Συγγραφέας:Διεθνές Συμπόσιο
 
Τίτλος:Πρακτικά του Διεθνούς Συμποσίου «Πανεπιστήμιο: Ιδεολογία και Παιδεία»
 
Υπότιτλος:Ιστορική διάσταση και προοπτικές
 
Τίτλος σειράς:Ιστορικό Αρχείο Ελληνικής Νεολαίας
 
Αριθμός σειράς:19
 
Τόπος έκδοσης:Αθήνα
 
Εκδότης:Γενική Γραμματεία Νέας Γενιάς
 
Έτος έκδοσης:1989
 
Σελίδες:657
 
Αριθμός τόμων:2 τόμοι
 
Γλώσσα:Ελληνικά
 
Θέμα:Εκπαίδευση-Τριτοβάθμια
 
Παιδεία-Εκπαίδευση
 
Τοπική κάλυψη:Ευρώπη
 
Χρονική κάλυψη:13ος-20ός αι.
 
Περίληψη:Στους δύο τόμους του βιβλίου αυτού περιέχονται τα Πρακτικά του 2ου Διεθνούς Συμποσίου που διοργάνωσε το ΙΑΕΝ σε συνεργασία με την Εταιρεία Μελέτης Νέου Ελληνισμού, με θέμα Πανεπιστήμιο: Ιδεολογία και Παιδεία.Ιστορική διάσταση και προοπτικές. Το Συμπόσιο έγινε στην Αθήνα από τις 21 έως τις 26 Σεπτεμβρίου 1987 και συνέπεσε με τον εορτασμό των 150 χρόνων του Πανεπιστημίου Αθηνών.
 
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LES ÉTUDIANTS BULGARES À L'UNIVERSITÉ D'ATHÈNES

NADJA DANOVA

La décennie où fut fondée et commença à fonctionner l'Université d'Athènes englobe les années qui marquèrent un tournant décisif dans le développement des relations culturelles bulgare-grecques. Ce sont les années qui virent la naissance et l'évolution du problème national d'une Église bulgare autonome, problème qui joua un rôle de facteur fondamental déterminant l'attitude des Bulgares envers les institutions d'enseignement grecques. Afin de mieux comprendre la profondeur de ce tournant qui nous aidera à expliquer l'intérêt des Bulgares du XIXe siècle pour l'enseignement dispensé par l'Université d'Athènes, je me permettrai d'esquisser les principales tendances dans les relations culturelles bulgaro-greques pendant la période avant les années 30 du XIXe siècle.

La langue et la culture grecques qui avaient pénétré dans la vie des Bulgares au Moyen âge, ont connu, sous la domination ottomane, une diffusion encore plus grande grâce au pouvoir ecclésiastique commun dont le haut clergé était recruté parmi les personnes de nationalité grecque. Dans les plus importantes villes bulgares, la langue grecque s'était imposée pour la célébration de l'office. Les Codes et la correspondance des métropoles à Târnovo, Sofia et Plovdiv étaient écrits en grec, ainsi que la documentation des municipalités et des corporations des artisans. Le grec avait pénétré parmi les Bulgares à la suite des contacts qui s'étaient établis entre les Grecs et les Bulgares dans le domaine de la vie économique, à la suite aussi des activités des représentants de la communauté ethnique grecque dans presque tous les centres économiques, culturels et politiques en Bulgarie et dans les Balkans en général.

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Étant donné que le développement des rapports bourgeois au sein de la société grecque au XVIIIe et au début du XIXe siècle était relativement plus avancé, les représentants de la bourgeoisie bulgare dont les positions étaient encore faibles, avaient adopté, d'une manière ou d'une autre, la langue et la culture grecques. Pour les artisans bulgares et les anciens producteurs agricoles, l'adoption de la culture grecque signifiait le passage à une nouvelle catégorie sociale. La correspondance des nombreux commerçants bulgares se faisait en grec. Une étape logique dans le développement de l'intelligentsia bulgare était le passage de certains de ses représentants par les établissements d'enseignement grecs à l'étape initiale du réveil national quand le système éducatif grec était à un niveau plus élevé. Un témoignage important du rôle de la culture grecque à cette étape-là du développement de l'intelligentsia bulgare consistent les catalogues des bibliothèques des instituteurs, des hommes de lettres et des commerçants bulgares, qui font voir que jusqu' aux années 60 du XIXe siècle, prédominaient les livres en langue grecque. Il faut noter que les tout premiers livres en langue bulgare étaient des traductions du grec. Les premières traductions aussi des ouvrages d'auteurs français, allemands et anglais étaient faites à partir de leurs publications grecques.

Ce rôle de la langue et de la culture grecque avait acquis une importance particulière au cours de l'époque où l'intelligentsia bulgare faisait appel à «l'expérience grecque» lors de la formulation et de la propagation des principes des Lumières dans le milieu bulgare, les mêmes principes qui vont jouer le rôle d'arme idéologique des nouvelles forces sociales dans la lutte contre l'ordre social et politique existant. Sous ce rapport, il faut souligner l'importance considérable de l'œuvre de Koraïs, Koumas, Missiodakas, Psalidas, Konstandas et Filippidis pour les Bulgares dans leurs efforts de créer une langue littéraire moderne et une école laïque, dans leur lutte pour la confirmation des nouvelles idées, des nouvelles connaissances positives. Les Bulgares tiraient des ouvrages de Koraïs, de Farmakidis et de Vamvas des arguments pour leur critique dirigée contre le haut clergé orthodoxe dans la lutte pour la création d'une Église nationale. L'expérience grecque était à la base de la formation des conceptions des Bulgares concernant le gouvernement de l'État et les rapports sociaux d'un type nouveau, Koraïs étant le maître unanimement reconnu pour les Bulgares aux idées les plus radicales. N'oublions pas le rôle spécifique de l'Antiquité grecque qui, à l'époque du réveil national des Bulgares, avait largement contribué à l'expansion de la langue grecque. Les Bulgares y puisaient des

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exemples de patriotisme, y voyaient des modèles d'une nouvelle éthique, y découvraient des règles rejetant les valeurs médiévales.

