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1. Voir une description détaillée dans Εφημερίς του Λαού, 23 mai 1851. En 1853 les gendarmes étaient remplacés par des étudiants: Jugement de 1853, p. 1.

2. Une seule exception: en 1874, c'est Th. Aphentoulis qui donna lecture de rapport rédigé par A. Rangabé, celui-ci étant parti pour l'Égypte.

3. La drachme grecque représentant à l'époque à peu près les 9/10 d'un franc -plus exactement: 89 centimes 54-, les 1.000 drachmes valaient presque 900 F. Une somme pareille, supérieure au traitement d'un ministre (800 drachmes), équivalait à 4 mois du traitement d'un député: Edmond About, La Grèce contemporaine Paris 1907 12, p. 93 et 187. Ajoutons encore que le traitement d'un professeur titulaire était fixé par le décret royal du 28 mai 1859 à 350 drachmes: Pant. Chr., p. 104.

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évidente: triomphe du lauréat, commentaires, protestations, disputes. Toute la ville est saisie par ce grand événement, dont les répercussions occuperont une large place, les jours suivants, dans la presse.

Très souvent, la cérémonie ne manque pas d'imprévus qui créent des surprises agréables ou désagréables. Il est normal, par exemple, lorsque le prix n'est pas attribué, que le public et les candidats, restés sur leur faim, expriment leur déception. Il arrive, par ailleurs, que le poète vainqueur, absent de la salle, ne réponde pas à l'appel du recteur -c'est le cas en 1853, 1860, 1868 et 1876-, ce qui enlève à la cérémonie toute une partie de son éclat. D'autre part, le décachetage des enveloppes n'est pas toujours dépourvu de surprises: parfois le nom du vainqueur est accompagné d'une lettre ironique qui, lue par le recteur, déclenche l'hilarité générale1.

Cette hilarité peut avoir des causes diverses. La plupart du temps, ce sont les poètes participants qui en font les frais: les rapporteurs poussent souvent la complaisance jusqu'à ridiculiser les poèmes les plus insignifiants, donnant lecture des passages les plus saugrenus. Quelquefois le rire du public, loin d'être une désapprobation de l'œuvre présentée en constitue, au contraire, un signe de succès: c'est le cas lorsque les rapporteurs lisent des extraits de comédies. Cependant, en 1866, chose exceptionnelle, c'est la mésaventure des juges qui provoqua les ricanements du public: A. Vlachos, ayant remporté le prix pour Αντίνοος, révéla par une lettre enfermée dans son enveloppe que sa tragédie était, tout simplement, une traduction de «Hadrian» de Heyse, ce qui mit le jury dans un embarras aussi inattendu qu'humiliant2. Le rire n'est-il pas aussi une forme d'agressivité rancunière?

Règlement de comptes ou décharge psychologique, spectacle amusant ou manifestation mondaine, espoir du succès ou jouissance esthétique, la cérémonie —et c'est là, peut-être, sa signification la plus profonde — réunit tous les ans au même endroit les trois facteurs indispensables du concours: le jury, les concurrents et le public. Mais ces trois facteurs ne jouent pas toujours les mêmes rôles, n'ayant pas de fonctions définies une fois pour toutes: un concurrent peut devenir membre du jury et vice-versa, comme les juges et les poètes peuvent, à leur tour, se trouver parmi les simples spectateurs; la plupart du temps, c'est le public qui accède à la condition de concurrent, et nous

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1. C'est le cas, par exemple, du concours de 1866.

2. S. Carydis nous laissa une description savoureuse de cette cérémonie: Φως, 13 mai 1806.

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avons là le mécanisme permettant d'expliquer, en grande partie, l'augmentation des participations. Il est douteux que le concours eût pu susciter tant d'intérêt pendant un quart de siècle sans ce mouvement circulaire qui transforme les composantes et renouvelle les effectifs par un recrutement continuel. Or, si la cérémonie forme chaque fois un triangle, elle rappelle en même temps, par sa propre répétition, que les côtés de ce triangle ne sont pas invariables. Il n'est pas difficile d'entrer dans le jeu et de changer les données existantes; le succès littéraire se trouve à la portée de tous. Si le rôle du jury est exclusivement réservé aux universitaires, celui du poète, accessible à «tous les Grecs et à tous les hellénistes étrangers», est non seulement le plus prestigieux (à condition, bien sûr, de remporter la victoire), mais aussi le mieux rémunéré: la cérémonie rend ce rôle enviable au maximum.

Elle revêt ainsi un aspect théâtral. Le souvenir des concours dramatiques de l'antiquité est présent à la mémoire de tous; les rapporteurs ne font que le réveiller à chaque occasion comme un modèle à copier. N'est-ce pas cet esprit d'imitation, au fond, qui enlève à la cérémonie une partie de son authenticité? En quelque sorte, on joue au jury, comme on joue aux poètes couronnés ou au public exalté, ce qui ne signifie pas qu'on prend son rôle à la légère. Car, tout le paradoxe est là: l'authentique et l'inauthentique, loin de se contredire, peuvent coexister, voire se compléter. Investie de nouveaux besoins dans un contexte social particulier, cette cérémonie, ne fût-ce que comme copie du passé, est loin de devenir une routine; la passion romantique la rend originale. Yemeniz, à propos du concours de Rallis, parle «des querelles et des tempêtes», ainsi que du poète vainqueur «reporté chez lui presque en triomphe». Jusqu'à la fin des concours l'atmosphère est la même, le rituel inchangé. D. Gr. Cambouroglou, lauréat de 1873, en témoigne: «je fus enlevé... On me porta jusqu'à ma maison sur les épaules, en manifestation»1. Derrière cette fête solennelle qui met en valeur ses titres anciens (couronnes de laurier ou triomphes); derrière ce rituel un peu pompeux et apparemment théâtral, il n'est pas difficile de voir une réalité nouvelle et renouvelable, impulsive et explosive, et qui, à travers ses ambitions et ses emportements, ses imitations et ses répétitions, cherche obstinément son identité et ses propres dieux.

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1. Camb. A., p. 401. Le «triomphe» de D. Gr. Cambouroglou est confirmé par Ch. Anninos, «Τα πρώτα έτη του Ζαν Μωρεάς», Η Μελέτη, Νο 4, 1911, p. 246,

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4. Le jury et les œuvres présentées

Selon les statuts de Rallis, les membres du jury ne devaient pas être plus de trois: le jugement des poèmes était confié au recteur de l'Université (président), au professeur de lettres et, surtout, à celui de poétique. Le fondateur avait aussi prévu le cas où un de ces derniers serait recteur, lui accordant le droit le choisir «le troisième juge à son gré, soit parmi les universitaires, soit parmi les savants extra-universitaires» (clause 4), Dans la pratique, cependant, les choses allaient se passer autrement. Certes, tout au long des concours, le rôle du président fut exclusivement assumé par les recteurs ou, en cas d'absence et d'abstention de ceux-ci, par les vice-recteurs; mais le nombre des membres du jury n'a pas été strictement respecté. Or, si les juges universitaires ont été 3 pendant 7 années, ils furent 4 pendant 9 années et 5 pendant 7 années, pour atteindre exceptionnellement, à deux reprises, le nombre de 6 et de 7, selon le schéma suivant:

Nombre de membres du  jury

Années

3 1860, 1868, 1872, 1873, 1875, 1876, 1877
4 1855, 1859, 1862, 1863, 1865, 1866, 1867, 1870, 1874
1851, 1852, 1854, 1857, 1858, 1869, 1871
1853
1856

On pourrait observer que la diminution des membres du jury, loin d'être dictée par le respect du règlement, constitue, à coup sûr, un signe de crise: il est caractéristique que, pendant la décennie du concours de Rallis, les juges ne furent 3 qu'en 1860, dernière et tumultueuse année. A mesure que les concours rencontrent des difficultés ou traversent la phase de leur déclin, les universitaires hésitent de plus en plus à s'en mêler; ils atteignent le minimum dans les trois dernières années.

Une deuxième observation porterait sur le fait que la participation des professeurs au jury, durant la période de Rallis, est en général plus poussée que durant celle de Voutsinas. Il est normal qu'une institution nouvelle suscite un enthousiasme compréhensible chez ceux

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qui se croient en mesure d'y jouer un certain rôle. Ainsi, en 1853 et 1856, la participation des juges connut son point culminant. Peu après, la brouille avec Rallis et beaucoup d'autres problèmes encore émoussèrent considérablement l'empressement des universitaires. Vers la fin du concours, parmi les dangers menaçant son existence, la lassitude des juges est à plusieurs reprises soulignée par les rapporteurs.

Il va de soi que l'augmentation ou la diminution des membres du jury n'est aucunement en rapport avec le nombre des œuvres jugées (voir Tableau 1). Quant à la participation des «savants extra-universitaires», elle ne devait figurer que sur le papier. L'université ne partagea avec personne un droit réservé à elle seule; aucun corps étranger ne vint perturber son homogénéité.