Le développement des rapports bourgeois au sein de la société bulgare a fait surgir, dans les villes bulgares, une importante couche sociale formée de commerçants et d'artisans qui commençaient à ressentir le besoin d'une culture et d'une littérature bulgare. Le processus en marche de la formation et de l'affermissement de la nation bulgare posait inévitablement la question de la création d'une langue littéraire destinée à tous les Bulgares, la question aussi d'une école et d'une imprimerie bulgares. Dans les conditions de l'époque, la réalisation de ces objectifs devait passer inévitablement par la lutte pour la création d'une Église nationale. Pendant les années 40 du XIXe siècle, les actes de protestation des Bulgares contre les abus dans le domaine des finances des représentants du Patriarcat de Constantinople, avaient pris un caractère ethnique. Les Bulgares entreprirent une lutte méthodique pour l'introduction de la langue bulgare dans la célébration de l'office, pour avoir des ecclésiastiques et une Église bulgares. Sous la forme d'un mouvement pour une Église indépendante, les Bulgares employaient toutes leurs forces pour que l'existence de la nation bulgare fût reconnue dans le cadre du monde orthodoxe, ils luttaient pour l'affirmation et la consolidation de la nation. Dans le même temps, en raison des conditions historiques existant dans les Balkans, le conflit qui opposait les Bulgares au Patriarcat de Constantinople n'était pas resté limité uniquement entre l'institution ecclésiastique et ses ouailles, il avait débordé aussi sur les relations bulgaro-grecques en général. C'était l'époque où l'État grec indépendant exprimait ses revendications vis-à-vis de son ancien suzerain, le sultan; en plusieurs points le programme grec concernant la question nationale "Mégali Idéa" était incompatible avec les objectifs des militants du mouvement national bulgare, qui n'étaient pas non plus "vaccinés" contre le nationalisme. Les efforts des représentants de l'intelligentsia bulgare pour la création d'une culture et d'une littérature nationale devenaient de plus en plus évidents, ce qui leur faisait rejeter la langue et la culture grecques. On observe un reflux de la part des Bulgares des établissements scolaires grecs et leur orientation vers des centres culturels européens, en particulier vers les écoles en Russie.

Ce tournant dans les relations culturelles bulgaro-grecques avait déterminé jusqu' à une large mesure le nombre restreint d'étudiants bulgares à l'Université d'Athènes. Plusieurs Bulgares qui avaient reçu leur enseignement primaire et secondaire dans des écoles grecques,

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comme Stojan Čomakov, Zahari Strumski, Georgi Atanasovič, Aleksandǎr Stoilov Eksarh, Gavril Krǎstevič, Lazar Jovčev, Vasil hadži Stojanov Beron, etc., continuèrent leurs études dans les Universités de Paris, Montpellier, Vienne, Munich, Würzburg, Sienne, Pise et Moscou. Des onze Bulgares qui avaient fait des études de médecine pendant la première moitié du XIXe siècle, six ont terminé leurs études supérieures après la fondation de l'Université d'Athènes, bien qu'ils fussent des élèves d'écoles grecques, et un seul d'entre eux —Ivan Seliminski— était allé étudier à l'Université d'Athènes. Voici le rapport entre le nombre des Bulgares qui avaient fait leurs études dans les écoles secondaires et les lycées grecs et le nombre de ceux qui avaient continué à l'Université d'Athènes. D'environ 160 Bulgares ayant étudié dans les établissements scolaires grecs en Bulgarie, en Grèce, dans les Principautés danubiennes, et dans les Balkans en général, une douzaine seulement avaient continué leur enseignement à l'Université d'Athènes durant tout le XIXe siècle. Ce retrait des écoles grecques devenait de plus en plus évident avec les années et l'approfondissement du conflit bulgaro-grec, bien que quelques livres bulgares, comme les géographies de Iv. Bogorov et de K. Fotinov, mentionnaient Athènes et son Université comme les foyers d'une intense vie culturelle.

Les premiers renseignements dont nous disposons concernant les étudiants bulgares à l'Université d'Athènes se situent en 1839. Ils nous sont fournis par la correspondance de G. S. Rakovski —figure centrale dans le mouvement culturel et le mouvement de libération nationale— lui-même disciple de l'école à Kuru Çeşme. D'après une lettre du 25 juin 1839, dans l'école secondaire et à l'Université d'Athènes, il y a vingt jeunes Bulgares. Une déposition écrite par Rakovski en 1842 au tribunal de Bucarest, fait voir qu'en 1841 les élèves bulgares à Athènes étaient au nombre de 30. Malheureusement, Rakovski ne mentionne pas les noms de ces jeunes Bulgares, ni le nombre exacte de ceux qui poursuivent leurs études à l'Université. Une autre source nous livre seulement les noms des: anciens élèves de Th. Kaïris, qui, après la fermeture de l'école dans l'île d'Andros, se sont rendus à Athènes. Il s'agit de Ivan Dobrovski, Zahari Strumski, Georgi pop Iliev, Busilin, Ilarion, Dimitǎr et Nikola Mihajlovski, Georgi Atanasovič, Hristo Dojčinov et Stojan Čomakov. Nous savons qu'ils ont tous continué leurs études supérieures dans les Universités de Pise, Paris, Moscou, etc. À Athènes fréquentent les écoles les frères Petǎr et Konstantin Mišajkov de Bitolja, Ivan Najdenov de Kazanlǎk, Ivan Momčilov de Elena, Ivan Sotirov et Dobri Pehlivanov de Sliven, les frères Ivan et Georgi hadži Vasilev Šopov de 

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Kalofer, Sotir Čavdarov de Samokov, Stefan Ivanov de Kazanlǎk, Vasil Mustakov, les frères Robev d'Ohrid, Stefan pop Vasilev de Gabarevo, village dans la région de Kazanlǎk, Ivan Popovic de Samokov et Hristo hadži Zlatev Mihajlov de la région de Šumen. Ce sont les noms d'une partie des jeunes Bulgares qui se trouvaient à Athènes en 1839-1845 dont certains avaient fréquenté probablement l'Université. Nous ne connaissons pas les noms des autres Bulgares qui étaient à cette époque à Athènes. Certaines sources parlent de deux jeunes Bulgares de Svištov qui en 1845 faisaient leurs études à l'Université d'Athènes. Il est possible que parmi ceux qui avaient signé le protocole de la fondation de la Société thraco-slave du 23.9.1843 quand était désignée la représentation des Bulgares en Grèce devant l'Assemblée nationale après la révolution de 3.9.1843, se trouvassent les noms d'étudiants bulgares. J'espère que les collègues grecs qui travaillent avec les matériaux d'archives concernant l'Université d'Athènes pourrons nous fournir des renseignements complémentaires.*

Pour le moment, nous disposons de données plus complètes sur les études de Ivan Seliminski à l'Université d'Athènes qui suit un cours de médecine pendant les années 1840-1844. Ces données se trouvent dans sa correspondance qu'il écrit en langue grecque à ses amis et anciens camarades d'école, et qui est conservée à la bibliothèque nationale «Cyrille et Méthode» à Sofia. Jordan, plus tard ayant pris le nom de Ivan Seliminski, est né à Sliven en 1799 ou 1800 dans la famille de commerçants aisés. Au début, il fréquente l'école de Sliven où il apprend le grec. En 1817-1821, il continue ses études à l'école secondaire de Cydonie avec quelques uns des jeunes Bulgares qui avaient reçu une aide financière de la part de Hadži Petǎr —riche commerçant bulgare de Kazanlǎk qui trafiquait avec l'Asie Mineure. En 1821, Ivan

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* Durant le Colloque le collègue grec K. Lappas a eu l'amabilité de nous faire part des renseignements qu'il avait puisés aux archives de l'Université d'Athènes. Il s'agit de données concernant les étudiants bulgares, inscrits dans les Registres de l'Université.

—Kon. Miladinis. No 935, âge: 21 ans, d'Ahrida, inscrit à la Faculté de philosophie, octobre 1849. Tuteur G. Pappadopoulos. Ne possédant rien.

—Markos D. Balabanis. No 3148, âge: 22 ans, de Philippoupolis, inscrit à la Faculté de droit, octobre 1862. Tuteur Marcos Renieris.

—Ιο. Siliminskis. No 123, âge: 36 ans, de Silimno, inscrit à la Faculté de médecine, octobre 1840. Tuteur G. Athanasiou.

—Nikol. Ιο, S. Pisarofskis. No 1723, âge: 18 ans, de la Bulgarie, inscrit à la Faculté de médecine, octobre 1854. Tuteur Kon. Patakis. Disposant de 10.000 drachmes.

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Seliminski prend part à la révolution grecque, en 1822, il s'enfuit en Italie d'où il passe en Autriche et, à la fin, il s'établit comme instituteur à Sliven et à Plovdiv. Après le Traité d'Andrinople signé en 1829, il se rend dans les Principautés danubiennes où il travaille comme instituteur. En 1840, il a quarante ans, Seliminski se rend à Athènes. Il a 3.500 drachmes qu'il avait gagnées au cours de ses années d'enseignant. Il croit que cette somme va pourvoir à son entretien comme étudiant à l'Université; d'après ses estimations, 35 drachmes par mois étaient suffisantes pour vivre, tandis qu'avec 50 drachmes, il aurait pu vivre vraiment très largement. Seliminski compte aussi sur l'argent qu'on lui doit, argent qu'il avait prêté en Valachie. En fin de compte, il perd son petit pécule et ne termine ses études que grâce à Anton Ivanov, commerçant bulgare de Sliven, qui lui donne 1.500 florins, et à son ancien camarade d'école de Cydonie, Georgi Zalotovič, commerçant de Kalofer, qui lui envoie 16 lires d'or turques. Seliminski obtient son diplôme en 1844 et se rend en Italie, puis en France, pour passer un cours pratique dans quelque hôpital. Il s'établit définitivement dans les Principautés danubiennes où il travaille jusqu'à la fin de sa vie (le 21.7.1867) comme médecin et prend une part active dans la vie culturelle et politique de l'émigration bulgare.

Nous disposons de données concernant un autre étudiant bulgare à l'Université d'Athènes, Petǎr Protič de Tǎrnovo. Il est né le 12.3.1822, dans une famille en vue et cultivée. Son père Dimitǎr Petrov était commerçant et beglekçi dans la ville de Tǎrnovo. Sa mère Mariora était la fille du riche commerçant tǎrnoviote Hadži Sava Hadži Ilija Kazanlikoglu et la sœur cadette de Dr Nikola Piccolos. Petǎr Protič fréquente d'abord l'école grecque de sa ville natale; vers 1839, il s'inscrit à l'école secondaire d'Athènes. Plus tard, P. Protič entre à la Faculté de médecine de l'Université d'Athènes. En 1844, il arrive à Montpellier où il étudie la médecine. Il termine ses études de médecine et passe son doctorat à Paris. En 1851, P. Protič s'établit dans les Principautés danubiennes où il exerce sa profession. En 1857, il devient professeur de pathologie chirurgicale à l'École nationale de Bucarest qui, à partir de 1869, se transforme en Faculté de médecine. Après la libération de la Bulgarie, il revient à Sofia où il est mort en 1881.

Un autre étudiant bulgare à l'Université d'Athènes pour lequel nous avons des renseignements plus concrets, est Konstantin Miladinov de Macédoine. Il est né en 1830 dans la ville de Struga, dans une famille pauvre; son père Hristo était potier. Il fait des études à Ohrid où enseigne son frère aîné Dimitǎr. K. Miladinov termine ses études secondaires

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à Jannina. Il devient plus tard instituteur dans le village de Tǎrnovo, en Macédoine. De 1849 à 1852, il suit un cours de philologie à l'Université d'Athènes, mais continue ses études à l'Université de Moscou, en 1857-1860. K. Miladinov prend une part active à la lutte pour la création d'une Église bulgare autonome. Il est décédé en 1862 dans la prison de Constantinople, accusé par le Patriarcat de crime contre l'État.

Nous avons des renseignements concernant les études qu'avait faites à l'Université d'Athènes Grigor Pǎrličev, lui aussi de Macédoine. Il est né à Ohrid en 1830, dans une famille pauvre où il fut élevé par sa mère. À Ohrid, il fréquente l'école où Dimitǎr Miladinov, le frère de Konstantin, est instituteur. Après avoir terminé son enseignement à Ohrid, il devient instituteur à Tirana, en Albanie. Là, il économise un peu d'argent, G. Parličev se rend à Athènes dans le but de continuer ses études, car, comme il l'explique dans son autobiographie, «on n'entendait, chez nous, que le nom d'Athènes». Il était convaincu «qu'il n'y avait pas de meilleurs médecins au monde que ceux d'Athènes, comme il n'y avait pas de meilleur poète au monde que Homère». Il dispose, en arrivant à Athènes, de 1.500 gros espérant obtenir une des bourses accordées aux jeunes Macédoines pauvres, sur l'héritage du Macédoine Beljo. Parličev s'inscrit à la Faculté de médecine, mais il quitte bientôt l'Université en raison de sa mauvaise santé et du manque de moyens, pour revenir à Ohrid. Après avoir été instituteur pendant six ans, il retourne à Athènes, cette fois-ci ayant économisé 5.000 gros. Là, il s'inscrit à la Faculté de médecine, deuxième année. En 1860, G. Parličev reçoit la couronne de laurier au concours poétique d'Athènes, pour son poème «Armatolos» («Αρματολός»). En 1862, il quitte l'Université avant d'avoir terminé ses études, parce qu'il apprend que les frères Dimitǎr et Konstantin Miladinov étaient morts à la prison de Constantinople. Parličev revient à Ohrid où il reprend son poste d' instituteur et prend une part active au mouvement national d'une Église autonome. Il enseigne un certain temps à Struga, Gabrovo, Sofia et Thessalonique. Il est mort le 25 janvier 1893 à Ohrid.

À l'Université d'Athènes poursuit ses études Marko D. Balabanov. Il est né en 1837, à Klisura, ville dans la Stara planina, dans la famille de marchand et de drapier. Il fréquente l'école à Klisura, puis fait l'école de théologie dans l'île de Chalki. En 1862, M. Balabanov s'inscrit à l'Université d'Athènes où il fait des études de droit. Il poursuit ses études à Paris et à Heidelberg. Il s'établit pour plusieurs années à Constantinople où il joue un rôle très actif dans la vie culturelle et politique des Bulgares. M. Balabanov appartenait au parti modéré du mouvement national

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pour une Église autonome. Après la libération de la Bulgarie, il occupe d'importants postes dans l'appareil étatique. Il enseigne la langue et la littérature grecque à l'École des hautes études de Sofia; il est doyen de la Faculté de droit. Balabanov est membre de la Société littéraire bulgare qui devient plus tard l'Académie des sciences. Il est mort à Sofia, en 1922, laissant de nombreux ouvrages consacrés aux problèmes du droit et de l'histoire.