Cette homogénéité, toutefois, n'allait pas sans équivoque. La qualité d'universitaire était loin d'effacer les divergences multiples existant au sein du jury ou d'établir une unité de vues cohérente: on a reproché plus d'une fois aux rapporteurs d'être en contradiction avec leurs prédécesseurs, ce qui n'était pas sans fondement. D'autre part, la compétence des juges ne paraissait pas moins contestable: de quel droit un universitaire, professeur de médecine par exemple, serait-il qualifié pour juger des poèmes? il est vrai que les concours ont été assumés par la Faculté de Philosophie, dont tous les rapporteurs et les simples membres du jury firent partie; cette Faculté, pourtant, comprenait non seulement des «littéraires» mais aussi des «scientifiques». D'autre part, quelques-uns des juges les plus en vue (Rangabé, Coumanoudis, Orphanidis et autres), poètes connus, pouvaient, en plus, appuyer leur compétence sur leurs activités créatrices; mais il n'est pas moins vrai que le jury, présidé très souvent par un médecin, un théologien ou un juriste, avait du mal à asseoir son autorité en matière littéraire et à priver ses adversaires d'arguments.

Faudrait-il attribuer, en réalité au président du jury un rôle plus ou moins secondaire? On ne peut pas ne pas tenir compte notamment de la particularité de ce rôle: loin des considérations esthétiques, présider un jury littéraire est, avant tout, pour le recteur annuel, un acte qui entre dans une série d'obligations administratives. C'est lui qui organise le travail, prépare la cérémonie, veille au bon fonctionnement des statuts. Si, en outre, ses opinions pèsent dans une certaine mesure sur les décisions du jury, cela dépend de sa personnalité et de sa compétence. C. Assopios, grand spécialiste de poésie, présida le jury à deux reprises, en tant que recteur; on peut supposer que son rôle y fut plus essentiel que celui de ses prédécesseurs.

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TABLEAU 1.

  Année Nombre de membres du jury Nombre d'œuvres  envoyées Nombre d'œuvres jugées  

1851

5

10

10

1852

5

9

9

1853

6

11

8

1854

5

12

11

1855

4

14

14

1856

7

14

13

1857

5

20

18

1858

5

10

8

1859

4

11

10

1860

3

14

14

1861

7

1862

4

11

11

1863

4

7

7

1864

14

1865

4

15

15

1866

4

14

10

1867

4

17

15

1868

3

31

25

1869

5

24

24

1870

4

35

34

1871

5

45

45

1872

3

30

28

1873

3

35

31

1874

4

25

23

1875

3

33

32

1876

3

31

27

1877

3

5

5

Le vrai protagoniste n'en reste pas moins le rapporteur, assumant publiquement la plus haute responsabilité. Il communique les options de ses collègues, traite de chacun des poèmes présentés, développe ses propres conceptions. Le fait qu'une décision collective s'incarne dans le texte rédigé par un seul homme confère à ce dernier un pouvoir prépondérant: la volonté du groupe n'empêche point l'individu d'étaler

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sa propre argumentation dans les détails. Ce caractère personnel s'accentue de plus en plus avec le temps, à mesure que les textes des rapporteurs deviennent plus longs et plus détaillés. En 1851, le rapport de A. Rangagé, court et hâtif, ne parlait que des deux meilleurs poèmes1. L'année suivante, le texte rédigé par Ph. Ioannou était déjà amélioré; Rallis en tint compte, louant les juges universitaires «car, par leurs jugements sur les œuvres présentées, ils enseignent les véritables règles de la poétique et de l'esthétique aussi bien aux concurrents qu'aux non concurrents, les rendant plus attentifs en la matière. Et même si mon prix ne devait apporter aucun autre fruit, je me félicite néanmoins d'offrir ainsi une occasion à la rédaction d'études et de rapports sur les concours...»2.

Ces Jugements, publiés chaque année dans les revues de l'époque et souvent en brochure3, allaient constituer avec le temps un corpus volumineux, dont l'importance fut évidente, tout au moins aux yeux de Coumanoudis: il proposera, en 1866, la publication de tous les rapports en un volume devant être offert comme cadeau à chaque bachelier en vue d'un enseignement esthétique vivant, «ce qui probablement pousserait la jeunesse grecque zélée à découvrir le véritable beau en art»4. Par trop optimiste ou utopique, cette proposition n'eut pas de suite; il est douteux, d'ailleurs, que les autres rapporteurs aient approuvé son bien-fondé5. Quoi qu'il en soit, même publiés séparément, les 25 rapports des concours n'en demeurent pas moins un ensemble précieux, non seulement pour leurs renseignements sur la 

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1. A propos de ce texte, Gorgias (Constantin Pop) souhaita pour l'avenir que le rapport du jury traitât, sinon de toutes les œuvres présentées, tout au moins des plus importantes, «indiquant leurs défauts et leurs qualités»: Ευτέρπη, No 93, 1er juillet 1851, p. 503.

2. Lettre du 5/17 juin 1852, R.R. de 1852, p. 13 [=Pant. Chr., p. 132].

3. La revue Πανδώρα publie régulièrement les Jugements 1851-1863 et, après 5 ans d'interruption, celui de 1870. D'autres revues (Χρυσαλλίς, Αθήναιον) et, naturellement, les journaux de l'époque en reproduisent le texte entier ou des extraits. Quant aux brochures, elles couvrent la période de Rallis (les années 1852, 1859 et 1860 exceptées), ainsi que celle de Voutsinas (la dernière année 1877 exceptée), avec, à partir de 1865, l'indication courante: Εξεδόθη δαπάνη του αγωνοθέτου.

4. Jugement de 1866, pp. 19-20.

5. C'est peut-être à cette proposition qu'Orphanidis, quatre ans plus tard, fait une allusion ironique, après avoir défini les objectifs du concours: «Si ce concours poétique s'engage dans une autre voie ou application et devient une école d'enseignement mutuel de versification, il déchoira tôt ou tard et, après une vie stérile et maladive, il rendra l'âme sans gloire et sans fruits, ce que nous ne souhaitons pas»: Jugement de 1870, p. 8. C'est nous qui soulignons.

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production littéraire de toute une époque, mais aussi pour l'illustration de la pensée critique pendant un quart de siècle décisif.

TABLEAU 2.

  Membres des jurys Nombre de participations Comme recteur Comme vice-recteur Comme  rapporteur Comme  simple membre  

Th. Aphentoulis

10

—   

4 6

M. Apostolidis

1

P. Arghyropoulos

1

C. Assopios

2

P. Calligas

1

E. Castorchis

6

1

1 1 3

E. Cokkinos

2

2

C. Contogonis

1

N. Costis

1

1

St. Coumanoudis

14

2 12

V. Iconomidis

1

1

Ph. Ioannou

7

1

2 4

G. Makkas

!

1

G. Mistriotis

5

2 3

H. Mitsopoulos

1

1

J. Olymbios

1

1

Th. Orphanidis

6

1

2 3

C. Paparrigopoulos

10

2 8

P. Paparrigopoulos

1

1

Sp. Pilicas

1

1

G. Rallis

1

1

A. R. Rangabé

Ί3

1

6 6

P. Rombotis

1

1

A. Roussopoulos

7

2 5

D. Semitelos

3

  —

1 2

D. Stroumbos

'J

1

M. Venizélos

2

1

1

J. Venthylos

2

2

D. Vernardakis

1

1

C. Voussakis

1

1

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Des 30 universitaires qui composèrent les jurys tout au long des concours, les rapporteurs ne furent que 11; A. Rangabé (6 fois) et Th. Aphentoulis (4 fois) détiennent le record de fréquence (voir Tableau 2). St. Coumanoudis, le membre le plus assidu du jury (14 participations), ne présenta le rapport que 2 fois, tandis que D. Vernardakis fit sa seule apparition au jury en tant que rapporteur. Pourrait-on ainsi répartir ces 30 universitaires en membres actifs et occasionnels? Il est certain que la moitié d'entre eux — c'est le cas notamment des recteurs non littéraires — sont peu qualifiés pour jouer un rôle décisif: non seulement ils manquent de compétence, mais aussi, obligés de présider un jury auquel ils participent pour la première fois, ils connaissent mal les mécanismes du concours, ses antécédents, ses dessous. Leur rôle purement littéraire ne peut être, d'habitude, que limité. Ce sont les rapporteurs, au contraire, qui détiennent un pouvoir de décision effectif. Professeurs de lettres, ils peuvent juger la poésie en spécialistes; membres du jury plus d'une fois, ils n'ignorent ni ce qui se prépare au grand jour ni ce qui se trame dans les coulisses. Leurs idées et leurs ambitions, grâce à l'institution de Rallis et de Voutsinas, trouvent de nouvelles possibilités: ils en profitent pour les servir, ils y pèsent de tout leur poids. Le sort des concours n'est, en très grande partie, lié qu'à l'action prépondérante d'une dizaine d'universitaires.