Les derniers renseignements dont nous disposons concernant les étudiants bulgares à Athènes datent de 1891. Cette année-là, Marko Balabanov fait un voyage en Grèce, et il inscrit dans ses notes qu'il avait rencontré à Athènes des étudiants bulgares qui fréquentaient l'Université de cette ville. Malheureusement, Balabanov ne mentionne ni le nombre, ni les noms de ces jeunes Bulgares.

Les données concernant les étudiants bulgares à Athènes au XIXe siècle, nous permettent d'affirmer que les jeunes Bulgares font leurs études et évoluent dans une atmosphère dont ils ne restent pas étrangers. Ils suivent avec attention et intérêt la vie culturelle dans le jeune État libre, et il est certain qu'ils tirent des leçons de l'expérience des Grecs. Ivan Dobrovski, ancien élève de Kaïris, écrit dans ses souvenirs que les jeunes Bulgares dans l'île d'Andros s'initiaient au patriotisme de leurs camarades grecs. Sur leur exemple, les Bulgares avaient fondé une société patriotique qui continua son activité à Athènes également. Cette société s'appelait «Société philologique slavo-bulgare». Elle s'était donné comme but d'œuvrer pour le réveil national des Bulgares par l'éducation. Nous ne savons pas quand cette société avait cessé de fonctionner, mais nous savons que plusieurs de ses membres étaient des étudiants de l'Université d'Athènes.

Les jeunes Bulgares se trouvant à Athènes suivent avec un très vif intérêt les événements de la vie scientifique grecque. Leur attention est particulièrement attirée par le développement de l'historiographie grecque moderne. Pour eux, comme pour les historiens grecs, il était temps de créer une conception intégrale concernant l'histoire nationale, et qui devait répondre aux nécessités du moment historique. Les Bulgares sont les témoins de l'apparition des livres de Marcos Renieris traitant de la philosophie de l'histoire, des ouvrages de K. Paparrigopoulos et de Sp. Zambelios. Nous sommes convaincus que c'est notamment dans les ouvrages des auteurs grecs cités que les Bulgares ont pris connaissance des thèses fondamentales de D. Vico, de Herder et de Guizot, qui ont influencé profondément les ouvrages des représentants

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bulgares de l'historiographie romantique. Cette influence est très marquée dans les ouvrages de Balabanov qui, comme l'atteste un document délivré par l'Université d'Athènes et conservé dans ses archives, avait suivi les cours de Paparrigopoulos. Le catalogue des livres que Marko Balabanov possédait avant son départ pour Paris, contient les titres des ouvrages de Renieris et de Paparrigopoulos. Étant donné ces circonstances, nous pouvons supposer que les conceptions de Balabanov des cycles de l'histoire, des trois âges de l'humanité, du caractère perpétuel de la nation, de l'immortalité du peuple, du progrès continu, du rôle du «principe moral», du rôle de la «divine Providence» et de la «mission» particulière de la nation se sont formées notamment sous l'influence des adeptes grecs de Vico, de Herder, de Michelet et de V. Cousin —Renieris, Paparrigopoulos, Vraïlas-Armenis, etc.

Nous découvrons dans la biographie de K. Miladinov, après qu'il ait quitté l'Université d'Athènes, un certain nombre de faits qui nous permettent de chercher des parallèles entre ses propres conceptions et les efforts des intellectuels grecs pour recueillir des chansons populaires grecques. C'est pendant le séjour de K. Miladinov à Athènes que l'on vient de publier le recueil de chansons populaires de Sp. Zambelios qui, comme tous les autres intellectuels grecs à l'époque, met tout en oeuvre pour prouver la continuité dans l'histoire grecque. Les intellectuels bulgares du milieu du XIXe siècle sont intéressés par le folklore sur lequel le philosophe allemand Herder avait attiré l'attention des historiens. Dans la préface de son recueil de chansons populaires bulgares paru en 1861, K. Miladinov aura recours à l'argumentation de Herder concernant la nécessité de recueillir les chansons populaires: «les chansons populaires sont l'indice du développement intellectuel du peuple et le miroir de sa vie». En l'occurrence, nous ne pouvons pas dire que cette idée de K. Miladinov était née à la suite de ses occupations qu'il consacrait aux ouvrages des adeptes grecs de Herder, ou bien qu'il l'avait empruntée aux représentants de la littérature slave. Herder était hautement estimé dans le monde slave en raison de ce qu'il avait prédit un avenir glorieux au monde et à la culture slaves, et à cause de ses idées sur l'histoire qui ont grandement contribué au développement de l'historiographie des Slaves à l'époque des mouvements d'union nationale. Même si nous acceptions que K. Miladinov avait pris connaissance des idées de Herder dans la littérature slave, nous devrions admettre qu'il avait été préparé pour cela par l'atmosphère culturelle et idéologique d'Athènes.

L'attention des étudiants bulgares à Athènes était attirée par les

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efforts des historiens grecs de réfuter les thèses de Fallmerayer qui privaient les Grecs du droit de se considérer comme les descendants des anciens Hellènes. D'après la correspondance de Seliminski, on peut voir que pendant la période 1840-1844, les étudiants bulgares à Athènes ressentaient le besoin de se servir de l'argumentation de Fallmerayer afin de prouver les qualités de leur nation dans les différends qui les opposaient à leurs collègues grecs.

Les étudiants bulgares suivent avec attention l'évolution du problème ecclésiastique en Grèce. Toujours d'après la correspondance de Seliminski, le problème des fonctions et des droits du Saint Synode, qui était délibéré par l'Assemblée nationale grecque après la révolution du 3.9.1843, est un problème dont les Bulgares s'intéressent vivement. Il faut souligner l'attitude critique de Seliminski, attitude caractérisant aussi les représentants des Lumières grecques, envers le Patriarcat de Constantinople et son clergé. Seliminski voit dans le haut clergé orthodoxe le principal ennemi des Lumières et il n'hésite pas d'accuser le Patriarcat d'avoir détruit les foyers de la culture grecque -les écoles de Smyrne et de Cydonie. Il se porte défenseur de l'indépendance de l'Église autocéphale bulgare, indépendante du Patriarcat de Constantinople, en développant l'argumentation de Théoclitos Farmakidis et d'Adamantios Koraïs, à savoir que l'Église de l'État grec indépendant doit être complètement indépendante du Patriarcat qui se trouve sous le pouvoir du sultan.

Il faut souligner le fait que Seliminski partageait l'idéologie des Lumières par rapport au rôle et la place de l'institution ecclésiastique, tandis que les conceptions de Marko Balabanov sur ce point étaient toutes différentes. On remarque dans les ouvrages de Balabanov l'influence de cet esprit de conservatisme et de non-respect des principes idéologiques des Lumières, qui s'introduit dans la société grecque après la fondation de l'État grec et qui est lié aux tendances de réhabiliter le Patriarcat de Constantinople. C'est ainsi que Balabanov, qui connaît parfaitement le problème ecclésiastique grec, présente le conflit entre Farmakidis et K. Ikonomos concernant les principes de l'organisation de l'Église grecque, comme un conflit relevant du droit canonique. Dans ses ouvrages consacrés à l'histoires de l'Église grecque, il ne veut pas lier le problème de la création d'une Église autocéphale et le profond conflit idéologique au sein de la société grecque à la veille de la révolution de 1821, ainsi que le rôle réactionnaire du Patriarcat de Constantinople. Nous découvrons dans les ouvrages de Balabanov les traces de la manipulation avec l'idéologie d'Adamantios Koraïs à laquelle s'était livré les milieux

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conservatifs. Koraïs est représenté dans les ouvrages de Balabanov comme étant un homme très érudit, comme un grand philologue, aux idées modérées, ennemi des changements révolutionnaires et partisan uniquement de l'éducation. Tirant de l'œuvre de Koraïs ses principes sociaux et politiques, Balabanov fait de lui le modèle des milieux conservatifs bulgares de Constantinople pour qui le but du mouvement national devait se limiter à la création d'une Église bulgare autonome.

Les étudiants bulgares n'étaient pas étrangers à la vie politique du jeune État grec. Nous avons des données qui montrent l'activité politique des Bulgares à Athènes. Cette activité était liée à l'approfondissement des conflits et à la situation générale dans les Balkans pendant les années de la crise d'Orient. Rakovski écrit dans ses lettres que les élèves et les étudiants à Athènes ont créé, à l'exemple des Crétois et des Thessaliens, une société qui devait lutter pour l'indépendance de la patrie. Nous savons qu'à cette époque Rakovski entretenait des rapports étroits avec les hommes politiques grecs, tels que Stavros Gueorguiou Balakostas et Dimitrios Tsamis Karatassou, avec lesquels il projetait une insurrection général des peuples balkaniques. Malheureusement, les plans d'une action en commun liés à la lutte de Crète insurgée et à l'insurrection de Nis, ne se réalisent pas.

L'étape suivante qui marque l'activation des étudiants bulgares à Athènes coïncide avec le début des événements révolutionnaires du 3.9.1843. Les jeunes Bulgares suivent avec une attention particulière les événements politiques et l'on peut dire qu'ils passent par une école sérieuse quant aux événements dont ils sont témoins. Les lettres de Seliminski qui retracent avec beaucoup de détails les événements dans la capitale grecque, après la révolution du 3.9.1843, montrent que les luttes qui opposaient les différents groupements politiques autour du pouvoir, stimulaient le mûrissement de la conscience politique des Bulgares. Seliminski est profondément déçu, lui, le fervent adepte des principes des Lumières, par la violation de ces mêmes principes dans le jeune État grec. C'est au cours de ces journées notamment que Seliminski formule son credo politique qui devient un document important témoignant du développement de l'idéologie politique bulgare au XIXe siècle.

Il est particulièrement intéressant pour nous de nous arrêter sur la fondation et l'activité de la Société thraco-slavo-bulgare à la fin du mois de septembre 1843. Après la libération de la Grèce, un grand nombre de Bulgares et de Serbes qui avaient pris part à la révolution de 1821, se sont établis sur son territoire. Après la révolution de 1843,

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on leur octroie le droit d'avoir leur représentation à l'Assemblé nationale qui devait établir une nouvelle constitution. À la suite de l'activité de la Société thraco-slavo-bulgare, on a désigné pour représenter les Bulgares, les Serbes et les Grecs de Thrace établis sur le territoire de l'État grec, le héros de la révolution grecque de 1821, le Bulgare Hadzi Hristo.

Une grande partie de la documentation concernant la création et le fonctionnement de cette société se trouve aujourd'hui à Sofia dans les archives de G. S. Rakovski à la Bibliothèque nationale «Cyrille et Méthode». Elle fait voir que c'est Ivan Seliminski qui avait joué un rôle central pour l'établissement de la représentation des Bulgares, ce qui est attesté aussi dans sa correspondance. Cette organisation contribue à l'approfondissement de la conscience des jeunes Bulgares se préparant pour une activité politique et sociale. Les données datant des années suivantes, bien qu'incomplètes, montrent que cette organisation ne cesse pas complètement son activité. Elle s'occupe du règlement des problèmes des participants à la révolution de 1821.

À la fin, il faut marquer la participation de Marko Balabanov à la vie politique d'Athènes pendant les années 1862-1863. Il entretient comme étudiant des relations avec de nombreux militants politiques œuvrant pour la réalisation d'une union anti-turque. Dans sa correspondance avec Rakovski de cette période, on peut voir qu'il entretient des rapports avec Léonidas Voulgaris, Panos Koroneos et Anastasios Manakis qui estiment qu'une union avec les Slaves est nécessaire.

D'après les exemples cités, nous pouvons conclure que pour de différentes raisons, l'Université d'Athènes ne se transforme pas, pour les Bulgares du XIXe siècle, en un centre d'éducation attractif. Les jeunes Bulgares qui avaient fait leurs études dans les écoles grecques s'orientent vers les Universités de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est. Pourtant, les données dont nous disposons pour les étudiants bulgares de l'Université d'Athènes révèlent que pour une partie de la jeunesse bulgare l'Université d'Athènes n'avait pas perdu son attrait comme centre culturel. Car ce n'est plus la Grèce des Lumières, mais la Grèce du Romantisme; l'esprit des jeunes Bulgares se développe dans une ambiance idéologique et politique où l'on donne la priorité aux principes niant les idéaux d'avant la libération. Indépendamment de ces circonstances, les jeunes Bulgares qui poursuivent leurs études à Athènes, et qui vont jouer un rôle central dans le mouvement de libération nationale, passent par une école dont l'enseignement leur sera très utile dans leur

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activité future. Une série de problèmes communs au développement historique des peuples balkaniques, se posent devant les Grecs bien plus avant par rapport aux Bulgares, et leur résolution, ou l'absence de résolution, va jouer un rôle stimulateur dans le processus de l'évolution des jeunes Bulgares ayant étudié à Athènes.

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ΛΕΥΚΗ ΣΕΛΙΔΑ

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ΦΟΙΤΗΤΡΙΕΣ ΣΤΟ ΠΑΝΕΠ1ΣΤΗΜΙΟ ΤΗΣ ΑΘΗΝΑΣ (1890-1920)