Face à ces juges connus, les concurrents, par centaines, semblent enveloppés dans un clair-obscur. Nous pourrions en distinguer trois catégories principales: a) ceux qui, déjà connus comme poètes avant les concours, y participent en vue d'une consécration officielle; b) ceux qui commencent leur carrière littéraire par les concours et c) les poètes d'occasion et sans lendemain qui, profitant de l'existence d'une institution accessible à tous, tentent leur chance en envoyant des poèmes une ou plusieurs fois. A. Antoniadis, T. Ambélas et A. Vlachos, avec 16, 10 et 8 participations respectivement, occupent les trois premières places: ils appartiennent à la deuxième catégorie. D'autre part, le nombre des œuvres présentées ne saurait surprendre: 115 poèmes furent jugés pendant la période de Rallis, 332 pendant celle de Voutsinas. Si l'on ajoute les poèmes éliminés ainsi que ceux qui étaient présentés en 1861 et 1864, les manuscrits envoyés aux concours dépassent le nombre de 500.

La plupart de ces manuscrits n'ayant pas pu être recensés, il serait impossible d'en connaître tous les textes et tous les auteurs. Les Jugements des jurys, source principale de notre travail, offrent en échange les titres de 450 poèmes environ et, qui plus est, assez d'indications pour

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    22. Moullas, Concours poetiques

    un dénouement heureux. Les revendications des universitaires satisfaites, les concours pouvaient continuer.

    2. Jean Voutsinas - Réorganisation et déclin des concours

    L'homme qui prenait la relève en 1861 et sauvait le concours présentait les mêmes garanties sociales que son prédécesseur et, d'un certain point de vue, une vie presque parallèle. Marchand et banquier riche, comme Rallis, il n'était ni un patriote moins zélé, ni un mécène moins ambitieux. Sa famille, originaire de l'île de Céphalonie, devait faire également partie, au XIXe siècle, d'une bourgeoisie marchande en plein essor; quoique moins illustre que la famille Rallis, elle n'était pas privée non plus de titres de noblesse1.

    Mais Voutsinas était l'homme d'une autre génération. Né en 1834 2 à Odessa, il avait l'âge des jeunes poètes qui se présentèrent au concours depuis 1855. La maison de commerce familiale en Russie lui assurait un avenir aisé: il en assuma la direction, après ses études à Syros, Athènes et Paris. Nous lui connaissons des activités journalistiques pendant sa jeunesse, pas d'activités littéraires. Jusqu'à sa mort (1902), il demeura à Odessa; mais ses liens avec son pays ne semblent jamais s'être relâchés.

    Lorsqu'il remplaça Rallis, Voutsinas avait 27 ans. On peut s'imaginer facilement ce jeune riche, ambitieux et plein de fougue, saisissant avec plaisir l'occasion de devenir mécène. Quelques années plus tard, son enthousiasme patriotique s'exprime par une série d'articles défendant la révolution crétoise: en 1866 les Anglais le surnomment "l'acharné Grec de la Russie Méridionale"3. Grâce à lui les journaux

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    second des poèmes". Au contraire, Πρωινός Κήρυξ, 20 juillet 1861, est toujours ironique: "Jusqu'à maintenant les juges se plaignaient de n'être récompensés que par des injures et des outrages. Voilà enfin qu'ils reçoivent une récompense d'argent supérieure à toutes les insultes et à tous les coups de pied!".

    1. El. A. Tsitsélis, Κεφαλληνιακά Σύμμικτα, t. I, Athènes 1904, pp. 67-68. Sur Jean Voutsinas voir aussi: M.P. Vrétos, Εθνικόν Ημερολόγιον 1866, pp. 341-342, Skokos, Ημερολόγιον 10 (1895) 257-259, et MEE 7 (1929) 728.

    2. "Vers 1827", selon M.P. Vrétos, op. cit., p. 341. A. Iliadis (Ειρηνική, 11 mai 1872) conteste cette date citée par le journal Αυγή (9 mai 1872) dans une biographie de Voutsinas: en 1872, le fondateur n'a pas plus de 34-35 ans. La date 1834 établie par Skokos, op. cit., p. 257, et El. A. Tsitsélis, op. cit., p. 66, nous paraît plus correcte.

    3. Skokos, op. cit., p. 258. Il est à noter que, pendant la révolution crétoise,