ΠΡΩΤΕΣ ΠΡΟΣΠΑΘΕΙΕΣ, ΚΟΙΝΩΝΙΚΗ ΣΥΝΘΕΣΗ, ΔΙΕΚΔΙΚΗΣΕΙΣ

ΣΙΔΗΡΟΥΛΑ ΖΙΩΓΟΥ-ΚΑΡΑΣΤΕΡΓΙΟΥ

Σύμφωνα με τα δεδομένα ειδικής έρευνας1 διαπιστώνεται αξιοσημείωτη αύξηση στη γυναικεία ζήτηση για την Ανώτατη Εκπαίδευση στην περίοδο 1890-1920. Η ποσοτική άνοδος των φοιτητριών είναι συγκριτικά σημαντική αφού το 1890 εγγράφεται στο Πανεπιστήμιο της Αθήνας μία φοιτήτρια και το 1920 εβδομήντα πέντε (75). Παρ' όλη την αύξηση στην κοινωνική ζήτηση για πανεπιστημιακή εκπαίδευση όμως, είναι προφανές ότι η αντιπροσώπευση των γυναικών στην τριτοβάθμια εκπαίδευση είναι πολύ περιορισμένη σε σύγκριση με τη συμμετοχή των ανδρών. Οι Ελληνίδες ως σύνολο έχουν την εποχή αυτή ελάχιστες ευκαιρίες για πανεπιστημιακή μόρφωση. Οι δυνατότητες περιορίζονται αισθητά όσο απομακρυνόμαστε από τα αστικά κέντρα, γιατί παρατηρούνται μεγάλες γεωγραφικές διαφοροποιήσεις. Μεγαλύτερα ποσοστά μαθητριών από τα αστικά κέντρα, κυρίως από την περιοχή της πρωτεύουσας, συνεχίζουν την εκπαίδευσή τους από το Παρθεναγωγείο στο Πανεπιστήμιο. Αντίθετα, οι μαθήτριες της Θράκης, της Ηπείρου και της Μακεδονίας βρίσκονται σε μειονεκτική θέση. Συγκριτικά η πλεονεκτική θέση της πρωτεύουσας φαίνεται και από τα ποσοστά των μαθητριών που παίρνουν απολυτήριο Γυμνασίου.

Η γυναικεία ζήτηση για εκπαίδευση διαφοροποιείται αισθητά και κατά επιστημονική ειδικότητα. Αναλύοντας τις εγγραφές των φοιτητριών σε διάφορους κύκλους σπουδών διαπιστώνουμε συγκριτικά μεγάλη αύξηση στην Ιατρική και τη Φιλοσοφική. Γενικά η συμμετοχή των γυναικών σε όλες τις Σχόλές αυξήθηκε, αλλά συγκριτικά η αύξηση ήταν πιο αισθητή στις δύο 

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1. Το κείμενο αυτό αποτελεί σύνοψη των κυριότερων συμπερασμάτων ειδικής μελέτης που πρόκειται να δημοσιευτεί σύντομα.

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παραπάνω Σχολές, ενώ η εκπροσώπηση στις Φυσικομαθηματικές Επιστήμες δεν αυξήθηκε με τον ίδιο ρυθμό.

Η ανισότητα ευκαιριών για πρόσβαση στην Ανώτατη Εκπαίδευση εκφράζεται, στην περίπτωση των γυναικών, και με βάση κοινωνικοοικονομικούς δείκτες. Στο γυναικείο φοιτητικό πληθυσμό της περιόδου παρατηρούνται έντονες κοινωνικές διαφοροποιήσεις. Οι κοπέλες που ανήκουν σε ανώτερα κοινωνικοοικονομικά στρώματα υπεραντιπροσωπεύονται στον αριθμό των φοιτητριών, ενώ είναι πολύ χαμηλή η πρόσβαση όλων των υπόλοιπων. Το μορφωτικό επίπεδο των γονέων, που για την περίοδο που εξετάζουμε περιορίζεται κυρίως στο επίπεδο εκπαίδευσης του πατέρα, επηρεάζει αισθητά τις ευκαιρίες πρόσβασης στην τριτοβάθμια εκπαίδευση. Σημαντικό ρόλο παίζει επίσης το επάγγελμα του πατέρα και στην επιλογή της Σχολής, ιδιαίτερα στην περίπτωση των κλάδων της Ιατρικής. Οι πρώτες φοιτήτριες, επομένως, ανήκουν, στην πλειονότητά τους, σε προνομιούχο περιβάλλον από οικονομική, κοινωνική και πολιτιστική άποψη, γεγονός που αποδεικνύει ότι το φύλο και η κοινωνική τάξη αποτελούν τις βασικότερες μεταβλητές στην ιστορία της Ανώτατης Εκπαίδευσης γυναικών στη χώρα μας.

Τι σήμαινε όμως να είσαι φοιτήτρια στη στροφή του αιώνα μας;

Πρώτα απ' όλα να αρχίσεις τον αγώνα χωρίς επαρκή προετοιμασία. Το Παρθεναγωγείο έδινε έμφαση σε κοινωνικές προτεραιότητες (ξένες γλώσσες, μουσική, δαντέλες) και επομένως η υποψήφια φοιτήτρια ήταν υποχρεωμένη να συμπληρώσει με ιδιωτικά μαθήματα, θυσιάζοντας πολύ χρόνο και χρήμα, τις γνώσεις της σε βασικούς τομείς για να εξασφαλίσει, μετά από εξετάσεις, απολυτήριο Γυμνασίου, που αποτελούσε προϋπόθεση για την εγγραφή στο Πανεπιστήμιο.

Οι πρώτες φοιτήτριες χρειάστηκε να κερδίσουν την εγγραφή τους στο Πανεπιστήμιο μετά από επανειλημμένες προσπάθειες μέσα σ' ένα κλίμα δυσπιστίας, αντίδρασης ή και εχθρότητας ακόμα. Στις σχετικές αμφισβητήσεις εμπλέκονται ερωτήματα που έχουν σχέση κυρίως με την αναγκαιότητα της γυναικείας εκπαίδευσης και την ικανότητα των γυναικών για ανώτερες σπουδές. Οι πρώτες απόπειρες για εγγραφή στο Πανεπιστήμιο, που αποτελούν ατομικές προσπάθειες και δεν εντάσσονται με καμιά έννοια σε κάποια οργανωμένη και συστηματική εκστρατεία, θα μπορούσε να πει κανείς ότι λειτούργησαν σαν προζύμι μέσα στον φαινομενικά αδρανή όγκο του μαθητικού πληθυσμού στο 19ο αι.

Η ομάδα που συνειδητά άρχισε να ασκεί πίεση, συλλέγοντας και προβάλλοντας γεγονότα που είχαν σχέση με την Ανώτατη Εκπαίδευση και διατυπώνοντας συγκεκριμένες απόψεις για το δικαίωμα της Ελληνίδας στην εκπαίδευση και την εργασία, ήταν η ομάδα της Εφημερίδας των Κυριών.

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Σε καθημερινή βάση, στον πανεπιστημιακό χώρο, οι δυσκολίες των πρώτων φοιτητριών δεν ήταν λίγες. Η στάση των φοιτητών ποικίλλει· ηρωοποιούν την αποτυχημένη προσπάθεια υποψήφιας φοιτήτριας στα 1887, αλλά φαίνεται πως δεν μπορούν να αποδεχτούν εύκολα την παρουσία των φοιτητριών στο χώρο του Πανεπιστημίου, και, πολύ περισσότερο, προσπάθειες για εξέλιξη και σταδιοδρομία σε τομείς όπου ο αυξανόμενος αριθμός των φοιτητριών φαίνεται πως προκαλεί αυξημένες ανησυχίες.

Από την άποψη των πανεπιστημιακών αρχών η κατάσταση επίσης δεν παρουσιάζεται ιδιαίτερα ενθαρρυντική. Η Σύγκλητος "έδειξε διάθεσιν απαγορευτικήν" στην εγγραφή της πρώτης φοιτήτριας, ενώ αρκετά ανεκτική και επιφυλακτική εμφανίζεται και η θέση των πρυτάνεων της δεκαετίας 1890-1900, στις ελάχιστες περιπτώσεις που γίνεται αναφορά στο θέμα αυτό, καθώς και στην περίπτωση των πρώτων υφηγητριών. Σε μια άλλη διάσταση, αλλά με τα ίδια αποτελέσματα για τις φοιτήτριες, εντάσσονται οι ανησυχίες των καθηγητών του Πολυτεχνείου για την παρακολούθηση μαθημάτων στο Σχολείο Καλών Τεχνών.

Σε θεωρητικό επίπεδο οι πρώτες φοιτήτριες όφειλαν να υπερπηδήσουν τις κοινωνικές προκαταλήψεις και τις επιστημονικές αλήθειες για τη διανοητική και φυσική κατωτερότητά τους. Έπρεπε να αντιμετωπίσουν ένα φράγμα από ειδικούς ―φυσιολόγους, γιατρούς, γυναικολόγους― που υποστήριζαν ότι η υγεία τους δεν θα άντεχε την ένταση της μελέτης. Έπρεπε να αποδείξουν, πρώτα στον εαυτό τους και ύστερα στους άλλους, ότι μπορούσαν να μελετούν Φυσική, Μαθηματικά, Αρχαία Ελληνικά, Λατινικά χωρίς συνέπειες στην υγεία τους.

Επισημαίνω στο σημείο αυτό τρία στοιχεία που έχουν οπωσδήποτε στενή μεταξύ τους συνάφεια. Και σε επίπεδο θεωρίας ―επιστημονικών απόψεων― και σε επίπεδο συγκεκριμένης αντίδρασης το προβάδισμα έχει η Ιατρική επιστήμη και η Ιατρική Σχολή αντίστοιχα, όπου, παράλληλα, εγγράφονται οι περισσότερες φοιτήτριες.

Οι πρώτες φοιτήτριες έπρεπε να ξεπεράσουν τους φόβους σχετικά με τις συνέπειες που θα είχε για την οικογένεια και την κοινωνία η συμμετοχή της γυναίκας στη δημόσια ζωή, καθώς εκφράζονται φόβοι ανατροπής των προκαθορισμένων και κοινωνικά αποδεκτών ρόλων των δύο φύλων και επισείεται ο κίνδυνος δημιουργίας "κοινωνικού κυκεώνα" και "πύργου της Βαβέλ". Έπρεπε, επίσης, να αγνοήσουν τις τόσες προειδοποιήσεις ότι τέσσερα χρόνια σπαταλημένα στην πανεπιστημιακή ζωή θα ήταν καθοριστικό πλήγμα για τις συζυγικές προοπτικές.

Οι πρώτες φοιτήτριες έπρεπε να αντιμετωπίσουν την κοινή δυσπιστία απέναντι στη λόγια γυναίκα σε μια εποχή που θηλυκότητα, ανώτερη εκπαίδευση και επάγγελμα θεωρούνται ιδιότητες ασυμβίβαστες. Με την ενσωμάτωσή τους στην Ανώτατη Εκπαίδευση των ανδρών έπρεπε να αποδεικνύουν

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συνέχεια τη θηλυκότητά τους μέσα στη "μη θηλυκή" φύση των προσπαθειών τους. Αλλαγή συμπεριφοράς υπήρχε κίνδυνος να προκαλέσει παντοειδείς αντιδράσεις.

Οι πρώτες φοιτήτριες έπρεπε, τέλος, να αντιμετωπίσουν την επιφυλακτική στάση για την ένταξή τους στα επαγγέλματα και μια πραγματικότητα όπου υπήρχαν ελάχιστες δυνατότητες να χρησιμοποιήσουν το δίπλωμά τους, Στο χώρο της εργασίας οι πρώτες απόφοιτες του Πανεπιστημίου Αθηνών καθώς και των άλλων πανεπιστημίων του εξωτερικού κερδίζουν τον αγώνα μετά από επίμονες και επίπονες προσπάθειες. Με βάση επαρκή επιστημονικό εξοπλισμό που περιλάμβανε καλή έως εντυπωσιακή απόδοση στις πανεπιστημιακές σπουδές και μετεκπαίδευση, για αρκετές, σε ευρωπαϊκές χώρες προχωρούν στη διεκδίκηση συγκεκριμένων στόχων που περιλαμβάνουν: δυνατότητες πρόσβασης και διεύρυνση των επαγγελματικών ευκαιριών, εξίσωση των μισθών και προοπτικές για εξέλιξη και σταδιοδρομία. Στην πραγματοποίηση του πρώτου στόχου η απασχόληση σε δημόσια ιδρύματα και υπηρεσίες (νοσοκομεία, γυναικείες φυλακές, σχολεία) υλοποιείται πιο εύκολα για τις γιατρούς, επειδή στην περίπτωση των καθηγητριών προσκρούει στον τρόπο οργάνωσης και λειτουργίας της δευτεροβάθμιας εκπαίδευσης των κοριτσιών. Η έλλειψη ενδιαφέροντος από τη μεριά της Πολιτείας για τη Μέση Εκπαίδευση των κοριτσιών σε συνδυασμό με την επιφυλακτική στάση των υπευθύνων των παρθεναγωγείων, άφησαν επαγγελματικά ακάλυπτες (τυπικά και ουσιαστικά) τις καθηγήτριες ως το 1914, οπότε έχουμε την πρώτη νομοθετική ρύθμιση για την επαγγελματική κατοχύρωση των απόφοιτων της Φιλοσοφικής και της Φυσικομαθηματικής Σχολής. Χρόνο με το χρόνο όμως, η δραστηριότητα των γυναικών επιστημόνων διευρύνεται και η παρουσία τους γίνεται αισθητή σε όλους τους τομείς. Στον κλάδο των γιατρών τα ιατρεία και τα φαρμακεία αυξάνονται και ακολουθεί η διεκδίκηση και κατάκτηση θέσεων σχολιάτρων και διευθυντικών θέσεων σε μαιευτήρια και άλλα ιδρύματα καθώς και ανώτερων θέσεων (υφηγητριών) στην ακαδημαϊκή ιεραρχία. Στον τομέα της Τέχνης η παρουσία της Ε. Μπούκουρη-Αλταμούρα στις εξεταστικές επιτροπές της Σχολής Καλών Τεχνών, η πολυπληθής συμμετοχή των φοιτητριών στα τμήματα Ζωγραφικής και Γλυπτικής και σε καλλιτεχνικές εκθέσεις του εσωτερικού και εξωτερικού συντελούν ώστε να αποτελέσει η καλλιτεχνία βασικότατο κλάδο γυναικείων ενασχολήσεων, γιατί η Μουσική είχε γίνει από πολύ νωρίς ευρύτατα αποδεκτή για τις γυναίκες.

Στις πρώτες δεκαετίες του αιώνα μας επιτυγχάνεται κάποια ουσιαστική διεύρυνση στις επαγγελματικές προοπτικές των πτυχιούχων γυναικών καθώς θα αρχίσουν να μεταβάλλονται σταδιακά οι κοινωνικές ανάγκες και να γίνονται φανερές οι τάσεις για εκσυγχρονισμό της οικονομίας και μια πιο ορθολογική

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ανάπτυξη της χώρας. Ήδη από την τελευταία δεκαετία του 19ου αιώνα, στα πλαίσια των γυναικείων διεκδικήσεων και των αντιστάσεων, αρχίζει να παρατηρείται η διάχυση νέων αντιλήψεων, αφού νεωτεριστές, που σταδιακά πληθαίνουν, υποστηρίζουν τη γυναικεία εργασία και την πνευματική ισοτιμία ανδρών-γυναικών. Στη δεκαετία 1910-1920, στο κοινωνικοπολιτικό πλαίσιο που σφραγίζεται από τις προθέσεις του αστικού εκσυγχρονισμού και τις αντιλήψεις του εκπαιδευτικού δημοτικισμού, το κλίμα είναι ιδιαίτερα ευνοϊκό και η αποτελεσματικότητα άμεση. Τα ποσοστά των φοιτητριών αυξάνονται αισθητά, νομικές ρυθμίσεις στο θεσμικό πλαίσιο των σχολείων της δευτεροβάθμιας εκπαίδευσης των κοριτσιών διευκολύνουν την πρόσβαση των μαθητριών στο Πανεπιστήμιο και, παράλληλα, καλύπτουν νομικά την εργασία των καθηγητριών στα σχολεία της Μέσης Εκπαίδευσης, νέοι τομείς επιστημονικοί διανοίγονται (Νομική, Πολιτικές Επιστήμες), τα πλαίσια των επιστημονικών επαγγελμάτων διευρύνονται (σχολίατροι) και το μορφωτικό επίπεδο της δασκάλας κατοχυρώνεται (ίδρυση Διδασκαλείου).

Ο αγώνας των πρώτων μορφωμένων γυναικών συντελεί ώστε να συμμετέχουν σταδιακά με νέους όρους στην οικονομική ζωή και να αναπτύσσουν δραστηριότητες σε όλους τους τομείς. Η παρουσία τους δίνει μια νέα διάσταση στις δυναμικές των γυναικείων συλλόγων της εποχής και κατοχυρώνει τη θέση της λόγιας στην πνευματική κίνηση του τόπου. Διαλέξεις, εκδόσεις (περιοδικά, ημερολόγια, επιστημονικές πραγματείες, λογοτεχνικά κείμενα), αρθρογραφία στα γνωστά έντυπα της εποχής, συμμετοχή σε συλλόγους (Φοιτητική Συντροφιά, Εκπαιδευτικός Όμιλος, Σοσιαλιστικός Όμιλος Γυναικών) αποτελούν ενδεικτικό δείγμα των επιλογών τους και της δυνατότητας που αποκτούν με τη μόρφωση να ενταχθούν στα νέα ιδεολογικά, πολιτικά και πολιτιστικά ρεύματα της εποχής. Η πολυποίκιλη αυτή δραστηριότητα συντελεί ώστε να αναγνωρισθεί η μορφωμένη γυναίκα και εξασφαλίζει την παραδοχή και υποστήριξη της πνευματικής ισοτιμίας των δύο φύλων. Η Ανώτατη Εκπαίδευση αποτέλεσε με τον τρόπο αυτό τον κατ' εξοχήν χώρο όπου έγιναν βαθιές τομές που επέτρεψαν στις γυναίκες να υπερβούν τα προκαθορισμένα γι' αυτές όρια, τόσο από την άποψη της εργασίας και της οικονομικής ανεξαρτησίας, όσο και από την άποψη της κοινωνικής παρουσίας και αυτοεπιβεβαίωσης.

Οι πρώτες λοιπόν φοιτήτριες και μορφωμένες γυναίκες με τις επιλογές τους «ανακαθορίζουν» τα γυναικεία χαρακτηριστικά, θέτουν καινούργιες βάσεις για την αξιολόγηση των ικανοτήτων των δύο φύλων, και «επαναπροσδιορίζουν» το ρόλο της λόγιας γυναίκας καθώς και τις σφαίρες δραστηριότητας ανδρών και γυναικών. Με την παρουσία τους στο χώρο του Πανεπιστημίου και στο χώρο της εργασίας έδειξαν ότι γυναίκα και εργασία δεν είναι ιδιότητες

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ασυμβίβαστες, και αποκάλυψαν τις δυνατότητες του γυναικείου μυαλού. Σύμφωνα με τη διαπίστωση της Καλ. Παρρέν, "Αι Ελληνίδες ειργάσθησαν και επάλαισαν πολύ διά να δείξουν τι είναι και τι ημπορούν να κάμουν".

Έτσι, στα 1920 διαμορφώθηκε μια κατάσταση με ευνοϊκές προοπτικές για την Ελληνίδα· "από την ώραν που ανοίγονται εις το θήλυ και αι πέντε Σχολαί του Εθνικού και Καποδιστριακού Πανεπιστημίου απεριόριστοι", διαπιστώνει ο Κ. Παλαμάς, "δύναμαι να είπω ότι η ισοτιμία της γυναικός είναι εις την Ελλάδα επισήμως ανεγνωρισμένη· ισοτιμία διανοητική, θα παρατηρήσετε. Αλλά μήπως αυτή δεν είναι το μεγαλοπρεπές προπύλαιον του μελλοντικού απολυτρωτικού οικοδομήματος της γυναικός;", αναρωτιέται. Το έδαφος για τη διεκδίκηση πολιτικών δικαιωμάτων έχει προετοιμαστεί.

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    LES ÉTUDIANTS BULGARES À L'UNIVERSITÉ D'ATHÈNES

    NADJA DANOVA

    La décennie où fut fondée et commença à fonctionner l'Université d'Athènes englobe les années qui marquèrent un tournant décisif dans le développement des relations culturelles bulgare-grecques. Ce sont les années qui virent la naissance et l'évolution du problème national d'une Église bulgare autonome, problème qui joua un rôle de facteur fondamental déterminant l'attitude des Bulgares envers les institutions d'enseignement grecques. Afin de mieux comprendre la profondeur de ce tournant qui nous aidera à expliquer l'intérêt des Bulgares du XIXe siècle pour l'enseignement dispensé par l'Université d'Athènes, je me permettrai d'esquisser les principales tendances dans les relations culturelles bulgaro-greques pendant la période avant les années 30 du XIXe siècle.

    La langue et la culture grecques qui avaient pénétré dans la vie des Bulgares au Moyen âge, ont connu, sous la domination ottomane, une diffusion encore plus grande grâce au pouvoir ecclésiastique commun dont le haut clergé était recruté parmi les personnes de nationalité grecque. Dans les plus importantes villes bulgares, la langue grecque s'était imposée pour la célébration de l'office. Les Codes et la correspondance des métropoles à Târnovo, Sofia et Plovdiv étaient écrits en grec, ainsi que la documentation des municipalités et des corporations des artisans. Le grec avait pénétré parmi les Bulgares à la suite des contacts qui s'étaient établis entre les Grecs et les Bulgares dans le domaine de la vie économique, à la suite aussi des activités des représentants de la communauté ethnique grecque dans presque tous les centres économiques, culturels et politiques en Bulgarie et dans les Balkans en général.

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